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FÉVRIER 2025

 

Chronique principale :  Franz Ferdinand    Découverte du mois :  Lambrini Girls

 

Janvier :

Lucinda Williams - Wyatt Flores

 

 

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Légende pour les étoiles

 

 

 

CHRONIQUE PRINCIPALE :

 

Franz Ferdinand – The Human Fear

Franz Ferdinand – The Human Fear

Franz Ferdinand n'a jamais craint de s'écarter du son qui l'a rendu célèbre, mais les résultats ont été plutôt variables. La pop énergique et les ballades au piano inquiétantes de You Could Have It So Much Better détonnent avec leur premier album éponyme au rock post-punk incisif. Sur The Human Fear, le groupe abandonne toute prétention d’être cool au profit de la mélodie et de la personnalité. Le groupe a travaillé avec le réalisateur Mark Ralph, ingénieur sur Right Thoughts, Right Words, Right Action, et The Human Fear s'inscrit dans la lignée des chansons pleines d'esprit et souvent poignantes de cet album. Après « Audacious » en ouverture (un hommage à « All the Young Dudes » de Mott the Hoople), « Everydaydreamer » est probablement le titre phare de l’album, qui donne un ton d'introspection, devenant plus sombre sur « Bar Lonely » un peu plus tard. Lorsqu'ils reviennent avec des rythmes dansants, ils sont toujours aussi accrocheurs 20 ans plus tard, mais avec une pointe de maturité additionnelle. Les autres moments forts de l’album nous arrivent avec « Hooked » et « Night or Day ». « Tell Me I Should Stay » propose de nouvelles expérimentations avec un reggae doux, un collage de pianos en écho et des refrains à la Beach Boys. « Black Eyelashes » est moins réussie alors qu’Alex Kapranos avance une réflexion un peu exagérée sur son héritage grec en incorporant des influences rebetiko et un bouzouki retentissant. The Human Fear est un album un peu plus engagé que les précédents, mais avec seulement 35 minutes, il semble incomplet, en manque d’une paire de succès mémorables pour en faire un album de premier plan. Un effort respectable, mais sans plus!

Vidéoclips : « Audacious » - « Night or Day »

   

 

DÉCOUVERTE DU MOIS :

 

 Lambrini Girls – Who Let the Dogs Out

Lambrini Girls – Who Let the Dogs Out

Après un premier mini-album en 2023, You're Welcome, le duo indie de Brighton en Angleterre Lambrini Girls poursuit à un niveau élevé d'indignation. Sur leur premier album complet, Who Let the Dogs Out, elles abordent l'inégalité des sexes, les atrocités politiques et culturelles, et les mauvais comportements en général. La chanteuse Phoebe Lunny ne mâche pas ses mots lorsqu’elle parle de masculinité toxique, de xénophobie et de pathologisation médicale, et elle nous lance le tout d’une voix agressive (et agressante) plus souvent parlée que chantée sur une musique garage et punk. Les Lambrini Girls, complétées par la bassiste Lilly Macieira et une batteuse officieuse, braquent les projecteurs sur la misogynie liée à la taille et au poids sur « Nothing Tastes as Good as It Feels », un jeu de mots sur la fameuse citation « skinny feels » du mannequin Kate Moss, avec une distorsion de guitare et des paroles enragées qui reflètent leur expérience personnelle de la dysmorphie corporelle et de la culture du régime. Cette pièce se termine par un gémissement prolongé et une série de jurons. Un autre point fort de l'album, « Love », examine le fait d'être attiré par de mauvais acteurs qui n’ont rien à offrir. Ce type de témoignage vulnérable et personnel rend les démonstrations comme la cinglante « Big Dick Energy » d'autant plus pertinentes, et contribue à faire de Who Let the Dogs Out un album à part parmi les disques de punk rock contemporains.

   

 

JANVIER :

 

