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0-9 - 50 Cent - 7 Weeks -

A - Victoria Abril - Against Me! - The Aggrolites - Alfa Rococo - Antibalas - The Arcade Fire - Arctic Monkeys - Tim Armstrong - Ash - Avenged Sevenfold -

B - Babyshambles - Bad Religion - Bang Lime - Barenaked Ladies - Marie-Luce Béland - Roz Bell - Benny Benassi - Biffy Clyro - Björk - Black Francis - Black Sabbath - Bloc Party - Blue Rodeo - James Blunt - Bon Jovi - The Book Of Knots - Bran Van 3000 - Michael Bublé - Buck 65 - Busdriver -

C - Caribou - Manu Chao - Chiodos - Circa Survive - Danny Cohen - Holly Cole - Collective Soul - John Coltrane - Ry Cooder - Corneille - The Cribs - Crimson Glory (2) -

D - Daft Punk - Damiera - Miles Davis - Dear And The Headlights - Vincent Delerm - Cachao Descargas - Die Mannequin - Dinosaur Jr. - The Doors - Dragonette - The Drifters -

E - Eiffel -

F - The Fall Of Troy - Fall Out Boy - Farewell - Ibrahim Ferrer - Thomas Fersen - Fields - Valdy & Gary Fjellgaard - Foo Fighters - Foreign Born - The Frames - Sage Francis -

G - Galactic - Gallows - The Good, The Bad & The Queen - Gorguts (2) - Gorillaz - The Great Kat (2) - Grinderman -

H - Emily Haines & The Soft Skeleton - Johnny Hallyday - Mick Harvey (2) - Kate Havnevik - Joe Henry - The Higher - The Honorary Title (2) - Hot Hot Heat -

I - Ill Scarlett -

J - The John Butler Trio - Norah Jones - Jorane - Justice -

K - Kaïn - Kaiser Chiefs - Klaxons -

L - Charles Lamontagne - Hugo Lapointe - Bettye LaVette - Avril Lavigne - LCD Soundsystem - Led Zeppelin - Linkin Park - The Locust -

M - Malville - Marie-Mai - Matmatah - Paul McCartney - Metric - Raul Midon - Mika - Kylie Minogue - Miossec - Modern Life Is War - Mother Mother - Motion City Soundtrack - Motor -

N - Navaz! - Nekromantix - The New Pornographers - Stevie Nicks -

O - Offenbach - Olympia - Orange - Dolores O’Riordan - Otep -

P - Jonathan Painchaud - Paramore - Parkway Drive - Pascale Picard - Pierce The Veil - Pink Martini - Robert Plant & Alison Krauss - Iggy Pop - Ben Popp - Omara Portuondo - Preach -

Q - Queens Of The Stone Age - Queensrÿche -

R - Recoil - Les Rita Mitsouko -

S - Arturo Sandoval - Siggi Schwarz & Michael Schenker - Scorpions - Semtazone - Smashing Pumpkins - The Snake The Cross The Crown - Societys Parasites - Soulkid #1 - Spice Girls - Static Thought - The Stooges -

T - Teddybears - John Tesh - Tiësto - Tiger Army - Timbaland - Mel Tormé - Juan Pablo Torres (2) - The Traveling Wilburys -

U - The Unseen - The Used -

V - Bebo Valdés - Vanna - Velvet Revolver -

W - Porter Wagoner - The Weakerthans - Kanye West - The White Stripes - Wilco - David Wilcox -

Y - Neil Young (2) - Youth Group -

Z - The Zombies -

COMPILATIONS - Healing The Divide - Les Invincibles

 

 

50 Cent - Curtis

50 Cent - Curtis

Curtis (qui est son véritable prénom) est sorti simultanément avec Graduation de Kanye West et 50 Cent a affirmé que s’il ne vendait pas plus d’albums que West, il prendrait sa retraite. Si on se fie aux chiffres de ventes à ce jour, on ne reverra plus 50 Cent puisqu’il n’a même pas encore atteint la certification or (500 000 copies) alors que le disque de Kanye West a dépassé la certification double platine (2 millions de copies). Moins doux que The Massacre, Curtis semble renouer avec son passé criminel alors qu’il ne peut s’empêcher de parler de tuer. En fait, les deux thèmes récurrents du disque, autant dans les textes que sur les photos du livret, sont les armes de poing et le sexe. Je trouve toujours aussi inquiétant de voir de tels sujets violents et sexistes dans une musique qui s’adresse surtout aux adolescents, même s’ils diront tous ne pas porter attention aux sujets. Je souhaite que ce soit vraiment le cas, parce qu’un jeune mal intentionné qui déciderait de prendre les textes de 50 Cent comme mode de vie risquerait rapidement de visiter la prison. Ses textes sont tellement typiques du style gangsta rap qu’une des pièces, « Man Down », est censurée même dans la version non censurée du disque, sûrement une première… C’est qu’elle traite du meurtre d’un policier, un sujet frileux pour la maison de disque. L’album contient de très bonnes pièces aux mélodies inoubliables (« My Gun Go Off », « I Get Money ») en plus de nombreuses collaborations permettant à plusieurs pièces d’augmenter leur qualité d’un cran : Akon (« I’ll Still Kill »), Justin Timberlake & Timbaland (« Ayo Technology »), Robin Thicke (« Follow My Lead »), Eminem (« Peep Show »), Young Buck & Nicole Scherzinger (« Fire »), Mary J. Blige (« All Of Me ») et Tony Yayo (« Touch The Sky »). Malgré de bons moments, le disque de 56 minutes et 17 titres semble durer une éternité. Les plus grands fans de 50 Cent y trouveront leur compte, mais Curtis ne marquera certainement pas le monde du rap. (décembre 2007)

Interscope / Universal

7 Weeks - B(l)ack Days

7 Weeks - B(l)ack Days

7 Weeks est un jeune groupe de Limoges en France qui nous propose un son métal stoner. Ils nous présentent ici un tout premier mini-album indépendant de 31 minutes comptant 8 titres. Oubliez le fait qu’ils soient nouveaux dans l’industrie et qu’ils soient Français (ce n’est pas le pays par excellence pour le métal) et écoutez ce disque sans aucune idée préconçue. Vous verrez rapidement qu’on peut les comparer avec les plus grands et qu’ils n’ont rien à envier à Queens Of The Stone Age. On peut également les comparer au son de Seattle de Soundgarden et Alice In Chains. La production de qualité met parfaitement en valeur la musique aux mélodies efficaces de Julien Bernard, le leader du groupe. Un mini-album de cette solidité par un groupe aussi récent est surprenant et rafraîchissant. La suite est à surveiller de très près, en espérant qu’ils puissent mettre la main sur un contrat de disques. (novembre 2007)

½

Victoria Abril - Putcheros do Brasil

Victoria Abril - Putcheros do Brasil

Victoria Abril est une actrice espagnole réputée, la muse de Pedro Almodovar. À 47 ans, elle a 86 films à son actif et nous présente son tout premier disque, sorti en mai 2005 en Europe et maintenant disponible au Québec. Sur ce disque, elle a voulu nous présenter son amour de toujours pour la bossa nova brésilienne, elle qui s'est fait bombarder les oreilles de flamenco depuis sa tendre enfance. On sent rapidement dans sa voix qu'elle est tout ce qu'il y a de plus sincère, qu'elle ne joue aucun rôle ici et qu'elle aime profondément cette musique sur fond de jazz. Sans avoir une grande voix, sa chaleur toute espagnole s'adapte parfaitement à cette musique toute aussi chaude et sensuelle. La comparaison se fait rapidement avec Bet.e & Stef et Florence K., mais la différence principale est que Putcheros do Brasil est un peu plus uniforme et constant, demeurant toujours accroché à la bossa nova, contrairement aux autres artistes qui explorent un peu plus d'autres styles musicaux. Il y a tout de même une certaine exploration dans la 2e moitié de l'album, premièrement avec un titre en anglais, "Baubles, Bangles and Beads", ensuite avec l'excellente "Aguas de Março", puis avec la très efficace adaptation française "Tu verras" par Claude Nougaro. Il y a aussi un peu de rap à la toute fin sur "O barquinho" avec la présence de Lord Kossity. Bon, c'est certain qu'on ne retrouve sur cet album que des classiques du genre, qu'elle n'y présente aucune composition personnelle. Sauf que sa personnalité éclatante fait en sorte qu'elle se les approprie totalement. C'est un album doux, qui réchauffe le coeur et nous accroche un sourire au visage, grâce au rayon de soleil qu'est Victoria Abril... (mars 2007)

Remstar

½

Against Me! - New Wave

Against Me! - New Wave

Après 3 albums sur des étiquettes indépendantes, voici le premier album du groupe de la Floride Against Me! sur une étiquette majeure. Le groupe a pu compter sur le travail du légendaire Butch Vig pour la réalisation du disque, lui qui a travaillé avec Nirvana, Smashing Pumpkins, Sonic Youth et Garbage. Against Me! nous offre un son folk et punk qui est plutôt difficile à comparer, qu’on pourrait peut-être associer à Rise Against et Billy Bragg, avec quelques éléments de Tom Waits et Bruce Springsteen. Sur "Stop!" par contre, le groupe nous propose un son power pop qui peut se rapprocher de Franz Ferdinand. On peut donc dire qu’il s’agit d’un groupe original qui possède un style unique fusionnant différentes influences. L’album commence en force avec la chanson-titre et "Up The Cuts". Par la suite, on a droit au premier extrait, "Thrash Unreal". Un peu plus tard, la chanteuse canadienne Tegan Quin (Tegan And Sara) vient prêter sa jolie voix à "Borne On The FM Waves Of The Heart", question de faire un contrepoids à la voix rauque de Tom Gabel, le leader et auteur-compositeur du groupe. Against Me! nous présente des textes engagés sur une musique originale. C’est donc un groupe qui mérite toute notre attention. (novembre 2007)

Sire / Warner

½

The Aggrolites - Reggae Hit L.A.

The Aggrolites - Reggae Hit L.A.

Pour ceux qui croyaient le reggae mort avec le décès du légendaire Bob Marley, c’est qu’ils n’ont pas entendu The Aggrolites. Le groupe de Los Angeles nous revient à peine un an après leur très bon album éponyme pour nous offrir un disque possiblement encore meilleur, Reggae Hit L.A. Huit mois de tournée intensive auront permis au groupe de peaufiner son style et de composer des petits bijoux de reggae contemporain, évidemment influencé par les racines du genre. On retrouve ici 15 pièces énergiques et variées, sans grandes faiblesses apparentes. La créativité est au rendez-vous dans un style qui comporte pourtant ses limites et qui a des décennies d’histoire. L’orgue occupe une place importante dans plusieurs des pièces offertes ici, particulièrement dans la très bonne chanson-titre. Avec Reggae Hit L.A., The Aggrolites rendent hommage aux initiateurs du genre, tout en mettant à l’avant-plan leurs origines sud californiennes. Un très bon disque d’un groupe à découvrir, si vous ne l’avez pas encore fait… (juillet 2007)

Hellcat / Epitaph

½

Alfa Rococo - Lever l'ancre

Alfa Rococo - Lever l'ancre

Alfa Rococo est un duo québécois formé par Justine Laberge (Ève Cournoyer) et David Bussières (DobaCaracol, André, Dralion du Cirque du Soleil), appuyé entre autres par Mathieu Dandurand (Stefie Shock, Mes Aïeux). Le duo nous offre une musique ensoleillée qui fusionne différents styles allant du rock au pop en passant par du ska, du reggae, du hip hop et des rythmes du monde. On peut les comparer à DobaCaracol, Jean Leloup et Stefie Shock avec des influences des années 60 et 80. Leur musique est assurément accrocheuse, dansante et joyeuse, un anti-dépresseur grandement efficace. Dès le premier extrait, "Les jours de pluie", ainsi que la chanson-titre, on peut sentir la fraîcheur de l’été qui transparaît. Il y a bien quelques pièces qui peuvent sembler un peu trop légères, à la limite du futile, mais il demeure que c’est cette légèreté qui fait le charme de l’album. La richesse musicale accompagne magnifiquement bien les voix douces du duo, particulièrement sur des pièces comme "Je pense à toi", "Horribles gens" et "Plus rien à faire" qui sont parmi mes préférées. Voici certainement l’album de l’été au Québec… Deux pochettes différentes sont disponibles selon vos goûts personnels. (août 2007)

Tacca

½

Antibalas - Security

Antibalas - Security

Antibalas est un groupe de 12 musiciens formé à New York il y a presque 10 ans. Il nous propose une musique afrobeat et funk, une musique festive et dansante tout en ayant ses côtés ambiants. Security est leur 4e album, le premier sur l’étiquette Anti. Il comprend 7 pièces dont 2 autour de 12 minutes et 2 de 8 minutes. Ce sont des pièces du type sans fin qui nous embarquent dans le rythme sans qu’on puisse en ressortir. La musique d’Antibalas se concentre autour de la trompette, ce qui peut être parfois répétitif et agaçant (comme dans "Beaten Metal"), mais qui est généralement parfaitement adapté au son du groupe. Avec autant de musiciens, vous devinerez qu’il s’agit ici d’une musique riche en sonorités et en textures diverses. On arrive difficilement à les comparer à qui que ce soit, mais disons qu’ils pourraient représenter un mélange entre James Brown et TV On The Radio, 2 artistes avec qui ils ont d’ailleurs donné des spectacles, sans oublier que 2 musiciens du groupe ont participé au dernier album de TV On The Radio, Return to Cookie Mountain. Security est un album qui se déguste lentement et qui s’écoute merveilleusement bien comme musique de fond. Un très bon album d’un groupe à découvrir, particulièrement si vous aimez les rythmes du monde. (mai 2007)

