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janvier 2022 :

 

Alicia Keys – KEYS (2 CD)

Alicia Keys – KEYS (2 CD)

Après ALICIA en 2020, voici maintenant KEYS, un album double qui se veut évidemment la suite logique du précédent. Le premier CD de 14 titres contient des chansons originales, alors que les 12 titres suivants sont des versions alternatives, parfois un peu plus rythmées, ainsi que deux autres nouvelles pièces. Après 20 ans de carrière, Alicia Keys semble avoir de la difficulté à se renouveler depuis quelques années, et c’est encore le cas sur ce nouveau disque. Quelques pièces ressortent du lot (« Best of Me », « Skydive », « Love When You Call My Name »), mais pour la plupart, il s’agit d’une musique R&B plutôt commune, sans grand intérêt. Le deuxième disque contient aussi sa part de bons moments (« LALA » avec Swae Lee, « Come For Me » avec Khalid et Lucky Daye), mais encore là, on retrouve un manque considérable de constance. Malgré plusieurs collaborateurs de renom, dont Pusha T, Brandi Carlile et Lil Wayne, Alicia réussit difficilement à capter notre intérêt et à le conserver. Il en résulte un album trop long et inégal qui s’écoute préférablement à la pièce. (chronique principale de janvier 2022)

Vidéoclips : « LALA » - « Old Memories » - « Like Water » - « Only You » - « Come For Me »

½

 

Damian Nisenson – Siestas

Après son album en trio avec Kleyn Kabaret, sur lequel Damian Nisenson a exploré la culture juive et yiddish, ce Montréalais d’adoption depuis 2004 propose Siestas, un album solo qui explore les rythmes traditionnels de son Argentine natale. Écrit et composé pendant les premiers mois de la pandémie, le disque présente de toutes nouvelles chansons originales en espagnol, mais avec un clin d’œil aux traditions sud-américaines. On y découvre une atmosphère de légèreté, entre jazz et musique du monde, incluant plusieurs berceuses, à l’image de la pièce d’ouverture, « Noche ». L’album d’une grande douceur permet de découvrir la voix profonde, feutrée et légèrement rauque de Nisenson. On y retrouve la plupart des musiciens qui figuraient sur Kleyn Kabaret, avec l’ajout d’autres musiciens de grand talent : Guillaume Martineau (piano Fender Rhodes), Bernard Falaise (guitare électrique), Caroline Planté (guitare), Jean-Félix Mailloux (contrebasse), Daniel Serale (vibraphone), Pierre Tanguay (batterie) et Moe Clark (voix). Voici un très bel album pour réchauffer vos froides soirées d’hiver. (découverte du mois de janvier 2022)

Malasartes

½

   

 

décembre :

 

Adele – 30

Adele – 30

Après six ans d’attente, Adele présente enfin son très attendu quatrième album. Il s’agit de son premier disque dans la trentaine d’où le titre qui souligne ce passage, même si Adele est maintenant âgée de 33 ans. C’est que la production de ce nouvel album ne s’est pas faite sans heurts et s’est étirée à la suite de son divorce en 2019. Malgré tout, 30 n’est pas un album de peine d’amour. Adele se concentre plutôt sur l’acceptation et la croissance personnelle, désirant laisser à son fils Angelo un aperçu figé dans le temps d’où se situait sa mère à cette époque pivot de sa vie. Elle aborde tout de même sa rupture dans le premier extrait, « Easy On Me ». Musicalement, Adele propose une pop adulte extrêmement riche avec une touche de R&B ou de jazz qui met toujours sa voix puissante en valeur. Alicia Keys peut nous venir en tête en plusieurs occasions, ou encore Elton John sur « I Drink Wine ». Mais, Adele rejoint surtout le club sélect des voix puissantes, Whitney Houston, Mariah Carey et Céline Dion en tête. Ce qui frappe rapidement à l’écoute de 30, c’est l’enchaînement efficace des 12 pièces, dont plusieurs d’une grande créativité. Évidemment, les arrangements léchés et de grande envergure aident certainement à camoufler certains défauts, mais il y en a bien peu sur cet album de près d’une heure. On peut bien entendre quelques ballades vers la fin qu’on aurait pu couper, mais même elles viennent ajouter une touche intimiste pas si désagréable en conclusion du disque. Plusieurs considèrent 30 comme le meilleur album d’Adele à ce jour, celui avec la meilleure cohésion, mais si ce n’est pas le cas, il s’approche assurément de 21 qui l’a rendue célèbre à travers le monde il y a 10 ans. (chronique principale de décembre 2021)

Vidéoclip : « Easy On Me »

     

Simon and the Island – Simon and the Island

Simon and the Island est le projet solo de Simon Ward, membre du groupe torontois The Strumbellas. Sur ce premier album de neuf pièces (totalisant moins de 29 minutes), Ward propose plusieurs chansons d’amours perdus, mais sur des mélodies pop assez joyeuses pour nous faire oublier la tristesse du texte. Il navigue aussi entre la santé mentale et des chansons d’amour écrites pour son épouse (par exemple, le premier extrait, « Muse »). Réalisé par Brian Pickett, le disque présente des arrangements plutôt sommaires avec des cordes délicates ou un piano discret, pour une musique pure et brute qui met d’abord de l’avant les mélodies inoubliables. Voici un album très agréable! (découverte du mois de décembre 2021)

Vidéoclip : « Muse »

 

 Jesse Cook – Libre

Jesse Cook – Libre

Le guitariste virtuose Jesse Cook présente son 12e album avec Libre, un disque composé et enregistré pendant la pandémie. Les 10 pièces de l’album combinent la guitare espagnole de Cook et le talent du multi-instrumentiste algérien Fethi Nadjem, avec des rythmes trap modernes et 808 beats. L’inspiration derrière ces chansons est venue d’un voyage avec sa fille de 14 ans pendant lequel elle l’a diverti avec ses listes de lecture préférées, la plupart inspirées du trap et du 808. Cook s’est alors demandé ce qui arriverait s’il intégrait ces sons à sa musique. Le résultat s’avère très réussi et on reconnaît toujours le style unique à Cook. Il s’agit encore une fois d’un très bon album pour Jesse Cook, l’un de ses meilleurs des 15 dernières années. (décembre 2021)

Coach House / SIX

½

     

 Élémo – Vivre

Élémo – Vivre

Marc-Olivier Jean (alias Élémo) est un slameur et poète montréalais d’origine haïtienne qui performe son art depuis 2009, même si son premier mini-album n’est paru qu’en 2017. Véritable amoureux des mots, il réussit à nous surprendre, à nous faire rire, à nous faire pleurer, à nous inspirer et à nous éduquer. Mais surtout, il propage un message d’espoir en cette époque de grandes turbulences. Musicalement, Élémo accompagne ses textes d’une douce mélodie minimaliste, qui prend un peu plus d’envergure en certaines occasions seulement, comme dans l’excellente « Un soleil dans le corps » (en duo avec Mel Pacifico). Élémo collabore avec Andréanne Martin pour un duo sur « Juste un rythme » et des chœurs sur « I Can Do It », ainsi qu’avec Éric Charland pour un duo sur « Parce qu’il y a l’automne ». Notons aussi la participation de Fred St-Gelais pour le matriçage. Vivre est un album intéressant pour tout amateur de slam. (décembre 2021)

 

 Julien Fillion - Julien Fillion

Julien Fillion – Julien Fillion

Le saxophoniste, multi-instrumentiste et compositeur montréalais Julien Fillion a été couronné Révélation Radio-Canada 2021-2022 dans la catégorie Jazz. Il vient de faire paraître un premier album éponyme qui fusionne habilement le jazz et le rock en format quatuor. Le saxophoniste et claviériste s’entoure en effet de trois musiciens talentueux : le saxophoniste-claviériste Philippe Brochu-Pelletier et les batteurs Al Bourgeois et Thomas Sauvé-Lafrance. Formé en 2019, ce groupe atypique a su susciter l’intérêt rapidement grâce à son univers hors du commun. Il en résulte une musique créative, à la fois puissante et rythmée, et aux mélodies inoubliables. C’est une musique qui demande une certaine ouverture, mais qui capte rapidement notre attention et s’avère très agréable en bout de ligne. Un très bon disque par cet artiste aux talents multiples! (décembre 2021)

SIX

½

 

 Sonia Johnson – Airs givrés

Sonia Johnson – Airs givrés

Pour son nouvel album, l’auteure-compositrice et interprète jazz Sonia Johnson propose non pas un disque de Noël, mais plutôt un album d’hiver. À travers huit pièces, elle témoigne de son amour profond pour l’hiver et pour son pays. Les titres évoluent au même rythme que la saison, débutant en novembre avec « Les peaux de lièvres » (reprise de Tricot Machine) et se concluant avec « J’aimais l’hiver » de Beau Dommage, qui fait part des derniers moments de l’hiver. L’album contient quatre autres reprises : « Jardin d’hiver » de Karen Ann Zeidel et Benjamin Biolay, « Winter » de Tori Amos, « Soir d’hiver » d’Émile Nelligan et Claude Léveillée, ainsi que « Snowbird » de Gene MacLellan (un grand succès d’Anne Murray). On retrouve en plus deux compositions originales de Sonia et de son fidèle collaborateur, le pianiste et arrangeur Luc Beaugrand : « C’est l’hiver de Vivaldi » et « Des diamants sur la ville » (un texte de Véronique Bellemare Brière). L’ensemble de 27 minutes est interprété essentiellement en formule piano-voix, même si on peut entendre quelques ajouts de voix, de claviers et de percussions mélodiques. La voix de Sonia est toujours aussi puissante et veloutée, et elle est parfaitement mise en valeur par les arrangements de Beaugrand. Airs givrés est un bien beau concept pour la saison hivernale! (décembre 2021)

½

 

 Kleyn Kabaret – Kleyn Kabaret

Kleyn Kabaret – Kleyn Kabaret

Damian Nisenson a créé la maison de disques Malasartes en 2006 dans le but premier de se réapproprier ses origines juives et argentines, soit en solo ou encore avec le groupe Kleyn Kabaret. C’est en formule trio avec la chanteuse Antonia Hayward (également d’origine juive d’Europe de l’Est) et l’accordéoniste Luzio Altobelli (un complice de longue date) que le Montréalais d’adoption depuis 2004 présente un voyage à travers la culture juive et yiddish grâce à l’album Kleyn Kabaret (« petit cabaret » en yiddish). Le trio s’éloigne de la musique klezmer généralement associée à la culture juive pour plutôt nous offrir une œuvre plus contemplative, chargée en histoire et en poésie. L’album de 11 titres propose un mélange de compositions originales et de pièces anciennes méconnues, incluant chants du ghetto, berceuses et airs populaires chantés dans l’intimité du foyer. Les arrangements s’avèrent minimalistes et laissent la place à l’improvisation. Nisenson (voix et saxophone) et ses deux comparses sont accompagnés de la tubiste Julie Houle, du percussionniste Marton Maderspach et d’un trio de cordes formé de Chantal Bergeron (violon), Miranda Nisenson (violon) et Sheila Hannigan (violoncelle). Avec ce disque unique, Nisenson souhaite rappeler l’importance du judaïsme dans la culture montréalaise, de Leonard Cohen aux fameux bagels. (décembre 2021)

Malasartes

   

 Céleste Lévis – Si tu veux tout savoir

Céleste Lévis – Si tu veux tout savoir

L’auteure-compositrice et interprète franco-ontarienne Céleste Lévis nous revient avec son quatrième album en carrière. L’artiste s’ouvre complètement sur ce nouveau disque, avec huit chansons mettant bien en évidence sa voix chaude et touchante. Elle est appuyée pour l’occasion par le réalisateur et multi-instrumentiste Marc-Antoine Joly et par le batteur Simon Joly. Céleste propose une musique pop rock à tendance folk en plusieurs occasions, mais c’est avec la chanson-titre qu’elle réussit surtout à nous accrocher, définitivement. Dommage que l’album se taise après seulement 28 minutes… (décembre 2021)

Joly

 

