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JUIN 2017

 

Chronique principale :  Linkin Park    Découverte du mois :  Scott Helman

 

23-30 juin :

King Gizzard & The Lizard Wizard - Meklit - Vince Staples

 

16-22 juin :

Fleet Foxes - Jowee Omicil - Portugal. The Man - Royal Blood

 

9-15 juin :

Taylor Knox - Lenni-Kim - Ariel Pocock - Guylaine Tanguay

 

1-8 juin :

Aliocha - Dan Auerbach - Blondie - Isabelle Boulay -

DElphine Coutant - Faith Evans and The Notorious B.I.G. - Marvin Jouno -

Lary Kidd - Diana Krall - Valérie Lahaie - Shai Maestro Trio -

Orchestre national de Jazz de Montréal & Christine Jensen - Paramore -

Sophie Pelletier - Stéphanie St-Jean - René Turgeon - Renée Wilkin -

Nick Cave & The Bad Seeds - Festival western de St-Tite

 

 

Chroniques à venir le mois prochain :

Katy Perry - Imagine Dragons - Chuck Berry - styx -

Lorde - Lady Antebellum - Véronique Labbé - Nick Hakim

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CHRONIQUE PRINCIPALE :

 

 Linkin Park – One More Light

Linkin Park – One More Light

Alors que Linkin Park semblait s’être quelque peu retrouvé d’un point de vue créatif en 2014 avec The Hunting Party, voilà qu’il s’enlise à nouveau avec un virage pop plus que douteux. Le métal est en effet complètement absent ici, tout comme les riffs intéressants, et oubliez les cris de Chester Bennington qui donnaient tant d’énergie à leurs premiers enregistrements. Nous avons maintenant droit à une musique pop rock teintée d’électro, mais surtout qui manque franchement de caractère et de dynamisme. On retrouve bien quelques moments intéressants, bâtis sur mesure pour les radios, mais ils sont beaucoup trop rares. Même le premier extrait, « Heavy », ne renverse aucune barrière malgré sa mélodie intéressante. One More Light est donc un album qui laissera assurément les fans de la première heure indifférents, sans permettre au groupe de véritablement rejoindre un nouvel auditoire.

Vidéoclip : « Heavy »

Warner

   

         

 

 

 

 

DÉCOUVERTE DU MOIS :

 

 Scott Helman – Hôtel de Ville

Scott Helman Hôtel de Ville

Scott Helman est un jeune chanteur pop rock de Toronto qui propose son tout premier album avec Hôtel de Ville. Plus rock que Justin Bieber, Helman présente surtout une musique beaucoup plus originale, l’amenant tout de suite dans une classe à part. Mais il reste que chaque mélodie est inoubliable et faite sur mesure pour les radios. C’est simple, les 12 titres d’Hôtel de Ville pourraient se retrouver au sommet des palmarès. Depuis son premier mini-album en 2014, Augusta, le jeune homme de 21 ans n’a cessé de travailler sa musique, tournant à travers le monde. Ça s’entend rapidement sur Hôtel de Ville qui ne présente que bien peu de faiblesses. Pour une musique pop de qualité, Scott Helman est définitivement un nom à retenir.

Vidéoclip : « Kinda Complicated »

Warner

½

   

 

23-30 juin :

 

 King Gizzard and the Lizard Wizard – Murder of the Universe

King Gizzard and the Lizard Wizard – Murder of the Universe

Pour son deuxième album de l’année, le collectif australien fonce dans la science-fiction avec un rock progressif énergique rempli de synthétiseurs et de voix robotisées. Murder of the Universe est divisé en trois chapitres, chacun racontant une partie de l’humanité qui est poussée à l’extinction dans un monde futuriste dominé par la machine. Plusieurs passages rappellent le Judas Priest de la fin des années 1980, sans les interminables solos de guitares. Dans le troisième chapitre, les descriptions très graphiques de cyborgs qui vomissent et du meurtre de l’univers risquent de choquer certaines oreilles sensibles. Mais en fait, peu de moments vraiment intéressants en ressortent et on peut se demander si c’était vraiment nécessaire d’aller jusque-là. Plusieurs pièces de l’album offrent le divertissement attendu, mais manquent quelque peu de créativité, demeurant plus souvent qu’autrement prévisibles. Murder of the Universe s’avère donc certainement leur album le plus faible parmi les trois derniers. Par contre, ils ont annoncé cinq albums en 2017, ce qui fait qu’il en resterait encore trois pour augmenter le niveau de créativité. À suivre…

ATO

½

   

 Meklit – When the People Move, the Music Moves Too

Meklit – When the People Move, the Music Moves Too

Meklit est une Californienne d’origine éthiopienne qui propose un mélange de musique du monde et de jazz. Sur ce nouvel album, elle fusionne encore plus les genres dans un ensemble énergique et particulièrement créatif. Réalisé par le chanteur et compositeur Dan Wilson (Adele, John Legend), le disque nous transporte dans toutes sortes d’atmosphères avec des arrangement riches intégrant des violons, claviers, cuivres, clarinettes, etc. Malgré la richesse musicale, la voix soul puissante de Meklit ressort très bien à travers l’ensemble. Le parrain de l’éthio-jazz, Mulatu Astatke, a en quelque sorte contribué à cet album lorsqu’il a dit à Meklit en 2011 : « Trouvez votre contribution à l’éthio-jazz et continuez à innover! ». Il en résulte cet album festif qui intègre tant la culture éthiopienne qu’américaine. Parmi les musiciens qui ont participé au disque, notons Andrew Bird et Preservation Hall Horns. Un disque incomparable à découvrir!

Six Degrees / SIX

½

   

 Vince Staples – Big Fish Theory

Vince Staples – Big Fish Theory

Le jeune rappeur californien est de retour avec son deuxième album complet, deux ans après un début fracassant. Pour Big Fish Theory, Vince Staples peut compter sur une belle brochette d’invités : Bon Iver, Damon Albarn, Kendrick Lamar, Rick Ross, Juicy J, Kilo Kish, etc. Staples repousse encore quelques barrières du rap en utilisant l’électronique de façon grandiose. Les arrangements sont superbes et mettront souvent à l’épreuve vos enceintes acoustiques avec une basse qui prend aux tripes. Staples joue admirablement avec la musicalité de ses pièces, ce qui amène souvent sa livraison vocale et ses textes au second plan. Big Fish Theory est donc un album extrêmement intéressant si vous appréciez un hip hop plus musical que parlé. Sans égaler les qualités créatrices de son premier album, voici à nouveau un disque de premier plan pour ce rappeur de la nouvelle génération.

Vidéoclips : « Big Fish » - « Rain Come Down »

Def Jam / Universal

½

   

 

16-22 juin :

 

 Fleet Foxes – Crack-Up

Fleet Foxes – Crack-Up

Après une longue pause de six ans, le groupe de Seattle est de retour avec un album d’une grande complexité. En effet, Fleet Foxes proposent toujours ce mélange d’indie rock, de folk et de country, mais ils ajoutent une touche de rock progressif qui peut rappeler les débuts de Yes. Crack-Up est assurément leur album le plus dense, cérébral, complexe et difficile d’accès à ce jour. Par contre, il s’avère rapidement grandement enrichissant. Les harmonies vocales demeurent la force du groupe, et de ce point de vue, ils peuvent rappeler les moments les plus psychédéliques des Beach Boys. Comme pour confirmer la démarche artistique sophistiquée du groupe, ils ont choisi de présenter comme premier extrait une pièce de 9 minutes en deux parties, « Third of May / Odaigahara ». Parfois orchestral et parfois expérimental, Crack-Up ne laissera personne indifférent, représentant un beau défi aux premières écoutes. Par contre, avec un peu de patience, vous y découvrirez plusieurs couches et subtilités musicales toutes plus intéressantes les unes que les autres. Fleet Foxes offrent donc un album très original, qui ne demande qu’un peu d’effort d’appréciation.

Nonesuch / Warner

½

   

 Jowee Omicil – Let’s Bash!

Jowee Omicil – Let’s Bash!

Le Montréalais d’origine haïtienne Jowee Omicil propose un métissage musical incomparable. Le jazz demeure évidemment au cœur de l’œuvre de ce trompettiste et multi-instrumentiste, mais on y trouve aussi des accents caribéens, africains, latins ou gospel. L’arrangeur, compositeur et réalisateur maintenant établi à Paris présente son nouvel album, son premier disque international, sur lequel il a bien l’intention de faire la fête. Il s’entoure pour l’occasion de musiciens de grand talent des quatre coins du monde. Omicil fait un clin d’œil à Aznavour, Tinariwen et Jay-Z. Il franchit même « Le pont d’Avignon » en afro-pop, en plus de présenter des sons proches de la musique indienne. En fait, c’est un voyage constant que l’on fait en compagnie de Jowee Omicil qui va vraiment dans toutes les directions, peut-être même un peu trop se dit-on après un certain temps. Il réussit au moins à mettre le tout à sa main, à en faire une œuvre personnelle. Donc c’est tout à son honneur!

Jazz Village / PIAS / SIX

½

   

 Portugal. The Man – Woodstock

Portugal. The Man – Woodstock

Pour ce huitième album, et le premier en quatre ans, le groupe indie rock a pris tout son temps, enregistrant suffisamment de matériel pour un album double, puis recommençant le tout une nouvelle fois. Ils ont continué à travailler avec le réalisateur Mike D, mais aussi avec Danger Mouse et John Hill. Ils se sont entourés d’une vingtaine de musiciens et de neuf ingénieurs, peut-être pour recréer l’ambiance de collégialité de Woodstock qui a été leur première influence pour le disque. On y retrouve un mélange d’indie rock et de glam, mais il s’agit surtout de leur album le plus pop à ce jour. On n’a qu’à écouter leur succès « Feel It Still » pour s’en laisser convaincre, une courte pièce de moins de trois minutes qui rappelle Pharrell Williams. On retrouve bien quelques éléments intéressants sur Woodstock, mais ce n’est malheureusement plus le groupe qu’on a connu, comme s’ils se cherchaient. Tout de même un bon potentiel commercial…

Vidéoclips : « Feel It Still » - « Rich Friends »

Atlantic / Warner

   

 Royal Blood – How Did We Get So Dark?

Royal Blood – How Did We Get So Dark?

Trois ans après son premier album, le duo britannique est de retour avec un autre disque percutant. Un peu moins lourd que le précédent, How Did We Get So Dark présente toujours des éléments comparables aux White Stripes dans un style garage un peu sale. Des guitares fuzzy et quelques claviers s’ajoutent au son du groupe qui prend de l’ampleur. Les mélodies sont inoubliables, sur des musiques toujours énergiques et entraînantes qui vous feront assurément taper du pied. En somme, même s’il ne dure que 34 minutes, c’est un album très satisfaisant que nous proposent les gars de Royal Blood.

Vidéoclips : « Lights Out » - « Hook, Line & Sinker » - « I Only Lie When I Love You »

Warner

½

 

 

9-15 juin :

 

 Taylor Knox – LOVE

Taylor Knox – LOVE

Pour ce premier album, l’auteur-compositeur et interprète de Toronto nous arrive avec une musique pop accompagnée d’une guitare électrique qui écorche au passage. Taylor Knox nous rappelle grandement les sonorités pop rock des années 1970, mais aussi de contemporains comme Teenage Fanclub et Tame Impala. LOVE débute en force avec les pièces énergiques et efficaces « Wishing Well » et « The Stars ». Plusieurs titres sauront ensuite conserver votre intérêt et vous donner envie d’en entendre plus. Plusieurs éléments de ce premier disque méritent qu’on porte une attention particulière à cet artiste dans le futur.

Cadence

 

 Lenni-Kim – Les autres

Lenni-Kim – Les autres

Ce jeune chanteur québécois de 15 ans a réussi le double exploit d’avoir été signé par les deux leaders musicaux français (Warner et TF1) et d’avoir été le plus jeune artiste à se produire à une demi-finale de The Voice en France. C’est tout de même au Québec qu’il a décidé de lancer son album en premier, alors que les Français pourront se le procurer le 30 juin. Réalisé par Louis Côté (Wyclef Jean, K-Maro, Shy’m), l’album présente 12 pièces originales fusionnant pop dansante et électro. L’ambiance demeure festive, du succès YouTube « Don’t Stop » (un vidéoclip réalisé par Jason Roy-Léveillée vu plus d’un million de fois) à l’excellente « Celebration », sans oublier le plus récent extrait, « Yolo ». « Pourquoi tout perdre » fait partie des 25 chansons les plus vendues de 2015 et son vidéoclip a dépassé les 1,8 million de vues. Majoritairement en français, Les autres contient aussi quelques pièces en anglais, ou du moins quelques phrases par-ci par-là. Lenni-Kim nous offre une musique pop adolescente et rafraîchissante.