Anti- / Epitaph

½

The Arcade Fire - Neon Bible

The Arcade Fire - Neon Bible

Voici possiblement l’album le plus attendu de l’année, le 2e du groupe indie rock/post rock montréalais The Arcade Fire. Le groupe a connu une ascension fulgurante en 2005 grâce à un premier album magnifique qui a été acclamé de la critique un peu partout à travers le monde. Neon Bible reprend véritablement là où avait laissé Funeral, avec ses côtés sombres et théâtraux enveloppés d’envolées musicales irrésistibles. Le groupe de 7 musiciens (qui réussit encore à en ajouter en spectacle) nous présente à nouveau une musique d’une richesse incomparable ajoutant de nombreuses orchestrations aux guitares, cordes, percussions et claviers déjà bien présents dans sa musique. Le groupe a enregistré une partie de l’album dans des églises à Bedford et Montréal et a pu utiliser les orgues présents sur place pour en ajouter encore un peu plus à ce son déjà bien riche. Malgré tous ces instruments, on n’a jamais l’impression qu’ils en mettent trop. Tout est bien calculé et chaque instrument à son importance, sans voler la vedette ni restreindre l’importance des compositions. J’avoue que j’étais passablement excité à la première écoute de l’album, mais je suis rapidement revenu sur terre. C’est que le chant de Win Butler sur la première pièce, "Black Mirror", et sur la chanson-titre m’a profondément agacé, parce qu’un peu répétitif et monocorde. Heureusement, ce sentiment ne m’est revenu à aucun autre moment de l’album, qui totalise 47 minutes. Le premier extrait, "Keep the Car Running", et "The Well and the Lighthouse" seront assurément des pièces favorites en spectacle, alors que "Intervention" et "Ocean of Noise" nous ramènent en territoire connu et apprécié. Vous entendrez quelques phrases en français à l’occasion et c’est beaucoup plus plaisant de les entendre chantées par la voix agréable de Régine Chassagne, comme dans "Black Wave / Bad Vibrations", que par Win Butler dans "Black Mirror". "(Antichrist Television Blues)" démarre de manière surprenante avec une guitare acoustique presque country, mais on s’y habitue rapidement et on en vient à se dire que ce n’est pas si country finalement. Cette pièce offre 3 pages de texte que Butler nous chante sans pause pendant 5 minutes. Neon Bible est encore une fois un album qui nécessite plusieurs écoutes, puisque les facettes sont nombreuses et que la richesse musicale cache de nombreuses subtilités. L’album est excellent, mais je suis dans l’impossibilité de le trouver aussi bon que le précédent, les effets de surprise et de nouveauté n’étant plus au rendez-vous. La version de luxe de l’album offre un très beau boîtier 3D et des cartes permettant de faire des animations. C’est plaisant de déballer le tout comme un cadeau, mais après 5 minutes il ne reste plus aucun intérêt pour cette version de luxe sur laquelle on retrouve exactement le même contenu musical que sur la version régulière, évidemment moins chère. Avec ce nouvel opus, créatif à souhait, The Arcade Fire passe admirablement le test du 2e album. (critique principale d'avril 2007)

Arctic Monkeys - Favourite Worst Nightmare

Arctic Monkeys - Favourite Worst Nightmare

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Les Arctic Monkeys déchaînent, passionnent, excitent, énervent, fatiguent… Un groupe de très jeunes musiciens de Sheffield connus, à leurs départs, grâce au phénomène Myspace sur le net. Les Monkeys explosent directement tous les records de vente avec leur premier opus, ils deviennent le nouveau centre d’intérêt des anglais. Certains estiment que le groupe s’est creusé un sillon dans la hype, sans que ce succès ne soit fondé dans leur musique. Le mieux, c’est de juger clairement sur pièce! Dès leurs débuts, la presse leurs prête les influences des Clash, et des plus récents Libertines, enfants terribles disparus trop tôt. Les Arctic Monkeys ne sont donc, ni hier, ni aujourd’hui, une révolution pop ou rock n’ roll, mais ils s’inscrivent plutôt dans une sorte de course relais, pour porter le témoin d’une nouvelle époque. Et dans ce cadre, Favourite Worst Nightmare assume le statut du groupe. Un brûlot gorgé d’énergie punk sur « Brianstrom » et « D For Dangerous », de caractère rock sur l’excellente « Teddy Picker », ou de authenticité pop sur « Fluorescent Adolescent ». Les temps ont un peu changé, il y a dix années encore, la brit pop était toujours emmenée par les mélodies des guitares, mais aujourd’hui, à l’écoute des Libertines, ou des plus récents Monkeys, les rythmiques de batterie (avec d’excellents batteurs) mènent la danse et imposent la structure et la vitesse. Le rock reprend donc les armes avec les Arctic Monkeys, leur insouciance, leur insolence, leur retenue face aux médias. Malgré ce manque cruel de renouveau dans les rythmes et les sons, Favourite Worst Nightmare est un album qui frappe par le nombre de hits qu’il contient… presque la plupart d’entre eux peut finir en single sur les ondes radio. Un album urgent, révolté mais travaillé et bien composé qui se termine en apothéose sur la montée en puissance de « 505 » comme derniers pleurs avant de rendre les armes… (décembre 2007)

Tim Armstrong - A Poet's Life (CD + DVD)

Tim Armstrong - A Poet's Life (CD + DVD)

Après avoir fondé les groupes Operation Ivy, Rancid et Transplants, en plus de l’étiquette de disques Hellcat Records, voilà que Tim Armstrong nous présente un premier album solo. C’est accompagné du groupe reggae The Aggrolites qu’il nous a concocté un album d’une grande simplicité intégrant surtout du reggae, mais aussi du ska. Par contre, oubliez les élans punks de Rancid avec des guitares puissantes. Ici, on retrouve surtout des guitares discrètes, souvent acoustiques, enrobées d’arrangements sobres. Ma préférée du disque est certainement la ska/pop "Into Action", une pièce rythmée à la mélodie inoubliable qui met en vedette la chanteuse Skye Sweetnam. Armstrong impressionne tout au long du disque par sa voix. C’est dommage que le disque diminue en intérêt dans la deuxième moitié, à cause de quelques clichés et d’une certaine répétition, parce qu’il aurait pu devenir un superbe album. Les fans d’Armstrong y trouveront tout de même leur compte, surtout grâce à un DVD en boni qui contient des vidéoclips pour chacune des pièces du CD. Tous les clips ont été créés à partir du même modèle en noir et blanc et n’ont rien de bien impressionnant visuellement, mais c’est tout de même plus intéressant que d’écouter le CD sans images. (juillet 2007)

Hellcat / Epitaph

½

Ash - Twilight Of The Innocents

Ash - Twilight Of The Innocents

Le groupe rock alternatif d’Irlande du Nord Ash est de retour avec un nouvel album, 15 ans après ses débuts. Ash revient sous la forme d’un trio pour nous présenter ce qu’il affirme être son dernier album, compte tenu des changements qui surviennent dans l’industrie musicale qui sont plus propices à la mise en marché de « singles ». S’il s’agit bel et bien de leur dernier album, on peut dire que c’est réussi, puisqu’on retrouve ici leur meilleur disque depuis longtemps. Bon, c’est vrai que Ash a toujours évolué dans un style qui a été largement surexploité depuis une douzaine d’années et que leur son se différencie très peu de la masse. N’empêche que les gars nous présentent ici quelques bien bonnes chansons, dont le succès "You Can’t Have It All" avec sa très bonne rythmique, la ballade "Polaris" avec ses orchestrations grandioses et "End Of The World". Certaines pièces sont un peu moins à la hauteur et nous laissent quelque peu indifférents, mais l’ensemble s’écoute à merveille. (novembre 2007)

Infectious / Warner

½

Avenged Sevenfold - Avenged Sevenfold

Avenged Sevenfold - Avenged Sevenfold

Après que l’album City Of Evil les ait amené au stade de vedettes, les gars d’Avenged Sevenfold étaient très excités d’entrer en studio pour enregistrer un nouvel album. Ils se sont enfermés seuls en studio pour travailler un disque qui servirait de défoulement à leurs jeunes fans. On retrouve donc cet album éponyme tout simple qui se veut un retour aux bases du métal avec de nombreux clins d’œil aux années 80, tout en conservant leur rythmique unique et leurs solos à la Yngwie Malmsteen. Après les excellentes « Critical Acclaim » et « Almost Easy » qui démarrent le disque en force, on perd par contre certains éléments de métal qui les rendaient si uniques sur leur précédent enregistrement. Certaines pièces, beaucoup trop polies, nous amènent plutôt dans une musique pop rock assez commune. L’inclusion occasionnelle de violon, piano, cuivres et même d’un chœur d’enfants (sur « Unbound (The Wild Ride) ») peut donner l’impression d’enrichir leur musique, mais elle a plutôt l’effet contraire alors qu’on sent une discordance avec la base de leur style. On retrouve une pièce un peu bizarre à la Mr. Bungle, « A Little Piece Of Heaven », qui est assurément différente, mais pas trop réussie. La voix de M. Shadows présente sur ce nouveau CD une grande évolution par rapport au passé, principalement parce qu’il a dû être opéré aux cordes vocales et travailler avec un professeur de chant. Sa voix nous rappelle par moments Chris Cornell et en d’autres occasions Mike Patton. Malgré une énergie intéressante et une évolution certaine, ce nouvel album d’Avenged Sevenfold ne présente malheureusement pas d’aussi bonnes compositions que sur le précédent disque. (critique principale de janvier 2008)

Warner

Babyshambles - Shotter's Nation

Babyshambles - Shotter's Nation

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Quasiment en même temps que la sortie du premier best of des Libertines, Pete Doherty l’un des anciens auteurs, chanteurs, compositeurs et guitaristes du groupe, livre son deuxième opus avec les Babyshambles. Le premier, paru deux ans auparavant avait largement partagé le public, estimant, pour la plupart, que le cœur et le talent n’y était pas encore tout à fait… la flamme de Pete ne s’était pas rallumée depuis son expulsion et la dissolution du groupe. Depuis, et malgré des frasques toujours affichées dans la plupart des journaux (et surtout les tabloïds anglais), Pete semble avoir approché le bout du tunnel. Peut-être de manière éphémère… Ces derniers temps, Pete était apparu aux côtés de Carl Barat, son ancien compère, et semblait reprendre goût à la musique. Les maintes cures de désintoxication lui auront certainement apporté quelques rares éclairs de lucidités qui lui ont permis, non seulement de composer cet album avec son groupe mais aussi de pouvoir le mettre en boîte avec le producteur Stephen Street (non sans mal !), la première fois sans Mick Jones. Le titre de l’album, Shotter’s Nation, semble être une sorte de rédemption de Doherty, l’un des artistes les plus spleenétiques et poétiques de ces dernières années. Globalement, ce deuxième album est une aubaine, une forme de matérialisation de l’excellence de Pete Doherty, qui se sous-estime de trop. On y reconnaît forcément des traits de caractère des Libertines, avec un côté punk, un côté Clash, et cette guitare toujours déchirée et magnifiquement approximative. Le premier morceau, « Carry On Up The Morning », aurait pu être enregistré par les Libertines, un esprit punk incroyable (comme sur « Crumb Begging Baghead »). La triplette de départ, avec, en plus, le single « Delivery » et l’excellente « You Talk » témoignent déjà de la grande forme des Babyshambles. Doherty est aussi touchant sur des chansons comme « Unbilo Titled » ou « There She Goes ». Parfois bluesy, parfois punk et parfois pop, avec d’autres morceaux superbes comme « Baddie’s Booggie » et « Deft Left Hand », les Babyshambles confirment, avec Shotter’s Nation, qu’ils sont entrés dans une autre dimension. (janvier 2008)

Bad Religion - New Maps Of Hell

Bad Religion - New Maps Of Hell

New Maps Of Hell est le 14e album du groupe punk californien Bad Religion en 25 ans. On y retrouve peu de différences notables par rapport à leurs enregistrements précédents, si ce n'est une section rythmique grandement améliorée. L'apport du nouveau venu à la batterie, Brooks Wackerman, un jeune prodige, y est sûrement pour quelque chose. Mais aussi, la réalisation de Joe Barresi (Tool, Queens Of The Stone Age) qui réussit à faire ressortir l'énergie de leurs débuts avec de toutes nouvelles sonorités de basse et de batterie. C'est particulièrement évident à l'écoute des 4 premières pièces du disque alors qu'on découvre un Bad Religion plus agressif que jamais. Par contre, cette agressivité se limite à la rythmique unique et ne s'applique pas du tout à la voix de Greg Graffin qui manque trop souvent d'énergie, comme ce fut le cas pour la majorité des derniers disques du groupe depuis une quinzaine d'années. Autant sa voix caractérise le son du groupe, autant elle semble trop souvent mécanique, sans passion. Heureusement, il y a quelques exceptions de poids comme la déchaînée "Murder" qui vient nous réveiller à la 10e piste, et ce en à peine plus d'une minute. Sur les 16 pièces présentées ici, plus de la moitié ont l'énergie et la créativité pour être aisément comparées aux meilleurs enregistrements du groupe. Il y a malheureusement quelques titres qui rappellent un peu trop la période creuse du groupe dans les années 90 et qui viennent à nouveau gâcher la sauce. C'est dommage que ces moments moins solides nous accrochent autant, parce que New Maps Of Hell est peut-être leur meilleur disque depuis Against The Grain en 1990... (août 2007)