 Les Tireux d’Roches – Tapiskwan Sipi

Les Tireux d’Roches – Tapiskwan Sipi

Le groupe traditionnel Les Tireux d’Roches propose un album instrumental inspiré par l’histoire de la rivière Saint-Maurice (Tapiskwan Sipi en langue atikamekw). Il s’agit du septième en album en carrière pour le quintette de Saint-Élie-de-Caxton en Mauricie. Réalisé, sonorisé et mixé par Davy Gallant, Tapiskwan Sipi est un ouvrage unique enraciné dans la culture québécoise et fusionnant musique traditionnelle, folk et musique du monde. Même s’il est complètement instrumental, l’album inclut la voix de Karine Awashish (co-fondatrice de la Coop Nitaskinan). Un très bel album! (décembre 2021)

Les Faux-Monnayeurs

½

   

 

NOVEMBRE :

 

Coldplay – Music of the Spheres

Coldplay – Music of the Spheres

Sur Music of the Spheres, Coldplay transporte sa musique pop à grand déploiement dans l’espace, dans un système solaire imaginaire. Ils ont littéralement créé un monde rempli d’extraterrestres, de langages inventés et de planètes fictives. Ça leur laisse donc tout l’espace nécessaire à la créativité, sans barrières de styles ou de référents à leur passé. On peut considérer qu’il s’agit de la suite logique de Mylo Xyloto et A Head Full of Dreams, mais avec un meilleur focus. Le travail du réalisateur Max Martin y est peut-être pour quelque chose dans la cohésion de l’ensemble, et en ce sens le groupe poursuit l’excellent travail entamé il y a deux ans sur Everyday Life. Les passages plus ambiants pourront déranger certains de leurs fans, mais les succès « Higher Power » et « My Universe » (avec BTS), sans oublier la mid-tempo « Let Somebody Go » (avec Selena Gomez), devraient les convaincre à nouveau. Il faut aussi mentionner l’excellente « People of the Pride », une sorte de collision entre « Uprising » de Muse et « Personal Jesus » de Depeche Mode. L’album se conclut avec une immense pièce de 10 minutes qui rappelle Pink Floyd, « Coloratura ». C’est encore une fois un excellent disque pour Coldplay, un album créatif et passionnant. (chronique principale de novembre 2021)

Vidéoclips : « Higher Power » - « My Universe »

½

     

Joy Crookes – Skin

Âgée de seulement 22 ans, Joy Crookes nous arrive avec son tout premier album, qui contient déjà plusieurs extraits : « Feet Don’t Fail Me Now », « When You Were Mine », « Trouble » et la chanson-titre. Fière représentante de Londres-Sud, avec des origines du Bangladesh et de l’Irlande, Joy propose déjà tout un bagage d’expérience sur Skin. Productrice exécutive de l’album (en collaboration avec Blue May), elle s’est impliquée à tous les niveaux de la création de ce très bel enregistrement de 13 titres qui s’avère particulièrement personnel. Elle y traite de sujets comme la santé mentale, les relations personnelles et la politique, toujours avec grâce et sensibilité. Musicalement, Skin est un album intemporel difficile à décrire, qui inclut une musique pop, mais avec des éléments de jazz, de soul et de rock, ajoutés à des influences des années 1960 et 1970. Cette étoile montante nous offre une œuvre de grande qualité dès son premier essai. À surveiller de près au cours des années à venir! (découverte du mois de novembre 2021)

Vidéoclips : « Feet Don’t Fail Me Now » - « Skin » - « When You Were Mine » - « Trouble »

½

     

 Sheng Cai – Edvard Grieg

Sheng Cai – Edvard Grieg

Sur son plus récent enregistrement, le pianiste chinois Sheng Cai se consacre à des œuvres pour piano du plus célèbre des compositeurs norvégiens, Edvard Grieg (1843-1907). On peut y entendre notamment la « Sonate pour piano, op. 7 », composée par Grieg à l’âge de 22 ans pour son maître, le compositeur danois Niels Gade (1817-1890). Quant à l’arrangement pour piano de « Peer Gynt, suite no 1, op. 46 » (certainement l’œuvre la plus célèbre de Grieg), il a été enregistré dans une combinaison des transcriptions pour piano réalisées par Grieg et par le pianiste russe Grigori Guinzbourg (1904-1961). On y trouve finalement la « Ballade en sol mineur, op. 24 » et les trois « Scènes de la vie populaire op. 19 ». Voici quatre magnifiques œuvres pour piano de Grieg, interprétées de main de maître par Sheng Cai. (novembre 2021)

ATMA Classique

 

 Cœur de Pirate – Impossible à aimer

Cœur de Pirate – Impossible à aimer

Impossible à aimer est déjà le sixième album de la jeune carrière de Béatrice Martin (alias Cœur de Pirate). Elle démarre le tout avec une chanson intimiste au piano, « Une chanson brisée », dans un style dépouillé qu’elle reprendra plus tard pour « Tu ne seras jamais là » (avec Alexandre Stréliski) et « Le monopole de la douleur ». Mais c’est avec le succès « On s’aimera toujours » que l’album débute véritablement, grâce à une mélodie pop parfaite avec de magnifiques arrangements de cordes. D’autres pièces énergiques s’avèrent grandement efficaces : « Dans l’obscurité », « Tu peux crever là-bas » et la disco pop « Crépuscule ». En conclusion, la chanteuse propose une pièce à capella avec une voix fortement trafiquée électroniquement (« Hélas »). Accompagnée de son collaborateur de longue date, le multi-instrumentiste Renaud Bastien, Cœur de Pirate offre encore une fois plusieurs très bonnes chansons, qui s’ajoutent à un répertoire déjà bien garni. (novembre 2021)

Vidéoclip : « On s’aimera toujours »

½

   

 Chris de Burgh – The Legend of Robin Hood

Chris de Burgh – The Legend of Robin Hood

Le prolifique et légendaire Chris de Burgh nous arrive avec un nouvel album-concept autour de l’histoire de Robin des Bois. Il y propose une vision très cinématographique jointe à musique puissante et émouvante. Les orchestrations sont magnifiques, autour d’influences folks et celtiques. Il s’agit du 27e album studio pour Chris de Burgh et il ne compte rien de moins que 23 titres pour une durée totale de près de 58 minutes. Le projet est né de son implication dans la comédie musicale Robin Hood, qui sera bientôt produite en Allemagne, et à laquelle il a contribué au scénario et aux mélodies. Un peu à l’image de ce qu’il avait réalisé en 2010 avec Moonfleet, de Burgh propose une œuvre unique et audacieuse, une autre extravagance sonore jouée à la perfection par des musiciens chevronnés. Malgré divers changements de styles (folk, médiéval, celtique, rock, classique, chant choral, etc.), on y reconnaît toujours le style et le son de Chris de Burgh (« Live Life, Live Well », « Open Your Eyes »). Il revient même avec une nouvelle version de « Light a Fire » qui était parue sur The Getaway en 1982. Voici donc une œuvre complexe, mais complète et d’une grande cohérence. (novembre 2021)

Justin Time / SIX

½

 

 The Fretless – Open House

The Fretless – Open House

The Fretless est un quatuor à cordes canadien qui revisite depuis bientôt 10 ans la musique traditionnelle, avec une approche nouvelle et rafraîchissante. Avec Open House, le quatuor prend une toute nouvelle direction. C’est accompagné de chanteurs et chanteuses solistes que le groupe propose pour la première fois 10 chansons. Les collaborateurs incluent Taylor Ashton, Ruth Moody, Dan Mangan, Rachel Sermanni, etc. Les pièces plutôt douces profitent des très beaux arrangements de cordes du groupe, le tout réalisé de main de maître par The Fretless et Joby Baker. Voici un très bel album pour The Fretless, qui réussira certainement à élargir son auditoire. (novembre 2021)

Birthday Cake

½

 

 Les Grands Hurleurs – Ellipse

Les Grands Hurleurs – Ellipse

C’est maintenant en tant que quatuor que les Grands Hurleurs présentent leur cinquième album, Ellipse. Huit des neuf pièces sont des compositions originales alors que seule la chanson-titre est une reprise du groupe Väsen. Le groupe de musique traditionnelle propose des chansons plus acoustiques et intimistes que par le passé, qui bénéficient de riches arrangements. Nicolas Pellerin et sa bande intègrent des influences folks, classiques et bluegrass à leur musique à la sonorité moderne particulièrement agréable à l’oreille. Quant aux textes, ils traitent majoritairement d’amour et de cœurs brisés, des sujets intemporels quoi. Le principal point négatif de cet album est qu’il nous semble bien court avec seulement 32 minutes. (novembre 2021)

Vidéoclip : « Fille au bal »

La Compagnie du Nord

   

 Le Jager – Snow Lotus

Le Jager – Snow Lotus

Le Jager est un collectif jazz montréalais, dont les membres sont originaires du Québec et du Mexique, qui nous arrive avec son tout premier album. Le quatuor dirigé par le saxophoniste Damien-Jade Cyr propose une musique originale qui se déploie sur huit pièces totalisant 48 minutes. Leur son jazz intègre quelques éléments de rock progressif et de musique contemporaine. Snow Lotus inspire un voyage intérieur avec une musique intimiste et riche à la fois. Le disque est accompagné d’illustrations et photographies signées Frédérick Généreux. Un bon premier essai! (novembre 2021)

Amplitude

 

 David Jalbert – Prokofiev Piano Sonatas Vol. 1

David Jalbert – Prokofiev Piano Sonatas Vol. 1

Le pianiste David Jalbert amorce l’intégrale des Sonates pour piano de Sergueï Prokofiev (1891-1953), présentant ici le premier de trois volumes. On y trouve les Sonates nos. 1 à 4 (les sonates russes avant qu’il parte pour l’Amérique en 1918), mais aussi quatre courtes pièces pour piano : la « Marche en fa mineur, op. 12 no. 1 », la « Gavotte en sol mineur, op. 12 no. 2 », le « Prélude en do majeur, op. 12 no. 7 », ainsi que la célèbre « Suggestion diabolique, op. 4 no. 4 ». Le virtuose nous propose une interprétation incomparable de ces œuvres intemporelles. (novembre 2021)

ATMA Classique

   

 Colin James – Open Road

Colin James – Open Road

Le légendaire auteur-compositeur et guitariste blues rock canadien Colin James revient avec un nouvel album, au grand plaisir de ses fans de longue date. Avec un bon nombre de chansons écrites au cours des deux dernières années, sur la route et en confinement, le choix des 13 chansons de l’album ne fut pas facile. En compagnie de son coréalisateur Dave Meszaros, James a organisé trois sessions d’enregistrement à Vancouver, qui se sont ajoutées aux sessions à distance dans des studios des deux côtés de l’Atlantique. Mais surtout, Open Road a été mixé par Meszaros dans les emblématiques studios Abbey Road de Londres. Il en résulte un album de blues rock de grande qualité, un album qui plaira assurément à son fidèle auditoire. (novembre 2021)

Stony Plain / SIX

     

 Jr. Gone Wild – Still Got the Jacket

Jr. Gone Wild – Still Got the Jacket

Il y a bientôt 40 ans (en 1983), le chanteur et guitariste Mike McDonald fondait Jr. Gone Wild à Edmonton, avant de tirer sa révérence 12 ans plus tard après cinq albums. Le groupe a alors introduit un style peu connu au Canada, le country rock alternatif, qui fusionne le folk, le country et le rock avec une attitude punk. Le trio original formé de McDonald (voix et guitare), Steve Loree (guitare) et Dave « Dove » Brown (basse) se réunit aujourd’hui avec le neveu de McDonald, Quinton Herbert (qui remplace le défunt Larry Shelast à la batterie) pour présenter Still Got the Jacket. Il s’agit d’un album à l’énergie incomparable qui nous ramène 25 ans plus tôt, comme si c’était hier. Jr. Gone Wild ne nous offre rien de moins que 16 chansons qui rappellent leurs premiers albums, mais avec des textes souvent contemporains. Comme carte de visite, le groupe propose un double extrait : « Girl in the Crowd », à l’énergie pop, et la reprise du classique de Chilliwack, « Fly at Night ». C’est un album extrêmement agréable qui nous est offert ici, parfait pour taper du pied et chanter à tue-tête. (novembre 2021)

Stony Plain / Weewerk

½

     