Vidéoclips : « Pourquoi tout perdre » - « Don’t Stop » - « Yolo »

LKL

 

 Ariel Pocock – Living in Twilight

Ariel Pocock – Living in Twilight

La jeune pianiste, chanteuse et compositrice revient avec un nouvel album intitulé Living in Twilight, de la pièce des Weepies qu’elle reprend de belle façon. L’album contient un mélange de classiques du répertoire américain, de réinterprétations contemporaines étonnantes et de compositions originales. Parmi les classiques, notons « The Very Thought of You » de Ray Nobles, « So In Love » de Cole Porter et « 500 Miles High » de Chick Corea. Ses interprétations de chansons contemporaines incluent la surprenante « Someone Like You » d’Adele, « To Be Alone With You » de Sufjan Stevens en version instrumentale, ainsi que l’émouvante « Go Leave » de Kate McGarrigle. Certaines influences ressortent particulièrement tout au long du disque, dont des traces de musiques cubaine et brésilienne. Ariel Pocock propose donc une musique jazz aux accents variés, une musique douce mais d’une grande richesse. Elle sera de passage au Québec au début de juillet pour trois spectacles.

Justin Time / SIX

½

   

 Guylaine Tanguay – Mon livre vert

Guylaine Tanguay – Mon livre vert

Pour son nouvel album, Guylaine Tanguay nous offre des classiques du country, 13 souvenirs marquants de la chanteuse. Parmi ces classiques, certains lui ont été légués par sa mère comme « Partons la mer est belle », « De la neige sur la bible de mon père », ainsi que le pot-pourri « Prière d’une mère / Le cœur ne vieillit pas / Mon enfant je te pardonne ». Un autre pot-pourri traditionnel country arrivera un peu plus tard. Elle s’adresse à ses filles avec le premier extrait, « À mes filles », écrit par Paul Daraîche, puis elle rend hommage à l’homme de sa vie avec émotion dans « La dernière ». Guylaine reprend de belle façon en version country « Ce n’était qu’un rêve », popularisée par une jeune Céline Dion. Finalement, on peut l’entendre en duo avec Patrick Norman pour la pièce « J’ai tant besoin de toi ». Les classiques ne manquent pas sur cet album qui risque fort de combler autant les fans de country que les admirateurs de la chanteuse.

Création

 

 

1-8 juin :

 

 Aliocha – Eleven Songs

Aliocha – Eleven Songs

Le jeune Aliocha est un naturel, autodidacte, qui s’inspire de Bob Dylan, Eliott Smith, John Lennon et Nick Drake, tout en y apportant sa touche personnelle pleine d’imperfections. En voyageant entre Montréal, Paris et Los Angeles, il a su tracer sa voie, surtout lorsqu’il a fait la rencontre à Paris du brillant réalisateur Samy Osta (La Femme, Feu! Chatterton). Après avoir fait paraître le mini-album Sorry Eyes en France à l’automne 2016, le voici de retour avec un album qui sort simultanément en Europe et au Canada. Aliocha y propose une musique folk inspirée à la fois du folk rock contemporain et de la musique des années 1960. Quelques touches pop ou plus psychédéliques viennent ajouter de la couleur à un album qui possède en bout de ligne beaucoup de personnalité. Un très bon disque!

Audiogram

½

 Dan Auerbach – Waiting on a Song

Dan Auerbach – Waiting on a Song

Surtout connu pour son travail avec The Black Keys, dans un style blues garage, Dan Auerbach a aussi réalisé bon nombre d’albums de différents genres : Pretenders, Lana Del Rey, Cage the Elephant, JEFF the Brotherhood, Dr. John, etc. Pour cet album solo, Auerbach va complètement ailleurs, explorant le vieux soul de Memphis et le vieux country de Nashville. Il rappelle très souvent le Jeff Lynne des années 1980, du temps des Traveling Wilburys, un style qu’il affectionnait tout particulièrement. L’album ne contient que 10 pièces totalisant 35 minutes, mais elles s’avèrent tout simplement rafraichissantes, en plus d’être grandement créatives. Voici donc un divertissement de très grande qualité, auquel il ne manque que deux ou trois morceaux pour faire la différence et transporter l’album au sommet de 2017.

Nonesuch / Warner

½

   

 Blondie – Pollinator

Blondie – Pollinator

Après six ans d’absence sur disque, Debbie Harry et sa bande sont de retour avec un nouvel album, Pollinator. Par contre, ça parait plus que jamais depuis leur retour dans les années 2000 que Blondie tentent de rappeler leur passé glorieux tout en s’accrochant à une musique électro pop plus contemporaine. Là où c’était plutôt réussi sur leurs albums précédents, ici ça sonne carrément faux. Ce n’est pas la panoplie d’auteurs-compositeurs et musiciens invités qui allait rendre Pollinator aussi intéressant que leurs albums d’il y a 40 ans. Ni leurs reprises de Johnny Marr (« My Monster ») et Charli XCX (« Gravity »). En fait, c’est difficile de comprendre à qui s’adresse Blondie avec cet album, puisque tant les fans de la première heure qu’un public plus jeune ne devraient y porter aucune attention.

½

   

 Isabelle Boulay – En Vérité

Isabelle Boulay – En Vérité

Voici le 14e album en carrière pour Isabelle Boulay, après six ans d’attente. Réalisé par Benjamin Biolay, En Vérité contient des chansons écrites par des auteurs-compositeurs de renom, des deux côtés de l’Atlantique : Carla Bruni, Julien Clerc, Alex Nevsky, Cœur de Pirate, Didier Golmanas, La Grande Sophie, Raphaël (qui réalise aussi deux titres) et Benjamin Biolay. L’album présente une musique pop adulte qui ressemble toujours à son style, avec aussi quelques influences country et latines. Si on en croit le titre et les photos non retouchées, de magnifiques photos de Peter Lindbergh, Isabelle se retrouve plus que jamais en quête de vérité, sans artifices. C’est le thème récurrent tout au long de ce disque qui plaira assurément à ses nombreux fans, tant au Québec qu’en France. À noter qu’Isabelle Boulay fêtera ses 25 ans de carrière sur les Plaines d’Abraham le 6 juillet, jour de son 45e anniversaire, dans le cadre de la soirée d’ouverture du Festival d’été de Québec.

Audiogram

 

 Delphine Coutant – La nuit philharmonique

Delphine Coutant – La nuit philharmonique

La nuit philharmonique, le cinquième album de la Française Delphine Coutant, a été lancé en Europe à l’automne 2016 et il est enfin présenté au Québec. Elle y présente une chanson française accompagnée d’orchestrations de cordes et de cuivres, avec aussi des moments plus pop, le tout magnifiquement réalisé par Matthieu Ballet (Thomas Fersen, Alain Bashung, Miossec). Elle brise assurément bien des conventions de la chanson française avec une musique originale et variée. Delphine Coutant sera de passage aux Francofolies de Montréal le 10 juin à la Place-des-Arts en compagnie d’Ingrid St-Pierre et Fanny Bloom.

Comme le café / SIX

½

 Faith Evans and The Notorious B.I.G. – The King & I

Faith Evans and The Notorious B.I.G. – The King & I

Même s’il est annoncé comme un album de Faith Evans et The Notorious B.I.G., The King & I est beaucoup plus un album de Faith Evans, majoritairement R&B, avec des échantillonnages du regretté rappeur. En fait, il se présente comme un album-souvenir au sujet de la relation du duo. Plusieurs des échantillonnages ont déjà été souvent entendus et leur utilisation n’est pas toujours judicieuse, en venant même à nuire à plusieurs des 25 pièces. On peut entendre plusieurs artistes invités (Jamal Woolard, Lil’ Cease, Mama Wallace, Snoop Dogg, Busta Rhymes, Lil’ Kim, etc.), mais c’est insuffisant pour redonner de la crédibilité à l’ensemble. Avec 72 minutes de musique, The King & I contient beaucoup trop de moments inintéressants pour satisfaire même les plus grands fans nostalgiques de The Notorious B.I.G.

Rhino / Warner

   

 Marvin Jouno – Intérieur nuit (réédition de 2017)

Marvin Jouno – Intérieur nuit (réédition de 2017)

Voici un nouveau nom qui brasse les cartes de la pop française, Marvin Jouno. L’auteur-compositeur et interprète a présenté en effet un premier album de 11 pièces en 2016, Intérieur nuit. Son thème tourne autour des longues nuits d’insomnie, les nuits d’hiver, les nuits de solitude. Des musiques accrocheuses captent rapidement notre attention, pour ensuite conserver notre intérêt jusqu’à la fin. Les arrangements sont toujours riches et accompagnent à merveille sa voix qui rappelle Biolay ou Murat. Cette réédition de l’album contient cinq pièces en boni, dont deux remix pour « Love Later » et le succès « Quitte à me quitter ». On y trouve aussi le film Intérieur nuit, un film de 48 minutes que Jouno a réalisé avec son complice Romlain Winkler. Marvin Jouno sera en spectacle à Montréal dans le cadre des Francofolies les 12 et 13 juin.

Vidéoclips : « Quitte à me quitter » - « Love Later (Robbie Remix) »

Film : Intérieur nuit

Un plan simple / Sony

½

 Lary Kidd – Contrôle

Lary Kidd – Contrôle

Après avoir atteint les sommets du hip hop québécois à la tête du groupe Loud Lary Ajust, Lary Kidd présente finalement un premier album solo. Le rappeur semble fasciné par la société de violence et de consommation, à laquelle il adhère complètement jusqu'à ce qu'il se sente dégoûté. Ce sont ces contradictions qui subsistent tout au long de Contrôle, un album au titre approprié puisque le MC semble toujours sur le point de le perdre ce contrôle. Du moins dans ses textes puisque musicalement, Lary Kidd semble plus en contrôle que jamais sur sa carrière et son art. L'album s'avère plutôt sombre tout au long des 13 titres, mais le flow incomparable de Kidd capte notre attention pour la conserver jusqu'à la fin. Un très bon disque!

Coyote

½

 

 Diana Krall – Turn Up the Quiet

Diana Krall Turn Up the Quiet

La chanteuse et pianiste canadienne est de retour avec un nouvel album de standards du jazz, après avoir revisité des classiques pop rock en 2015 sur Wallflower. Diana Krall s’est impliquée plus que jamais alors qu’elle a choisi chaque chanson, a conçu les arrangements et a mis en place trois groupes distincts pour l’enregistrement des 11 pièces. Que ce soit en version trio, quatuor ou quintette, chaque chanson est interprétée toute en douceur, avec une bonne dose de romantisme. On peut entendre plusieurs incontournables du genre comme « Moonglow », « Blue Skies », « Sway », « Dream », ainsi que le premier extrait, « Night and Day », un classique de Cole Porter. Turn Up the Quiet constitue un très bon disque de fin de soirée par cette grande dame du jazz.

Verve / Universal

½

   

 Valérie Lahaie – Étoile anonyme

Valérie Lahaie Étoile anonyme

L’ex-finaliste de La Voix présente déjà son deuxième album, Étoile anonyme. Pour l’occasion, elle a su développer un nouveau répertoire plus représentatif de la jeune femme contemporaine qu’elle est. Elle s’est entourée de différents collaborateurs pour les textes : David Goudreault, Jamil, Amylie, Alexandre Poulin, sans oublier bien sûr son mentor et ami, Éric Lapointe. C’est Jean-François Lemieux (Daniel Bélanger, Jean Leloup) qui assure la réalisation, et il a réussi à faire ressortir le côté lumineux de Valérie, porté par sa voix puissante. On peut y entendre plusieurs pièces toutes douces, sur lesquelles elle s’exécute seule au piano. Mais la chanteuse sait aussi s’envoler dans le firmament avec des mélodies inoubliables comme « J’y vais » (le premier extrait), la chanson-titre, etc. Voici donc un excellent deuxième album pour Valérie Lahaie, un album agréable à écouter dans toutes ses facettes.