Epitaph

½

Bang Lime - Best Friends In Love

Bang Lime - Best Friends In Love

Bang Lime est un duo formé de la section rythmique de Metric, soit le batteur Joules Scott-Key et le bassiste Joshua Winstead (ici guitariste et chanteur). Les deux amis se connaissent depuis 16 ans et se sont toujours retrouvés à jouer dans les mêmes groupes au cours des années. Ils ont profité d’une pause de Metric (alors qu’Emily Haines désirait travailler en solo) pour concocter cet album qui se veut différent du son de Metric parce que plus lourd. Ils explorent plutôt ici le punk garage et le blues des années 60 avec un son indie rock aux mélodies accrocheuses et à la rythmique efficace qu’on peut comparer surtout aux Strokes et aux Yeah Yeah Yeahs. Leur musique est particulièrement originale et les faiblesses sont plutôt rares sur Best Friends In Love. En fait, le seul point négatif que j’ai pu trouver, c’est une trop grande uniformité alors que certaines pièces se ressemblent un peu trop. La voix de Winstead y est aussi pour quelque chose, puisqu’on est bien loin des possibilités vocales d’Emily Haines, même s’il a une voix solide. En bout de ligne, Bang Lime nous offre malgré tout un album énergique qui s’écoute extrêmement bien du début à la fin. C’est un des bons projets parallèles que j’ai entendus depuis longtemps et il pourrait fort bien vivre pendant plusieurs années indépendamment de Metric. (découverte du mois de septembre 2007)

Last Gang

½

Barenaked Ladies - Barenaked Ladies Are Men

Barenaked Ladies - Barenaked Ladies Are Men

Après l’album Barenaked Ladies Are Me paru en septembre 2006, le groupe torontois récidive avec Barenaked Ladies Are Men. 14 des 16 titres offerts ici étaient parus sur une édition spéciale du précédent qui contenait un CD en boni. On y a ajouté 2 titres inédits pour en faire un album d’une grande solidité, peut-être même supérieur à Barenaked Ladies Are Me. Les mélodies sont encore une fois d’une grande efficacité et des pièces comme "Serendipity", "One and Only", "Angry People", "Down to Earth" et "Running out of Ink" vous accrocheront à coup sûr. Le disque possède une direction généralement plus pop et énergique que le précédent et les succès potentiels ne manquent pas. On peut donc dire pour conclure au sujet de ces 2 nouveaux albums des Barenaked Ladies qu’ils ne représentent peut-être pas le point culminant de leur carrière en termes de créativité, mais peuvent être considérés comme un bon album double, avec l’avantage d’être vendu en 2 morceaux distincts. Donc, ceux qui auraient un budget restreint peuvent choisir l’un ou l’autre, mais je leur conseille celui-ci. (avril 2007)

Warner

½

Marie-Luce Béland - À l'envers

Marie-Luce Béland - À l'envers

Marie-Luce Béland est une jeune chanteuse à la voix unique qui a eu la chance de croiser par hasard Steve Veilleux, chanteur et auteur-compositeur de Kaïn. Veilleux a tout de suite apprécié son « grain de voix » et il lui a proposé d’écrire quelques chansons pour elle. Finalement, ce sont 10 chansons qu’il lui a offertes, des pièces qui lui collaient toutes à la peau et qu’elle n’a pas hésité à enregistrer pour son tout premier album. Marie-Luce s’est tout de même permise d’ajouter une de ses propres compositions, « Regarde-moi », composée en hommage à son père. Elle a été invitée à faire partie de la tournée « Nulle part ailleurs » de Kaïn et a interprété quelques-unes de ses chansons en différentes occasions question d’amorcer son opération séduction. Avec la sortie de ce premier album, elle pourra enfin voler de ses propres ailes et montrer à tous son talent naturel de chanteuse. Marie-Luce s’accapare magnifiquement de ces pièces de Veilleux et en fait siennes. Sa personnalité lumineuse rend les compositions joyeuses et ensoleillées. Il s’agit essentiellement d’une musique pop rock aux accents de folk et de soul. Dès la première piste, « Je ne t’appartiens pas », qui est aussi le premier extrait, on croirait reconnaître un petit quelque chose de Caïman Fu. Par la suite, sa personnalité s’impose lentement mais sûrement et les comparaisons deviennent de plus en plus difficiles. La deuxième pièce, « Pleine lune », est également le deuxième extrait de l’album et est certainement ma préférée avec une mélodie qui ne nous quitte plus jamais sur un rythme reggae entraînant. Par la suite, « Tout l’monde se plaint et tout l’monde se tait » est également particulièrement efficace, tout comme plusieurs autres titres qui viendront par la suite. On retrouve beaucoup de guitares acoustiques qui se mêlent aux guitares électriques, dans le plus pur style de Kaïn, et les arrangements musicaux sont particulièrement riches. À l’envers est un très bon premier album pour cette jeune artiste au talent illimité. (décembre 2007)

Passeport

½

Roz Bell - The First Sunbeams

Kevin Rosaire Bellemare (Roz Bell) a grandi dans un petit village au nord de Toronto. Dès son plus jeune âge, il a baigné dans la musique country, écoutant quelques-uns des plus grands classiques. The First Sunbeams est son tout premier album et on y retrouve un son pop rock avec des influences de folk, country, reggae et hip hop. On peut le comparer en partie à James Blunt et Jack Johnson, mais bien d’autres noms peuvent vous venir en tête tout au long du disque. Vous connaissez déjà certainement les succès « Yesterday Man (I’m So Lonely) » et « Papercut » qui jouent en boucle à la radio. Si vous les aimez, vous apprécierez assurément l’ensemble de cet album qui n’a rien de révolutionnaire mais est plutôt agréable à l’oreille. Le chanteur possède une voix chaleureuse qui est idéale pour nous livrer ses mélodies pop légères, accrocheuses à souhait. Sa musique contient une certaine richesse tout en demeurant simple et facile d’accès. C’est un bon premier essai par cet artiste qu’il faudra surveiller de près. (janvier 2008)

Enacy / Universal

Benny Benassi - Cooking for Pump-Kin - Special Menu

Benny Benassi - Cooking for Pump-Kin - Special Menu

Benny Benassi est un DJ italien qui a surtout connu le succès en 2003 avec la bombe "Satisfaction". "Able to Love" a ensuite aussi fait vibrer les pistes de danse, à une autre échelle toutefois. Le célèbre DJ techno/house nous revient maintenant avec un nouvel album de remixes. Il s’agit d’une compilation spéciale pour accompagner sa tournée canadienne de janvier et février. Contrairement à l’album Hypnotica, celui-ci est un peu plus varié et on peut difficilement tout comparer à "Satisfaction". Celle qui s’en approche le plus est l’instrumentale "First Stroke" de John Acquavina avec des synthétiseurs très présents sur un rythme froid. On y retrouve de nouvelles versions de pièces de Moby ("Go"), Fedde le Grand, Chris Lake, Sono, Paul Oakenfold ("Sex N Money" avec la voix du chanteur hip hop Pharrell Williams) et Depeche Mode ("Everything Counts") qui ouvre l’album. Benassi nous présente également à la toute fin du disque une version inédite de "Love is Gonna Save Us" incluse à l’origine sur Hypnotica. Cooking for Pump-Kin est un album particulièrement bien fignolé, parfaitement mixé pendant plus de 68 minutes. Par contre, je dois dire qu’on a la fâcheuse tendance à chercher la bombe, un hit de l’envergure de "Satisfaction", sauf qu’il n’en existe pas ici. Même si de nombreux titres en feront danser plus d’un, aucun de ces titres ne sortira du club pour se retrouver dans les radios commerciales. Parmi les plus intéressants, notons ceux de Moby, Bodyrox, TV Rock, Fedde le Grand et Sharam. C’est un album qui plaira aux fans de musique techno, sans renverser aucune barrière. (mars 2007)

Sphère

Biffy Clyro - Puzzle

Biffy Clyro - Puzzle

Biffy Clyro est un groupe pop punk écossais qui existe déjà depuis près de 10 ans. Par contre, ils n’ont pas été en mesure d’attirer l’attention avant aujourd’hui malgré l’enregistrement de 3 albums avant Puzzle. Ce nouveau disque, enregistré à Vancouver et mixé à New York, leur a enfin permis de partir en tournée avec un groupe de renom comme Bloc Party, en plus de faire des concerts en première partie de Muse, des Rolling Stones et de The Who. Le groupe a pu également présenté son propre concert, particulièrement dans des festivals. En Amérique du Nord, le groupe a fait partie du Vans Warped Tour et s’est arrêté à Toronto et Montréal. Puzzle est un album qui amène définitivement le groupe à un autre niveau, s’éloignant passablement de la musique punk pour plutôt rejoindre Franz Ferdinand, Weezer, les Foo Fighters et le brit pop de la fin des années 90. Le trio nous présente des compositions solides qui n’ont rien à envier aux plus grands de la scène pop rock actuelle. On réalise rapidement qu’elles sont interprétées par des musiciens de grand talent qui possèdent une vaste expérience. Les mélodies sont efficaces et certaines vous demeureront en tête longtemps. Le groupe nous a déjà offert 5 extraits de Puzzle : « Semi-Mental », « Saturday Superhouse », « Living Is A Problem Because Everything Dies », « Folding Stars » et « Machines ». C’est un très bon album, d’un groupe à découvrir. (janvier 2008)

14th Floor / Warner

½

Björk - Volta

Björk - Volta

C’est toujours passablement compliqué de faire une chronique sur un album de Björk puisqu’on y trouve toujours tellement d’expérimentation et de créativité complètement éclatée que c’est impossible de trouver le disque musicalement inintéressant. C’est le cas une fois de plus avec Volta, son 5e album (excluant ses bandes originales et compilations). Elle a voulu revenir à un disque un peu plus joyeux après les trucs sérieux qu’elle a fait dans les dernières années. Elle ramène aussi les rythmes dansants qui ont fait la force de ses 2 premiers albums. Volta représente donc un heureux mélange entre l’électronique dansante qu’elle a fait dans les années 90 et l’expérimentation des années 2000. Les cuivres occupent aussi une grande importance à différents moments du disque, alors que des intermèdes de bruits de bateaux viennent créer les liens entre chacune des pièces. Plusieurs invités collaborent au disque dont Timbaland et Konono No 1 sur le premier titre, "Earth Intruders", qui est aussi le premier extrait, la pièce la plus dansante et la meilleure du CD. Timbaland revient un peu plus tard sur la très bonne "Innocence", alors qu’une de mes préférées est certainement la presque punk "Declare Independence" qui aurait été moins surprenante si elle était venue du répertoire de Peaches. On peut entendre à différents moments un autre invité, Antony de Antony And The Johnsons, principalement sur la ballade "The Dull Flame Of Desire" sur laquelle les deux chantent en duo. Pour la première fois depuis longtemps, Björk chante réellement plutôt que de murmurer. Musicalement, je suis assez partagé puisque autant elle nous offre des pièces de première qualité, autant ses ballades où elle n’est accompagnée que de cuivres qui semblent se lamenter à l’arrière-plan peuvent nous fatiguer assez rapidement. Aussi, j’ai toujours eu passablement de difficulté à la suivre dans son expérimentation. Si ce n’est pas votre cas et que vous avez toujours été fascinés par sa voix, son expérimentation et son univers, vous n’aurez certainement aucun problème à sauter à pieds joints dans ce nouvel enregistrement de grande qualité. (juin 2007)

Atlantic / Warner

½

Black Francis - Bluefinger

Black Francis - Bluefinger

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Difficile de suivre les aventures (ou parfois tribulations) du prolifique Frank Black. Il faut déjà s’y retrouver entre ses tournées avec les Pixies, celles en tant que Frank Black, et son retour sous le pseudo de Black Francis (pseudo utilisé avec les Pixies)… mais en solo ! Non content de s’y retrouver, il faut également faire état des mouvements discographiques de l’artiste ces dernières années : Bluefinger est son quatrième album studio depuis 2005 ! Quand on sait que Frank avait pas mal viré folk sur ses derniers essais, de qualité moyenne à correct, à quoi fallait-il s’attendre? En même temps, en reprenant son pseudo de fortune, Francis annonçait un peu la couleur : retour au rock alternatif, au punk. Est-ce pour effacer sa frustration de ne pouvoir rentrer en studio avec les Pixies? Dieu seul le sait (et Frank bien sûr!). Toujours est-il que Bluefinger a clairement des consonances de ses aînés des Pixies. Inutile de garder le suspense plus longtemps. Ce dernier est un bon album mais pas au niveau des Doolittle ou des deux premiers albums solo de l’artiste. Pourtant, les premières incursions de guitares, les premiers égosillements et la basse lourde à souhait, donnent un premier aperçu alléchant de Bluefinger sur "Captain Pasty". Globalement, le disque sonne bien, entre rock alternatif et pop puissante. Si le fantôme des Pixies ("Threshold Apprehension", "You Can’t Break A Heart And Have It") laisse parfois sa place à du pur Frank Black ("Lolita", "Discotheque 36"), avec toujours ce ton à contrepied, légèrement dépressif et rebelle, l’ensemble perd parfois un peu en cohérence. Mais finalement, sur le fond, pas grand-chose à redire, avec de bonnes compos, et un Black Francis très en voix, Bluefinger est un bon album qui n’a qu’un seul gros défaut : Frank Black a fait mieux avant. (novembre 2007)