 Marie Nadeau-Tremblay – Préludes et solitudes

Pentaèdre – Autour de Bach

Le quintette de musique de chambre pour instruments à vent Pentaèdre nous propose un album consacré à Johann Sebastian Bach (1685-1750), intitulé simplement Autour de Bach. On y découvre des transcriptions pour quintette à vent de toccates, fugues, sonates, partitas et chorals. En plus des œuvres de Bach, l’album inclut en conclusion le « Quintette no 3 » du compositeur américain David Maslanka (1943-2017), inspiré par Bach. Les amateurs de musique de chambre seront comblés avec ce très bon album, interprété de main de maître par Ariane Brisson (flûte), Martin Carpentier (clarinette), Élise Poulin (hautbois), Mathieu Lussier (basson) et Louis-Philippe Marsolais (cor). (novembre 2021)

ATMA Classique

   

 Simone Prattico – Oriundo

Simone Prattico – Oriundo

Connu au Québec pour ses collaborations avec Piers Faccini, Hindi Zahra et Brandi Disterheft, le batteur et percussionniste italien revient avec un nouvel album. Oriundo, un terme italien qui signifie « originaire de » et fait référence aux descendants d’immigrants, propose un jazz contemporain aux couleurs afro-funk et autres influences diverses. Simone Prattico s’est notamment inspiré de passages à Tanger et dans les quartiers espagnols pour produire un mélange habile de musiques swing et contemporaine. Prattico s’est entouré pour l’occasion de musiciens de premier plan : Klaus Mueller (pianiste, arrangeur et compositeur), Edward Perez (bassiste) et Essiet Okon Essiet (contrebassiste), sans oublier pour deux titres une section de cordes composée de Gregor Huebner (violon), Carrie Frey (alto) et Rubin Khodeli (violoncelle). Oriundo présente une musique contemporaine très colorée. (novembre 2021)

Zamora / SIX

½

 

 Ed Sheeran – =

Ed Sheeran – =

Avec ce nouvel album, Ed Sheeran présente son quatrième disque officiel, qu’il débute en soulignant qu’il est désormais papa et qu’il a pris de la maturité (« I have grown up, I am a father now »). En plus, il s’est marié depuis son dernier album il y a quatre ans. Musicalement, il propose plusieurs chansons douces et intimistes, mais il réussit encore une fois à nous offrir quelques pièces entraînantes. On retrouve donc à nouveau des morceaux pop incontournables, à l’image des trois premiers extraits (« Bad Habits », « Shivers » et « Overpass Graffiti »), ainsi que de la très efficace « Stop the Rain ». On peut aussi entendre de subtils rythmes R&B, toujours sur de douces mélodies, le tout enveloppé d’une atmosphère adulte contemporaine. Les 14 pièces s’avèrent quelque peu inégales, mais ses fans de longue date y trouveront certainement encore des points d’intérêt. Dans tous les cas, nous continuerons d’entendre Sheeran en boucle à la radio. (novembre 2021)

Vidéoclips : « Bad Habits » - « Shivers » - « Overpass Graffiti »

     

 

octobre :

 

Imagine Dragons – Mercury – Act 1

Imagine Dragons – Mercury – Act 1

Le groupe de Las Vegas présente son cinquième album avec Mercury – Act 1. Le quatuor a recruté pour l’occasion le réalisateur Rick Rubin (Tom Petty, Beastie Boys, Red Hot Chili Peppers, The Cult, Run-D.M.C., Slayer). On y retrouve toujours les éléments caractéristiques d’Imagine Dragons, comme des percussions agressives, une livraison émotive et des variations de styles désarmantes. Cependant, Dan Reynolds et sa bande explorent de nouveaux horizons notamment avec des ancrages dans le soul. Le premier extrait, la douce « Follow You », n’est que très peu représentative du reste de l’album qui contient des moments beaucoup plus énergiques, incluant le rock pur de « Dull Knives » dans laquelle Reynolds pousse sa voix au maximum (tout comme dans « Giants » et « Cutthroat » d’ailleurs). Les thèmes explorés vont de la santé mentale à la mort, en passant par les relations brisées. C’est donc un disque plutôt sombre, mais rempli d’espoir et d’acceptance. L’ensemble varié peut être déconcertant au premier abord, mais il est certain que les nombreux fans du groupe y trouveront leur compte, même si peu de succès radio risquent d’en ressortir. (chronique principale d'octobre 2021)

Vidéoclips : « Follow You » - « Wrecked » - « Monday »

½

     

Caroline Marie Brooks – Everything at the Same Time

Caroline Marie Brooks représente un tier du trio country folk de Toronto Good Lovelies. Elle nous arrive aujourd’hui avec son tout premier album en solo, Everything at the Same Time. Caroline propose une musique folk toute en douceur, 11 pièces intimistes remplies de soleil. Réalisé conjointement avec Jim Bryson, l’album présente de très belles mélodies, interprétées de sa voix douce. Les amateurs de musique folk ensoleillée seront comblés avec ce très beau disque. (découverte du mois d'octobre 2021)

Outside

   

 Choses Sauvages – Choses Sauvages II

Choses Sauvages – Choses Sauvages II

Trois ans après ses débuts sur disque, le quintette québécois est de retour avec un deuxième album. Choses Sauvages continuent à fusionner habilement le R&B et le funk avec une musique new wave d’une autre époque. L’album débute avec la disco-funk « Homme-Machine », qui donne parfaitement le ton à ce qui va suivre. Leur musique est à la fois douce et énergique, avec des rythmes grandement efficaces. Plusieurs moments rappellent la musique new wave des années 1980, notamment Devo et Duran Duran sur « Chambre d’écho ». David Bowie peut aussi nous venir en tête sur « Vague », alors que « Dimensions » évoque Tears For Fears. L’album contient en plus des pièces instrumentales à la fois planantes et dansantes : « Science du bruit », « La musique » et « Face D ». Il s’agit donc d’un ensemble très complet de près d’une heure que nous proposent Choses Sauvages avec ce nouveau disque. Très agréable! (octobre 2021)

Audiogram

½

 

 Sue Foley – Pinky’s Blues

Sue Foley – Pinky’s Blues

La guitariste originaire d’Ottawa, Sue Foley, est de retour avec un nouvel album, Pinky’s Blues. Pinky étant le nom qu’elle donne à sa guitare Fender Telecaster rose, Sue semble se dégager de toute responsabilité pour le son blues qui nous est offert ici. Maintenant établie à Austin, Texas, Sue propose un voyage blues sur les routes secondaires du Texas avec ce très bel album de 12 titres (10 sur les plateformes numériques) mixant compositions originales et standards préférés. Le tout a été enregistré aux Fire Station Studios de San Marcos, Texas avec Mike Flanigin comme réalisateur (et à l’orgue Hammond B3). Il n’aura fallu que trois jours pour produire cet album de pur blues aux sonorités d’une grande clarté et à l’énergie contagieuse. Les moments forts de l’album comprennent les reprises des classiques « Stop These Teardrops » (de Lavelle White), « Boogie Real Low » (de Frankie Lee Sims) et « Think It Over » (de Lillie Mae Donley). Il y a aussi la plus récente « Two Bit Texas Town » (d’Angela Strehli) et sa composition personnelle, « Dallas Man », qui sont dignes d’intérêt. Il faut également noter la présence remarquée du légendaire Jimmie Vaughan à la guitare rythmique sur « Hurricane Girl ». Avec ce disque d’une grande efficacité, sur lequel la guitare nous transporte littéralement, Sue Foley prouve à nouveau qu’elle figure parmi les meilleures guitaristes de blues au monde. (octobre 2021)

Stony Plain / SIX

½

     

 Mack & Ro – Playlist (Édition deluxe)

Mack & Ro – Playlist (Édition deluxe)

Après un premier mini-album de cinq titres en 2020, le duo country québécois Mack & Ro présentait récemment Playlist, vol.2, un nouveau mini-album. Les cousins Kaven Brassard et André Richard proposent aussi en exclusivité sur leur site web une édition de luxe de Playlist comprenant les deux mini-albums, ainsi que deux chansons en boni : « Elle et moi » et « Reviens-moi ». On peut y entendre un trio avec Laurence Jalbert pour la pièce « Céleste mélodie », ainsi qu’une collaboration avec Hert Leblanc, Laurie Leblanc et Rheal Leblanc pour la pièce « Les Leblanc ». Leur musique country se marie agréablement à la pop et au rock, toujours avec beaucoup d’énergie. (octobre 2021)

Propagande

 Marie Nadeau-Tremblay – Préludes et solitudes

Marie Nadeau-Tremblay – Préludes et solitudes

Sur Préludes et solitudes, la violoniste Marie Nadeau-Tremblay propose 10 œuvres pour violon seul de compositeurs baroques, incluant deux « Fantaisies » de Georg Philipp Telemann (1681-1767). Elle offre aussi des « Préludes » de Nogueira, Walsh & Torelli, Baltzar, ainsi que Purcell, en plus d’une courte composition personnelle, « Prélude improvisé ». Elle présente également « Assaggi en fa majeur » de Johan Helmich Roman (1694-1758), « Fantaisie pour violon en do mineur » de Nicola Matteis Jr (167x-1737), et en conclusion, « Passacaille en sol mineur » (extrait des Sonates du Rosaire) de Heinrich Ignaz Franz Biber (1644-1704). Le livret inclut des poèmes inspirés par chacune des pièces, alors que la couverture est un autoportrait réalisé par la violoniste, qui est également une artiste visuelle accomplie. Voici un très bel album par cette artiste en pleine ascension! (octobre 2021)

ATMA Classique

½

   

 Andrea Ramolo – Quarantine Dream

Andrea Ramolo – Quarantine Dream

L’ex-membre du duo Scarlett Jane présente son cinquième album solo avec Quarantine Dream. Tous ses disques précédents, incluant les deux avec Scarlett Jane, ont vu le jour des suites d’un chagrin d’amour. Cependant, ce n’est pas le cas avec ce nouvel enregistrement qui présente plutôt une rupture de nos vies d’avant la pandémie. Andrea Ramolo a presque entièrement conçu ce nouvel album en collaboration avec des femmes. C’est la chanson de protestation « Free » (avec Kinnie Starr) en conclusion qui a le plus d’impact alors que l’auteure-compositrice et interprète y dénonce vigoureusement le sexisme, la violence sexuelle, le racisme et le mensonge qu’est la « liberté ». Elle explore aussi des thèmes plus personnels comme le fait de ne pas avoir d’enfants dans « Morning Glory » et de vouloir disparaître dans « Carousel ». « Italian Summer » et la chanson-titre présentent des perspectives plus optimistes sur l’avenir du monde. Réalisé et mixé par Sarah MacDougall, Quarantine Dream propose de très bons moments de douceur et d’apaisement. (octobre 2021)

SIX

 

Adrian Sutherland – When the Magic Hits

Adrian Sutherland – When the Magic Hits

Fondateur et leader du groupe cri de la Baie-James Midnight Shine, Adrian Sutherland se lance en solo avec When the Magic Hits. Il propose une musique folk rock, ancrée dans ses racines autochtones. « Politician Man » et « Respect the Gift » se sont déjà hissées au numéro 1 du palmarès Indigenous Music Countdown et elles sont incluses sur l’album en tant que chansons en boni. « Right Here » est le premier extrait officiel de ce premier disque et il a attiré l’attention grâce à son vidéoclip constitué de 1 600 autoportraits. L’ensemble est solide et plaira aux amateurs du genre. (octobre 2021)

Vidéoclips : « Politician Man » - « Respect the Gift » - « Right Here »

Midnight Shine

 

 

 Steve Veilleux – Les beaux jours

Steve Veilleux – Les beaux jours

L’auteur-compositeur, interprète et leader du groupe Kaïn, Steve Veilleux, nous arrive avec son troisième album solo, Les beaux jours. Il y prend du recul par rapport aux événements tristes qu’il a vécus ces dernières années pour se tourner vers l’espoir des « beaux jours » à venir. Veilleux fait à nouveau confiance à Davy Gallant pour la réalisation, lui qui était derrière la mise en musique des poèmes de Gérald Godin sur T’en souviens-tu encore, Godin?. L’album débute avec un pop rock énergique (« Écrire des chansons »), mais il revient rapidement à son style folk contemporain caractéristique, incluant des rythmes country, et même des traces de blues à l’occasion. Le nouvel extrait, « Laisse-moi pas boire tout seul », présente à peu près tout ces aspects avec son banjo festif. C’est encore un très bon album pour Steve Veilleux, qui est fidèle à lui-même sur Les beaux jours. (octobre 2021)