Vidéoclip : « J’y vais »

Instinct

½

 Shai Maestro Trio – The Stone Skipper

Shai Maestro Trio – The Stone Skipper

Accompagné de Jorge Roeder et Ziv Ravitz, le pianiste israélien Shai Maestro nous offre un album jazz d’une grande puissance avec The Stone Skipper. Il s’agit du quatrième disque du trio depuis ses débuts en 2011. La fluidité des trois musiciens est incomparable et ils semblent ne faire qu’un (le trio prend donc tout son sens). Maestro repousse les frontières du jazz en intégrant quelques éléments d’électronique et des voix qui arrivent de nulle part pour se fusionner parfaitement à sa musique. L’album de 15 morceaux se présente comme un récit, et chaque musicien s’est mis au service du récit en évitant les envolées en virtuosité. Même Maestro a su s’effacer au piano en plusieurs occasions pour laisser respirer l’œuvre dans son déploiement. Il s’agit sans contredit de l’album le plus personnel du trio à ce jour, avec plusieurs moments méditatifs. À découvrir!

SIX

½

 Orchestre national de jazz de Montréal & Christine Jensen – Under the Influence Suite

Orchestre national de jazz de Montréal & Christine Jensen – Under the Influence Suite

La suite Under the Influence est une commande de 2015 de l’Orchestre national de jazz de Montréal à la saxophoniste, compositrice et chef d’orchestre Christine Jensen. On y trouve cinq parties par des compositeurs de renom tels Kenny Wheeler, Jan Jarczyk, John Coltrane, Lee Konitz et Wayne Shorter. La voix feutrée de Sienna Dahlen accompagne magnifiquement l’orchestre. Fondé en 2012, l’Orchestre national de jazz de Montréal compte une vingtaine de musiciens et est déjà considéré d’envergure mondiale. Quant à Christine Jensen, la Montréalaise fait partie de l’élite jazz au Canada.

Justin Time / SIX

½

   

 Paramore – After Laughter

Paramore – After Laughter

Quatre ans après leur excellent album éponyme, Paramore sont de retour avec After Laughter. La chanteuse Hayley Williams semble avoir de la difficulté à conserver son entourage, alors que le bassiste Jeremy Davis a quitté le groupe pour la deuxième fois. Paramore semble donc de plus en plus se centrer autour de sa chanteuse, la seule à avoir fait partie des cinq albums du groupe. En plus, on a l’impression que la musique du groupe suit de plus en plus l’inspiration pop de Hayley. After Laughter contient plusieurs mélodies contagieuses et les éléments de rock alternatif qu’il pouvait rester précédemment semblent maintenant du passé. Leur musique new wave qui semble joyeuse au premier abord présente plutôt un combat incessant contre les ruptures. Mais ce n’est rien de bien surprenant puisque les départs du groupe demeurent leur inspiration principale depuis leurs débuts il y a 12 ans. After Laughter demeure tout de même un album très agréable à écouter.

Vidéoclips : « Hard Times » - « Told You So »

Fueled by Ramen / Warner

½

   

 Sophie Pelletier – Les météores

Sophie Pelletier – Les météores

Sur son deuxième album, l’ex-participante à Star Académie démontre une certaine maturité, comme si elle avait découvert son style bien à elle. Sophie Pelletier s’est entourée de nombreux collaborateurs de renom comme Gaële, Dumas, Fred St-Gelais, Sam Joly, Patrick Bouchard et Marc Dupré. Sur cet album, réalisé de main de maître par Gautier Marinof, elle propose une musique pop intelligente enrobée dans des arrangements recherchés incluant une guitare rock, des synthétiseurs ou des cuivres. Sa voix est toujours mise en valeur, mais c’est surtout l’ambiance générale qui ressort du lot. Ses fans de la première heure la reconnaîtront aisément, mais elle risque fort de gagner de nouveaux admirateurs, assoiffés d’une musique pop différente et de qualité.

UniForce

½

 

 Stéphanie St-Jean – Stéphanie St-Jean

Stéphanie St-Jean – Stéphanie St-Jean

Un an après une victoire très serrée sur Travis Cormier en finale de la quatrième édition de La Voix, Stéphanie St-Jean présente enfin son premier album au public. Sans surprise, c’est avec la chanson qui lui a permis de gagner qu’elle débute le tout : « Ma chambre » écrite par son coach Pierre Lapointe et qui fait référence à son passé obscur. L’album pop rock présente un mélange entre ce style de ballades et des pièces plus dynamiques et efficaces. Stéphanie nous présente des chansons d’auteurs-compositeurs de renom dont Fred Fortin, Michel Rivard, Daniel Bélanger et Sarah Bourdon. Elle reprend aussi « Oh Happy Day » d’Edwin R. Hawkins. Les arrangements musicaux s’avèrent particulièrement réussis tout au long du disque, mais la voix puissante de Stéphanie domine tout de même et occupe le centre de l’espace. C’est un disque surprenant et extrêmement efficace que nous offre Stéphanie St-Jean.

Productions J

½

 

 René Turgeon – Héritage

René Turgeon – Héritage

Suite au succès de son album-hommage à Georges Hamel en 2015, René Turgeon revient sur disque. Il s’agit déjà du 13e album pour le chanteur country. Pour l’occasion, il présente un mélange de chansons originales et de reprises, surtout en français, mais avec quelques titres en anglais. On peut entendre des artistes invités comme Alyson Turgeon (sa fille), Annie Blanchard et Paul Daraîche (pour la reprise de son classique « À ma mère (Perce les nuages) »). Daraîche réalise aussi l’album en plus de signer deux chansons originales. Parmi les reprises intéressantes, notons l’excellente « Take Me Home, Country Roads » de John Denver.

 Renée Wilkin – Soul 67

Renée Wilkin – Soul 67

Après un premier album lancé il y a deux ans, la finaliste de la deuxième édition de La Voix est de retour sur disque. Elle revient cette fois à son style de prédilection en reprenant 12 classiques soul et R&B de 1967. Réalisé par Erik West Millette (d’ailleurs né en 1967), Soul 67 propose des versions modernisées mais quand même près des originales indémodables de « Chain of Fools », « Knock on Wood », « I’d Rather Go Blind », « Ain’t No Mountain High Enough », « You Keep Me Hangin’ On », « (You Make Me Feel Like) A Natural Woman », etc. Sa voix puissante rend bien l’essence de ces 12 succès, un beau cadeau pour ses fans.

L-A be / SIX

 

 Nick Cave & The Bad Seeds – Lovely Creatures: The Best of Nick Cave and The Bad Seeds, 1984-2014 (3 CD + DVD)

Nick Cave & The Bad Seeds – Lovely Creatures:
The Best of Nick Cave and The Bad Seeds, 1984-2014
(3 CD + DVD)

Nick Cave a débuté sa carrière avec la naissance du punk en Australie. Par contre, il s’en est vite détaché avec son groupe, les Bad Seeds, pour aller vers une musique plus profonde, à la fois sombre et intelligente. Après trois décennies de créativité quasi-incessante, quoi de mieux qu’une compilation de luxe sur trois CD pour faire un résumé de cette longue carrière. On retrouve donc 45 des meilleures pièces de Nick Cave et ses Bad Seeds couvrant les années 1984 à 2014. Contrairement à la compilation d’un seul disque, The Best of Nick Cave & the Bad Seeds, parue en 1998, on peut ici aller beaucoup plus en profondeur dans l’œuvre du groupe, surtout à ses débuts, en plus d’ajouter des titres tirés du superbe album Abattoir Blues/The Lyre of Orpheus (2004) et de Push the Sky Away (2014). En boni, un DVD est offert présentant des apparitions télé, des performances en concert et des entrevues. Avec plus de 225 minutes, c’est beaucoup de matériel qui nous est offert sur ces trois CD. Malheureusement, faute de contenu inédit, les incorruptibles du groupe n’y trouveront rien de neuf à se mettre sous la dent. Il reste qu’il s’agit assurément de la compilation la plus complète à ce jour pour véritablement encadrer la carrière de Nick Cave & The Bad Seeds.

Mute

½

 

 Festival western de St-Tite : 50 ans de country et de rodéo

Festival western de St-Tite : 50 ans de country et de rodéo

En 2017, ce sera la 50e édition du Festival western de St-Tite, et pour l’occasion, voici une compilation de 13 chansons par des artistes qui ont permis au festival d’atteindre son niveau de popularité. On peut y entendre Renée Martel (qui agit aussi à titre de directrice artistique), Paul Daraîche, Guylaine Tanguay, Isabelle Boulay, Annie Blanchard, Manon Bédard, Véronique Labbé, et plusieurs autres. À noter aussi la présence de Brigitte Boisjoli avec sa version de « Crazy » de Patsy Cline. L’album se conclut avec la chanson thème du festival par un collectif d’artistes. Pour la première fois dans le cadre de son 50e anniversaire, le festival présentera un grand spectacle de clôture le samedi 16 septembre à 20 h, avec notamment l’ensemble des artistes ayant participé à l’album.

Martin Leclerc

 

 

mai :

 

 Sheryl Crow – Be Myself

Sheryl Crow – Be Myself

Après une intrusion peu fructueuse dans la musique country en 2013 sur Feels Like Home, Sheryl Crow prend un virage drastique avec Be Myself et revient au style pop rock qui l’a rendue populaire dans les années 1990. Elle travaille à nouveau avec les réalisateurs Jeff Trott et Tchad Blake, qui étaient derrière les succès de son album éponyme de 1996 et de The Globe Sessions en 1998. Plusieurs rythmes nous rappellent d’ailleurs ces années fructueuses pour la chanteuse. « Roller Skate » nous fait penser à « All I Want To Do » et « Strangers Again » n’est pas sans nous rappeler « It It Makes You Happy ». Sheryl semble particulièrement heureuse de se replonger dans ce style qui l’a non seulement rendue célèbre, mais qui lui a permis d’atteindre son sommet créatif. Évidemment, la fraîcheur de l’époque n’y est plus tout à fait 20 ans plus tard. Mais les chansons ensoleillées et plaisantes à écouter nous permettront de redécouvrir l’artiste qui a tant séduit à ses débuts. Be Myself s’avère donc être un album plus qu’honnête, sur lequel Sheryl Crow est fidèle à elle-même. (chronique principale de mai 2017)

Warner

½

   

     

 Wilsen – I Go Missing in My Sleep

Wilsen – I Go Missing in My Sleep

Wilsen est un trio de Brooklyn, New York dirigé par l’auteure-compositrice et interprète Tamsin Wilson. Ils se sont démarqués sur la scène indépendante en 2013, et après deux mini-albums, ils arrivent enfin avec un premier disque complet. Les extraits « Garden » et « Centipede » ont préalablement connu un vaste succès sur les plateformes d’écoute en continu (2,7 millions d’écoutes sur Spotify pour « Garden »). La musique du groupe, plutôt introspective et enveloppante, demeure largement dominée par la voix de Tamsin qui nous captive dès les premières écoutes. Voici donc un album d’une grande richesse musicale qui créera chez vous une atmosphère de rêve. (découverte du mois de mai 2017)

Vidéoclips : « Garden » - « Centipede »

Secret City / SIX

½

   

 Afrikana Soul Sister – Afrikana Soul Sister

Afrikana Soul Sister Afrikana Soul Sister

Il y a 12 ans, le bassiste, multi-instrumentiste et réalisateur Jean-François Lemieux a eu l’idée de fusionner la musique techno occidentale et les musiques traditionnelles africaines. Voici donc enfin Afrikana Soul Sister, un hybride ingénieux entre deux univers qui ne se seraient pas rencontrés autrement. Par contre, dès la pièce d’ouverture et premier extrait, « Mayébo », cette fusion semble naturelle. Pour ce premier album, Lemieux a assemblé des créateurs de tous les horizons comme Joanie Labelle, Djely Tapa, Mélissa Lavergne, Sylphir Soulay, Kattam Tam, Sarah Lachbar, Dramen Koré, Élage Diouf, et plusieurs autres. C’est un très bel album qui nous est offert, avec des rythmes contagieux incessants. (mai 2017)