½

Black Sabbath - The Dio Years

Black Sabbath - The Dio Years

Les mauvaises langues diront que les seuls albums potables de Black Sabbath après le départ d’Ozzy Osbourne ont été enregistrés avec Ronnie James Dio (ex-Elf et Rainbow). Je suis assez d’accord même si Dio n’a enregistré que 3 albums studio avec le groupe. Des compilations de Black Sabbath, il y en a eu plusieurs au cours des années, mais peu réussissaient à faire ressortir le meilleur des albums avec Dio. Voici donc enfin une compilation de Black Sabbath avec exclusivement Dio comme chanteur. On y retrouve 5 pièces de Heaven And Hell, 4 de Mob Rules et 3 de Dehumanizer (enregistré lors du retour de Dio avec le groupe en 1992). On peut également entendre une version en concert de "Children Of The Sea" parue sur l’album en spectacle de 1982 Live Evil. Finalement, le groupe s’est réuni à nouveau dernièrement pour donner des spectacles (sous le nom de Heaven And Hell cette fois) et on nous présente 3 pièces nouvellement enregistrées. C’est un excellent album qui présente chronologiquement tout ce que le groupe a fait de meilleur avec Dio au micro. Le livret détaillé reprend en plus chacune des étapes de cette collaboration. (juin 2007)

Rhino / Warner

½

Bloc Party - A Weekend In The City

Bloc Party - A Weekend in the City

A Weekend in the City est le 2e album du groupe indie rock londonien Bloc Party. Leur premier album, Silent Alarm, avait été acclamé de la critique et avait connu un immense succès en Angleterre en 2005. Avec ce nouveau disque, le quatuor désirait aller dans une toute autre direction, avec un son qui ne ressemblerait en rien à Bloc Party. Leur musique demeure tout de même totalement éclectique avec des rythmes uniques pas nécessairement faciles d’approche. On peut les comparer à Muse et The Cure, avec des éléments de Sonic Youth et Aphex Twin. Les riffs de guitare sont efficaces, même s’ils peuvent parfois sembler répétitifs, et la section rythmique (basse et batterie) est lourde. Le groupe réussit admirablement bien à mélanger les sons lourds avec les textes émotifs de Kele Okereke. L’album débute en force avec "Song for Clay (Disappear Here)" et "Hunting Witches". Par la suite, peu de titres ressortent véritablement du paquet à part le premier extrait, "The Prayer", et le succès assuré "I Still Remember". C’est un album qui, bizarrement, offre une certaine uniformité malgré son éclectisme. Plusieurs écoutes sont nécessaires avant de pouvoir réellement se faire une opinion, sauf que l’effort est largement récompensé. Alors que Silent Alarm nous présentait une belle fraîcheur, A Weekend in the City nous montre plutôt que le groupe a atteint une certaine maturité, sûrement le résultat de leur tournée intense de 2 ans qui les a tous épuisés. Je ne pourrais dire que ce nouvel album atteint le niveau de créativité de leur premier, sauf qu’il s’agit tout de même d’un disque extrêmement solide avec de grands moments. (mars 2007)

Vice / Warner

½

Blue Rodeo - Small Miracles

Blue Rodeo - Small Miracles

Le groupe country rock canadien Blue Rodeo a été fondé en 1987 à Toronto par Jim Cuddy et Greg Keelor. Vingt ans plus tard et après avoir vendu plus de 3 millions d’albums, le groupe nous offre son 11e disque, Small Miracles. Ce nouvel opus nous offre peu de grandes surprises, demeurant dans un style country/folk rock qui nous rappelle Buffalo Springfield, Bob Dylan et The Byrds, mais qui inclut aussi des influences britanniques de la fin des années 60. Parmi leurs contemporains à qui ils peuvent le plus se comparer, il y a Wilco et Tom Petty qui nous viennent en tête en différentes occasions. Même si Small Miracles demeure dans le style qui les a fait connaître sans grands écarts de conduite (à part peut-être la bossa nova de « Together »), il reste qu’il nous offre de très bonnes compositions à la mélodie inoubliable (« This Town », « Blue House », « 3 Hours Away », etc.). Le premier extrait, la dynamique « C’mon », arrive aussi loin qu’à la 10e pièce et elle sera suivie par 3 pièces plus introspectives pour conclure le CD. Avec ce nouvel album, les gars de Blue Rodeo nous prouvent qu’ils sont toujours en grande forme et ils nous offrent leur meilleur disque depuis une bonne quinzaine d’années. (décembre 2007)

Warner

½

James Blunt - All The Lost Souls

James Blunt - All The Lost Souls

Grâce à son premier album, Back To Bedlam, en 2005, le chanteur britannique James Blunt est devenu l’un des artistes les plus populaires au monde en un temps record. C’est donc avec énormément de pression sur les épaules qu’il nous propose son nouveau disque, All The Lost Souls. Ses fans ne seront pas trop pris au dépourvu, puisqu’il poursuit dans la lignée du précédent, malgré une très belle évolution. Il demeure dans le genre pop rock adulte, mais il flirte quelque peu avec la musique folk, ce qui permet de le comparer avec Neil Young, Cat Stevens et Elton John. Les mélodies sont de première qualité et il peut compter sur de magnifiques arrangements orchestraux pour bien envelopper sa musique. Vous connaissez certainement déjà le succès "1973" qui joue dans toutes les radios à travers le monde depuis sa sortie. Plusieurs autres pièces ont le potentiel de connaître autant de succès dont "One Of The Brightest Stars" et "I’ll Take Everything". All The Lost Souls est au moins aussi bon que son précédent et il n’y a aucune raison pour qu’il ne connaisse pas autant de succès. (critique principale de novembre 2007)

Atlantic / Warner

½

Bon Jovi - Lost Highway

Bon Jovi - Lost Highway

Depuis 20 ans, on ne peut pas dire que Bon Jovi a été particulièrement efficace d’un point de vue créatif, puisque à part peut-être Crush lancé en 2000, peu d’albums ont vraiment réussi à attirer l’attention de la critique. Malgré tout, le groupe a continué de vendre des millions d’albums et de remplir des arénas en tournée (avec des spectacles basés sur leur matériel des années 80 bien sûr). La sortie de Lost Highway me laissait donc plutôt indifférent et c’est pourquoi j’ai attendu un creux dans la sortie d’albums majeurs pour écrire quelques lignes à son sujet. Au premier abord, ce nouveau disque peut sembler aventureux alors que le groupe fait un croisement entre son style hard rock habituel et la musique country contemporaine. C’est un mélange intéressant qui fait progresser le groupe de belle façon. Par contre, Bon Jovi demeure à son meilleur lorsqu’il nous présente des mélodies pop accrocheuses à souhait comme c’est le cas avec la chanson-titre, la ballade « (You Want To) Make A Memory » et « Whole Lot Of Leavin’ ». Évidemment, on retrouve encore son lot de ballades insupportables qui sont devenues leur marque de commerce. Dans l’ensemble, Lost Highway est loin d’être un mauvais album, mais il ne permettra pas encore au groupe de renverser de nouvelles barrières. Au moins, ils ont tenté d'évoluer. (chronique principale de février 2008)

The Book Of Knots - Traineater

The Book Of Knots - Traineater

The Book Of Knots est un collectif de New York qui a vu le jour en 2003. Il est composé de Matthias Bossi, Joel Hamilton, Tony Maimone et Carla Kihlstedt, des musiciens qui ont joué (ou jouent toujours) avec des artistes comme Elvis Costello, Unsane, Pere Ubu, Frank Black, They Might Be Giants, Tom Waits et Sleepytime Gorilla Museum. Le quatuor a prévu lancer 3 albums conceptuels et en voici le 2e. Celui-ci dépeint le triste portrait des villes industrielles américaines comme Cleveland, Youngstown, Toledo et Detroit. Ces villes, qui ont été très prospères dans le passé, se retrouvent aujourd’hui avec des quartiers industriels pratiquement à l’abandon. Le groupe nous offre un son post rock expérimental et plutôt difficile d’approche qui peut passer du métal le plus lourd à un pop rock alternatif tout doux, en passant par du free jazz et de l’industriel. On peut évidemment les comparer à Tom Waits, même si la jolie voix de Carla Kihlstedt se situe à des années-lumière de celle de Waits. Il fait d’ailleurs partie des artistes invités sur le disque, en plus de Mike Watt, David Thomas, Jon Langford et Carla Bozulich. Malgré une deuxième moitié un peu plus faible, c’est un album très créatif que nous propose The Book Of Knots dans cette seconde partie de leur trilogie. Par contre, leur musique n’est définitivement pas accessible à tous et il faut être soit un grand fan de musique expérimentale ou soit une personne ouverte d’esprit prête à faire l’effort d’écouter l’album à quelques reprises avant de véritablement l’apprécier. (juin 2007)

Anti- / Epitaph

Bran Van 3000 - Rosé

Le réalisateur de films montréalais James Di Salvio n’a jamais vraiment voulu former un groupe. Il a tout de même décidé de regrouper plusieurs musiciens et choristes pour concrétiser certaines de ses inspirations musicales. Le collectif Bran Van 3000 a donc vu le jour au milieu des années 90, avant de connaître un succès inespéré avec l’album Glee en 1998 tiré par son succès « Drinking in L.A. ». Le groupe ne devait plus enregistrer d’albums par la suite, mais est tout de même revenu en 2001 avec l’excellent Discosis. Depuis, on n’en avait plus entendu parler et on pouvait aisément supposer que le groupe avait définitivement tiré sa révérence compte tenu du fait qu’il ne devait qu’être temporaire au départ. Pourtant, les rumeurs d’un retour devenaient de plus en plus fréquentes en 2006 et les fans se sont mis à espérer un nouveau disque de leur groupe préféré. En 2007, la nouvelle était confirmée : Bran Van 3000, maintenant basé à Los Angeles, travaillait sur un nouvel album. En voici donc le résultat, Rosé, un album de rien de moins que 21 titres (certains ne sont que des intermèdes) totalisant 70 minutes. Le groupe nous propose à nouveau un mélange de trip hop, d’ambiance électronique et d’indie rock, mais réussit à évoluer de belle façon, alors que le monde qui l’entoure a bien changé depuis le disque précédent. On retrouve en quelques occasions des sonorités reggae et latines qui apportent une chaleur particulièrement appréciée à l’album qui se veut ensoleillé. On peut également entendre un peu de hip hop et de R&B à certains moments. Dès la pièce d’ouverture et premier extrait, « Call Me », avec ses bruits de vagues, on entre dans l’atmosphère de vacances et de soleil de l’album. L’ensemble du disque naviguera entre cette atmosphère et une ambiance un peu plus urbaine de lounge. Malgré les différents styles explorés tout au long du disque, Bran Van 3000 a su créer un album uniforme avec une très belle ligne directrice. On ne retrouve aucun remplissage et chacun des morceaux inclus sur l’album vient ajouter à l’ensemble. C’est donc un excellent disque qui contient bien peu de faiblesses. (janvier 2008)

Michael Bublé - Call Me Irresponsible

Michael Bublé - Call Me Irresponsible (édition spéciale)

Michael Bublé, c’est ce crooner de Vancouver qui nous propose depuis 4 ans une panoplie de classiques revisités dans le genre jazz vocal avec orchestrations. Il réussit tout de même à donner une saveur pop moderne à ces enregistrements, remontant aussi loin qu’à 1932 sur Call Me Irresponsible, son plus récent disque. Parmi les classiques les plus mémorables, on se doit de mentionner "It Had Better Be Tonight (Meglio Stasera)" de Henry Mancini, "Me And Mrs. Jones" de Billy Paul, "I’m Your Man" de Leonard Cohen, "Wonderful Tonight" de Eric Clapton (en duo avec Ivan Lins dans une version unique) et "Always On My Mind" de Willie Nelson. D’autres standards des années 60 ne peuvent passer sous silence comme la chanson-titre et "Comin’ Home Baby" (avec les voix de Boyz II Men). C’est le grand David Foster qui assure la réalisation et les arrangements qui sont de première qualité. J’ai été surpris de voir apparaître le nom du réalisateur rock Bob Rock sur "Everything", mais rassurez-vous car il passe inaperçu dans le son de la pièce. Parmi les 14 titres du disque, on retrouve seulement 2 nouvelles compositions de Bublé, "Lost" et "Everything". Si vous aimez le genre crooner moderne, Bublé est définitivement le gars à découvrir et il réussira à vous faire apprécier à nouveau tous ces classiques. Cette édition spéciale contient une chanson en prime ("Love") et un livret de 24 pages. Une version régulière est également disponible. (août 2007)

Reprise / Warner

½

Buck 65 - Situation (CD + DVD)

Buck 65 - Situation (CD + DVD)