Vidéoclip : « Laisse-moi pas boire tout seul »

½

   

 X Ambassadors – The Beautiful Liar

X Ambassadors – The Beautiful Liar

Avec cet album-concept, le groupe de New York propose un disque émotif avec des mélodies pop accrocheuses et des pensées au sujet de la guerre et du pouvoir politique et économique. La production d’envergure structurée comme un livre audio intègre des lectures, comme dans « Conversations With My Friends », une sorte de poème anti-guerre. Quant à « Theater of War », elle semble être une fusion entre une chanson de protestation et une pièce de Broadway des années 1930 dans laquelle le chanteur Sam Harris tente d’imiter de son mieux Jimmy Durante. Les meilleures chansons de The Beautiful Liar s’avèrent être toutefois « My Own Monster », « Love is Death » et « Reincarnation », des pièces qui mélangent le R&B, l’électro et le hip hop à leur son rock plus grand que nature. L’aspect conceptuel de l’album brise quelque peu l’enchaînement de chansons pop que l’on retrouvait auparavant. Cependant, la richesse du disque comblera leur vaste auditoire, même si un effort d’écoute minimal sera nécessaire. Un très bon disque! (octobre 2021)

Vidéoclips : « My Own Monster » - « Adrenaline » - « Beautiful Liar »

½

     

 

septembre :

 

The Killers – Pressure Machine

The Killers – Pressure Machine

The Killers reviennent avec leur septième album studio en carrière, moins d’un an seulement après Imploding the Mirage qui fut acclamé de la critique. L’album a d’ailleurs été réalisé par la même équipe que pour le disque précédent : Shawn Everett, Jonathan Rado (Foxygen), ainsi que le groupe. Leur tournée mondiale ayant été interrompue à cause de la pandémie, la formation de Las Vegas s’est retrouvée à travailler de nouvelles chansons. Pressure Machine contient 11 titres incluant plusieurs compositions plus douces et introspectives que ce que le groupe nous a offert par le passé. Les chansons mélancoliques tournent toutes autour des histoires de la petite communauté où a grandi le chanteur Brandon Flowers : Nephi, Utah. Chaque pièce débute d’ailleurs par une courte introduction, un extrait d’entrevue avec une personne de l’endroit. Même si l’album s’avère bien différent de ce que le groupe a produit jusque-là, Pressure Machine est un excellent disque sur lequel les textes de Flowers prennent une importance capitale (à noter qu’il a écrit les textes avant la musique pour la première fois). (chronique principale de septembre 2021)

Vidéoclip : « Quiet Town »

Island / Universal

½

     

CoCo Zandi – As Simple as a Dream

Alexander Beggins (alias CoCo Zandi) est la moitié de Wild Child, duo indie rock / folk du Texas qui possède quatre albums à son actif depuis 2011. Avec As Simple as a Dream, CoCo Zandi présente un premier album solo à la sonorité unique, qui rappelle une musique hawaiienne des années 1950. Il s’agit en quelque sorte d’une douce musique exotique et romantique avec une touche moderne. Il propose le tout avec son ukulélé bariton, un soupçon d’électro et une attitude de crooner. CoCo Zandi est accompagné par un trio de choristes féminines nommées les Coquettes. L’album inclut son plus récent extrait, « Time to Get Away », mais aussi une pièce parue en 2019 lorsqu’il a décidé de se lancer en solo, « Angel ». As Simple as a Dream est un album estival et ensoleillé qui possède un côté rafraichissant bien agréable. Rien de renversant, mais très plaisant à découvrir! (découverte du mois de septembre 2021)

 

 Mathieu Bourret – Le Climatologue

Mathieu Bourret – Le Climatologue

Le pianiste et improvisateur Mathieu Bourret présente une compilation qui se veut la conclusion d’un projet de quatre mini-albums. On y retrouve donc les œuvres qui ont traversé chaque saison depuis l’automne dernier pour un total de 23 titres et 78 minutes. Le Climatologue propose un survol instrumental des différents climats québécois, question de nous accompagner tout au long de l’année. Bourret possède un talent sans bornes pour mettre en musique ses états d’âme et nous les communiquer avec son piano, qu’il considère bien plus qu’un instrument de musique. (septembre 2021)

Origine / SIX

½

 

 Edith Butler – Le tour du grand bois

Edith Butler – Le tour du grand bois

Grâce à Lisa Leblanc à la réalisation, la légendaire Edith Butler présente un nouvel album aux sonorités bien différentes. La chanteuse folk acadienne prend en effet une tendance un peu plus rock ‘n’ roll qui lui va bien. Elle propose neuf chansons ainsi que trois courts intermèdes. On peut y découvrir notamment « Dans l’bois », une collaboration entre Edith, Lisa et Lise Aubut, ainsi que trois duos : « Ti-gars », « Marie Mouri » et « Tit galop pour Mamou ». Presque 50 ans séparent Edith et Lisa, et Le tour du grand bois représente en quelque sorte une passation de flambeau entre deux générations d’Acadiennes. (septembre 2021)

Aubutler / Spectra / SIX

½

   

 De Temps Antan – Pesant

De Temps Antan – Pesant

Le trio trad québécois De Temps Antan présente son cinquième album, Pesant. Ils y actualisent des chansons traditionnelles avec violon, accordéon, harmonica, guitare et bouzouki. Coréalisé par le groupe et Éloi Painchaud (Okoumé, Salebarbes), Pesant est un album à la fois engagé et émouvant. Il démarre en force avec une mise à jour du succès folk « Réjean Pesant » de Paul Piché. Ils y reprennent aussi plus tard « Sur l’perron » de Dominique Michel avec une excellente performance vocale de Pierre-Luc Dupuis. Encore une fois, De Temps Antan réussira à rejoindre les amateurs de musique traditionnelle, folk, festive et francophone. Cependant, le disque semble incomplet avec ses neuf titres totalisant tout juste 32 minutes. (septembre 2021)

L-A be / SIX

   

 JF Girard – Dans ma boîte à surprises : Hommage à Herbert Ruff

JF Girard – Dans ma boîte à surprises : Hommage à Herbert Ruff

Avec ce nouvel album, le pianiste Jean Fernand Girard réinterprète dans son style jazz bien à lui des thèmes musicaux qui ont marqué l’enfance de toute une génération. Il s’agit de 10 thèmes d’émissions célèbres composés par Herbert Ruff, des thèmes qui ont influencé le choix de Girard de devenir musicien. Que ce soit « Sol et Gobelet », « Major Plum Pouding », « Fanfreluche », « Le Pirate Maboule », « Picolo », « La Ribouldingue » ou « Nic et Pic », ce sont tous des thèmes entendus et réentendus des milliers de fois. Ces nouvelles versions jazzées vous feront retomber en amour avec ces airs bien connus. Le compositeur derrière tous ces thèmes empreints de nostalgie, Herbert Ruff, est plutôt méconnu du grand public. Pianiste et compositeur né en 1918 en Pologne, il s’est installé à Montréal en 1952 pour devenir pianiste et compositeur pour la Société Radio-Canada. Il a composé plus de 2 000 chansons populaires et une trentaine d’œuvres contemporaines. Voici donc un bel hommage à une partie importante de son œuvre. (septembre 2021)

Bros

½

 

 Halsey – If I Can’t Have Love, I Want Power

Halsey – If I Can’t Have Love, I Want Power

Un an et demi après Manic, Halsey est déjà de retour avec un nouvel album. Pour ce nouvel enregistrement, elle fait équipe avec Trent Reznor et Atticus Ross de Nine Inch Nails. Il en résulte un affrontement entre la pop et l’industriel, un mélange qui peut sembler incongru voire bizarre, mais qui donne une atmosphère bien intéressante. Les deux facettes se nourrissent entre elles pour un ensemble des plus créatifs. L’album débute en douceur avec une musique plutôt atmosphérique au piano (« The Tradition »), mais la musique techno plus agressive et les riffs distorsionnés arrivent rapidement ensuite, toujours en alternance avec des pièces plus lentes. Halsey plonge tête première dans l’industriel avec « Easier Than Lying », avant de s’essayer au pop punk avec « Honey » et même d’embrasser le gothique avec « The Lighthouse ». D’autres titres à souligner : « Girl is a Gun », une pièce électro-pop avec des rythmes de Jack Dangers (Meat Beat Manifesto) et « Bells in Santa Fe », une pièce poétique d’une grande beauté. Mais la pièce maîtresse nous arrive au 11e titre avec « I Am Not a Woman, I’m a God » qui représente l’union parfaite du trio. Parmi les thèmes qu’elle explore, il y a l’enfantement, la vie et la mort, pendant que la production respire la tension, la frustration et la rage. Halsey s’entoure de musiciens collaborateurs pour plusieurs chansons : Lindsey Buckingham (« Darling »), Dave Grohl (« Honey »), Pino Palladino et Kerriem Riggins (« Lilith ») et Dave Sitek (« You Asked For This »). En conclusion, If I Can’t Have Love, I Want Power est un album-concept cinématographique particulièrement intéressant, une grande œuvre qui s’ajoute au répertoire de Halsey. (septembre 2021)

Vidéoclip : « I Am Not a Woman, I’m a God »

Universal

   

 Jorane – Hemenetset

Jorane – Hemenetset

Pour son 11e album, Jorane propose un projet ambitieux de 80 minutes sur lequel elle a travaillé depuis six ans. Il s’agit d’une grande fresque musicale autour du concept de l’instinct. Jorane y exploite à nouveau sa voix sans mots, accompagnée de violoncelle et de harpe, ce qui lui permet de s’exprimer sans se plier aux lois du langage. Coréalisé avec Marc Bell (Troublemakers, Moment Factory), Hemenetset est en quelque sorte une symphonie moderne. Jorane s’entoure d’une dizaine de musiciens incluant des violons, alto, violoncelle, contrebasse, piano et percussions, mais aussi des synthétiseurs et de la programmation, sans oublier les voix de Geneviève Toupin et Chloé Lacasse. Le tout est dirigé de main de maître par Jorane, véritable chef d’orchestre pour imbriquer chaque instrument dans l’ensemble. Le premier extrait de près de 10 minutes, « Les tectoniques », a été grandement apprécié des mélomanes et ajouté à plusieurs listes d’écoute internationales. Six des huit titres s’étendent sur plus de neuf minutes, incluant la pièce d’ouverture, la très belle « Nébuleuse I », qui totalise plus de 15 minutes. Voici un album grandiose par une artiste qui atteint aujourd’hui sa pleine maturité. (septembre 2021)

L-A be / SIX

½

   

Zach Kleisinger – Their Symposium

Zach Kleisinger – Their Symposium

L’auteur-compositeur et interprète originaire de Moose Jaw en Saskatchewan, maintenant établi à Vancouver, présente un premier album complet après quelques mini-albums. Zach Kleisinger propose une musique folk introspective axée avant tout sur les textes. Son style doux et personnel à la Leonard Cohen se met en place dès les premières pièces, que ce soit à la guitare (« Nothing Special », « Dance For a White ») ou au piano (« Miss You When You’re Leaving »). C’est cette atmosphère intimiste qui domine tout au long des 10 titres totalisant 42 minutes. Pour les amateurs du genre, voici un artiste canadien à découvrir. (septembre 2021)

DevilDuck

 

 

 Alex Lefaivre Quartet – Naufragés

Alex Lefaivre Quartet – Naufragés

Le compositeur et bassiste montréalais présente un nouvel album, trois ans après YUL qui était en quelque sorte un hommage à la métropole québécoise. Sur Naufragés, Alex Lefaivre propose de nouvelles compositions, mais aussi trois reprises à souligner : « Passe-Partout » en hommage à la célèbre émission pour enfants et à son créateur Pierre F. Brault, « Immigrant Song » de Led Zeppelin, ainsi qu’une pièce obscure de Miles Davis et Gil Evans, « Time of the Barracudas ». Son style jazz éclectique inclut des clins d’œil au disco, au punk, au reggae, et même au cinéma noir. La pochette créée par Les Microcosmes (alias Daphnée Côté-Hallé) illustre de belle façon l’atmosphère de l’album. Enregistré en quatuor, le disque s’avère à la fois léger et raffiné. Un très bon album de jazz qui rejoindra un vaste auditoire! (septembre 2021)