Audiogram

½

 Mary J. Blige – Strength of a Woman

Mary J. Blige – Strength of a Woman

Après une date de sortie reportée à quelques reprises, voici finalement le 13e album de la chanteuse R&B Mary J. Blige. L’album est propulsé par le premier extrait, « Love Yourself », qui met en vedette Kanye West. On peut aussi entendre des collaborations de DJ Khaled, Missy Elliot et Quavo sur « Glow Up », ainsi que Prince Charlez et Kaytranada un peu plus tard sur le disque. Toute en voix, la chanteuse prouve à nouveau qu’elle peut régner au sommet du R&B, malgré une compétition féroce. Il y a bien des titres moins intéressants, mais il s’agit tout de même d’un album R&B de premier plan à la production sans failles. (mai 2017)

Capitol / Universal

   

 David Bontemps – Gede Nibo

David Bontemps – Gede Nibo

Le Haïtien d’origine et Montréalais d’adoption David Bontemps alterne entre ses carrières de pianiste classique, compositeur et leader du quintette de jazz créole Makaya. Sur ce deuxième album en tant que pianiste, il propose 12 variations  sur le thème carnavalesque Gede Nibo du compositeur Ludovic Lamothe, du nom d’une divinité du vaudou haïtien et qui date de 1934, soit la fin de l’année de l’occupation américaine d’Haïti. Ces déclinaisons de Gede Nibo par David Bontemps représentent de grands défis techniques. L’album se conclut avec la pièce « ANKH », composée par Bontemps en 2010 à la suite du séisme qui a ravagé Haïti. C’est une pièce qui ne se joue que de la main gauche. L’album ne dure que 34 minutes, mais il est d’une grande intensité, en plus de démontrer tout le talent que possède le pianiste. (mai 2017)

½

   

 Michelle Branch – Hopeless Romantic

Michelle Branch – Hopeless Romantic

Depuis le succès de The Spirit Room en 2001, la chanteuse de l’Arizona n’aura produit en solo qu’un seul album (en 2003) et un mini-album country (en 2010). Il est donc normal qu’il y ait une sorte d’effervescence à la sortie d’un nouvel album par Michelle Branch. La première impression avec Hopeless Romantic est qu’il s’agit d’un nouveau départ pour celle qui a eu des problèmes contractuels avec sa compagnie de disques et qui s’est en plus divorcée au cours des dernières années. On sent peu de nostalgie, mais plutôt un désir de regarder vers l’avenir. Son style pop adulte prend un tournant quelque peu électro-pop sur ce nouvel album bien ancré dans son époque. C’est un album très agréable à écouter que nous offre Michelle Branch, avec en prime quelques succès potentiels. (mai 2017)

Vidéoclips : « Hopeless Romantic » - « Best You Ever »

Verve / Universal

½

   

 Zac Brown Band – Welcome Home

Zac Brown Band – Welcome Home

Sur son nouvel album, le Zac Brown Band se rapproche un peu plus du style de ses débuts, avec un mélange entre country traditionnel et contemporain. Ce retour à ses origines se découvre tant dans le titre que dans les trois premières pièces : « Roots », « Real Thing » et « Long Haul ». On peut entendre ce son plutôt doux qui nous ramène aux années 1970. Le groupe laisse tomber du même coup ses explorations musicales des dernières années pour revenir à un confort certain, qui aura soit le même effet sur ses fans ou plus probable, qu’ils aient l’impression que le groupe recule plutôt que d’aller de l’avant. Et il faut l’avouer, ça devient franchement agaçant de se faire marteler qu’ils font un retour aux sources… Pour les fans nostalgiques de leurs débuts seulement. (mai 2017)

Elektra / Warner

½

 

 Rémy Caset – La Minerve

Rémy Caset – La Minerve

L’auteur-compositeur, interprète et ancien membre des Parfaits Salauds est de retour avec un premier album de chansons originales en neuf ans. Dès les premières pièces de La Minerve, on a l’impression de faire un retour dans le temps, quelque part au début des années 1990 alors que les Parfaits Salauds trônaient au sommet de leur carrière. La voix de Rémy Caset crée cet effet, mais aussi sa musique qui rappelle grandement les classiques « 200 jours » et « S.O.S. ». Caset gagne en intérêt dans les élans plus rock ‘n’ roll de « Les filles rebelles » par exemple. L’album a été réalisé par Hugo Perreault (Okoumé, Richard Séguin), et trois guitaristes accompagnent Caset dans son aventure. En plus de la nostalgie qui peut survenir à tout moment, on peut entendre quelques très bons passages sur La Minerve, malgré un certain manque d’originalité par instants, surtout dans les sonorités. (mai 2017)

Artic / SIX

 

 The Chainsmokers – Memories… Do Not Open

The Chainsmokers – Memories… Do Not Open

Le duo new-yorkais a su attirer l’attention au cours de la dernière année avec plusieurs grands succès radio, ainsi que leur collaboration avec Coldplay pour « Something Just Like This ». Les Chainsmokers offrent un style électro dansant assez simple, basé avant tout sur le rythme, sans grandes subtilités. En fait, la plupart de leurs pièces ne présentent que bien peu d’intérêt, même d’un point de vue de plancher de danse, à cause de nombreux changements de rythme. Il ne reste que les radios pour adhérer à leur musique et encore là, leur manque de substance ne permet pas de conserver l’intérêt bien longtemps. On retrouve quelques moments divertissants sur Memories, mais ils sont de bien courte durée. Les Chainsmokers n’ont d’autres choix que de s’appuyer sur Coldplay pour propulser leur album. Ils devront donc se rendre à l’évidence qu’il est préférable pour eux de lancer un vidéoclip lorsqu’ils tiennent quelque chose d’efficace entre les mains, plutôt que de produire un album complet. (mai 2017)

Vidéoclip : « Paris »

   

 Deep Purple – InFinite

Deep Purple – InFinite

À l’aube de leurs 50 ans de carrière, les vieux routiers de Deep Purple ont été envahis par le désir de présenter du nouveau matériel, quatre ans après leur dernier album studio, Now What?!, qui a connu un succès inespéré en Europe. Plus lourd et plus long que son prédécesseur (avec 66 minutes), InFinite présente par contre rapidement quelques longueurs étant un peu moins constant. Ian Gillan demeure toujours aussi solide derrière le micro et il est magnifiquement accompagné par la section rythmique et l’orgue typiques au son de Deep Purple, le tout à nouveau réalisé par le fidèle collaborateur Bob Ezrin. Vous ne serez donc pas trop dépaysés par le son toujours reconnaissable de l’un des groupes qui a fondé le hard rock. Il n’y a en fait que la voix transformée dans un style futuriste de la première chanson, « Time for Bedlam », qui ne cadre pas vraiment avec l’ensemble (du disque et de leur carrière). Sinon, il s’agit toujours de ce mélange de métal classique et de rock progressif qui a fait leur célébrité. À noter aussi leur reprise de « Roadhouse Blues » de The Doors. Les fans du groupe devraient encore apprécier. (mai 2017)

 

 Gorillaz – Humanz

Gorillaz – Humanz

Le groupe virtuel dirigé par Damon Albarn est de retour sur disque après sept ans d’absence. Albarn laisse ici toute la place à ses collaborateurs, ce qui donne un album un peu plus fractionné par pièces plutôt qu’une œuvre complète. Mais ce n’est pas si négatif considérant la qualité des compositions intégrant rock alternatif, électro et hip hop. En plus, on retrouve quelques thèmes récurrents avec même quelques subtiles allusions politiques à Trump et au Brexit. Les collaborateurs à l’album incluent Vince Staples, Grace Jones, Danny Brown, Mavis Staples, Pusha T, ainsi que De La Soul. On peut tout de même entendre une pièce laissant le champ libre à Albarn, « Busted and Blue », qui aurait aisément pu se retrouver sur son dernier album solo. Avec Humanz, Gorillaz nous offrent un album énergique et suffisamment varié pour conserver notre intérêt tout au long des 50 minutes. Voici donc un très bon disque qui est assurément digne de leurs meilleures années, peut-être la suite logique de Demon Days paru il y a 12 ans déjà. (mai 2017)

Vidéoclip : « Saturnz Barz »

Parlophone / Warner

½

   

 David Jalbert – 5

David Jalbert – 5

L’auteur-compositeur et interprète David Jalbert présentait son cinquième album le 5 mai, soit le jour de son anniversaire. Il atteint une certaine maturité musicale avec ce nouveau disque, sans toutefois renier ses influences premières comme Louise Attaque et les Cowboys Fringants. Jalbert propose à nouveau une musique festive, en plus de se permettre une reprise énergique de « Fleurs de Macadam » de Jean-Pierre Ferland. Par contre, il laisse aussi sortir son côté tendre avec « Aly », écrite pour sa fille, et la conclusion du CD, « Qu’attendais-tu? ». David Jalbert présente donc non seulement son album le plus accompli à ce jour, mais aussi son plus personnel. (mai 2017)

Goliath / SIX

½

 

 Philippe Jaroussky – La Storia di Orfeo

Philippe Jaroussky – La Storia di Orfeo

Le contreténor français Philippe Jaroussky réalise un rêve de longue date en racontant le mythe d’Orphée à travers la musique de trois compositeurs baroques : Monteverdi, Sartorio et Rossi. Il crée donc ainsi une sorte de mini-opéra à deux voix et un chœur autour des personnages d’Orphée et Eurydice. L’Orfeo de Monteverdi, composé en 1607, est considéré comme le premier opéra de l’histoire. L’épopée d’Orphée et de sa défunte épouse Eurydice a nourri l’imaginaire de nombreux compositeurs au cours des décennies suivantes. Les opéras de Rossi (1647) et Sartorio (1672) sont des œuvres beaucoup plus élaborées que celle de Monteverdi. Pour La Storia di Orfeo, Jaroussky est accompagné par le chef Diego Fasolis, ainsi que par Emöke Barath dans le rôle d’Eurydice. L’enchaînement des pièces s’est fait tout naturellement, en donnant une plus grande place à Eurydice que dans les opéras originaux. C’est une œuvre bien intéressante qui nous est proposée ici, surtout si vous appréciez l’opéra baroque. (mai 2017)

Erato / Warner / SIX

½

 

 The Junction – City Nights

The Junction – City Nights

The Junction a été formé à Brampton en Ontario il y a une quinzaine d’années. Le trio propose une musique indie rock qui intègre quelques éléments électro avec une légère tendance new wave. Ils ont aussi un petit côté aérien et planant par moments qui nous transporte ailleurs. The Junction nous offrent une musique intéressante et passablement créative. Il n’y manque que quelques passages un peu plus forts pour capter notre attention et la conserver. Il se peut donc que vous ne soyez pas trop enclin à écouter City Nights à répétition, malgré ses très belles qualités. (mai 2017)

Culvert

 Kendrick Lamar – DAMN.

Kendrick Lamar – DAMN.