Richard Terfry, mieux connu sous le nom de Buck 65, est de retour avec un nouvel album, Situation. Le rappeur de la Nouvelle-Écosse nous offre maintenant un disque autour de l’année 1957, incluant la pièce d’entrée de ce titre. Selon lui, les événements de 1957 ont tout déterminé sur ce que l’on vit aujourd’hui, 50 ans plus tard. D’Elvis Presley, qui a rendu le rock n’ roll populaire, aux premiers essais nucléaires américains, tout semble avoir pris un tournant important à ce moment précis de l’histoire. Le titre de l’album est inspiré de l’organisation Situationist International fondée en Italie en 1957. Musicalement, il nous offre le même type de rap alternatif qui l’a fait connaître jusqu’à maintenant, sans trop d’évolution. Après la très bonne « 1957 », « Dang » est presque embarrassante alors que son refrain nous rappelle un peu trop « Bawitdaba » de Kid Rock. Tout au long du disque, on retrouve une musique groovy qui s’écoute bien, mais ne renverse aucune barrière. Ses fans ne seront pas trop dépaysés et apprécieront encore, mais je doute fort qu’il puisse accueillir un nouveau public avec Situation. L’édition limitée avec DVD est totalement inutile alors qu’on retrouve un court film de moins de 10 minutes autour du thème de 1957, ainsi qu’une entrevue et autres extras pour remplir le DVD et tenter de justifier sa présence. Contentez-vous définitivement de la version régulière sans DVD. (janvier 2008)

Warner

½

Busdriver - RoadKillOvercoat

Busdriver - RoadKillOvercoat

Regan Farquhar, mieux connu sous le nom de Busdriver, joue dans l'underground hip hop de Los Angeles depuis le début de son adolescence. Après un 2e album apprécié des fans et de la critique (Temporary Forever), Busdriver a eu un peu plus de difficulté alors qu'il a été boudé par bien des fans de hip hop. Ce nouvel album ramènera peut-être ces fans perdus, même si l'expérimentation est encore bien présente. L'album commence en force avec l'excellente "Casting Agents and Cowgirls", une pièce qui nous reste en tête bien longtemps. Par la suite, on se retrouve bel et bien dans le hip hop indie alors qu'il faut plusieurs écoutes pour pouvoir réellement apprécier. La musique de Busdriver est assurément créative, mais difficilement accessible, malgré de bien bons rythmes. Il y a "Secret Skin" qui nous amène dans une direction légèrement plus pop qui pourra rejoindre un public un peu plus large, ainsi que "Sun Shower" qui possède un rythme dansant intéressant à la Depeche Mode. En gros, c'est un bon album qu'il nous propose, un album qui attire une certaine curiosité, mais qui ne passera pas à l'histoire. (février 2007)

Anti- / Epitaph

Caribou - Andorra

Caribou est en fait un seul gars en studio, Dan Snaith, et devient un quatuor sur scène. Il nous offre un son indie pop / électronique généralement doux et plutôt créatif qui nous rappelle le son pop californien des années 60 (Beach Boys, The Mamas & The Papas). Nommé auparavant Manitoba, Caribou en est maintenant à son 2e album, son plus accompli à ce jour. Dès la pièce d’ouverture, « Melody Day », on peut entendre certainement la meilleure composition de Snaith en carrière. L’atmosphère toute particulière du disque nous entraînera sans problèmes jusqu’à l’autre bout des 9 excellentes chansons totalisant 43 minutes. J’avoue que je n’avais pas d’attentes particulières à l’écoute d’Andorra, mais il m’a grandement surpris. À découvrir… (février 2008)

Merge

Manu Chao - La Radiolina

Manu Chao - La Radiolina

Voici un nouvel album de cet ancien de Mano Negra qui poursuit une carrière solo depuis déjà une dizaine d’années. Le Français d’origine espagnole nous propose à nouveau un album aux couleurs latines avec des éléments de rock surtout évidents sur des pièces comme "Rainin In Paradize" et "The Bleedin Clown". Il chante essentiellement en espagnol, mais avec des textes occasionnels en anglais, italien et français. La majeure partie du disque est très chaude, typiquement méditerranéenne, une musique qui ne déplairait certainement pas en Amérique latine. Toujours énergique, même dans ses moments les plus doux, la musique de Manu Chao a l’avantage d’être sans cesse entraînante. Une musique du monde qui se veut un rapprochement idéal entre les peuples. Malgré un manque d'originalité occasionnelle, La Radiolina est un album extrêmement efficace avec peu de moments ennuyants, un album qui risque fort de tourner en boucle dans votre salon. En boni, on peut entendre 5 pièces additionnelles et une portion multimédia nous présente le vidéoclip de "Rainin In Paradize" qui nous montre des images touchantes des atrocités de la guerre en Afrique. (novembre 2007)

Warner

½

Chiodos - Bone Palace Ballet

Chiodos - Bone Palace Ballet

Après un premier album de qualité avec All’s Well That Ends Well, Chiodos est de retour avec Bone Palace Ballet. Alors que le premier enregistrement était extrêmement éclectique, presque difficile à suivre par moments, ce nouvel album amène le groupe beaucoup plus loin avec une plus grande cohésion. Ils se retrouvent dans un territoire habilement occupé par Coheed and Cambria et My Chemical Romance, mais leur musique d’une originalité sans bornes fait en sorte de les différencier de la masse des groupes post hardcore et emo. Le groupe tente peut-être de faire compétition à Fall Out Boy avec des titres époustouflants comme "Is It Progression If A Cannibal Uses A Fork?", "Bulls Make Money, Bears Make Money, Pigs Get Slaughtered" et "If I Cut My Hair, Hawaii Will Sink", mais de toute façon, il s’en approche quelque peu musicalement en certaines occasions. Bone Palace Ballet a causé toute une surprise à sa sortie atteignant le #5 du Billboard Top 200 avec des ventes de 39 000 copies à sa première semaine sur les tablettes. C’est une performance exceptionnelle pour un groupe inconnu du grand public qui n’a pas de contrat avec une étiquette majeure. Il s’agit d’un excellent album aux orchestrations grandioses qui risque fort de plaire à tout amateur de musique emo et post hardcore. (novembre 2007)

Equal Vision

Circa Survive - On Letting Go

Circa Survive - On Letting Go

Après un premier album que j’avais bien aimé et qui a connu un succès étonnant, voilà que le groupe de Philadelphie Circa Survive est de retour avec un disque encore plus solide. Ils nous offrent encore une fois un très bon mélange de emo, post hardcore et progressif, ce qui leur donne un son unique plutôt difficile à comparer. On peut bien tenter de les associer à My Chemical Romance, Coheed and Cambria et The Mars Volta, mais il reste qu’ils ont un style qui leur est propre qu’ils développent encore un peu plus sur On Letting Go. Si Juturna représentait un bon premier album, celui-ci les amène pratiquement au sommet de leur carrière. Pas mal pour un groupe qui n’existe que depuis 3 ans. Circa Survive est définitivement un groupe à découvrir puisqu’on entendra parler d’eux encore longtemps. (septembre 2007)

Equal Vision

½

Danny Cohen - Shades Of Dorian Gray

Danny Cohen - Shades of Dorian Gray

Danny Cohen a fait partie d’un groupe « punk » aussi loin qu’au début des années 60, Charleston Grotto. Par la suite, il a connu une carrière hors des feux de la rampe, demeurant toujours totalement en marge de l’industrie musicale. Il nous offre un son rock et folk complètement expérimental et généralement difficile d’accès. Par contre, avec Shades of Dorian Gray, les experts parlent sans hésitations de son album le plus accessible à ce jour. Je ne suis pas de ces spécialistes, mais j’avoue avoir de la difficulté à considérer cette musique comme accessible. Bon, il est vrai que sa voix est plus mélodieuse qu’un Tom Waits par exemple, mais cette musique construite autour de l’orgue et accompagnée par une machine à rythme et une guitare acoustique discrète ne m’a pas montré beaucoup d’éléments susceptibles d’atteindre une certaine popularité. Certains passages m’ont plutôt fait penser à de la musique composée pour un film sombre, du type drame psychologique. Je ne suis pas du genre à m’émouvoir devant ce style musical un peu bizarre et j’ai donc eu beaucoup de difficulté à apprécier autant que certaines critiques que j’ai eu l’occasion de lire laissaient sous-entendre. Les fans de Tom Waits ou de toute autre musique en dehors des sentiers battus y trouveront probablement plus d'intérêt que moi. (avril 2007)

Anti- / Epitaph

Holly Cole - Holly Cole

Holly Cole - Holly Cole

Après de nombreux albums enregistrés en trio (Holly Cole Trio), la chanteuse jazz canadienne Holly Cole est passée en solo au début de la décennie, même si ses comparses David Piltch et Aaron Davis ont continué à travailler avec elle. Elle nous revient maintenant sans ses collègues de longue date et travaille avec toute une bande de nouveaux musiciens, dont le pianiste Gil Goldstein, pour cet album éponyme. Encore une fois, elle reprend des standards jazz et les rend magnifiques grâce à sa voix incomparable, habilement mise en valeur par la réalisation impeccable de Greg Cohen qui co-réalise avec elle. Peu de ces standards sont très connus du grand public, mais on doit tout de même mentionner la reprise de pièces de Henry Mancini ("Charade", co-écrite par Johnny Mercer), Cole Porter (l’excellente "It’s Alright With Me") et Irving Berlin ("Be Careful, It’s My Heart" et "Reaching For The Moon"). Parmi les 11 titres de l’album, on ne retrouve qu’une chanson originale qu’elle a composée elle-même, la très bonne "Larger Than Life". La voix chaude de Holly Cole demeure toujours un choix judicieux pour une musique d’ambiance enveloppante et romantique, avec les lumières tamisées et un feu de foyer. Sans réinventer le genre, elle en offre tout de même une version bien à elle qui plaira non seulement à ses fans, mais aux amateurs de jazz en général. (août 2007)

Alert / Universal

½

Collective Soul - Afterwords

Collective Soul - Afterwords

Avec Youth, leur précédent album paru en 2004, le groupe de la Georgie Collective Soul nous amenait dans un univers qu’on ne lui connaissait pas en flirtant avec le glam rock. Le résultat était à la fois surprenant et plutôt intéressant. Afterwords nous ramène maintenant dans un territoire plus connu, un territoire exploré il y a 10 ans non seulement par eux, mais aussi par plusieurs autres groupes pop rock issus de la période post grunge. Les rythmes et les guitares sont toujours aussi efficaces, mais avec une plus grande intimité sur la majorité des pièces, qui sont, il faut le dire, à peu près toutes des chansons d’amour. Parmi celles qui ressortent du lot, notons la pièce d’ouverture, la puissante "New Vibration", qui a la qualité d’attirer notre attention pour la suite du disque. Après quelques titres efficaces mais sans plus, "I Don’t Need Anymore Friends", composée et chantée par le guitariste Joel Kosche, nous offre une facette différente de celle de Ed Roland qui a composé tout le reste, comme d’habitude. Un peu plus tard, on retrouve le très bon succès power pop "Hollywood" qui est un classique instantané du groupe à ajouter à leur liste déjà longue de succès en carrière. Kosche a également participé à la musique sur celle-ci, ce qui nous fait dire que Roland devrait peut-être laisser un peu plus la place à son guitariste soliste pour l’écriture. J’aime bien aussi la pièce suivante, "Persuasion Of You", mais dans l’ensemble, c’est un album qui rappelle un peu trop le passé du groupe sans trop d’évolution. Les fans de Collective Soul sauront encore une fois apprécier, mais sans grand surprise. Afterwords est un bon album pop rock, mais qui ne passera pas à l’histoire. (critique principale d'octobre 2007)

El Music / Warner

John Coltrane - The Very Best Of The Atlantic Years

John Coltrane - The Very Best Of The Atlantic Years

John Coltrane est une véritable légende du jazz, bien qu’il n’ait été actif que pendant une courte période, soit de 1955 à son décès en 1967 (sa carrière solo n’a débuté qu’en 1960). Après avoir travaillé avec des grands noms comme Miles Davis et Milt Jackson, il s’est lancé en solo avant de former son propre quatuor légendaire en compagnie de McCoy Tyner (piano), Steve Davis (basse) et Elvin Jones (batterie). Ce sont ces 2 périodes qu’on retrouve ici alors qu’on explore les années 1959 à 1964. On retrouve plusieurs pièces du classique Giant Steps (1959). En une semaine seulement, en octobre 1960, le quatuor a enregistré suffisamment de matériel pour faire 3 albums : l’excellent My Favorite Things (1961), Coltrane Plays The Blues (1962) et Coltrane’s Sound (1964). On retrouve également ici des pièces de l’album Coltrane Jazz (1961). Finalement, on peut entendre la bossa nova de "Aisha" parue sur Olé! (1962), ainsi qu’une pièce avec Milt Jackson, "Stairway To The Stars", enregistrée en 1959 pour l’album Bags & Trane qui n’allait paraître qu’en 1961. Même si cette compilation ne couvre pas totalement la carrière de Coltrane, on peut y entendre tout son meilleur matériel. En plus, avec ses 15 titres remplissant le CD à pleine capacité, c’est une compilation jazz de grande valeur qui nous est offerte ici. Il s’agit définitivement de la meilleure façon de découvrir ce grand du jazz. (octobre 2007)

Warner

Ry Cooder - My Name Is Buddy

Ry Cooder - My Name Is Buddy

Après plusieurs années à travailler avec des légendes cubaines, voilà que Ry Cooder revient au style de ses débuts dans les années 70, la musique folk. Il nous offre ici un album brillant qui dépeint les déboires des États-Unis dans les années 30. C’est sur le ton de l’humour qu’il nous présente ces années difficiles à travers différents personnages : Buddy Red Cat, Lefty Mouse et Reverend Tom Toad. Ce CD nous est offert dans un magnifique livre à couverture rigide d’une cinquantaine de pages présentant chacune des 17 pièces du disque à l’aide d’un court texte et d’une illustration. Les faiblesses sont rares sur cet excellent disque qui viendra rivaliser de belle façon avec ses meilleurs albums en carrière, parus au début des années 70. Il s’agit probablement aussi d’un des meilleurs albums de musique folk créative à avoir été mis sur le marché au cours des dernières années. (septembre 2007)