Lucinda Williams – Sings the Beatles from Abbey Road

Lucinda Williams – Sings the Beatles from Abbey Road

Lucinda Williams propose depuis la pandémie de COVID-19 une série d'albums, Lu's Jukebox, des collections thématiques dans lesquelles elle reprend l'œuvre d'un artiste ou d'un auteur-compositeur. Après l’hommage à Tom Petty en 2021, elle a présenté cinq autres volumes de cette série, ce qui est un peu spécial pour une auteure-compositrice de sa trempe. Lucinda avait 11 ans en 1964 lorsque les Beatles ont fait leurs débuts américains, ce qui signifie qu’elle a grandi avec leur musique. Bien que son travail, imprégné de blues, de country et de folk, ne semble pas avoir grand-chose à voir avec les Beatles, leur style d’écriture et leur goût pour l'expérimentation sonore l'ont sans aucun doute marquée. Lucinda et ses musiciens se sont donc rendus aux studios Abbey Road de Londres, où les Beatles ont enregistré la plus grande partie de leur catalogue, et ont pondu en trois jours cet hommage au quatuor mythique. Elle laisse de côté leurs plus grands succès pour se concentrer sur des morceaux moins célèbres, bien que « Can't Buy Me Love » et « Something » soient présents. Elle donne un côté sudiste un peu sale à des titres comme « Don't Let Me Down », « I've Got a Feeling » et « Rain ». Puis, elle apporte une tristesse et une amertume sans fin à « I'm Looking Through You ». « While My Guitar Gently Weeps » vole la vedette grâce aux guitares de Marc Ford (ex-Black Crowes) et Doug Pettibone. Le chant de Lucinda est discret sur plusieurs chansons, laissant toute la place à ses musiciens et à l’œuvre emblématique des Beatles. « The Long and Winding Road » et « Let It Be » en souffrent quelque peu, alors qu’elle leur rend mal justice. Son approche de la musique des Beatles peut aussi ne pas faire l’unanimité, mais son désir de rendre hommage à ce groupe incontournable de l’histoire de la musique ne peut qu’être salué. (chronique principale de janvier 2025)

   

 Wyatt Flores – Welcome to the Plains

Wyatt Flores – Welcome to the Plains

Il est rare qu'un artiste connaisse autant de succès que Wyatt Flores dès le début de sa carrière. Avec seulement deux mini-albums à son actif, le jeune homme de 23 ans avait déjà la prestance d'un artiste country chevronné avant même d’avoir sorti un album complet. Les attentes étaient donc très élevées pour Welcome to the Plains, le premier album de ce natif de l'Oklahoma. Flores reste fidèle à ses points forts tout en introduisant de nouveaux éléments rafraîchissants. Il surprend même avec une moitié d’album un peu plus joyeuse que ce qu’il avait présenté jusqu’à maintenant. L'autre moitié reflète tout de même le style poignant et mélancolique caractéristique de ses débuts. La chanson-titre donne immédiatement le ton au disque. Quatre des 14 titres sont parus auparavant, ce qui peut être dérangeant pour ceux qui les connaissaient déjà, surtout qu’ils font une coupure avec le thème général de l’album. La réalisation est plutôt simple, centrée principalement sur la guitare et le violon (par Matt Combs). « Forget Your Voice » est l'une des chansons les plus uniques et accrocheuses de Flores et elle se démarque clairement. Même si la chanson est triste à la base, elle n'en est pas moins entraînante et vous fera taper du pied. « Oh, Susannah », sorti quelques semaines avant l’album, est également l'un des titres les plus émouvants de Welcome to the Plains, relatant ses problèmes de santé mentale du début de l’année 2024. Wyatt Flores est un excellent raconteur, un vrai troubadour, et une grande partie de l'album est basée sur ses expériences personnelles. Même la pochette du disque raconte une histoire. (découverte du mois de janvier 2025)

Vidéoclips : « Oh Susannah » - « Don’t Wanna Say Goodnight » - « Welcome to the Plains »

½

   

 

DécEMBRE :

 

Linkin Park – From Zero

Linkin Park – From Zero

From Zero représente un retour sur disque pour Linkin Park après le suicide de Chester Bennington en 2017. Le groupe peut maintenant compter sur la chanteuse Emily Armstrong (Dead Sara) qui, sans chausser les bottes de Bennington, s’intègre parfaitement dans le style du groupe grâce à sa voix puissante. Trois des quatre premiers simples démontrent un véritable un retour aux sources. « Heavy is the Crown » présentait une excellente carte de visite avant que « The Emptiness Machine ne devienne l’un des plus grands succès rock de l’année, un classique instantané. Quant à « Two faced », on ne peut s'empêcher de penser que le groupe ne fait que copier son style du passé : il y a un mouvement similaire à « Figure 09 », un riff et un découpage comparables à « One Step Closer », sans oublier des scratches déjà entendus. Le reste de l'album s’avère beaucoup moins excitant. « Over Each Other » est tout simplement ennuyante et ne cadre pas dans le style de l’album, pendant que beaucoup d’autres titres ne servent que de remplissage sur ce disque déjà trop court (32 minutes). Et même si Emily est très solide (et originale sur « IGYEIH »), elle semble vouloir imiter Bennington en plusieurs occasions, ce qui ramène inévitablement la comparaison. En conclusion, From Zero nous laisse sur notre appétit. Il nous épate grâce à ses deux premiers simples qui s’ajoutent admirablement au répertoire de Linkin Park, mais nous déçoit par la suite, se terminant en nous transmettant un sentiment de frustration. (chronique principale de décembre 2024)