Après une mixtape en 2016 qui a brisé quelque peu le rythme effréné auquel il nous a habitué pour la sortie de très bons albums, voilà que le rappeur Kendrick Lamar est de retour avec DAMN. Il poursuit dans la lignée des excellents Good Kid, M.A.A.D City et To Pimp a Butterfly avec des rythmes entraînants et un flow incomparable. Si bien qu’après seulement quelques titres on se retrouve totalement subjugués par le talent brut de cet artiste extrêmement complet. Sur DAMN, Lamar se questionne constamment sur sa santé mentale, mais après tout, la folie n’est jamais bien loin du génie. À entendre la constance dont il fait preuve depuis le début de sa carrière, c’est ainsi que l’on doit commencer à le considérer. L’album de 14 titres totalisant 55 minutes présente bien peu d’éléments de faiblesse et au contraire, demeure cohérent du début à la fin. Un tour de force considérant le style rempli de clichés dans lequel il œuvre. C’est donc encore une fois un album de premier plan que propose Kendrick Lamar, un album qui se dirige tout droit parmi les meilleurs de l’année. Bravo! (mai 2017)

Vidéoclips : « HUMBLE. » - « DNA. »

Aftermath / Interscope / Universal

   

 Mélina Laplante – EP

Mélina Laplante – EP

Mélina Laplante s’est fait remarquer en 2014 à La Voix lorsqu’elle a interprété « If I Were a Boy » de Beyoncé. L’auteure-compositrice et interprète présente aujourd’hui un mini-album de six pièces originales, grâce au sociofinancement. Elle possède une voix soul unique qui lui permet des interprétations touchantes de ses chansons. Celle qui a une formation en piano classique est influencée en diverses occasions par le blues, le soul et le R&B, même si à la base il s’agit bel et bien de musique pop québécoise. Mélina propose un premier enregistrement intéressant, qui créera assurément des attentes pour une suite plus significative. (mai 2017)

 Lubik – Vivant

Lubik – Vivant

Lubik est un quatuor rock formé en 2010 en Abitibi. Avec Vivant, ils présentent leur deuxième album, encore plus lourd et déchainé que leur précédent. Leur rock énergique flirte parfois avec le rock garage. Enregistré en Abitibi et réalisé par Yannick St-Amand, l’album propose une musique crue remplie de rage. Alexandre Picard et sa bande nous offrent une musique qui brasse assurément, tout en martelant des textes inspirés par les épreuves et les aléas de la vie. Une musique rock accrocheuse et divertissante à souhait! (mai 2017)

117 / SIX

 

 Harry Manx – Faith Lift

Harry Manx Faith Lift

Avec Faith Lift, il s’agit déjà du 15e album que nous propose Harry Manx. Il possède une sonorité unique sur cet enregistrement alors qu’il joue de plusieurs guitares et qu’il est accompagné du Sydney Opera String Quartet. On y redécouvre certaines grandes chansons du répertoire de Manx réarrangées pour un quatuor à cordes par Clayton Doley. On peut également y entendre une nouvelle pièce, sa très belle version de l’immortelle « Love and Happiness » d’Al Green. Avec Faith Lift, c’est un album tout en douceur que nous offre Manx, un véritable baume pour l’âme. (mai 2017)

Dog My Cat / SIX

½

 

 John Mayer – The Search for Everything

John Mayer – The Search for Everything

Deux mini-albums contenant huit des 12 titres offerts sur The Search for Everything sont parus avant l’album, laissant bien peu de place à la surprise. Par contre, le fait que John Mayer revient au style soul qui lui va si bien est grandement apprécié. Il nous fait rapidement oublier sa longue incartade dans le country rock. L’album propose un agréable mélange de pièces funky et de ballades soul, même si quelques ballades en moins faciliteraient certainement une écoute ininterrompue jusqu’à la fin (certaines peuvent s’avérer lassantes). Malgré ses quelques faiblesses, The Search for Everything présente un retour intéressant pour le populaire chanteur et musicien. (mai 2017)

Vidéoclip : « Still Feel Like Your Man »

   

 Eleanor McCain – True North: The Canadian Songbook (2 CD)

Eleanor McCain – True North: The Canadian Songbook (2 CD)

Dans le contexte du 150e anniversaire du Canada, Eleanor McCain présente un album double de 32 classiques de la musique canadienne. Native du Nouveau-Brunswick, Eleanor a parcouru le pays d’est en ouest en compagnie du réalisateur Don Breithaupt, du chef d’orchestre Martin MacDonald et de l’ingénieur Jeremy Tusz pour enregistrer un album avec 10 différents orchestres, un projet audacieux. Elle présente ainsi des incontournables de différents genres musicaux dans son style de pop orchestrale d’une grande douceur. L’album débute en force avec le premier extrait, l’unique « Hallelujah » de Leonard Cohen. On peut aussi entendre « Helpless » de Neil Young, « Run To You » de Bryan Adams, « I’ll Always Be There » de Roch Voisine (qui vient d’ailleurs l’accompagner en duo), « If You Could Read My Mind » de Gordon Lightfoot, « Angel » de Sarah McLachlan, et plusieurs autres. On peut même entendre deux titres en français : « Le monde est stone » de Michel Berger et Luc Plamondon (extrait de l’opéra rock Starmania), ainsi que « Aujourd’hui, je dis bonjour à la vie » de Serge Fiori (Harmonium). Voici donc un excellent survol de la musique qu’a su produire le Canada au cours des dernières décennies. (mai 2017)

Retriever / eOne / SIX

½

 

 Nina Miranda – Freedom of Movement

Nina Miranda – Freedom of Movement

La Brésilienne d’origine Nina Miranda a vécu toute sa vie entre son pays natal et Londres où elle a su s’intégrer à la scène trip hop. Après avoir fait partie de plusieurs groupes, elle présente enfin son premier album solo. Elle y offre un superbe mélange de styles et d’influences entre ses origines latines, l’électro, une musique pop des années 1960 et 1970, et des rythmes africains. Le tout se marie parfaitement dans un ensemble uniforme et d’une grande originalité. À travers cette fusion de genres, Nina Miranda réussit aussi à prendre position politiquement en mettant en garde contre la complaisance, un appel à l’action. Voici un album quelque peu hétéroclite au premier abord, mais qui s’avère avoir une ligne directrice solide. Un premier disque de grande qualité pour Nina Miranda! (mai 2017)

Six Degrees / SIX

½

   

 Alain Morisod & Sweet People – La route m’a donné rendez-vous

Alain Morisod & Sweet People – La route m’a donné rendez-vous

Après 45 ans de carrière, le populaire groupe suisse continue de tourner constamment et remplit des salles partout au Québec. C’est probablement ce qui a inspiré le titre de ce nouvel album, La route m’a donné rendez-vous. Parmi les 14 titres, on peut entendre un mélange de reprises, d’adaptations et de chansons originales, à tendance rétro avec une touche de country. En ouverture, « Si on ressortait les vinyles » est une adaptation du succès « Marvin Gaye » de Charlie Puth. Le groupe reprend aussi en version française « The Rose » de Bette Midler, en plus de faire une émouvante version de « Ceux qui s’en vont, ceux qui nous laissent » popularisée par Ginette Reno. Le disque se conclut avec une reprise plutôt fidèle de « Hotel California » des Eagles, ainsi qu’un « Medley Michel Delpech ». C’est un album grandement inégal qui nous est offert, surtout avec des chansons originales assez faibles. Mais au moins, quelques versions peuvent capter l’intérêt. (mai 2017)

Shangali

½

 

 Damien Robitaille – Univers parallèles

Damien Robitaille – Univers parallèles

Depuis Omniprésent paru en 2012, le Franco-Ontarien a parcouru les scènes du Québec, a coanimé deux émissions de télé, s’est marié et est devenu père. Ce sont toutes ces expériences de Damien Robitaille qui enrichissent ce nouveau disque aux influences diverses allant du soul au gospel en passant par le disco et autres sonorités des années 1970. L’auteur-compositeur et interprète est accompagné pour l’occasion de deux voix incomparables, celles de Dawn Cumberbatch et Marie-Christine Depestre. Robitaille présente bien évidemment ses habituelles pièces aux groove entraînant ou à l’humour bon enfant, mais il offre aussi quelques moments de recueillement bien agréables, le tout réalisé par son fidèle complice Carl Bastien (Dumas). Même s’il s’est quelque peu assagi sur Univers parallèles, Damien Robitaille conserve sa singularité et un talent indéniable pour la rime et la mélodie. Un très bon album! (mai 2017)

Vidéoclip : « Tout feu tout flamme »

Audiogram

½

 

 SWMRS – Drive North

SWMRS – Drive North

Après plusieurs incarnations, dont Emily’s Army qui a fait paraître un album en 2011 réalisé par Billie Joe Armstrong, SWMRS est né en 2014 dans la foulée du départ du guitariste Travis Neumann. Le groupe punk rock d’Oakland en Californie voulait alors faire une coupure avec son passé. Drive North est le premier album de la nouvelle mouture et il propose toujours un mélange de punk et de rock garage, mais avec de trop nombreux éléments de musiques pop et d’électro, souvent plus déstabilisants qu’intéressants. En fait, ce qu’on remarque rapidement c’est que toutes les pièces sont franchement différentes, tant dans le style que l’énergie. Il n’y a donc aucune ligne directrice perceptible et on pourrait même croire que Drive North est une compilation de plusieurs artistes ou pire, une bande sonore de film d’ados… Quelques rythmes efficaces réussissent à capter notre attention, mais ils semblent avoir été entendus très souvent dans le passé. Et par la suite, une pièce plutôt décevante nous ramène au point de départ. Voici donc un album inégal avec très peu de contenu intéressant. (mai 2017)

Fueled by Ramen / Warner

½

   

 Annie Villeneuve – 5

Annie Villeneuve – 5

Pour son cinquième album en carrière, Annie Villeneuve s’est impliquée plus que jamais en participant à l’écriture de toutes les chansons, ainsi qu’à la réalisation et à la production (avec l’aide du sociofinancement). Elle s’entoure aussi de collaborateurs de premier plan pour la composition avec Marc Dupré, Matt Laurent, Ariane Brunet, etc. Pour ce nouvel opus, Annie a réalisé son rêve d’aller enregistrer à Nashville, sous la direction du réalisateur Chad Carlson, reconnu notamment pour son travail avec Taylor Swift. Annie évoque des thèmes comme la jeunesse perdue, le désir, l’amour et sa petite Léa, le tout sur une musique folk pop aux mélodies douces et remarquables. Sûrement inspirée par le studio, elle propose aussi quelques touches de country bien discrètes, entre autres dans « Plus fort que nous », un efficace duo avec Matt Laurent. En plus des 10 chansons originales, on peut redécouvrir un classique du rock des années 1980, « I Want To Know What Love Is » de Foreigner. (mai 2017)

Musicor

 

 Ariane Moffatt – Le petit spectacle à la Chapelle

Ariane Moffatt – Le petit spectacle à la Chapelle

En novembre dernier, 115 spectateurs ont pu entendre Ariane Moffatt en toute intimité pendant trois soirs (dont un réservé aux enfants) au Théâtre La Chapelle à Montréal. Pour l’occasion, l’artiste a laissé de côté la majorité des enrobages électro auxquels elle nous a habitués, ainsi que les rythmes entraînants. Elle se concentre plutôt sur des interprétations toutes en douceur au piano, accompagnée seulement occasionnellement du guitariste Joseph Marchand. Le petit spectacle à la Chapelle constitue donc une excellente façon de redécouvrir certaines des chansons populaires d’Ariane dans des versions dépouillées, comme « Debout », « Le cœur dans la tête » et « Combustion lente ». Parmi les huit titres offerts, on compte aussi une excellente version de « Glory Box » de Portishead. (mai 2017)

Simone

½

 

 Desjardins

Desjardins

Richard Desjardins est sans contredit l’un des plus grands poètes québécois. Sur cet hommage réalisé par Philippe B, 14 artistes contemporains reprennent 13 de ses meilleures chansons. Ces artistes incluent Avec pas d’casque, Safia Nolin, Bernard Adamus, Les Sœurs Boulay, Yann Perreau, Koriass, ainsi qu’un duo de Klô Pelgag et Philippe Brach pour la pièces « Les yankees ». C’est à Fred Fortin qu’est revenue la mission de reprendre le plus grand succès de Desjardins en carrière, « Tu m’aimes-tu ». Fidèle aux compositions originales tout en prenant la couleur des artistes, l’album permet de redécouvrir des œuvres chargées d’émotion et de conscience sociale. Voici donc un très bel hommage à cet artiste incomparable. (mai 2017)

117 / SIX

½

 

 Funambule

Funambule

Voici un drame musical interprété par Monique Fauteux (Harmonium), Sylvie Tremblay et Philippe Touzel (La Voix, Grease, Footloose) sur des musiques de Serge Keravel et Jean-Louis Pitre et des paroles de Marie Gingras. Inspirée par sa propre expérience comme psychologue, celle-ci a écrit une histoire autour de trois personnages : une psychologue en fin de carrière (Elle), un jeune homme qu’elle a accompagné en thérapie (Lui) et la mère du jeune homme (Mère). Les 17 chansons racontent l’histoire d’une psychologue au bord de la retraite qui apprend qu’une plainte a été déposée contre elle pour négligence professionnelle. À travers l’enquête du comité de discipline, on fait connaissance avec certains de ses patients dont la détresse faisait écho à sa propre vie. Il y est question de désespoir et de souffrance et elle aborde ainsi le thème du suicide du point de vue de la thérapeute. L’ensemble de cet album-concept s’écoute d’un trait malgré ses 66 minutes. On n’a aucune difficulté à l’imaginer interprété sur scène. (mai 2017)

½

 

avril :

 