Nonesuch / Warner

Corneille - The Birth Of Cornelius

Corneille - The Birth of Cornelius

Après 2 albums qui ont connu un immense succès autant en France qu’au Québec, voilà que Corneille nous arrive avec un premier album en anglais, espérant sûrement conquérir de nouveaux territoires. Il a non seulement écrit les 12 pièces du disque, mais l’a en plus réalisé. Il a demandé les services de Russel Elevado (Alicia Keys, Erykah Badu) pour l’enregistrement, le mixage et l’ingénierie du son, ainsi que de Larry Gold (Whitney Houston, R. Kelly, Justin Timberlake) pour les arrangements de cordes. Avec The Birth of Cornelius, Corneille demeure dans le style qui l’a fait connaître, même s’il va peut-être puiser un peu plus dans ses racines soul et R&B (Stevie Wonder, Marvin Gaye, Nat King Cole). L’album débute en force avec l’excellente "Back To Life", mais c’est la 3e du disque, "Too Much Of Everything", qui a réussi à me séduire totalement. Parmi les autres, peu ont su créer une impression similaire, alors qu’il faut vraiment être fan de soul, de R&B et/ou de Corneille pour véritablement apprécier, ce qui n’est pas trop mon cas. Corneille a assurément tout ce qu’il faut pour plaire aux Américains et nous lui souhaitons de tout cœur qu’il réussisse à se faire connaître d’eux. (septembre 2007)

Déjà / Warner

½

The Cribs - Men’s Needs, Women’s Needs, Whatever

The Cribs - Men’s Needs, Women’s Needs, Whatever

The Cribs est un groupe indie rock anglais qui impressionne dans son pays natal depuis ses débuts en 2005. Le trio est composé des jumeaux Ryan et Gary Jarman accompagnés de leur petit frère Ross à la batterie. Men’s Needs, Women’s Needs, Whatever leur permet enfin de se faire connaître en Amérique. L’album a été réalisé par Alex Kapranos de Franz Ferdinand. Il représente un mélange entre The Strokes, The Futureheads, Weezer et Bloc Party, un bon amalgame d’indie rock américain et de brit pop finalement. Le principal problème avec The Cribs, c’est qu’ils oeuvrent dans un genre qui a été exploité à son plein potentiel au cours des dernières années et qu’ils ne réussissent pas vraiment à se démarquer des autres artistes similaires. Il y a bien quelques très bons moments avec des rythmiques particulières et d’excellentes mélodies, mais on ne trouve en réalité qu’une pièce qui est dans une classe à part, "Be Safe", qui arrive aussi loin qu’à la 10e pièce (sur un total de 12). C’est quand même un bon album qui risque de plaire grandement aux fans de Franz Ferdinand, The Strokes et Weezer, mais ce n’est malheureusement pas le groupe créatif que les Britanniques prétendaient nous envoyer. (octobre 2007)

Warner

Crimson Glory - Astronomica (1999) (réédition de 2007)

Crimson Glory - Astronomica (2 CD) (1999) (réédition de 2007)

Après s’être désintégré au début des années 90, le groupe métal progressif Crimson Glory a fait un retour en 1999 avec plusieurs nouveaux visages. Plus personne n’avait d’attentes, mais ils ont réussi à surprendre avec un album particulièrement solide. Il y a bien la voix du nouveau chanteur, Wade Black, qui peut en repousser plusieurs alors qu’il nous rappelle un peu trop King Diamond lorsqu’il monte dans les notes les plus hautes. Mais musicalement, les influences variées du groupe nous donnent un album au vaste spectre et avec une très belle énergie. On peut toujours les comparer à Queensrÿche, mais on doit ajouter Judas Priest, Iron Maiden, Rush, Alice Cooper et Rob Zombie. Le CD contient même la reprise d’Enya "March To Glory" en ouverture. Cette réédition de l’album nous propose un 2e disque contenant une version différente de "War Of The Worlds", des démos de "Touch The Sun" et de la chanson-titre, ainsi que 5 versions en concert de leurs classiques enregistrées en 1989 ("Dragon Lady", "Eternal World", "Painted Skies", "Queen Of The Masquerade" et "Lost Reflection"). Vous en aurez donc beaucoup pour votre argent… (juillet 2007

Metal Mind / MVD

½

Crimson Glory - Strange & Beautiful

Crimson Glory - Strange And Beautiful (1991) (réédition de 2007)

Crimson Glory est certainement l’un des plus importants groupes de métal progressif des années 80 aux côtés de Queensrÿche. Ils ont connu leur apogée avec Transcendence en 1988 qui a connu un certain succès dans le milieu underground. Lorsque le temps est venu d’enregistrer son successeur, Strange And Beautiful, la pression était forte et le groupe y a laissé des plumes. Ils ont tenté d’évoluer, mais le résultat est plutôt faible. Plus accessible, leur musique a perdu ce côté progressif expérimental qui les rendait si intéressants auparavant. Ils sont devenus sur ce disque un groupe hard rock parmi tant d’autres de la même époque. On retrouve ici la réédition de cet album avec un son repiqué numériquement, un son des années 2000. Par la suite, le groupe s’est rapidement désintégré avant de réapparaître en 1999 avec plusieurs nouveaux visages. Je vous présenterai le mois prochain la réédition de cet autre album beaucoup plus intéressant, Astronomica. C’est à surveiller… (juin 2007)

Metal Mind / MVD

½

Daft Punk - Alive 2007

Daft Punk - Alive 2007

Voici le 2e album en concert de Daft Punk, 10 ans après Alive 1997 qui était possiblement le meilleur album électronique en concert jamais paru. Enregistré au Palais Omnisport de Paris Bercy en juin 2007, ce nouvel album du duo français nous présente évidemment tous leurs plus grands succès (« Around The World », « Harder Better Faster Stronger », « One More Time », « Da Funk », etc.). Ils sont tous admirablement mixés pendant 74 minutes sur lesquelles on entend la foule réagir en plusieurs occasions au concert qui leur est offert. Alors que le précédent album en concert présentait une poignée de pièces seulement mais étirées à souhait, ici on en compte 5 fois plus, très souvent écourtées et servant seulement de transition vers une autre. Les pièces de l’album Human After All semblent reprendre une place de choix dans ce contexte, même si peu d’entre elles se démarquent véritablement du lot. Les quelques titres un peu plus faibles qu’on retrouve, éparpillés un peu partout tout au long du concert, font en sorte qu’Alive 2007 ne peut entrer dans la même catégorie que le premier disque de la série, mais il s’agit tout de même d’un très bon album en concert. L’édition de luxe inclut un 2e CD contenant le rappel du spectacle d’une durée de 10 minutes (avec « Human After All », « Together », « One More Time (Reprise) » et « Music Sounds Better With You »). On y retrouve aussi un vidéoclip en boni pour la pièce « Harder Better Faster Stronger ». Le tout nous est offert dans un très beau livre à couverture rigide contenant plusieurs photos du concert. (février 2008)

Virgin / EMI

Damiera - M(US)IC

Damiera - M(us)ic

Damiera est un nouveau groupe alternatif de Buffalo, NY. Après un démo en 2005, le groupe a enregistré son premier album, M(us)ic (prononcé "Us in Music") en 2006. Ils l'ont vendu en main à main et le bouche à oreille leur a permis d'offrir près de 200 concerts en 2006 et d'attirer l'attention de l'étiquette Equal Vision Records qui les ont signés à l'été 2006. On nous présente donc à nouveau ce premier album de Damiera, sa porte d'entrée dans l'industrie musicale. Le disque a été réalisé par Jayson DeZuzio (Coheed and Cambria et My Chemical Romance) qui a permis à l'album de se solidifier et d'avoir un peu plus de cohésion. On peut comparer Damiera à At The Drive-In et The Fall Of Troy, avec aussi des éléments de Coheed and Cambria, surtout la voix haute et criarde. Le groupe nous offre des rythmes saccadés plutôt difficiles à apprivoiser. Leur style de rock progressif m'a même donné à certains moments des soubresauts du groupe canadien Rush. Techniquement, c'est clairement très réussi, mais il reste du travail à faire au point de vue créatif pour nous donner envie d'en découvrir un peu plus. Le principal problème est qu'on ne retient strictement rien de l'album, à part peut-être la bonne mélodie de "Broken Hands" aussi loin qu'à la 9e piste. On a beau écouter le CD 1 fois, 2 fois, 3 fois, il ne semble y avoir rien de plus à en tirer. C'est peut-être simplement un peu trop éclectique avec par moments des éléments presque "free jazz". C'est un groupe qui a de l'avenir, mais qui n'intéressera pas beaucoup de gens avec ce premier enregistrement. (mars 2007)

Equal Vision

Miles Davis - The Very Best of Miles Davis: The Warner Bros. Sessions 1985-1991

Miles Davis - The Very Best Of Miles Davis: The Warner Bros. Sessions 1985-1991

Il est pratiquement impossible de présenter une compilation complète et efficace du meilleur matériel de la légende du jazz Miles Davis. Avec plus de 40 ans de carrière et un nombre incalculable d’albums qui se sont empilés avec les années, la seule façon de compiler le tout sur 1 ou 2 disques est de choisir une portion de sa carrière. C’est ce qui a été fait ici alors que Warner nous présente le meilleur de ce qu’il a enregistré sur cette étiquette entre 1985 et 1991, soit les dernières années de sa vie. On y retrouve 15 titres tirés de 3 albums studio (dont l’excellent Amandla), 2 bandes originales et 2 albums en concert (dont 1 avec Quincy Jones). Ce qui est particulier dans cette période est l’utilisation de hip hop (sur son dernier enregistrement, Doo-Bop). Il ajoute donc une nouvelle corde à son arc lui qui n’avait jamais hésité à intégrer du funk, du blues et du rock à un son jazz plutôt standard. Un autre élément qui est particulier au célèbre trompettiste, c’est que peu importe la période qu’on choisit de nous présenter, le résultat est toujours intéressant. Davis a certainement produit la meilleure musique d’ambiance de l’histoire et elle ne vieillit absolument pas. Cette compilation présente d’autres éléments intéressants comme les enregistrements en concert avec Quincy Jones, incluant le classique de George Gershwin "Summertime", puis la reprise de Cyndi Lauper "Time After Time". Cet excellent aperçu de ses derniers enregistrements, enrichi d’un livret bien détaillé, fait de cette compilation un véritable petit bijou et ce, même si elle ne couvre qu’une infime fraction de l’œuvre immense de Davis. (mai 2007)

Warner

½

Dear And The Headlight - Small Steps, Heavy Hooves

Dear And The Headlights - Small Steps, Heavy Hooves

Voici un nouveau quintet de Phoenix en Arizona, nouvellement signé chez Equal Vision Records, et qui peut enfin nous présenter son premier album enregistré en avril 2006. Le groupe nous propose un son indie rock plutôt accrocheur qu’on pourrait comparer à The Arcade Fire et Radiohead. De biens gros noms ici pour qualifier ce groupe reconnu seulement sur la scène locale de Phoenix, mais des spectacles en première partie de The Bravery, matt pond PA, Make Believe, Idlewild et The Hold Steady leur ont tout de même permis de se faire connaître à plus grande échelle. Small Steps, Heavy Hooves nous présente selon moi seulement un vague aperçu de tout le potentiel de ce groupe. Les compositions sont solides, les mélodies, efficaces, et l’énergie qu’ils présentent dans leur jeu promet énormément pour la scène. La guitare acoustique occupe une place de choix dans le son pourtant bien rock de Dear and the Headlights. C’est un album qui plaira autant aux amateurs de The Arcade Fire que The Frames, mais le meilleur reste définitivement à venir. Un groupe à surveiller de près… (avril 2007)

Equal Vision

½

Vincent Delerm - Les piqûres d'araignée

Vincent Delerm - Les piqûres d'araignée

C’est en Suède, au paradis de la musique pop, que Vincent Delerm a produit ce nouvel album, son 3e en carrière. La première chose qui frappe à l’écoute du disque, c’est la présence d’une basse lourde qui vient appuyer la voix basse de Delerm. L’album nous présente une pop française des années 2000 à la Thomas Fersen, celui-là même qui lui a permis d’obtenir un contrat de disques. En plus du premier extrait, "Sous les avalanches", d’autres titres attirent notre attention, comme la romantique "Marine" et le succès assuré "Sépia plein les doigts". Même si Delerm nous offre un album moderne, il faut clairement aimer la chanson française classique pour être attiré par ce disque où la poésie prend encore une fois le dessus sur la profondeur de la musique. (avril 2007)