Vidéoclips : « Heavy is the Crown » - « The Emptiness Machine » - « Over Each Other » - « Two Faced »

½

 

Kim Deal – Nobody Loves You More

Kim Deal – Nobody Loves You More

Grâce à des années de travail avec les Pixies, les Breeders et Amps, Kim Deal est devenue une influence considérable dans la musique alternative depuis la fin des années 1980. Mais avec Nobody Loves You More, son premier album solo, elle révèle qu'elle peut encore surprendre. Deal a écrit et enregistré le disque au cours d'une décennie charnière durant laquelle elle s'est séparée des Pixies, a reformé les Breeders, s'est occupée et a fait le deuil de ses parents, en plus d’avoir eu à faire face au décès de son ami et fidèle collaborateur Steve Albini. Elle présente donc un album résolument personnel. Sur « Summerland », elle gratte un ukulélé offert par Albini et chantonne des vacances avec ses parents dans les Keys de Floride. « Are You Mine », une étonnante ballade aux accents country, glisse entre une chanson d'amour classique et un souvenir émouvant de la démence de sa mère. « Disobedience », et la chanson la plus accrocheuse, « Crystal Breath », avec ses rythmes croustillants, son harmonica et son riff de guitare accrocheur sont deux chansons particulièrement efficaces. Conforme au style de ses groupes passés, Deal s’avère difficile à cerner, son album nécessitant une période d’adaptation. Il lui a peut-être fallu près de 40 ans pour se lancer en solo, mais l'attente en valait la peine : Nobody Loves You More est un très bon album avec d’excellentes chansons de rock alternatif. (découverte du mois de décembre 2024)

½

 

 

NOVEMBRE :

 

Coldplay – Moon Music

Coldplay – Moon Music

Avec la suite logique de Music of the Spheres paru il y a 3 ans, Coldplay poursuit son exploration de l’espace. Le groupe anglais reprend où il nous avait laissé et nous propose un album positif et lumineux. L’ouverture au piano présente une superbe introspection de la part de Chris Martin, qui se fond parfaitement dans le très agréable premier extrait « feelslikeimfallinginlove », la pièce phare de cet album. Elle est suivie de « WE PRAY », un mélange de cordes dramatiques et d’un rythme hip hop agressif présentant une très belle énergie unificatrice, un appel à l'action mettant en vedette le rappeur anglais Little Simz, la superstar nigériane Burna Boy, l'artiste argentin Tini, et l'auteur-compositeur et interprète chilien palestinien Elyanna. L’acoustique « JUPITER » s’avère beaucoup moins captivante et laisse présager une deuxième moitié d’album en dents de scie. Le groupe se perd carrément avec l'épopée exploratoire indiquée par l'image d'un arc-en-ciel (mais officiellement intitulée « Alien Hits/Alien Radio »), un voyage de six minutes intégrant du shoegaze, du new age, du folk acoustique, du piano classique et un échantillon de Maya Angelou qui nous rappelle de nous concentrer sur les arcs-en-ciel de la vie. C’est dommage parce que les premiers moments du disque nous laissaient croire que Moon Music pourrait peut-être compétitionner avec les plus grands albums du groupe. Heureusement que « GOOD FEELINGS » (avec la chanteuse Ayra Starr, le guitariste Nile Rodgers et les Chainsmokers) rappelle le succès instantané de « Adventure of a Lifetime ». « AETERNA » présente un mélange intéressant de musique électro dansante digne d’une nuit dans un club, mais elle cadre mal dans le concept et l’ambiance du disque. En tant que binôme de « Music of the Spheres »), Moon Music donne parfois l'impression d'être une collection de faces B, des restants du dernier disque. Ce nouvel album propose de bons moments, très satisfaisants, mais s’avère malheureusement inégal. Puis avec seulement 10 pièces, on se retrouve à en couper la moitié assez rapidement. Il reste donc bien peu de moments marquants qui nous resteront en tête longtemps. (chronique principale de novembre 2024)

Vidéoclips : « feelslikeimfallinginlove » - « WE PRAY »

 