Arté Boréal

½

 

 David Myles – That Tall Distance

David Myles – That Tall Distance

Après Le grand départ (en français) et Leave Tonight (en anglais), David Myles revient avec un album totalement instrumental. Les arrangements d’une grande richesse enveloppent une musique intégrant le soul, le jazz, le funk et le blues. Le titre de l’album, That Tall Distance, est tiré d’un poème de Mary Oliver. Le disque a été coréalisé par Myles et Joshua Van Tassel (aussi batteur et percussionniste sur l’album). Myles et ses talentueux musiciens proposent un album grandement créatif, peut-être le plus inventif du Néo-Brunswickois à ce jour. (septembre 2021)

Little Tiny / SIX

½

 

 Dany Nicolas – Rockstar municipale

Dany Nicolas – Rockstar municipale

Après avoir présenté les extraits « Terre noire », « Il pleut toujours » et « Ballot de lingots », Dany Nicolas nous arrive avec son premier album, Rockstar municipale. L’auteur-compositeur, chanteur et guitariste de Tadoussac propose une musique folk minimaliste sur des textes poétiques livrés avec un franc-parler indéniable. En plus de ses propres textes, Nicolas porte les mots du poète français Rémo Gary, ainsi que ceux du romancier Charles-Philippe Laperrière. Il réalise l’album avec Tonio Morin-Vargas (Canailles, Mon Doux Saigneur) dans un contexte d’enregistrement en une seule prise sans modifications au mixage. Comme collaborateurs, on peut entendre Fred Fortin à la basse sur « La vie des autres », ainsi que Martin Lizotte au piano sur « Terre noire ». Musicalement, le style brut de Dany Nicolas peut nous rappeler un mélange entre Jean Leloup, Bernard Adamus et Émile Bilodeau. Il ose en plusieurs occasions avec des lectures de textes sans musique ou de courts passages instrumentaux. Il ajoute également quelques sonorités électriques à sa musique dépouillée. C’est donc un premier essai intéressant pour Dany Nicolas. (septembre 2021)

Bonzaï

  

 SUUNS – The Witness

SUUNS – The Witness

Le groupe montréalais présente un cinquième album audacieux. En effet, SUUNS sort de sa zone de confort et propose un virage inusité et ingénieux. Ils adoptent une mentalité jazz tout en conservant des chapitres distincts. Leur musique est à la fois brute et intimiste, un son épuré avec une certaine tension dramatique. Les chansons se développent lentement, à l’image de la pièce d’ouverture (« Third Stream ») qui s’étend sur plus de sept minutes. Pendant que certaines pièces peuvent s’avérer plus difficiles d’accès, « Go to My Head » est d’une beauté pastorale et « The Trilogy », une pièce de six minutes complexe et lumineuse, complète magnifiquement l’album. The Witness est assurément le meilleur album du groupe à ce jour. (septembre 2021)

½

     

Suzie Ungerleider – My Name is Suzie Ungerleider

Suzie Ungerleider – My Name is Suzie Ungerleider

Connue sous le pseudonyme Oh Susanna, Suzie Ungerleider présente enfin un album sous son véritable nom, et ce après plus de 25 ans de carrière. Réalisé par Jim Bryson, l’album propose une musique folk très douce avec d’excellentes mélodies pop difficilement oubliables. Majoritairement guitare-voix, le disque inclut aussi des arrangements de cordes de Kinley Dowling sur « Baby Blues », lui qui joue aussi le violon et le violon alto, accompagné de Kevin Fox au violoncelle. Il s’agit d’un album totalement intimiste qui permet à Suzie de se dévoiler plus que jamais à son auditoire. (septembre 2021)

Stella / MVKA

     

 

 

août :

 

Billie Eilish – Happier Than Ever

Billie Eilish – Happier Than Ever

Après le succès de son premier album, When We All Fall Asleep, Where Do We Go?, dirigé par le hit « Bad Guy », la jeune chanteuse de Los Angeles est de retour avec un deuxième disque. Sur Happier Than Ever, l’un des albums les plus attendus de l’année, Billie Eilish reprend le style électro pop qui l’a rendue célèbre, mais avec un certain virage en maturité malgré ses 19 ans seulement. Elle continuera tout de même certainement à toucher sa génération avec ses thèmes, son audace et son originalité. Elle aborde notamment la célébrité, la misogynie, les histoires d’amour et la découverte de soi, sur des musiques souvent intimistes aux arrangements prudents. Écrit et enregistré en duo avec son frère Finneas dans son studio maison, l’album possède une production impeccable, preuve qu’ils n’ont pas besoin d’une grande équipe. « I Didn’t Change My Number » montre un côté plus agressif de Billie, alors que « Oxytocin » nous rappelle le son qui l’a rendue populaire. « Not My Responsibility » propose un texte qu’elle présentait en interlude en spectacle, alors que la ballade folk acoustique « Your Power » traite d’abus de pouvoir. Quant à « NDA » qui nous arrive à la 13e pièce, c’est peut-être la plus intéressante de ce disque de 16 titres totalisant 56 minutes, sans oublier évidemment le premier extrait « Therefore I Am ». En plus de la pop sombre qu’on lui connaissait déjà, on peut entendre du R&B, de l’électro, et même des passages jazz sur ce deuxième album particulièrement réussi. (chronique principale d'août 2021)

Vidéoclips : « Therefore I Am » - « Your Power » - « Lost Cause » - « NDA » - « Happier Than Ever »

     

Cola Boyy – Prosthetic Boombox

Matthew Urango (alias Cola Boyy) est un Californien qui contribue à faire renaître le disco et autre pop dansante des années 1970-80. Il utilise aussi un mélange de R&B sophistiqué et de soft rock pour une musique riche et variée. Après un premier mini-album, Black Boogie Neon, il nous arrive avec son premier album complet, un disque de 10 titres totalisant près de 37 minutes. L’album débute en force avec l’excellente et inoubliable « Don’t Forget Your Neighborhood », réalisée par The Avalanches avec le clavier de John Carroll Kirby. Les réalisateurs incluent aussi Nicolas Godin de Air, Andrew VanWyngarden de MGMT, infinite bisous et Myd. En plus des pièces pop dansantes, on retrouve quelques chansons plus introspectives, notamment la ballade soul « One of These Winters Will Take Me » et la pièce idéale de fin de soirée, « Kid Born in Space », qui conclut le tout. Malgré des textes majoritairement profonds, Cola Boyy réussit à présenter une musique légère et très agréable. (découverte du mois d'août 2021)

Vidéoclips : « Kid Born in Space » - « Don’t Forget Your Neighborhood »

½

     

 

JUILLET :

 

Maroon 5 – Jordi

Maroon 5 – Jordi

Le nouvel album de Maroon 5 est intitulé Jordi en l’honneur de Jordan Feldstein, un ami de longue date d’Adam Levine qui était aussi le gérant du groupe. Feldstein est également le sujet du mégasuccès « Memories » paru bien avant l’album et qu’on retrouve ici avec en plus un remix mettant en vedette le regretté Nipsey Hussle et YG. Il faut dire que le groupe a mis le paquet dans les collaborations sur cet album avec des noms comme Megan Thee Stallion pour le succès « Beautiful Mistakes », blackbear (« Echo »), Stevie Nicks (« Remedy »), H.E.R. (« Convince Me Otherwise »), Bantu (« One Light »), ainsi que Juice WRLD qui fait une apparition posthume sur « Can’t Leave You Alone ». En plus du remix de « Memories », on peut entendre deux titres en boni : « Button » mettant en vedette Anuel AA et Tainy, ainsi que « Lifestyle » par Jason Derulo et incluant Adam Levine. La musique de plus en plus pop de Maroon 5, qui prend même une tangente R&B notamment sur « Seasons », s’éparpille quelque peu avec tous ces collaborateurs et s’éloigne de ce qui faisait la force du groupe. Le résultat, c’est que malgré quelques succès radios incontournables, l’ensemble s’écoute plus difficilement dans son ensemble et qu’il est bien facile de sauter des titres. Jordi nous apparaît comme une compilation d’une panoplie d’artistes auxquels s’ajoutent Maroon 5 par la bande. Il serait temps que le groupe se recentre un peu pour retrouver sa cohérence. (chronique principale du juillet 2021)

Vidéoclips : « Memories » - « Beautiful Mistakes » - « Lost »

222 / Interscope / Universal

½

     

Olivia Rodrigo – Sour

Âgée de seulement 18 ans, la Californienne Olivia Rodrigo présente son tout premier album, après des participations à des productions de Disney. Elle propose des textes de sa génération mais qui peuvent aussi rejoindre tout le monde, notamment quand tout s’écroule suite à une rupture amoureuse. Olivia présente une musique pop avec des moments rock, incluant des pièces aux guitares passablement agressives (« Brutal », « Good 4 U ») et des ballades puissantes (« Drivers License », « Traitor »). Elle propose aussi un folk plus introspectif avec « Favorite Crime ». La jeune artiste tire ses influences de son idole, Taylor Swift, mais aussi de Lorde et Alanis Morissette. Son sens de la mélodie rend ses compositions tout de suite attrayantes. Sur Sour, Olivia Rodrigo propose un très beau mélange musical qui conserve malgré tout sa cohérence, pour un très bon album pop rock. (découverte du mois de juillet 2021)

Vidéoclips : « Drivers License » - « Deja Vu » - « Good 4 U »

½

   

 Lucy Dacus – Home Video

Lucy Dacus – Home Video

La chanteuse alternative Lucy Dacus nous revient avec son troisième album, Home Video. Suite à un album et une tournée avec son trio Boygenius (avec Julien Baker et Phoebe Bridgers), elle s’est rendue à Nashville en août 2019 pour enregistrer ce nouveau disque en solo. Plus personnel que ses précédents, l’album revient sur son passé à Richmond, Virginie. Remplis de vulnérabilité, de tendresse et même de regrets, les textes sont tous écrits à la première personne. L’album débute avec une introduction mid-tempo à la guitare bien présente, « Hot & Heavy », mais c’est avec « First Time » qu’elle libère totalement son côté rock, ce qui lui va plutôt bien. L’ensemble propose tout de même une majorité de pièces acoustiques, dont « Going Going Gone » pour laquelle Lucy s’est entourée de ses comparses, Baker et Bridgers, ainsi que des choristes Mitski et Liza Anne. Mais la pièce centrale de ce très bon album est assurément la ballade au clavier « Thumbs ». Finalement, c’est une pièce de plus de sept minutes qui complète Home Video, « Triple Dog Dare ». Avec ce nouveau disque, Lucy Dacus présente assurément son œuvre la plus accomplie à ce jour. (juillet 2021)

½

     

 Styx – Crash of the Crown

Styx – Crash of the Crown

Le légendaire groupe rock présente son 17e album, Crash of the Crown, qui semble en fait la suite de The Mission, leur album-concept de 2017. Tommy Shaw travaille à nouveau avec le multi-instrumentiste Will Evankovich pour la réalisation. Dans la chanson-titre, Styx innove avec trois chanteurs qui performent à tour de rôle : d’abord James « JY » Young, puis Tommy Shaw dans l’héroïque section centrale à voix multiples, et finalement Lawrence Gowan pour le dernier couplet. On retrouve sur Crash of the Crown plusieurs éléments du passé rock progressif du groupe, enregistrés toutefois avec les technologies d’aujourd’hui. Les nostalgiques de leur passé glorieux y entendront donc à nouveau des moments intéressants, même si aucun classique ne ressortira de Crash of the Crown. (juillet 2021)

Universal / SIX

   

 

juin :

 

Twenty One Pilots – Scaled and Icy

Twenty One Pilots – Scaled and Icy

Après 12 ans ensemble, le duo de l’Ohio est de retour avec son sixième album, Scaled and Icy. Créé en pleine pandémie, le disque présente les hauts et les bas émotionnels de la vie en quarantaine. Le tout nous est offert avec certaines des meilleures mélodies pop jamais produites par les gars de Twenty One Pilots. Tyler Joseph et Josh Dun ont travaillé chacun de leur côté dans leur studio maison. Il en résulte un album léger et simplifié, un peu à l’image de leurs deux premiers enregistrements. Il s’agit donc en quelque sorte d’un retour aux sources pour le duo qui est revenu à la liberté créatrice dont il disposait avant le succès planétaire de Blurryface (qui incluait le désormais classique « Stressed Out »). Sur Scaled and Icy, Twenty One Pilots proposent à nouveau un très bon mélange de pop, de hip hop et d’expérimentation, pour un autre solide album! (chronique principale de juin 2021)