 James Blunt – The Afterlove

James Blunt – The Afterlove

Quatre ans après Moon Landing, le chanteur britannique revient sur terre avec The Afterlove. Sur ce cinquième album, James Blunt propose un son pop un peu plus poli, avec des arrangements d’envergure qui nous font quelque peu oublier le style guitare-voix qui a fait sa renommée dès son tout premier succès, « You’re Beautiful ». Blunt s’est entouré de collaborateurs de renom pour l’aider occasionnellement à la réalisation, à l’écriture et pour quelques voix : Ryan Tedder (OneRepublic) et Ed Sheeran. Le trio joint d’ailleurs ses forces pour chanter la touchante « Time of our Lives ». La direction plus pop de l’album en fait certainement son plus accessible à ce jour. Vocalement, Blunt nous rappelle Adam Levine en plusieurs occasions, au point d’en venir à nous demander si ce n’est pas un nouvel album de Maroon 5 que l’on écoute. Si c’était le cas, ce serait le meilleur album de ce groupe depuis longtemps puisque Blunt présente son disque le plus solide et cohérent à ce jour. Un excellent album de pop adulte contemporaine, un disque sans failles importantes qui s’écoute magnifiquement bien jusqu’à la fin. (chronique principale d'avril 2017)

Vidéoclips : « Love Me Better » - « Bartender »

Atlantic / Warner

½

 

     

 Jay Som – Everybody Works

Jay Som Everybody Works

Jay Som est le pseudonyme de l’auteure-compositrice et multi-instrumentiste Melina Duterte. La Californienne s’est d’abord fait connaître sur la toile en y partageant des chansons indie pop de chambre sous divers noms dont une démo de 9 pièces en 2016, Turn Into (maintenant éditée par Polyvinyl Records). Elle présente aujourd’hui son premier album officiel contenant un très agréable mélange d’indie rock et de pop aérienne. Les arrangements sont superbes, peu importe la direction que prend le style de la chanson. Chaque titre ajoute quelque chose de neuf à l’album pour en arriver à la fin des 10 titres avec un disque particulièrement complet et tellement satisfaisant. Jay Som amène un vent de fraîcheur dans le paysage musical indie, ce qui permettra certainement à Everybody Works de se tailler une place parmi les meilleurs albums de l’année. (découverte du mois d'avril 2017)

Vidéoclip : « Baybee »

Polyvinyl

   

 Babins – Babins

Babins Babins

Connu précédemment sous le nom de Les 8 Babins, le groupe folk rock québécois présente un premier album en tant que Babins, tout simplement. Le groupe prend du même coup une nouvelle direction musicale rock avec une touche de jazz bien évidente, ainsi qu’un peu de blues. Les rythmes sont entraînants et vous ne pourrez plus vous débarrasser de plusieurs des mélodies. C’était assurément un pari risqué pour Babins d’entamer une telle réorientation, mais il faut avouer que le résultat surprend rapidement et agréablement. (avril 2017)

Kay

 

 Simon Boudreau – Les aléas de l’ailleurs

Simon Boudreau Les aléas de l’ailleurs

Moins de deux ans après Devant les possibles, l’auteur-compositeur et interprète Simon Boudreau est déjà de retour avec Les aléas de l’ailleurs. L’amoureux des mots y traite de différents sujets, qui tournent souvent autour du départ, de l’ailleurs, de l’autre et des différences. Après un album folk il y a deux ans, Boudreau présente un disque un peu plus électrique, avec en plus des mélodies pop incontournables qui lui permettront certainement encore d’obtenir quelques succès radio. Les chansons nous accrochent en effet assez rapidement, au point de chanter avec lui dès le deuxième refrain. C’est donc encore une fois un très bon album que propose Simon Boudreau. (avril 2017)

Audio Playground / Sony

½

 

 Coco Méliès – The Riddle

Coco Méliès The Riddle

Coco Méliès est un duo québécois qui s’est d’abord fait connaître en 2014 avec Lighthouse, ce qui l’a mené en concert un peu partout au Québec, ainsi qu’en Europe. Avec The Riddle, le duo revient avec un autre album folk raffiné et lumineux, grâce à de riches arrangements et la coréalisation de Connor Seidel (Matt Holubowski). Les superbes harmonies vocales demeurent au cœur de leur œuvre, avec en plus de très belles orchestrations et quelques touches discrètes d’électro. C’est un très bel album que nous offrent Coco Méliès, un album qui va bien au-delà de la musique folk jouée seul à la guitare. (avril 2017)

Audiogram

½

   

 Crystal Fairy – Crystal Fairy

Crystal Fairy – Crystal Fairy

Crystal Fairy est un supergroupe composé de membres des Melvins (Buzz Osborne et Dale Crover), d’At the Drive-In (Omar Rodriguez-Lopez) et du groupe mexicain Le Butcherettes (Teri Gender Bender). Le quatuor propose un rafraîchissant mélange de stoner metal, grunge et punk, avec bien sûr des influences des années 1990, mais avec surtout une couleur tout à fait moderne. Dirigé de main de maître par la versatile chanteuse mexicaine, le groupe aligne les 11 titres de ce premier album avec une puissance et une énergie hors du commun. C’est un disque qui nous accroche dès les premiers instants, et dont il est bien difficile de se défaire avant la fin. (avril 2017)

Ipecac

½

   

 Alex Cuba – Lo Unico Constante

Alex Cuba – Lo Unico Constante

Alexis Puentes, alias Alex Cuba, revient avec un autre très bel album de pop latine. Le chanteur originaire de Cuba présente une musique un peu plus dépouillée que par le passé, une musique acoustique qui met l’accent sur sa douce voix soul. On se croirait dans les rues ensoleillées de La Havane. Lo Unico Constante tire surtout ses influences du filin (dérivé de l’anglais feeling), un mouvement remontant aux années 1940 inspiré de genres aux racines cubaines axés sur la guitare, comme la trova, le jazz américain et le soul. Les mélodies chaudes, les très belles harmonies et les paroles soignées sont à l’honneur, comme dans « Todas Las Cabezas Estan Locas ». Cette pièce a été enregistrée à Montréal avec le réalisateur Jean Massicotte, le guitariste Benoît Charest (Les Triplettes de Belleville) et la chanteuse Bïa. C’est à Madrid que Cuba s’est rendu pour enregistrer la conclusion du CD, « Lagrimas Del Que Llora », avec le guitariste Josemi Carmona, héritier d’une dynastie du flamenco, les Carmonas de Jerez. Malgré des pièces enregistrées à différents endroits dans le monde, le coréalisateur Joby Baker a réussi à créer un ensemble cohérent. Avec Lo Unico Constante, le néo-Canadien réussit encore une fois à faire évoluer la musique cubaine dans une très belle direction. Un excellent disque! (avril 2017)

Caracol / SIX

½

   

 Richard D’Anjou – Beautiful Me

Richard D’Anjou – Beautiful Me

Richard D’Anjou s’est fait connaître dans les années 1990 en tant que chanteur du groupe Too Many Cooks aux côtés du guitariste Dan Georgesco (Porn Flakes). Après plusieurs années dans l’ombre, le Sherbrookois reprend du service pour son premier album solo. Il présente un album entièrement en anglais et résolument rock, avec plusieurs pièces qui brassent passablement comme « Free » et la chanson-titre en ouverture du CD. Malgré quelques titres plus folks, on ne peut faire autrement que de se remémorer les bonnes années de Too Many Cooks en plusieurs occasions, même que Georgesco vient y mettre son grain de sel au piano. D’Anjou est aussi entouré de Jean-François Lemieux (basse et réalisation), Jean-Sébastien Chouinard (guitares), Pierre Fortin (batterie), Catherine Ledoux (violon) et Lulu Hughes (chœurs). Il signe tous les textes et la musique, sauf pour la musique de « This Place » qui est de Pascal Dufour (Respectables). C’est donc un premier album bien personnel que nous offre ce chanteur marquant du rock québécois. (avril 2017)

L-A be / SIX

 

 Depeche Mode – Spirit

Depeche Mode – Spirit

Dans un climat sociopolitique difficile, Depeche Mode nous arrive avec son album le plus engagé, mais aussi le plus sombre, intense et agressif depuis longtemps. Le trio laisse aller toute sa frustration et il en résulte son meilleur album en 12 ans, même un des meilleurs depuis le classique Violator en 1990. Avec sa musique électro plutôt créative, Depeche Mode rivalise toujours avec les artistes contemporains, lui qui a pavé la voie. Si le premier extrait, « Where’s the Revolution », s’avère certainement être l’un des moments forts du disque, plusieurs autres pièces comme « Scum » et « So Much Love » ne vous laisseront assurément pas indifférents. En fait, c’est tout l’album qui s’écoute à merveille, même dans sa version de luxe de 17 titres et une heure 15, puisque les cinq versions alternatives encore plus sombres sont aussi intéressantes que les chansons originales. Avec Spirit, Depeche Mode reprend sa place au sommet de la musique pop électronique. (avril 2017)

Vidéoclip : « Where’s the Revolution »

½

   

 Drake – More Life

Drake – More Life

Moins d’un an après le décevant Views, le rappeur/chanteur torontois revient avec un album de rien de moins que 22 pièces. More Life présente des influences variées, avec des rythmes africains, ainsi que de très bonnes pièces pop. En fait, Drake arrive avec ce que l’on préfère de lui, avec une énergie créatrice hors du commun dans un très bon mélange entre rap, R&B et pop. Drake s’entoure d’une équipe de collaborateurs de premier plan avec les participations de Kanye West, Young Thug, 2 Chainz, ainsi que du jeune chanteur britannique de 19 ans Jorja Smith à qui Drake laisse toute la place sur la pièce « Get It Together » du producteur house africain Black Coffee. More Life nous apparaît plus comme une vaste liste de lecture qu’un album en soi. Par contre, on retrouve le Drake qui semble avoir du plaisir à chanter, ce qui manquait cruellement à son album précédent. (avril 2017)

Universal

½

   

 Final State – Final State

Final State – Final State

Le groupe pop rock québécois est de retour avec un nouvel album, deux ans après C’est la vie. Le court CD de 34 minutes contient tout de même deux succès d’envergure avec « WAYN? » et « Fever ». Le premier a même atteint 50 000 écoutes sur Spotify, une rareté pour une chanson en français par un artiste québécois. Il aura fallu 6 mois à temps complet au quatuor pour composer et enregistrer ce nouveau disque, isolés dans un chalet de Charlevoix. Malgré des titres toujours en anglais, l’album éponyme contient une majorité de textes en français. Le groupe nous arrive aussi avec de nouvelles sonorités, des arrangements électro plus introspectifs qui accompagnent leur musique pop rock aux mélodies inoubliables. La maturité est palpable et le groupe a clairement gagné en assurance au cours des dernières années en tournée. C’est donc un disque agréable que nous proposent les gars de Final State. (avril 2017)

Vidéoclips : « WAYN? » - « Fever »

St Laurent

 

 Charles-Antoine Gosselin – Bleu soleil

Charles-Antoine Gosselin – Bleu soleil

Chanteur et compositeur pour le groupe anglophone Harvest Breed, le Sherbrookois présente maintenant un premier album solo et en français. Charles-Antoine Gosselin propose une musique folk atmosphérique lumineuse et extrêmement agréable à écouter. Les excellents textes de Gosselin sont magnifiquement enveloppés par la réalisation d’André Papanicolaou qui a su faire ressortir le meilleur de l’artiste, même si peu de prises ont été nécessaires pour la plupart des enregistrements. Bleu soleil s’avère donc être un très bel album qui arrive à point pour la saison printannière. (avril 2017)

Sélect

½

 

 Hollerado – Born Yesterday

Hollerado – Born Yesterday

Le quatuor rock canadien est de retour avec un troisième album rafraîchissant et énergique, un disque à son image. L’album s’ouvre en force avec le premier extrait, la chanson-titre, qui donne le ton et nous force à écouter la suite. Le nouvel extrait, « Grief Money », s’avère tout aussi entraînant, en plus d’être accompagné d’un vidéoclip mettant en « vedette » Donald Trump. Il y a bien quelques titres un peu moins intéressants et dynamiques, mais l’ensemble demeure tout de même solide. Hollerado, dirigés par le chanteur Menno Versteeg, possèdent un sens inné de la mélodie et leurs pièces pop rock possèdent tout ce qu’il faut pour capter notre attention. Born Yesterday s’écoute donc avec beaucoup de plaisir. (avril 2017)

Vidéoclips : « Born Yesterday » - « Grief Money »

Royal Mountain

½

 