Almost Monday – DIVE

Almost Monday – DIVE

Almost Monday nous arrivent avec un premier album après deux mini-albums en 2020 et 2021, ainsi qu’un simple qui a particulièrement capté l’attention en 2022, « Cough Drops ». Le trio de San Diego propose une musique pop brillante et optimiste aux mélodies accrocheuses, enrobée dans une production de premier plan. Amis depuis l’école secondaire, Dawson Daugherty (chant), Cole Clisby (guitare) et Luke Fabry (basse et clavier) ont commencé avec les maigres aspirations habituelles d'un groupe local d'adolescents, jouant des concerts dans de petites salles improvisées comme un magasin de surf voisin ou un hangar d'avion désaffecté. Un représentant d'Hollywood Records s'est intéressé au groupe, et a fini par le signer au début de 2019. Cette entente a permis à Almost Monday de débuter la sortie de chansons pop alternatives lumineuses et pleines d'espoir en 2020. Parmi celles-ci, notons « Broken People », une chanson contagieuse accompagnée d'une vidéo stylisée qui est devenue la chanson la plus importante du groupe à ce jour. Après « Sweet Feelings » en 2023, le groupe partage « Is It Too Late? » en 2024, en prévision de son premier album. Le disque de 11 pièces totalisant tout juste 28 minutes inclut plusieurs chansons de qualité tout en étant entraînantes, qui peuvent rappeler Franz Ferdinand à l’occasion. Le titre qui se démarque ici est « Sunburn », qui arrive tard sur l’album et vient ajouter un point d’exclamation à un excellent premier disque. Dommage qu’il soit un peu trop court. (découverte du mois de novembre 2024)

Vidéoclips : « Is It Too Late? » - « Can’t Slow Down » - « Tidal Wave » - « She Likes Sports » - « Jupiter »

½

 

 

OCTOBRE :

 

Katy Perry – 143

Katy Perry – 143

Depuis Witness en 2017, la vision créative de Katy Perry semble embrouillée. Ses succès se font de plus en plus rares à chaque album et sa gloire appartient désormais au passé. Depuis les messages politiques confus et les tentatives de musique électronique dansante pas souvent réussies sur Witness, elle peine à conserver l’intérêt au sein d’une scène pop en mouvement constant. Ce fut un bel essai avec Smile en 2020, mais sans arriver à satisfaire les nostalgiques de l’époque de Teenage Dream. Avec son septième album, 143, son déclin se trouve officiellement confirmé. On n’y trouve que des morceaux sans vie, à commencer par le premier simple quasi-féministe à la production disco générique « Woman's World ». La réalisation de Dr. Luke (un choix controversé considérant son passé trouble avec Kesha) rend les morceaux lumineux et prêts pour la radio, mais il ajoute également au sentiment général de stagnation. Il n'y a pas de réelle innovation dans la tentative d'adoption de sonorités house sur le rythme endiablé de « Lifetimes » ou dans la lenteur de « I'm His, He's Mine », qui met en scène Doechii et s'inspire de Crystal Waters. « Nirvana » ressemble à une réécriture plus faible de « Dark Horse », et « Wonder », la dernière chanson de l'album réalisée par Stargate, met en place de nombreux éléments des succès passés (refrains hymniques, arrangements mélodiques, paroles positives) en espérant que quelque chose va coller, mais non. Même l'aide de quelques invités talentueux ne peut pas vraiment sauver les nombreux moments faibles de l'album. Le rappeur d'Atlanta JID fait de son mieux en s'exprimant avec lucidité sur « Artificial », mais il n'a pas grand-chose à faire avec le rythme électro mal adapté et le refrain lent et sans relief de la chanson. 21 Savage, quant à lui, se contente d'un flow distrait sur la pop générique de « Gimme Gimme », et il n’a clairement aucune connexion avec la chanson. Katy semble en retard sur les nouvelles tendances musicales en plus d’offrir des chansons franchement ennuyantes, ce qui la rend dépassée et sans grand intérêt. Il manque définitivement ce côté frivole, amusant et indéniablement accrocheur que « California Gurls » pouvait nous apporter. (chronique principale d'octobre 2024)

Vidéoclips : « Woman’s World » - « Lifetimes » - « I’m His, He’s Mine »

 

Artwork

The Dare – What’s Wrong with New York?

The Dare est le nom de scène de l'artiste new-yorkais Harrison Patrick Smith, né à Los Angeles mais qui a grandi à Seattle. Il propose un style axé sur les synthétiseurs, fusionnant le rock indie avec une musique électro-pop dansante. Après son travail sous le nom de Turtlenecked, Smith a fait parler de lui en 2022 avec le simple « Girls ». Il écrit ses chansons pour The Dare sur un ton satirique et pince-sans-rire. Avec What's Wrong with New York?, Smith présente son premier album sous le nom de The Dare, après le mini-album The Sex en 2023. On y retrouve à nouveau son premier simple, « Girls », ainsi que la pièce post-punk « Perfume » inspirée des années 1980, sans oublier l’excellente « Good Time ». Plusieurs titres sont à la fois divertissants et créatifs, mais à seulement 27 minutes, l’album semble assurément incomplet. (découverte du mois d'octobre 2024)

Vidéoclips : « Perfume » - « You’re Invited »

 

 

 

 

 

       

 

 

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