Vidéoclips : « Shy Away » - « Choker »

½

     

     

Dodie – Build a Problem

L’auteure-compositrice et interprète londonienne Dorothy Miranda Clark (alias Dodie) présente son tout premier album avec Build a Problem. Réalisé par Joe Rubel (Ed Sheeran, James Blunt), le disque propose 12 titres introspectifs avec de très bonnes mélodies pop. La voix délicate de Dodie est mise bien en évidence et on a l’impression qu’elle nous chante directement. Sa musique pop de chambre orchestrale et ses textes avec une touche féministe ne sont pas sans nous rappeler Kate Bush ou Tori Amos. Le style minimaliste de Dodie se fusionne parfaitement aux envolées orchestrales d’envergure qui ajoutent une belle richesse à l’album. On retrouve en boni deux autres titres, dont le succès paru il y a un an « Boys Like You », réalisé par Pomplamoose. À noter qu’une version de luxe incluant un CD additionnel de huit versions démos est également disponible. (découverte du mois de juin 2021)

Vidéoclips : « Boys Like You » - « Cool Girl » - « Hate Myself »

½

   

 The Black Keys – Delta Kream

The Black Keys – Delta Kream

Deux ans après Let’s Rock, le duo de l’Ohio fait un retour aux sources avec Delta Kream. Dan Auerbach (voix, guitare) et Patrick Carney (batterie) reviennent en effet à leur fascination pour le blues du Mississippi, dans leur style blues rock garage minimaliste, même si des musiciens additionnels sont présents, notamment le pianiste de JD McPherson, Ray Jacildo. Delta Kream inclut 11 reprises de légendes blues du Mississippi comme Junior Kimbrough, R.L. Burnside et Fred McDowell. Enregistré en une séance de 10 heures, l’album se veut en fait une suite à leur mini-album de 2006, Chulahoma: The Songs of Junior Kimbrough. Dans ce style, les Black Keys nous rappellent le rock du sud des années 1970 (Allman Brothers Band, Peter Green). L’album débute en force avec le classique de John Lee Hooker et Big Joe Williams, « Crawling Kingsnake », ce qui donne le ton pour les pièces suivantes. Delta Kream s’avère être un excellent mélange entre leur style minimaliste guitare-batterie et la tradition blues du Mississippi. (juin 2021)

½

     

 Garbage – No Gods No Masters

Garbage – No Gods No Masters

Shirley Manson et sa bande sont de retour avec un premier album en cinq ans, leur septième en carrière. No Gods No Masters prend une tendance plus sociopolitique que par le passé, dans la foulée de plusieurs événements mondiaux soulevant des problèmes de racisme systémique, d’inégalités de genres, de cupidité corporative et des luttes des personnes marginalisées. Le quatuor vise l’élimination de la patriarchie dès le premier titre, « The Men Who Rule the World », une pièce électro-funk. L’électro occupe une place prépondérante tout au long du disque, laissant très souvent de côté les guitares grinçantes qui ont fait leur renommée. Avec un rythme effleurant l’industriel, « Godhead » fait penser à une fusion entre Depeche Mode et Peaches, alors que Garbage dénonce l’égo masculin démesuré par une image phallique forte. Musicalement, le groupe explore plusieurs directions, pour un album d’une grande créativité. L’ensemble s’enchaîne à merveille pour un résultat plus que réussi, peut-être le meilleur album de Garbage en plus de 20 ans. À noter qu’une version de luxe inclut un deuxième CD de huit pièces (dont la reprise de David Bowie, « Starman »), pour un grand total de plus de 80 minutes. (juin 2021)

½

     

 David Jacques – 15 histoires de guitares

David Jacques – 15 histoires de guitares

Le guitariste classique David Jacques revient avec un deuxième album d’histoires de guitares, après 14 histoires de guitares paru en janvier 2020 et nommé pour un prix Opus 2021. Il présente cette fois-ci 15 guitares historiques de sa collection privée, construites pour la plupart par les meilleurs luthiers du 19e siècle. Il faut dire qu’à cette époque la guitare est devenue un instrument à la mode et que la collaboration compositeur-luthier a offert à l’instrument une riche gamme de modèles, de matériaux et de techniques. Pour chaque guitare, Jacques propose un répertoire adapté au caractère de l’instrument. On peut découvrir des œuvres de Mauro Giuliani, Niccolò Paganini, Vasily Sarenko, Ernest Shand et plusieurs autres. Chacune des 15 guitares a une histoire à raconter. (juin 2021)

ATMA Classique

½

   

 Japanese Breakfast – Jubilee

Japanese Breakfast – Jubilee

Née en Corée du Sud et ayant grandi en Oregon, Michelle Zauner (alias Japanese Breakfast) nous revient avec son troisième album d’indie pop exploratoire. Sur Jubilee, elle semble avoir trouvé son chemin et être maintenant plus ancrée dans ses origines. Japanese Breakfast propose un très beau mélange entre indie rock et indie pop avec des sons des années 1980 et une très belle richesse musicale grâce notamment aux éléments électro et aux cuivres. Sa musique s’avère donc beaucoup moins minimaliste qu’à ses débuts, alors qu’elle enregistrait chez elle pendant qu’elle prenait soin de sa mère. Cependant, même si ses mélodies sont plus accrocheuses, les sujets demeurent introspectifs. Voici un album particulièrement créatif et d’une grande beauté, assurément son plus accompli à ce jour! (juin 2021)

½

   

 Matthew Larkin – Casavant Opus 550 (2 CD)

Matthew Larkin – Casavant Opus 550 (2 CD)

L’organiste canadien Matthew Larkin présente un album double enregistré sur l’un des plus célèbres orgues d’Amérique du Nord, le Casavant Opus 550 de l’église anglicane St. Paul de Toronto. Le récital de plus d’une heure et demie met en valeur l'étendue et la beauté remarquables de cet orgue incomparable construit en 1914 par Casavant Frères. Larkin y explore différentes époques ainsi que des styles variés avec la musique de compositeurs allant de Bach à Keith Jarrett, incluant des œuvres contemporaines des Canadiens Healey Willan, Ernest MacMillan et Andrew Ager. En plus de Bach, parmi les grands noms du classique notons Mendelssohn, Couperin et Franck. À l’autre extrémité du spectre, on peut découvrir une œuvre du jeune compositeur Benjamin David Mallory né en 2002 (« La joie spontanée »). Les amateurs d’orgue en auront plein les oreilles avec ce double album rempli de surprises. (juin 2021)

ATMA Classique

½

 

 Elliot Maginot – Easy Morning

Elliot Maginot – Easy Morning

L’auteur-compositeur et interprète à l’âme solitaire et contemplative Elliot Maginot est de retour sur disque avec son troisième album. Réalisé par Maginot et son frère de son, Connor Seidel, Easy Morning navigue entre une pop alternative planante inspirée de musique classique et de sonorités ouest-africaines, et un folk rock dépouillé. Essentiellement acoustique, l’album crée une atmosphère bien particulière grâce à une instrumentation variée et des orchestrations hautes en textures. Les arrangements pour quatuor à cordes signés Antoine Gratton viennent enrichir « Holy Father » et la chanson-titre. L’album est issu d’une retraite de création dans les bois, en période de pandémie alors que Maginot ne savait pas quand il pourrait jouer ses chansons devant un public. Plus acoustique que par le passé, la musique contemplative d’Elliot Maginot prend peut-être une nouvelle direction, mais elle demeure toujours aussi efficace avec une atmosphère bien à elle. (juin 2021)

Audiogram

½

   

 Mdou Moctar – Afrique Victime

Mdou Moctar – Afrique Victime

Le Nigérian Mdou Moctar est de retour avec un nouvel album de musique Touareg, Afrique Victime. Un des innovateurs du genre, Moctar demeure à l’avant-scène de ce style musical du désert saharien aux influences de l’ouest. Le guitariste hors-pair influencé tant par Hendrix que Prince présente un nouvel album de grande qualité, fusionnant parfaitement le rock et le blues au Touareg (« Chismiten », « Taliat »). Il explore aussi une musique acoustique plus douce qui vient créer un bel équilibre sur l’album (« Tala Tannam », « Layla »). Même si l’ensemble du disque traite surtout de joie et d’amour, la chanson-titre dénonce la brutalité du colonialisme, le tout pendant sept minutes et demie. Avec Afrique Victime, Moctar propose un album cohérent du début à la fin, pour l’un de ses meilleurs en carrière. (juin 2021)

½

     

 Allison Russell – Outside Child

Allison Russell – Outside Child

Née à Montréal, la chanteuse, auteure-compositrice et multi-instrumentiste Allison Russell présente son premier album, après avoir fait partie de plusieurs groupes (Birds of Chicago, Our Native Daughters, Po’ Girl). Sur ce premier disque, réalisé par Dan Knobler (Lake Street Dive), elle propose une musique folk rock avec des influences blues. Elle y décrit sa jeunesse avec des détails plutôt personnels, en plus de mettre en lumière les couleurs de sa ville, son paysage et sa langue. Sur le premier extrait « Nightflyer », elle réfléchit au pouvoir de guérison de la maternité. Outside Child résonne comme une grande libération pour Allison, mais il possède surtout de très bonnes chansons aux mélodies inoubliables. (juin 2021)

Fantasy / SIX

½

     

 Sam Tucker – All In Good Time

Sam Tucker – All In Good Time

Québécois d’adoption, mais né à Retford en Angleterre, Sam Tucker s’est d’abord fait connaître à La Voix, grâce surtout à sa voix légèrement éraillée. Après un mini-album en 2018, il lance enfin son premier album complet, un disque un peu plus musclé que ce qu’il nous a offert précédemment, réalisé par Jesse Mac Cormack. On y retrouve un mélange de rock ‘n’ roll et de blues, avec tout de même des pièces plus introspectives dans la deuxième moitié. Tucker propose un voyage à travers l’Amérique mélangeant les diverses époques, le tout propulsé par l’excellente pièce d’ouverture, « Holy », et qui se conclut en beauté avec « I Love My Baby but She Drinks Too Much ». Il réussit en plusieurs occasions à offrir une balance parfaite entre puissance et émotion, pour un album d’une grande cohérence tout au long des 13 titres (qui totalisent quand même près d’une heure). Après une longue attente, ses fans de la première heure devraient y trouver leur compte sans problèmes, puisqu’il s’agit d’un excellent disque! (juin 2021)

Audiogram

½

     

 

MAI :

 

Charlotte Cardin – Phoenix

Charlotte Cardin – Phoenix

Huit ans après sa participation à La Voix, Charlotte Cardin lance enfin son premier album complet avec Phoenix. Il aura fallu deux mini-albums et de nombreux simples à succès pour que Charlotte se sente enfin prête à proposer un ensemble de 13 titres. Elle explique qu’elle laissait l’inspiration venir à elle par le passé, mais que cette fois-ci elle s’est enfermée avec son équipe dans un contexte créatif provoquant l’inspiration. Elle et Jason Brando, son bras droit, ont misé sur la patience, ce qui s’avère plutôt payant lorsqu’on écoute Phoenix. On y retrouve des succès que l’on connaît déjà et que l’on aime comme « Passive Aggressive », « Daddy » et le plus récent, « Meaningless ». Mais il y a aussi d’autres pièces variées, de la chanson-titre atmosphérique, à la ballade au piano « Anyone Who Loves Me » qui rappelle Adele, en passant par « Sun Goes Down (Buddy) » accompagnée d’une simple guitare, sans oublier des moments à la fois sensuels et plus dansants (« Sex To Me »). Charlotte chante en plus en duo avec elle-même sur « Xoxo » dans laquelle elle joue aussi le rôle du gars qui lui donne la réplique, la tonalité d’une piste vocale ayant été baissée. Elle conclut le tout avec une pièce en français, « Je quitte ». Les chansons de Phoenix sont peut-être différentes entre elles, mais elles s’enchaînent à merveille pour un très beau résultat électro-pop à la fois moderne et créatif. (chronique principale de mai 2021)