Tôt ou tard / Warner

Cachao Descargas - The Havana Sessions

Cachao Descargas - The Havana Sessions

Il y a quelques jours à peine, nous apprenions le décès à Miami du musicien cubain Israel « Cachao » Lopez à l’âge de 89 ans. Exilé de Cuba en 1962, le célèbre contrebassiste a été un des pionniers du mambo dès 1937 (avec son frère Orestes « Macho » Lopez). Ce CD double paru il y a quelques mois présente pour la première fois sur un seul album ses enregistrements à La Havane avec différents musiciens lors de ses dernières années à Cuba (entre 1957 et 1961). Un nouveau courant musical était alors créé, la « descarga » (décharge), des improvisations informelles et interminables intégrant différents styles déjà populaires à Cuba. On peut y entendre du piano, de la flûte, de la trompette, des bongos, du conga et des échanges vocaux africains inspirés de la rumba, ainsi que du saxophone et du trombone tirés du jazz cubain des dernières années. Évidemment, le mambo occupe une place importante tout au long des 2 disques, qui regroupent en fait 5 sessions d’enregistrement. On retrouve donc ici 39 pièces totalisant 152 minutes d’une musique latine extrêmement riche et variée, qui bénéficie en plus d’une qualité d’enregistrement irréprochable. C’est tout un pan de l’histoire de la musique cubaine qu’on découvre avec cet excellent album. (avril 2008)

Disconforme / MVD

½

Die Mannequin - Slaughter Daughter

Die Mannequin - Slaughter Daughter

Die Mannequin est un groupe de Toronto qui a débuté en tant que groupe hommage à Iggy & The Stooges avant de se transformer. Il est dirigé par l’énergique chanteuse Care Failure, une Courtney Love avec plus de voix… Slaughter Daughter est le 2e mini-album du groupe. Il débute en force avec « Do It Or Die » qui nous montre rapidement le potentiel du groupe et pourquoi il a été engagé pour tourner en première partie de Billy Talent, Guns N’ Roses, Buckcherry et Deftones. « Saved By Strangers » n’est pas sans nous rappeler la rythmique unique de Queens Of The Stone Age, alors que Sonic Youth nous vient en tête à différents moments du disque. Évidemment, 5 pièces totalisant un peu plus de 20 minutes vous sembleront bien insuffisantes, mais le disque fait parfaitement son travail de nous mettre l’eau à la bouche en attendant un premier album complet de leur part. (décembre 2007)

How To Kill / Warner

½

Dinosaur Jr. - Beyond

Dinosaur Jr. - Beyond

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

La « reformation »... Plus qu'une opportunité, c'est devenu une véritable institution depuis le début des années 2000. On n'avait jamais vécu pareille prolifération d'anciennes grandes gloires du rock n' roll! C'est fascinant, on peut voir des formations séparées depuis plus de 30 ans, sur le retour, ou d'autres plus récentes. Dans les plus surprenantes, on peut compter les New York Dolls... et Dinosaur Jr.! Qui s'y attendait? Mais c'est avec une différence fondamentale: Dinosaur Jr. revient avec le line-up original, et peu de reformations peuvent s'en vanter. Jay Mascis reprend donc les choses en main... Et Dieu sait qu'à la fin des années 80, début des années 90, le trio a été influent, l'une des pierres angulaires du rock indé. On prend donc les mêmes et on recommence, parfois à la limite du rock indé avec des relans de grunge, les guitares saturées, la voix de Mascis (qui semble un peu épuisée…) n'est pas sans rappeler Vedder, la section rythmique fracassante. Le Dino est de retour, et sur des bases solides! Si le groupe représentait un retour certain du rock à guitare, fin des 80's, il en conserve l'esprit aujourd'hui. Passé la rythmique de guitare brouillonne et la voix éraillée de "Almost Ready", Dinosaur Jr. reprend le chemin d'un rock épuré et véritablement puissant. "Pick Me Up" ou "Been There All The Time" par exemple, sont des concentrés de riffs enflammés, de batteries matraquantes et de solos offensifs. Plus lourde, l’ambiance de titres comme "It’s Me" renvoie à la frontière du heavy metal. Plus étonnant, Dinosaur Jr. se lance dans quelques exercices de pop électrisante ("We’re Not Alone", "This Is All I Came To Do"). Le fil conducteur de tout cela ? Jouer haut et fort, avec de la saturation à foison ! Dinosaur Jr. démontre une nouvelle fois que c’est dans les vieux pots qu’on envoie le plus la sauce. Finalement, Beyond, après quelques bonnes écoutes, se révèle être un bon album de retour, qui n’effacera pas les albums mythiques de leur passé, mais qui s’en tire largement avec les honneurs. (septembre 2007)

½

The Doors - The Very Best of The Doors

The Doors - The Very Best of The Doors

The Doors a connu une carrière fulgurante avec 6 albums en autant d’années d’existence entre 1965 et 1971 (leur premier album est paru en 1967). Le décès prématuré de Jim Morrison en juillet 1971 allait mettre fin au quatuor. Par la suite, le mythe autour du groupe a perduré, tout comme la légende de Morrison. Les compilations et coffrets se sont empilés avec les années, mais voici sans aucun doute la meilleure compilation de succès à tenir sur un seul disque. D’autres versions similaires ont été présentées au cours des 10 dernières années, mais The Very Best of The Doors présente rien de moins que 20 titres, grâce à une version écourtée de "The End" (celle qu’on pouvait entendre dans le film Apocalypse Now). On peut y trouver leurs succès les plus célèbres dès l’ouverture avec "Break on Through (To the Other Side)", "Light My Fire", "Love Me Two Times" et "Hello, I Love You". En plus, cette nouvelle collection de succès souligne le 40e anniversaire de The Doors avec des versions rafraîchies des célèbres pièces du groupe californien et elles s’y trouvent toutes. Évidemment, les fans de la première heure ne découvriront rien de neuf, mais ils pourront tout de même se rappeler de bons souvenirs. Si vous êtes trop jeunes pour avoir connu l’époque, voici le disque idéal pour découvrir tout un côté de la culture américaine de la fin des années 60. Cette nouvelle compilation de The Doors serait tout simplement parfaite si on avait pu nous présenter les pièces en ordre chronologique… (avril 2007)

Rhino / Warner

½

Dragonette - Galore

Dragonette - Galore

Dragonette a été formé à Toronto en 2005 par la chanteuse pop Martina Sorbara et son mari, le bassiste Dan Kurtz, avec le guitariste Simon Craig et le batteur Joel Stouffer. Le groupe s’est vu offrir un contrat en Angleterre et Craig a été remplacé par le britannique Will Stapleton. Galore est leur premier disque et il a été mis sur le marché après les simples à succès « I Get Around », « Competition » et « Take It Like A Man », qu’on retrouve tous ici dans cet ordre en début de disque, et l’adaptation de Calvin Harris, « The Girls », qui devient « The Boys » (malheureusement absente sur Galore). Le groupe nous offre essentiellement une musique pop énergique avec des influences rock et électroniques. Leur style new wave peut se comparer aux Scissor Sisters, Fergie, Pink, Hot Hot Heat et The Killers. « I Get Around » et « Jesus Doesn’t Love Me » sont assurément les plus dynamiques du disque avec leur mélange de rock et d’électronique très dansante. Mais, cette énergie se retrouve tout au long du disque, car peu importe le style qui est mis à l’avant-plan, chaque pièce est dansante. D’autres moments forts : « Black Limousine », « Gold Rush » et « Marvellous ». Il s’agit certainement d’un des bons disques pop de l’année avec bien peu de faiblesses. (découverte du mois de décembre 2007)

Mercury / Universal

The Drifters - The Greatest Hits

The Drifters - The Greatest Hits

The Drifters est un groupe R&B qui existe depuis 1953 et qui a vu 57 membres différents en faire partie, sûrement un record. Donc, les 4 membres actuels n’ont évidemment plus rien à voir avec le groupe qui a connu un immense succès dans les années 50 et 60. Cette compilation contient les plus grands succès du groupe à travers sa carrière, mais réenregistrés par les membres actuels en février 2006. On retrouve 20 classiques incluant les méga succès "Save The Last Dance For Me",  "Sweet Caroline" et "Kissin’ In The Back Row Of The Movies". En boni, on peut visionner 3 vidéoclips en concert : "A World Of Love" (avec Gary Brooker comme invité spécial), "Stand By Me" (dans une nouvelle version gospel) et "White Christmas". La qualité de l’enregistrement est exceptionnelle et rend bien justice à ces classiques, mais si vous voulez entendre la version originale, ce n’est certainement pas la compilation qu’il vous faut. Vous pouvez également vous procurer le DVD Greatest Hits Live. (août 2007)

MVD

Eiffel - Tandoori

Eiffel - Tandoori

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Pour remettre d’entrée les pendules à l’heure, ceux qui ne comparent Eiffel qu’à une pâle copie de Noir Désir, ou Humeau (Romain) à un Cantat dégradé, n’ont certainement pas pris la peine d’écouter ce disque (ou du moins pas avec une écoute objective…) ! Non, Eiffel n’a strictement rien à voir avec l’opportunisme honteux et la musique insipide de Luke. Certes Humeau écrit des textes forts et piquants, certes sa voix légèrement rocailleuse et son coffre profond peuvent rappeler l’immense Cantat. Certes, aussi, l’émotion, la rage et l’engagement qu’il met dans son chant sont dénominateurs communs avec le leader de Noir Désir. Et alors ? L’intouchable (et aussi grand soit-il) Cantat a-t-il le monopole de tout cela ? Très sincèrement non, surtout quand un artiste comme Humeau, qui porte clairement à bout de bras son groupe, a autant de talent. D’ailleurs, critique-t-on sans arrêt les White Stripes pour leurs influences 70’s plus qu’omniprésentes, ou Oasis pour tout ce qu’ils doivent au Beatles ? Après ces quelques pré requis, précisons que Tandoori est le 3e opus d’Eiffel, qui arrive cinq ans après Le ¼ d’heure des ahuris et surtout après un break qui a vu accoucher Romain Humeau d’un très bon album solo. Ce nouvel album dégage immédiatement une urgence et une intensité rare dans le rock hexagonal. D’ailleurs, tout de suite après un premier titre d’intro en anglais, déjà excellent, dans la mélodie et dans le chant, l’enchaînement de feu sur le single "Ma part d’ombre" et "Saoul" est quasi parfait. Ce dernier est d’ailleurs l’un des meilleurs titres de l’album. Une rythmique engagée, une tempête de guitares, un chant sans faille… c’est l’extase ! Le groupe sait aussi casser le rythme effréné, avec quelques titres plus au ralenti comme "Belle de jour" ou la superbe "Dispersés" et son faux rythme lent… Très honnêtement, Romain Humeau maîtrise à la perfection la gestion des mélodies immédiates, les refrains à hurler et les intonations grisantes. Entre poussées vocales frissonantes sur "Rien n’est pour de vrai" et le puissant refrain de "Tes vanités", ou l’émotion sans appel du titre éponyme, on oublie rapidement les quelques morceaux moins indispensables, qui ne plombent pas pour autant la qualité de Tandoori. D’ailleurs le disque peut attendre sans soucis sa promo sur scène car les morceaux devraient y prendre une dimension incroyable. Eiffel prend la direction de l’électricité intense… dommage que tout le monde ne soit pas encore « au courant » de leurs qualités ! (mars 2007)

The Fall Of Troy - Manipulator

The Fall Of Troy - Manipulator

Voici la suite logique de Doppelgänger, leur 2e album paru il y a 2 ans. Le jeune groupe de Seattle nous revient avec un album tout aussi déstabilisant qui menace de défoncer les barrières du rock progressif à tout moment. Malgré des mélodies souvent accrocheuses rendant la musique quelque peu accessible, les changements de rythme fréquents, les envolées à la guitare et l’expérimentation constante de ces jeunes musiciens de 21 ans rendent le disque plutôt rebutant pour un public non averti. On navigue encore une fois quelque part entre Faith No More et Yes avec certains moments métal que ne renieraient certainement pas les gars de System Of A Down. Le groupe expérimente un peu plus que sur son disque précédent, mais le résultat n’est pas meilleur et aucune pièce ne nous accroche véritablement. C’est encore un bon album pour les amateurs du genre avec une belle créativité, mais ce sera difficile de gagner la faveur d’un public plus large. (juillet 2007)

Equal Vision

Fall Out Boy - Infinity On High

Fall Out Boy - Infinity On High

Avec From Under the Cork Tree, le groupe pop punk de Chicago Fall Out Boy est non seulement sorti de l’ombre, mais a connu un succès incomparable devenant un des groupes les plus adulés du genre. Le défi devenait ainsi d’autant plus grand que le groupe devait tenter de satisfaire tout ce nouveau public qui le suivait désormais. Infinity On High a donc été produit dans une certaine tension et ça se sent. Dès la première écoute, on a en quelque sorte un choc en ayant l’impression d’entendre un nouveau groupe pop rock. Vous ne voyez pas le mot "punk", mais c’est que vous ne l’entendrez pas non plus sur cet album de Fall Out Boy, à part quelques rares influences. On retrouve tout de même quelques pièces énergiques, dont le premier succès "This Ain’t a Scene, It’s an Arms Race", mais plus souvent qu’autrement, c’est un rock bien commun qu’ils nous présentent. À part les jeunes adolescentes, très peu de gens risquent d’être touchés par ce nouvel album qui n’a plus rien de l’efficacité du précédent. Et même ces adolescentes risquent de perdre patience en entendant la ballade au piano "Golden". Heureusement qu’elle est suivie par "Thnks fr th Mmrs" avec sa section rythmique puissante au refrain. D’autres titres viendront plus tard nous réconcilier avec le groupe ("Bang the Doldrums", "Fame ≤ Infamy", etc.). Mais, nous aurons quand même l’impression en arrivant à la fin du disque que Fall Out Boy a échoué dans sa mission de poursuivre adéquatement la vague lancée par From Under the Cork Tree. Si par bonheur vous réussissez à accrocher à cet album, le plaisir devrait être malheureusement de courte durée. Une version de luxe est également disponible. (mai 2007)

Island / Universal

Farewell - Isn’t This Supposed To Be Fun!?