 Imany – The Wrong Kind of War

Imany – The Wrong Kind of War

Imany est une auteure-compositrice et interprète qui a grandi en France et qui propose un très beau mélange de musiques folk et pop. Elle s’est fait connaître ces derniers mois grâce à un remix dansant de « Don’t Be So Shy » par les jeunes DJ russes Filatov & Karas. Cette pièce avait pourtant été écrite pour le film Sous la jupe des filles et n’avait aucune intention populaire. C’est pourtant la carte de visite qui aura propulsé Imany au titre de célébrité mondiale. L’album, beaucoup plus introspectif, présente néanmoins de très belles chansons aux textes intéressants enveloppés d’une texture bien contemporaine. (avril 2017)

Vidéoclip : « Don’t Be So Shy (Filatov Karas Remix) »

Ultra

 

 Arto Lindsay – Cuidado Madame

Arto Lindsay – Cuidado Madame

En 40 ans de carrière dont près de 25 en solo, cet artiste insaisissable de la scène alternative new-yorkaise en a produit des albums incompris, sur lesquels le désir d’expérimentation s’avérait souvent plus fort que le plaisir que l’auditeur pouvait en retirer. Le Brésilien d’origine revient avec un nouvel album, le premier contenant du nouveau matériel depuis 2004. Arto Lindsay semble cette fois-ci au sommet de son art, avec un parfait contrôle des ambiances électro, des mélodies, de la poésie, de l’expérimentation et du bruit, tous bien dosés dans un ensemble plutôt cohérent et contemporain. Sa musique sophistiquée n’est peut-être plus autant à l’avant-garde, mais elle représente au moins très bien son époque. Voici donc un disque très agréable, pour une ambiance électro tout de même chaleureuse. (avril 2017)

Ponderosa / SIX

½

   

 Mathieu Lippé – Les amants de l’aube

Mathieu Lippé – Les amants de l’aube

Le chanteur originaire du Bas-Saint-Laurent présente son troisième album. Avec Les amants de l’aube, Mathieu Lippé propose une musique électro-pop avec des traces de folk. Il prend donc une toute autre direction que le slam auquel il nous a habitués par le passé. Il aura fallu trois ans à Lippé pour amener le disque à maturité. Réalisé par Jean-François Lemieux et Marc Pérusse, l’album aborde les thèmes de la liberté, de l’amour, de la nature et de la quête de sens. Après le succès enviable de « Tout autour », Lippé présente un nouvel extrait, la chanson-titre, un véritable hymne au renouveau parfait pour l’arrivée du printemps. (avril 2017)

Martin Leclerc

 

 -M-, Toumani et Sidiki Diabaté – Lamomali

-M-, Toumani et Sidiki Diabaté – Lamomali

Matthieu Chédid, alias -M-, s’associe à Toumani et Sidiki Diabaté pour nous offrir un album malien, une musique afro pop hors de l’ordinaire. On peut en plus y découvrir de nombreux artistes invités comme Fatoumata Diawara, Oxmo Puccino, Amadou et Mariam, Ibrahim Maalouf, Youssou N’Dour, Santigold et plusieurs autres. Le tout est porté par la Kora de Toumani et Sidiki Diabaté, cet instrument unique transmis de génération en génération. -M- rêvait d’un grand album de musique afro pop depuis une vingtaine d’années, dès ses premières collaborations avec des musiciens africains. C’est donc mission accomplie avec Lamomali, qui fait un superbe pont entre les cultures. Il s’agit surtout de l’un des meilleurs albums de -M- depuis des années. À découvrir! (avril 2017)

3e Bureau / Wagram / SIX

½

 

 Mastodon – Emperor of Sand

Mastodon – Emperor of Sand

Pour son septième album studio en 15 ans, le groupe métal d’Atlanta s’est tourné à nouveau vers le réalisateur de renom Brendan O’Brien (AC/DC, Korn, Pearl Jam, Billy Talent et beaucoup d’autres). Mais, ce qui différencie Emperor of Sand des enregistrements précédents de Mastodon, c’est qu’il s’agit d’un album-concept, ce que le groupe n’avait pas fait depuis Blood Mountain en 2006. En ce sens, les 11 titres de l’album sont indissociables et s’enchaînent à merveille. Autour du thème du temps qui passe trop vite, le disque raconte l’histoire d’un homme faisant face à une sentence de peine de mort par un sultan du désert. L’album prend un tout autre sens lorsque l’on sait que la mère du guitariste Bill Kelliher est décédée du cancer du cerveau en 2016. Musicalement, le groupe est fidèle à lui-même avec une section rythmique sans failles et une paire de guitaristes en parfaite communion. Plusieurs titres présentent de bonnes mélodies ainsi que des harmonies vocales rarement entendues pour le groupe. Par contre, la plupart des chansons se ressemblent à un point tel que l’on ne sait plus trop où on se trouve sur le CD. Emperor of Sand contient tout de même suffisamment d’éléments intéressants pour désirer y revenir plus tard. (avril 2017)

Reprise / Warner

   

 Matiu – Matiu

Matiu – Matiu

Matthew Vachon est un jeune auteur-compositeur-interprète originaire de la communauté innue de Mani-Utenam sur la Côte-Nord. Il propose ici un premier mini-album de 19 minutes. Matiu met en musique son quotidien sur un son folk rock souvent énergique et toujours un peu sale à cause de sa voix éraillée. On peut assurément sentir des influences de Kashtin, eux aussi originaires de Mani-Utenam. Il mentionne à la blague qu’il aimerait devenir le Bob Dylan innu, et il a certainement du potentiel pour y arriver parce que c’est un bien bon assemblage de chansons qu’il nous offre sur ce premier enregistrement beaucoup trop court. (avril 2017)

117 / SIX

½

 

 MAZ – ID

MAZ – ID

Le groupe montréalais de musique traditionnelle qui intègre des éléments d’électro et de jazz fait paraître son troisième album. Avec ID, MAZ propose un disque impressionnant de maturité, comme si le quatuor devenait finalement confortable dans son style unique. Les amateurs purs et durs de musique traditionnelle y trouveront encore leur compte avec une bonne dose de violons et de podorythmie. Par contre, le groupe s’évade parfois dans des horizons purement jazz comme sur « Layopto ». L’électro est aussi saupoudrée en diverses occasions pour une tangente très contemporaine. Enregistré au mythique studio Chemin 4 dans Lanaudière, l’album a été coréalisé par Mark Busic (Le Vent du Nord, Les Charbonniers de l’Enfer) et Marc Maziade. Avec ID, MAZ fait mieux que jamais le lien entre les traditions québécoises et la modernité. (avril 2017)

Bleu 44 / SIX

½

 

 Pitbull – Climate Change

Pitbull – Climate Change

Pour son nouvel album, la superstar de la Floride s’entoure encore une fois d’une pléiade de vedettes pour enchaîner les succès pop. On peut d’abord entendre Kiesza dans « We Are Strong » où elle chante carrément « Love is a Battlefield » de Pat Benatar. S’enchaînent ensuite Robin Thicke (avec Joe Perry et Travis Barker), Flo Rida et Lunchmoney Lewis (pour le succès « Greenlight »), Enrique Iglesias, Jennifer Lopez, Jason Derulo et plusieurs autres. On peut même entendre le deuxième fils de Bob Marley, Stephen, sur le nouvel extrait, la douce et acoustique « Options ». On retrouve un peu de tout sur Climate Change, mais s’il y a un dénominateur commun, c’est le désir de faire la fête et de nous faire passer un bon moment. En ce sens, Pitbull atteint en plein la cible alors que la plupart des 12 pièces pourraient envahir les radios. On ne découvre rien de bien surprenant, mais les fans de Pitbull y trouveront encore une fois leur compte. (avril 2017)

Vidéoclips : « Greenlight » - « Options »

   

 Samuele – Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent

Samuele – Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent

Féministe et fière de l’être, l’auteure-compositrice et interprète québécoise montre rapidement ses couleurs avec « Égalité de papier », un texte parlé de plus de trois minutes sur le discours égalitaire et la place réservée aux femmes dans la société. Musicalement, Samuele propose un folk rock puissant à forte tendance blues. Sa poésie aux textes coups de poings ne laissera assurément personne indifférent. Elle traite de féminisme, de romantisme et d’amours impossibles, mais elle s’inspire aussi des manifestations étudiantes du printemps 2012 dans « La révolte ». Voici une artiste de grand talent à découvrir! (avril 2017)

Intempo

½

 

 Jonathan Savage – Appalaches & Hochelaga

Jonathan Savage – Appalaches & Hochelaga

L’auteur-compositeur-interprète et conteur revient avec Appalaches & Hochelaga, un album qui démontre bien son parcourt entre sa Gaspésie natale et sa vie adulte dans Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. Il s’agit d’un troisième album pour Jonathan Savage qui poursuit son chemin dans le folk rock, avec un peu plus de guitare électrique cette fois-ci, comme dans la subtile « J’étais électrique (même avec une guitare acoustique) » à tendance blues. Tout au long des neuf pièces, il aime jouer sur les double sens, en plus de passer de textes amusants à touchants. Musicalement, l’album est plus solide que le précédent, avec toujours de très bonnes mélodies. Pourtant, Savage avouera qu’il aura été bien difficile à écrire, avec des nuits d’insomnie à trouver la bonne rime ou la bonne mélodie. Il aura même fallu plus de 10 ans pour voir enfin aboutir « Bertrand Gouin » et « Laura ». Le résultat par contre s’avère convaincant. Comme si Jonathan Savage avait enfin mis le doigt sur son style, le son qui lui va bien. Un très bon disque! (avril 2017)

Bonhomme Jos

½

 Ron Sexsmith – The Last Rider

Ron Sexsmith – The Last Rider

L’auteur-compositeur et interprète canadien présente son 13e album en carrière avec The Last Rider. Ron Sexsmith propose encore une fois ce style alternatif adulte qui tourne autour de la guitare, mais avec cette fois une richesse musicale inégalée grâce à des arrangements de grande envergure. S’il s’est parfois approché d’un style folk rock assez minimaliste, il prend plutôt ici de l’ampleur pop, ce qui le rendra attrayant pour un plus vaste auditoire adulte contemporain. Sexsmith possède même ce petit quelque chose de Paul McCartney en plusieurs occasions tout au long du disque. L’album de 15 titres se termine en force avec possiblement l’une de ses meilleures chansons en carrière, « Man at the Gate (1913) ». C’est donc une fois de plus un album captivant que nous propose cet artiste hors-normes. (avril 2017)

Warner

½

     

 Orloge Simard – Beuvez tousjours, ne mourez jamais

Orloge Simard – Beuvez tousjours, ne mourez jamais

Orloge Simard (Olivier Simard) revient avec un deuxième album sur lequel la liberté artistique demeure à l’honneur. Reconnus pour leurs trips d’acides intelligents, Orloge et ses musiciens demeurent toujours aussi psychédéliques avec une bonne dose d’influences baroques. Les styles musicaux s’enchaînent et s’entremêlent entre le rock des Colocs, la musique traditionnelle, le folk et le hip hop. Des synthétiseurs dignes des années 1960 viennent accompagner le tout en plusieurs occasions. Les 14 histoires racontées sur Beuvez tousjours, ne mourez jamais favorisent la jouissance de la vie et les excès. Les textes crus et explicites sont un standard, des aventures sexuelles de la « Cabane à pêche » et de la « Pendaison de crémaillère », jusqu’à « Eurk! Un condom », sans oublier bien sûr « Golden Shower ». Comme l’avoue lui-même Orloge, « ces chansons sont des caricatures absurdes de la vulgarité quotidienne, et le propos est volontairement stupide ». Donc, c’est simple, oreilles sensibles s’abstenir! (avril 2017)

Papillon / SIX

 

 Sarah Slean – Metaphysics

Sarah Slean – Metaphysics

La chanteuse torontoise présente son neuvième album avec Metaphysics. Mixé par David Bottrill (récipiendaire d’un Grammy) et Vic Florencia (lauréat d’un Juno), le disque propose une musique pop adulte avec de très beaux arrangements et des orchestrations d’une grande richesse. La formation classique que Sarah a reçu dès son plus jeune âge réapparaît en plusieurs occasions tout au long des 10 pièces originales. En effet, les mélodies toujours très efficaces s’approchent parfois du chant lyrique, même si on peut aussi entendre des éléments de rock contemporain. Les orchestrations quant à elle nous ramènent parfois jusqu’aux années 1970, pour un bon mélange entre modernité et rétro. C’est un album de grande classe que nous propose Sarah Slean. (avril 2017)