Vidéoclips : « Daddy » - « Passive Aggressive » - « Meaningless » - « Sad Girl » - « Anyone Who Loves Me »

     

     

Dry Cleaning New Long Leg

Le quatuor londonien Dry Cleaning est formé de Florence Shaw (voix), Tom Dowse (guitare), Lewis Maynard (basse) et Nick Buxton (batterie). Ils nous proposent un rock alternatif / post-punk qui n’est pas sans nous rappeler Sonic Youth, avec une Florence qui récite au lieu de chanter sur des sujets souvent anodins comme son chat mort ou Meghan Markle. L’excellente pièce d’ouverture et premier extrait, « Scratchcard Lanyard », donne un très bon aperçu de ce qui nous attend pour les neuf pièces suivantes. Grâce à la réalisation de John Parish (Eels), le groupe réussit sur New Long Leg à peaufiner son style déjà bien établi sur ses deux mini-albums précédents. Dry Cleaning éclot véritablement avec ce premier album de très grande qualité qui plaira à tous les amateurs de rock alternatif / indie. (découverte du mois de mai 2021)

Vidéoclip : « Scratchcard Lanyard »

½

   

 Bumarang – Echo Land

Bumarang – Echo Land

Bumarang est un trio montréalais qui rend hommage à la tradition celtique. Formé de Kate Bevan-Baker (violons, voix), David Gossage (flûte, sifflet, guitare) et Sarah Pagé (harpe, harmonium, bouzouki, voix), le super trio présente son tout premier album avec Echo Land. Ces membres d’Orealis, Tree Talk et The Barr Brothers se sont d’abord croisés sur scène en 2015. Leurs influences vont du classique au jazz en passant par les musiques africaines et indiennes, mais c’est leur amour des chansons folks celtiques qui les a véritablement unis. Après plusieurs problèmes qui ont retardé l’enregistrement d’Echo Land, les membres de Bumarang ont demandé les services de Vid Cousins pour coréaliser et mixer l’album. Ils ont également invité le percussionniste Ivan Bamford (Land of Kush), le batteur Kevin Laing (The Besnard Lakes) et le guitariste Leif Vollebekk. Le résultat semble nous provenir tout droit d’Irlande ou d’Écosse à une époque lointaine, mais avec un son de 2021. Bumarang réussit habilement à faire revivre la tradition celtique, sans en faire une caricature. Un très beau disque! (mai 2021)

Fallen Tree

½

     

 Cordâme – Da Vinci Inventions

Cordâme – Da Vinci Inventions

Dirigé par le contrebassiste, compositeur, arrangeur et directeur musical Jean Félix Mailloux, Cordâme se situe quelque part entre le jazz et la musique de chambre. L’ensemble compte aussi dans ses rangs Coral Egan (voix), Marie Neige Lavigne (violon), Sheila Hannigan (violoncelle), Éveline Grégoire-Rousseau (harpe) et Isaiah Ceccarelli (percussions). Sur ce nouvel album, Mailloux et sa bande rendent en quelque sorte hommage à la renaissance italienne et au leg de Leonardo Da Vinci, dans un projet ambitieux et niché. Mailloux a créé des musiques qui reflètent la riche poésie italienne et l’imagination foisonnante de Da Vinci. Il présente pour la première fois des musiques accompagnées de paroles et certaines intègrent d’ailleurs la poésie de Gaspara Stampa et de Pétrarque. Voici un album unique et très agréable à écouter, un véritable baume pour l’âme! (mai 2021)

Malas Artes

½

 

 The Damn Truth – Now or Nowhere

The Damn Truth – Now or Nowhere

Pour son troisième album, le groupe montréalais The Damn Truth a eu la chance de pouvoir travailler avec le légendaire réalisateur Bob Rock (Metallica, The Cult, Mötley Crüe, Aerosmith, Bon Jovi) pour six des neuf pièces, enregistrées à Vancouver. Rock permet au quatuor de présenter son disque le plus puissant et le plus solide de sa carrière. Il a fallu compléter l’album à Montréal en raison des restrictions liées à la pandémie et le groupe a réalisé lui-même les trois pièces restantes. L’ensemble présente un rock pur aux influences des années 1970, avec notamment Led Zeppelin qui nous vient en tête en plusieurs occasions. Il faut noter l’impressionnante performance vocale de la chanteuse et guitariste Lee-La Baum. Avec Now or Nowhere, parions que The Damn Truth seront finalement reconnus même dans leur propre pays, après de nombreuses performances à travers le monde, notamment à guichet fermé au mythique Whiskey a Go Go de Los Angeles. (mai 2021)

Spectra / SIX

½

   

 Cédric Dind-Lavoie – Archives

Cédric Dind-Lavoie – Archives

Pour son nouvel album, le multi-instrumentiste, compositeur et réalisateur Cédric Dind-Lavoie propose une fusion entre le folklore québécois et ses habituelles musiques ambiantes et introspectives. Il présente une série de compositions originales modernes et intimistes en y ajoutant dans leur forme originale des enregistrements d’archives, de vieux trésors retrouvés. Il s’agit de chansons et de morceaux instrumentaux des années 1940 et 1950, tirés notamment des collections des folkloristes Simonne Voyer, Roger Matton et Luc Lacourcière. Les arrangements permettent un mariage réussi entre les deux époques, mettant en évidence les voix de Benoit Benoit, Joseph Larade, Jeanne Savoie, etc. Notons aussi la participation de Marie-Pierre Lecault en certaines occasions au violon et à la mandoline. Le mélange entre les musiques néoclassiques et traditionnelles peut parfois sembler quelque peu bizarre, mais il s’agit d’un montage original qui plaira aux amateurs de musiques qui sortent des sentiers battus. (mai 2021)

Corne de brume / SIX

 

 Eyevin Nonet – Thomas Chapin III: Unearthed

Eyevin Nonet – Thomas Chapin III: Unearthed

L’ensemble de jazz Eyevin Nonet, sous la direction du batteur Ivan Bamford, puise dans les nombreuses influences et inspirations de ses membres pour nous présenter un hommage au défunt saxophoniste Thomas Chapin. Parmi les quatre titres offerts ici, on retrouve trois morceaux de Chapin jamais enregistrés auparavant, confiés généreusement à Bamford et son groupe par son épouse, Terri Castillo-Chapin. Eyevin Nonet donne vie à ces œuvres uniques de Thomas Chapin sur cet album de près de 37 minutes. (mai 2021)

Corne de brume

½

 

 Sally Folk – Ô Psychologue

Sally Folk – Ô Psychologue

Sur son cinquième album, Ô Psychologue, Sally Folk se livre complètement : sa vulnérabilité, sa sensibilité, ses peurs, ses maladresses et ses déceptions. Elle revient sur de vieilles histoires qui l’ont marquée. Heureusement, les arrangements de Michel Dagenais viennent à nouveau ajouter cette légèreté à l’album, qui en avait bien besoin pour éviter la déprime. Dès « Le regard des hommes », les riffs de guitare nous rassurent sur la direction musicale de l’album, alors que Sally commence son introspection. Inspirée par la quête amoureuse, elle explore les relations éphémères (« Les amourettes »), le déni (« Attendu pour souper ») et l’infidélité (« Pot de miel »). L’amour toxique se présente sous différents aspects tels l’ignorance de la part de l’autre (« Que diable m’emporte »), l’abus de pouvoir (« Le règne ») et la manipulation (« Mea Culpa »), cette dernière pièce étant en quelque sorte la suite de « Les heures de visites » parue sur Deuxième Acte. À noter que dans son vidéoclip de « Que diable m’emporte » on peut découvrir une Sally Folk au naturel, mais elle nous assure que ça n’arrivera plus, son personnage reprenant rapidement le dessus (à découvrir d’ailleurs en spectacle avec son humour corrosif). Musicalement, Sally poursuit dans le style pop rock qui nous l’a fait connaître avec de bonnes pièces énergiques, bien appuyées par la guitare. Ô Psychologue est un album très agréable à écouter et qui vous fera en plus réfléchir sur différents aspects des relations amoureuses souvent tumultueuses. (mai 2021)

Vidéoclip : « Que diable m’emporte »

Spectra

½

   

 Éric Goulet – Goulet

Éric Goulet – Goulet

Le prolifique auteur-compositeur et interprète nous propose un nouvel album qui porte simplement son nom. Éric Goulet y poursuit son aventure country débutée en 2011 avec Country Vol. 1. Sur ce troisième enregistrement country, ses racines rock ne sont jamais bien loin alors qu’on peut entendre des pièces énergiques comme l’excellente « Ma tête est mise à prix », « L’homme de Maniwaki » et « J’attends l’orage ». Mais il présente aussi des pièces émouvantes et intimistes comme « Au temps des adieux » (en duo avec Cindy Bédard), « La ville aux mille clochers » et « Six heure ». À noter aussi un excellent duo avec Sara Dufour pour « En dessous du pont ». Finalement, Goulet conclut ce très bon disque en beauté avec une relecture bien personnelle de « Aux accords de guitares » du grand Willie Lamothe. (mai 2021)

L-A be / SIX

½

 

 Teresinha Landeiro – Agora

Teresinha Landeiro – Agora

Considérée comme une étoile montante du Fado, l’auteure-compositrice et chanteuse portugaise Teresinha Landeiro présente aujourd’hui son nouvel album, Agora. Elle chante depuis l’âge de 12 ans dans les maisons de Fado de Lisbonne. Accompagnée de ses parents à ses débuts, elle y chante encore aujourd’hui. Même si le Fado l’habite, Teresinha fait aussi de la place au jazz, à la samba et à la chanson. Réalisé de belle façon par Pedro de Castro, Agora compte aussi les musiciens de grand talent suivants : Gaspar Varela (guitare), André Ramos (viola de Fado) et Francisco Gaspar (basse). Teresinha Landeiro propose un album émouvant et ensoleillé, un album digne de sa réputation de représentante de la nouvelle génération du Fado. (mai 2021)

Justin Time / SIX

   

 Simon Leoza – Albatross

Simon Leoza – Albatross

Le compositeur montréalais Simon Leoza (auparavant connu sous le pseudonyme Tambour) présente son premier album avec Albatross. Le disque contient des compositions accumulées au cours des six dernières années, dont les premiers extraits « La nuée », « Bloom » et « L’archange ». L’album a été produit des deux côtés de l’Atlantique, suite à deux résidences de création au Banff Centre for Arts & Creativity. Il s’est d’abord envolé pour l’Islande pour entamer la préproduction avec Snorri Hallgrímsson. Il a ensuite passé quelques temps aux Iles Féroé, archipel de l’océan Atlantique. De retour au Québec, il s’est associé avec Blaise Borboën-Léonard (Queen KA, Lydia Képinski) qui coréalise l’album avec lui, album enregistré au Studio Makina de Montréal et au Studio Le Nid à Saint-Adrien. Leoza a en plus exploité l’acoustique de l’église du village et enregistré avec un quatuor à cordes. Les 10 pièces cinématographiques de l’album mélangent le grandiose et l’intimiste, avec une instrumentation riche et des sonorités électroniques. (mai 2021)

Rosemarie / SIX

½

   

 Jeffery Straker – Just Before Sunrise

Jeffery Straker – Just Before Sunrise

Directement de la Saskatchewan, Jeffery Straker nous arrive avec un nouvel album, Just Before Sunrise. Il nous propose une musique folk à forte tendance country. L’album a été réalisé par Russell Broom (Jann Arden), sauf les pièces « Light a Fire » et « Heavy is the Burden » réalisées par Royal Wood. Avec son plus récent extrait, « Ready To Be Brave », Straker présente une ballade au piano accompagnée d’orchestrations, des arrangements passablement différents de ce qu’il offre habituellement. Cependant, l’ensemble demeure axé sur les racines de la musique folk, pour un disque très agréable. (mai 2021)

Progeny Music

 

 Weezer – Van Weezer

Weezer – Van Weezer

Seulement trois mois après OK Human, Weezer revient déjà avec un nouveau disque. Suite au décès d’Eddie Van Halen le 6 octobre 2020, Rivers Cuomo a décidé de rendre hommage au célèbre guitariste, même s’il avait déjà en tête depuis longtemps l’idée d’un album hard rock. Voici donc Van Weezer, un disque axé d’abord sur les guitares et qui rappelle le rock des années 1980. Le groupe a souvent intégré des murs de guitares à ses albums, mais il atteint ici de nouveaux sommets. Les influences de Van Halen sont évidentes, mais Ozzy Osbourne peut aussi être entendu, notamment dans « Blue Dream » qui utilise carrément « Crazy Train ». Cependant, les comparaisons aux années 1980 s’arrêtent là. Cuomo conserve son style unique au micro et le son de Weezer demeure au cœur de l’album qui s’inspire finalement habilement du Van Halen du début des années 1980, mais sans en faire un pastiche. L’album débute en force avec « Hero » et « All the Good Ones », mais c’est avec l’excellente « The End of the Game » qu’il prend véritablement son envol. Dix chansons dépassant à peine les 30 minutes, c’est bien peu! Mais voici un enregistrement énergique et créatif, qui mélange habilement le rock du passé au style bien actuel de Weezer. Un album très agréable! (mai 2021)

Vidéoclip : « All the Good Ones »

½

     

 Ngoma Zethu – 7 Chapters of Mystery

Ngoma Zethu – 7 Chapters of Mystery

Ngoma Zethu est d’abord un projet de conférence sur la révolution culturelle panafricaine. L’expression vient de différents langages Bantu et signifie soit « notre danse », « notre chanson », « notre culture », « notre tambour » ou « notre histoire ». Mais d’une façon plus philosophique, elle signifie simplement « notre façon de vivre ». Le projet est né de la tradition orale, l’humanité, la conscience, la philosophie, la mythologie, la spiritualité et l’histoire africaine. Les sept pièces sont interprétées par Kamel Zennia, Mongezi & DJ Njuchi, Lorraine Klaasen, Masauko, Kuku & GPS Lerato, Mighty Joshua et Vusi Mahlasela. En conclusion du disque, on retrouve une deuxième version de « You Snooze You Lose » avec Mighty Joshua. 7 Chapters of Mystery est un très bon album de musique africaine touchante. (mai 2021)

Bantu Entertainment Network

½

 

 

AVRIL :

 

Justin Bieber – Justice

Justin Bieber – Justice

Un an après Changes, Justin Bieber est déjà de retour avec Justice, son septième album. Encore une fois, on peut saluer le talent de Bieber pour offrir des mélodies accrocheuses sur des musiques pop et R&B légères sur mesure pour les radios. On retrouve en effet sur Justice plusieurs succès incontournables qui tourneront en boucles. Ses choix peuvent cependant s’avérer parfois douteux, notamment l’utilisation de deux extraits de discours de Martin Luther King Jr. dont un qui crée un certain inconfort en introduction à une chanson d’amour plutôt insipide. Disons que sa sympathie à l’égard des Afro-Américains semble plutôt fausse et il faudrait un peu plus de sincérité pour nous convaincre de ses bonnes intentions. Si on met de côté ces distractions plutôt inutiles, il reste qu’il propose des chansons bien de son époque et qui feront craquer ses nombreux fans, surtout son fidèle auditoire féminin. Bieber est entouré pour l’occasion par une belle brochette d’artistes invités : Khalid, Chance the Rapper, The Kid Laroi, Dominic Fike, Daniel Caesar, Giveon, Beam, Burna Boy et Benny Blanco. Une version de luxe de l’album offre six titres additionnels pour un total de 22, et on peut y entendre d’autres collaborateurs : Lil Uzi Vert, Jaden, Quavo, DaBaby, et Tori Kelly. (chronique principale d'avril 2021)

Vidéoclips : « Holy » - « Lonely » - « Anyone » - « Hold On » - « Peaches »

RBMG / Def Jam / Universal

     

     

Manslaughter 777 – World Vision Perfect Harmony

Manslaughter 777 est le projet parallèle d’un duo de batteurs, Lee Buford (The Body) et Zac Jones (Braveyoung, MSC). Le duo propose un mélange de rock expérimental et de musique électronique (dub, jungle, trip hop). Ils explorent constamment différentes rythmiques en intégrant un grand nombre d’échantillonnages. L’album de huit titres pour 33 minutes n’est donc pas nécessairement facile d’accès au départ, mais on arrive à se laisser envahir par l’atmosphère de l’ensemble qui demeure agréable du début à la fin. Voici un exercice de styles qui devrait satisfaire tout amateur de musique électronique originale. (découverte du mois d'avril 2021)

½

   

 Chœur de l’Église St. Andrew and St. Paul – Distance

Chœur de l’Église St. Andrew and St. Paul – Distance

Le Chœur de l’Église St. Andrew et St. Paul de Montréal, dirigé par le chef d’orchestre canado-américain Jean-Sébastien Vallée, propose une compilation d’œuvres chorales de toutes les époques. On y retrouve un motet de Johann Sebastian Bach, « Agnus Dei » de Samuel Barber et « Lux Aeterna » de Edward Elgar, en plus d’œuvres plus contemporaines de Trevor Weston (« Magnificat »), Reena Esmail, James MacMillan et Caroline Shaw. On peut également découvrir « Ni de l’est ni de l’ouest », une œuvre commandée au compositeur montréalais (et membre du Chœur) William Kraushaar et dédiée à la mémoire des victimes de la fusillade de la mosquée de Québec en 2017. Voici un très bon album pour les amateurs de chant choral. (avril 2021)

ATMA Classique

½

 CODE Quartet – Genealogy

CODE Quartet – Genealogy

CODE Quartet est un super quatuor jazz montréalais composé de Christine Jensen (saxophone alto et soprano), Lex French (trompette), Adrian Vedady (basse) et Jim Doxas (batterie). Ils présentent aujourd’hui leur tout premier album ensemble contenant huit titres (51 minutes), incluant la traditionnelle « O Sacred Head, Now Wounded ». La fusion entre les cuivres et la section rythmique acoustique est impressionnante, ce qui fait qu’il ne reste aucun instrument dominant. À écouter avec de bonnes enceintes acoustiques pour un résultat optimal! (avril 2021)

Justin Time / SIX

½

     

 Louis-Jean Cormier – Le ciel est au plancher

Louis-Jean Cormier – Le ciel est au plancher

À peine un an après l’excellent Quand la nuit tombe, Louis-Jean Cormier remet ça avec Le ciel est au plancher. C’est que peu de temps après avoir complété son disque précédent, il a perdu son père Marcel sans avoir pu lui faire les adieux qu’il aurait souhaités. Pour encaisser le choc et vivre son deuil, Cormier s’est plongé dans ce qu’il sait faire de mieux : écrire des chansons. Certaines compositions avaient été entamées et mises de côté, mais l’émotion vive qui l’habitait a redonné naissance à ces musiques. L’auteur-compositeur et interprète avoue présenter son album à la direction artistique la plus aboutie, un véritable album-concept. La première et l’avant-dernière pièce portent comme titres les coordonnées géographiques de sa maison familiale à Sept-Îles et de sa maison actuelle à Montréal. Il fait l’aller-retour entre les deux villes pendant l’album, avant de regarder « L’au-delà » à la 12e et dernière piste. Il s’agit à la fois d’un album personnel et qui rejoindra tout le monde à un moment ou un autre. Encore une fois, Cormier laisse de côté la guitare pour se concentrer sur des instrumentations autour du piano, un curieux mélange entre pop aérienne, électro et jazz. Le ciel est au plancher est un album qui mérite quelques bonnes écoutes attentives pour en saisir toutes les subtilités musicales. Louis-Jean Cormier frappe un grand coup avec ce quatrième album tout à fait singulier. (avril 2021)

   

 Grosse Isle – Le Bonhomme sept heures / The Bonesetter

Grosse Isle – Le Bonhomme sept heures / The Bonesetter

Le trio Grosse Isle est formé de Sophie Lavoie, de l’Irlandais Fiachra O’Regan et du légendaire André Marchand (La Bottine souriante, Les Charbonniers de l’Enfer). Lancé à la St-Patrick le 17 mars, Le Bonhomme sept heures fusionne la musique traditionnelle québécoise avec la musique irlandaise. Il s’agit du premier album du trio alors que Sophie et Fiachra ont travaillé ensemble auparavant pour deux albums en plus d’avoir réalisé plusieurs tournées internationales. L’instrumentation est très variée tout au long de ce disque bilingue, intégrant uilleann pipes et whistle d’Irlande, banjo, violon, piano et guitare. Le rythme varie aussi, de plus doux à plus festif. Le nom du trio fait référence à l’île sur le St-Laurent où les Irlandais étaient placés en quarantaine lors de leur arrivée massive au 19e siècle pour fuir la famine. On découvre donc un beau mélange de cultures entre le Québec et l’Irlande. (avril 2021)

La Compagnie du Nord

 

 Rob Lutes – Come Around

Rob Lutes – Come Around

L’auteur-compositeur et interprète montréalais Rob Lutes présente son huitième album avec Come Around. Il fait suite à Walk in the Dark paru en 2017 qui a été primé aux Canadian Folk Music Awards dans la catégorie « Chanteur contemporain de l’année ». Coréalisé avec son collaborateur de longue date Rob MacDonald, et enregistré dans six studios différents en raison de la pandémie, ce nouveau disque inclut 11 chansons originales, ainsi qu’une très belle version de « In My Time of Dyin’ », un classique de Bob Dylan. D’ailleurs les influences de Dylan se font sentir à différents moments de l’album, qui inclut aussi des passages plus blues ou pop. Après un début en force avec « Knives » et « Lightning », Lutes propose la pièce-phare du disque, « That Bird Has My Wings », inspirée du livre du même titre de l’écrivain bouddhiste et condamné à mort Jarvis Jay Masters. Il y raconte l’espoir de la liberté dans l’imagination et le monde naturel. Rob Lutes est en effet un excellent raconteur, et c’est ce qui nous transporte tout au long de Come Around. Il possède en plus un style guitaristique unique. Mixé par l’ingénieur Rob Heaney (Patrick Watson, Emilie-Claire Barlow), l’album met en vedette certains des meilleurs musiciens folks de la scène canadienne : Rob MacDonald (guitares, dobro, mandoline), Bob Stagg (piano, orgue, claviers), Solon McDade (basse) et Mario Telaro (batterie, percussions). À noter aussi la présence d’Annabelle Chvostek et de Kim Richardson pour les chœurs. Voici un très bon disque folk à l’ambiance bien particulière. (avril 2021)

Lucky Bear / SIX

½

 

 Ariane Moffatt – Incarnat

Ariane Moffatt – Incarnat

Près de 20 ans après son premier album, Aquanaute, Ariane Moffatt présente Incarnat, son septième enregistrement studio. Elle pensait pour l’occasion revisiter son répertoire en version dépouillée, mais elle s’est plutôt fait prendre par la créativité et un désir d’introspection. Il en résulte donc 12 nouvelles chansons généralement douces et d’une grande beauté, à l’image de la pièce d’ouverture du même titre (« Beauté »), la chanson-titre et la conclusion (« Nature »). Sa poésie est directe et sans artifices, puis elle nomme les choses sans détours : le désir, les questionnements autour de la filialité, l'envie d'un ailleurs extraordinaire et l'emprise des jours ordinaires. Pour la réalisation, Ariane a collaboré étroitement avec Marc-André Gilbert alias MAG (Charlotte Cardin, Aliocha). Quant à lui, Antoine Gratton a une fois de plus signé des arrangements de cordes somptueux interprétés par les Mommies on the Run (Mélanie Bélair, Mélanie Vaugeois, Ligia Paquin et Annie Gadbois). Il faut aussi noter une collaboration de renom, celle de Lou Doillon pour la pièce « Jamais trop tard » (adaptation libre de « Everybody’s Got To Learn Sometime », popularisée par Beck). Finalement, Fanny Britt a signé le texte de « Phèdre en Forêt » sur la musique d’Ariane. Voici donc un très bel album pour Ariane Moffatt qui s’ouvre totalement pour notre plus grand plaisir. (avril 2021)

½

   

 Erin Propp & Larry Roy – We Want All the Same Things

Erin Propp & Larry Roy – We Want All the Same Things

Le duo folk / jazz de Winnipeg plonge dans le quotidien sur ce nouvel album. Il s’agit de leur premier disque en neuf ans, soit depuis Courage, My Love</