Cadence / SIX

   

 Trey Songz – Tremaine the Album

Trey Songz – Tremaine the Album

Sur son septième album, Trey Songz présente surtout des chansons lentes et sirupeuses, avec de très rares pièces énergiques plus propices à devenir des succès. Sur Tremaine, on réalise rapidement que Trey Songz ne peut faire autrement que de parler de lui-même. Ses prouesses sexuelles demeurent au cœur de son œuvre qui n’est que bien rarement romantique malgré le style langoureux. Le seul moment d’humilité arrive dans « #1 Fan » alors qu’il s’interroge sur sa capacité à rencontrer les attentes sexuelles de sa plus grande admiratrice. Plusieurs moments rappellent son album Trigga paru il y a trois ans, mais en bien moins intéressant et sans aucune créativité. Le seul passage quelque peu digne d’intérêt d’un point de vue musical est « Animal ». Pour le reste, Tremaine the Album est un disque narcissique rempli de clichés qui ne présente aucune valeur artistique. (avril 2017)

Vidéoclip : « Animal »

Atlantic / Warner

   

 Vieux Farka Touré – Samba

Vieux Farka Touré – Samba

Le guitariste et chanteur malien s’est rendu en 2016 aux Sessions Woodstock, une série d’enregistrements en studio devant public dans l’état de New York. C’est le résultat de cette session que l’on peut découvrir avec plaisir sur Samba. Il y présente un superbe mélange de folk africain, de blues malien, de jazz et de musique du monde, avec en primes des touches de funk, de reggae et de rock. Le titre de l’album signifie « le deuxième-né », soit sa propre place au sein de sa famille, celle du légendaire Ali Farka Touré. Centré autour de la famille, Vieux rend aussi hommage à sa petite sœur dans « Mariam ». « Homafu Wawa » quant à elle salue les gens du Nord du Mali qui ont résisté à l’occupation des djihadistes, à toutes les femmes qui ont souffert de la violence et aux hommes qui ont connu une fin tragique. Engagé socialement à plusieurs niveaux, Vieux Farka Touré s’adresse à ceux qui gaspillent les ressources naturelles et assassinent les animaux sauvages dans « Nature ». Musicalement très varié, Samba constitue peut-être l’une de ses œuvres les plus complètes et solides à ce jour. (avril 2017)

Six Degrees / SIX

½

   

 Trio Jonathan Turgeon – Les rêves errants

Trio Jonathan Turgeon – Les rêves errants

Les rêves errants est le deuxième album de compositions originales par le Trio Jonathan Turgeon. Le disque a été enregistré avec la participation de Frank Lozano, saxophoniste bien connu de la scène jazz montréalaise. Jonathan Turgeon (piano), Hugo Blouin (contrebasse) et Jean-Philippe Godbout (batterie) proposent une musique jazz moderne, un peu dans la foulée de Brad Mehldau. L’album compte huit titres totalisant plus de 42 minutes pendant lesquelles l’improvisation semble se fondre à l’écriture. La cohérence entre les musiciens fait en sorte de créer un album extrêmement agréable à écouter et qui nous procure l’envie de les découvrir dans un de leurs spectacles uniques. (avril 2017)

SIX

½

 Vincent Vallières – Le temps des vivants

Vincent Vallières – Le temps des vivants

Vincent Vallières présente son septième album qui attire déjà l’attention grâce au premier extrait inoubliable « Bad Luck ». Pour Le temps des vivants (un titre emprunté au poème de Gilbert Langevin), l’auteur-compositeur et interprète possédait un désir de renouveau, tant dans l’écriture que dans l’interprétation. Il explore de nouvelles sonorités, en plus de travailler avec de nouveaux collaborateurs comme le multi-instrumentiste et réalisateur François Plante, le multi-instrumentiste George Donoso III et la chanteuse Amélie Mandeville qui accompagne Vincent sur la moitié des titres. Vallières propose toujours un son folk, mais avec des élans plus rock ou de bonnes mélodies pop qui s’ajoutent à des chansons intimistes toutes en douceur. Il signe l’ensemble des 11 textes et musiques, avec des collaborateurs comme Philippe B. pour le texte de « Au matin du lendemain », Pascale Richard qui a coécrit « Fille en fleur », ainsi que François Plante pour deux compositions. Le temps des vivants ne dure peut-être que 31 minutes, mais il demeure efficace et excitant du début à la fin. (avril 2017)

Vidéoclip : « Bad Luck »

Spectra

 

 Charlie Worsham – Beginning of Things

Charlie Worsham – Beginning of Things

Quatre ans après ses débuts avec Rubberband, le chanteur country américain est de retour avec un nouvel album sur lequel il ne se gêne pas pour innover. Charlie Worsham présente en effet un heureux mélange de styles autour de son son country avec des éléments de rock, de pop, de soul et de folk. Il effleure même le disco sur « Birthday Suit ». Worsham est aussi accompagné par une section de cuivres et les arrangements s’avèrent plutôt élaborés. Intéressant au départ par son éclectisme, Beginning of Things devient par la suite quelque peu agaçant puisque les chansons sont toutes différentes et manquent cruellement de cohérence. Le point positif est que Charlie Worsham prouve qu’il peut aller au-delà de la musique country traditionnelle pour plaire à un auditoire plus vaste, amateur de musique country contemporaine variée. (avril 2017)

Warner

   

 50 Cent – Best of 50 Cent

50 Cent – Best of 50 Cent

Presque 15 ans après des débuts fracassants et après des ventes mondiales de plus de 30 millions d’albums, le rappeur 50 Cent présente enfin une compilation de ses plus grands succès. On y retrouve 18 titres, dont une dizaine de succès top 10. On peut notamment redécouvrir les incontournables « In Da Club », « P.I.M.P. », « Disco Inferno », « Candy Shop » et « Ayo Technology ». On peut aussi entendre deux pièces jamais parues sur un album, « Get Up » et « I Get It In », ainsi qu’un titre en boni, « How To Rob ». La compilation fait un bon survol des années les plus productives pour 50 Cent (2003-2009). Un manque important à noter par contre : « Wanksta » de la bande sonore de 8 Mile. (avril 2017)

Vidéoclips : « In Da Club » - « Candy Shop » - « Disco Inferno »

Universal

½

   

 Patrick Norman – Bonheurs partagés

Patrick Norman – Bonheurs partagés

Pour son 32e album en carrière, Patrick Norman a décidé de réenregistrer 12 de ses chansons en duo avec différents artistes. On peut l’entendre en compagnie de Martin Deschamps, Jean-François Breau, Marie-Ève Janvier, Guylaine Tanguay, François Léveillée, Paul Daraîche, Laurence Jalbert et plusieurs autres. Majoritairement country, Bonheurs partagés explore aussi d’autres styles comme le reggae sur « Chanter pour rien » en duo avec Pierre Bertrand (Beau Dommage). Norman nous offre aussi un très beau moment instrumental en compagnie de Jean-Guy Grenier pour « Dueling Banjos ». Et on peut l’entendre avec Manuel Tadros sur l’excellente « Les rois de Bourbon Street ». Patrick Norman semble respirer le bonheur sur cet album produit en compagnie de ses amis. (avril 2017)

GPN

½

 

 

mars :

 

 Ed Sheeran – ÷ (Divide)

Ed Sheeran – ÷ (Divide)

Après l’addition et la multiplication, voici maintenant l’album de la division pour le chanteur britannique alors qu’il nous offre ÷ (Divide). Suite à une pause d’un an, Ed Sheeran présente à nouveau un album de pop adulte aux mélodies inoubliables qui plaira assurément à la gent féminine. On peut évidemment entendre bon nombre de pièces acoustiques plutôt introspectives, mais il sait aussi interpréter des titres un peu plus pop dansants, comme les premiers extraits, « Castle on the Hill » et le succès monstre « Shape of You ». Malgré ces succès incontournables, Sheeran risque d’avoir bien de la difficulté à revenir aux ventes de X, le deuxième meilleur vendeur de 2015 à travers le monde. (chronique principale de mars 2017)

Vidéoclips : « Castle on the Hill » - « Shape of You »

Asylum / Atlantic / Warner

   

     

 Sampha – Process

Sampha – Process

Sampha Sisay est un auteur-compositeur, chanteur, claviériste et réalisateur londonien qui propose un superbe mélange de pop, R&B et électronique. Après plusieurs collaborations avec des artistes comme The XX, Jessie Ware, Drake, Beyoncé, Kanye West, Frank Ocean et Solange, il présente son tout premier album solo. Et il s’agit véritablement d’un album produit en solitaire alors que le seul collaborateur, Kanye West, apparaît en tant que co-auteur pour une pièce. Sa musique plutôt hétéroclite et difficile à décrire attire tout de suite l’attention par son originalité et sa richesse. C’est un album qui se déguste lentement, d’une pièce à l’autre, avec des moments forts vocalement ou au niveau des arrangements électro. Il présente aussi des passages plutôt personnels et émouvants, installé seul au piano. Avec sa voix soul, Sampha pourrait aisément passer pour un autre de ces chanteurs R&B plutôt communs s’il n’apportait pas cette couleur musicale unique qui le rend inclassable. Il vient de placer la barre bien haute pour la suite de sa carrière… (découverte du mois de mars 2017)

Vidéoclips : « Blood on Me » - « (No One Knows Me) Like the Piano »

   

 Pascal Allard – Je voulais marier Renée Martel

Pascal Allard – Je voulais marier Renée Martel

Sur son premier album country, l’auteur-compositeur et interprète de Drummondville a tout fait : il l’a écrit, composé et réalisé, en plus de jouer tous les instruments. Pascal Allard présente des chansons personnelles et authentiques, tout en démontrant ouvertement son amour du country… et de Renée Martel. Il passe de chansons émouvantes (« Comme ma fille », « Mes anges sur le payroll du diable ») à humoristiques (« Le prix du gaz ») et à romantiques (« Robe de princesse »). Mais, c’est la chanson-titre qui donne sa véritable identité à l’album dans un style country pop grandement accessible à la mélodie inoubliable. Pascal Allard assume pleinement ses racines country tout au long des 12 pièces de l’album. (mars 2017)

SIX

 

 Guy Bélanger – Traces & Scars

Guy Bélanger – Traces & Scars

L’harmoniciste québécois Guy Bélanger revient avec un nouvel album, son septième en carrière. Le compositeur propose un disque concocté en plein tumulte, alors qu’il vivait de grandes victoires, mais aussi des deuils profonds. On peut y entendre 10 pièces instrumentales entre blues et folk, ainsi que deux chansons dont l’une interprétée par Luce Dufault (« Who’s Left Standing »). Bélanger est accompagné de musiciens de premier plan qu’il a rencontrés lors de ses voyages et tournées, comme le violoncelliste Eric Longsworth et le guitariste Preston Reed. Il est aussi entouré de deux musiciens rencontrés alors qu’il était musicien invité sur la récente tournée québécoise de Céline Dion : le guitariste Kaven Girouard et le percussionniste Paul Picard. Traces & Scars est un album tout en douceur et lumineux que Guy Bélanger dédie à son ami Bob Walsh, disparu en 2016. (mars 2017)

Bros / SIX

 

 Chicano Batman – Freedom is Free

Chicano Batman – Freedom is Free

Chicano Batman est un groupe de Los Angeles qui existe depuis 2008 et nous propose un mélange original de rock psychédélique, de funk et de musique latine. Même si leur musique demeure passablement alternative, elle possède de bonnes mélodies accrocheuses qui la rendent plus accessible à un large auditoire. Sur ce troisième album, le groupe élargit encore un peu plus son répertoire avec des influences brésiliennes, du funk latin, de l’afrobeat et du vieux soul/R&B américain. Dans une même chanson, on peut constater des évolutions et changements de direction, ce qui nous laisse constamment sur le qui-vive. Avec Freedom is Free, Chicano Batman nous offre donc un funk multiculturel hors-du-commun, une musique d’une grande richesse et à la palette diversifiée. Un très bon disque! (mars 2017)

ATO

½

   

 Five Alarm Funk – Sweat

Five Alarm Funk – Sweat