Farewell - Isn’t This Supposed To Be Fun!?

Farewell est un groupe de la Caroline du Nord composé de 6 gars qui ont décidé qu’ils auraient comme mission de ramener le plaisir dans la musique rock. Issus d’une petite ville saturée de métal hardcore, ils ont décidé de se démarquer avec une musique power pop aux influences allant des Beach Boys à Green Day. Ils intègrent des claviers à leur musique, ce qui fera grincer des dents leurs comparses à la musique beaucoup plus sombre. Isn’t This Supposed To Be Fun!? est leur premier album et il regroupe leurs 13 pièces préférées des dernières années. J’ai écouté le disque à quelques reprises et j’avoue avoir eu de la difficulté à trouver quelque chose à écrire à son sujet. Le groupe est visiblement expérimenté et solide, mais les compositions pop sont quelque peu insipides et on n’en retient rien. Pourtant les mélodies sont bonnes et devraient nous accrocher, mais ce n’est pas le cas. Il y a peut-être « Stay Pretty » qui se démarque du lot, mais c’est à peu près tout. On peut comparer le groupe à Motion City Soundtrack et Simple Plan, mais vous préférerez toujours ressortir un album de ces groupes plutôt que celui de Farewell. Donc, leur mission est réussie à moitié seulement. C’est certain que leur musique est plus lumineuse que le hardcore qui les a entourés toutes ces années, mais je ne peux pas dire que j’ai eu beaucoup de plaisir à son écoute... La question du titre se pose donc plus que jamais : « Est-ce que ce n’est pas supposé être plaisant!? ». (décembre 2007)

Epitaph

½

Ibrahim Ferrer - Mi Sueno

Ibrahim Ferrer - Mi Sueno

Lors de son décès en août 2005 à l’âge de 78 ans, la légende cubaine Ibrahim Ferrer avait commencé à travailler sur son rêve, soit de réaliser un album entièrement composé de pièces de boléro. Il avait heureusement déjà enregistré des démos d’assez bonne qualité des pièces qu’il désirait enregistrer pour l’album, ce qui a miraculeusement permis de compléter le projet en récupérant ces enregistrements vocaux. Voici donc Mi Sueno (Mon rêve), un album de 12 morceaux de boléro. Les arrangements sont sobres avec Roberto Fonseca au piano, Manuel Galban à la guitare et Orlando Lopez à la basse. Une batterie est ajoutée occasionnellement par Ramses Rodriguez. L’album a été réalisé par Fonseca et Nick Gold, sauf "Melodia del rio" de Ruben Gonzalez qui a été réalisée en 1998 par Ry Cooder avec Gonzalez au piano. C’est toujours un peu spécial d’écouter un album posthume et c’est particulièrement le cas ici. C’est qu’il s’agit évidemment des derniers enregistrements que Ferrer a laissé avant de nous quitter et qu’en plus, il était à un cheveu de réaliser son rêve ultime et n’a malheureusement pas réussi de son vivant. On ne peut donc faire autrement que de penser à lui en écoutant cet album touchant qui n’est rien de moins que son testament. Un très bon disque dans le genre jazz vocal cubain… (juin 2007)

Nonesuch / Warner

½

Thomas Fersen - Gratte moi la puce : Best Of de Poche

Thomas Fersen - Gratte moi la puce : Best Of de Poche

Après plusieurs albums acclamés de la critique, voilà que Thomas Fersen a décidé de réenregistrer ses 20 plus grands succès. On retrouve ces pièces en version totalement dépouillée alors qu’elles ont été enregistrées en duo (avec Pierre Sangra) au ukulélé. Au premier abord, une telle idée peut sembler quelque peu bizarre, sauf que la qualité des chansons de Fersen fait en sorte que le projet prend tout son sens. On n’a qu’à écouter l’efficacité de la pièce d’ouverture, « Les papillons », ainsi que celle de « Hyacinthe », « Le chat botté », « Zaza » et du classique italien « Bella Ciao » pour comprendre qu’une bonne chanson peut subir n’importe quelle transformation en termes d’arrangements et demeurer tout de même intéressante. Même si ce disque s’adresse essentiellement à ses fans, il s’agit tout de même d’une bonne façon d’avoir un premier rendez-vous avec le personnage. (février 2008)

Tôt ou tard / Warner

Fields - Everything Last Winter

Fields - Everything Last Winter

Fields est un quintet de Birmingham en Angleterre qui nous propose un son indie rock aux influences folk. Everything Last Winter est leur 1er album complet après le mini-album 7 From The Village lancé l’an passé. J’ai surtout reconnu des influences de Fleetwood Mac et de My Bloody Valentine dans ces chansons contenant énormément de textures et aux arrangements léchés. Il y a aussi un peu de Simon & Garfunkel dans les moments les plus acoustiques. Les harmonies vocales féminines et masculines de Thorunn Antonia et Nick Peill créent un son particulièrement intéressant. Les mélodies sont remarquables et les compositions, solides. Plusieurs chansons contenues ici n’ont rien à envier aux meilleurs enregistrements de Travis, Coldplay et Radiohead, même si les harmonies vocales et la guitare acoustique nous rapprochent plus souvent de la musique folk californienne des années 60. Voici une bien belle découverte que je conseille fortement. (découverte du mois de juillet 2007)

Atlantic / Warner

½

Valdy & Gary Fjellgaard - Contenders Two : Still In The Running

Valdy & Gary Fjellgaard - Contenders Two : Still In The Running

C’est la réunion de 2 légendes canadiennes de la musique country/folk qu’on retrouve ici, le temps d’un court album de 33 minutes qui se veut la suite d’un disque paru à la fin de 1999, Contenders. Les 11 pièces présentées sont un mélange de compositions originales et de classiques du genre. Ce qui frappe dès la première pièce, "For The Love Of It", c’est le naturel avec lequel ces 2 personnages évoluent ensemble, leurs voix se fusionnant à la perfection. Ils nous offrent des chansons nostalgiques ("The Fever", "Seven Spanish Angels", etc.), ainsi que des pièces légères et joyeuses ("VLT", etc.). L’album dans son ensemble s’écoute bien et il risque fort de séduire les fans de country contemporain. (septembre 2007)

Stony Plain

Foo Fighters - Echoes, Silence, Patience & Grace

Foo Fighters - Echoes, Silence, Patience & Grace

Après leur album du 10e anniversaire, In Your Honor, qui nous présentait une moitié acoustique et une moitié rock, voilà que les Foo Fighters intègrent à nouveau les 2 styles à l’intérieur du même album. On pourrait même dire à l’intérieur d’une seule chanson puisque certaines possèdent une structure similaire. Elles débutent tout en douceur, à tel point qu’on monte le volume pour ne rien manquer, puis elles se déchaînent complètement pour devenir particulièrement lourdes et débridées avec une guitare grinçante. Il y a bien quelques exceptions comme l’excellente pièce acoustique « Stranger Things Have Happened ». J’aime bien aussi « Erase/Replace » et les mélodiques « Long Road To Ruin » et « Summer’s End ». L’instrumentale « Ballad of the Beaconsfield Miners » ne possède rien de bien exceptionnel, si ce n’est le fait qu’elle nous présente un côté jusque là inconnu des Foo Fighters. Les pièces rock sont généralement assez planes et sans grands rebondissements, bien loin du grunge énergique de leurs débuts. La seule qui nous rappelle quelque peu cette époque est peut-être « Cheer Up, Boys (Your Make Up Is Running) ». En fait, le principal problème de ce nouvel album est qu’il n’apporte rien de véritablement neuf. Tout semble avoir déjà été entendu et rien ne nous demeure en tête bien longtemps. J’ai bien peur qu’après ce sixième album, les Foo Fighters approchent de la croisée des chemins. Ils devront faire de sérieux ajustements dans le futur pour pouvoir conserver la lentille dans leur direction. Pour l’instant, ils ne risquent pas d’exciter bien des gens. (chronique principale de mars 2008)

Foreign Born - On The Wing Now

Foreign Born - On The Wing Now

Foreign Born a été formé à Los Angeles en 2003 et nous présente ici son tout premier disque, On The Wing Now. On peut les comparer à The Arcade Fire, Echo & The Bunnymen et Radiohead. Ils ont un son indie rock avec parfois des éléments acoustiques (intimistes) ou planants (plus grandioses). Les compositions sont solides sans toutefois renverser de barrières. Puis, on retrouve quelques pièces que j’ai trouvées plutôt ennuyantes, ce qui vient quelque peu gâcher la sauce. Foreign Born est tout de même un bon groupe qu’il faudra surveiller dans le futur. (novembre 2007)

Dim Mak / Earshot

The Frames - The Cost

The Frames - The Cost

Le groupe irlandais The Frames est de retour après l’excellent Burn the Maps paru il y a 2 ans. Il s’agissait à ce moment de leur album le plus solide en carrière, un disque qui figure dans le top 20 des meilleurs albums de 2005. La barre était donc plutôt haute pour ce groupe qui semble avoir atteint sa véritable maturité après 15 ans de carrière. Quelle ne fut pas ma surprise en écoutant The Cost de découvrir un album tout simplement sublime. Le groupe continue dans la même direction avec un son folk rock très britannique (Coldplay, Radiohead), mais avec aussi des influences montréalaises (The Dears, The Arcade Fire). Les orchestrations sont magnifiques et toujours parfaitement intégrées. L’enregistrement live en studio rend très bien justice aux compositions solides et inspirées du groupe, tout en recréant l’ambiance incomparable de ses concerts. Le charme opère dès la première pièce, "Song for Someone", avant de se poursuivre sur "Falling Slowly" (le premier extrait) et l’épique "People Get Ready". L’acoustique "Rise" vient nous arracher le cœur, avant que "When Your Mind’s Made Up" s’élève littéralement devant nos yeux par une progression comme seul The Frames peuvent en faire. Dès les premières notes de "Sad Songs", on sait qu’on l’aimera et la chanson-titre est une autre de ces pièces qui rendent l’album incontournable. En fait, les faiblesses sont quasi-inexistantes sur The Cost alors que chaque composition est grandiose. Il reste à voir quel genre de vie aura l’album, mais il demeurera probablement l’album de leur carrière. Le nouvel album de The Arcade Fire n’aura qu’à bien se tenir parce que la compétition sera sans pitié dans ce genre musical. Qui l’emportera? Lisez la chronique de Neon Bible de The Arcade Fire pour le savoir. (critique principale de mars 2007)

Anti- / Epitaph

Sage Francis - Human The Death Dance

Sage Francis - Human The Death Dance

J’avais beaucoup aimé l’album précédent du rappeur alternatif Sage Francis, A Healthy Distrust. J’étais donc bien curieux d’entendre son nouvel enregistrement et ma curiosité a été grandement récompensée. Avec Human The Death Dance, Francis amène son art un peu plus loin et nous prouve qu’il est non seulement un des meilleurs rappeurs de sa génération, mais aussi un auteur dans une classe à part. C’est dommage qu’il ne soit toujours pas reconnu en dehors de l’underground, le milieu du hip hop étant un des cercles les plus fermés aux États-Unis. Les bons moments sont nombreux sur ce 4e album de Sage Francis (en fait ce sont les mauvais moments qui sont rares). Selon moi, la pièce centrale de l’album est la pièce blues "Got Up This Morning" construite sur un rythme de son ami Buck 65 et avec la voix de Jolie Holland. Un peu plus loin, "Clickety Clack" est certainement une des meilleures pièces qu’il ait écrites, ma préférée de cet album. La deuxième moitié du disque de 55 minutes présente également ses moments forts avec coup sur coup les excellentes "Keep Moving", "Waterline" et "Black Out On White Night", sans oublier un peu plus loin "Call Me Francois" et ses excellents échantillonnages. Finalement, l’album se termine en beauté avec "Going Back To Rehab". Francis fait tout sur cet album incluant les arrangements et la réalisation. Certains parlent de son album le plus personnel, mais je n’embarquerai pas dans le cliché. Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit de son meilleur album à ce jour. Je suis déjà prêt à faire une prédiction et à affirmer qu’il s’agit peut-être ici du meilleur album rap de 2007. À suivre… (juin 2007)

Anti- / Epitaph

Galactic - From The Corner To The Block

Galactic - From The Corner To The Block

Galactic est un groupe de funk nouveau genre qui existe depuis 1994. Il allie le funk, le rock, le hip hop, l’electronica et le jazz. From The Corner To The Block est leur premier album sur l’étiquette Anti et il fait suite à Ruckus paru il y a 4 ans et qui avait été acclamé de la critique. On retrouve à nouveau tous les éléments qui ont fait la réputation du groupe avec encore une fois un heureux mélange de styles. Gorillaz et les Beastie Boys nous viennent en tête en quelques occasions, tout comme The Coup et Blackalicious, leurs nouveaux collègues pour l’étiquette Anti. Ce qui est certain, c’est qu’on est plutôt loin de James Brown avec Galactic et qu’ils nous offrent plutôt un funk futuriste. Difficile d’en dire plus sur un groupe qu’il faut simplement écouter pour comprendre toute sa créativité. Disons seulement que From The Corner To The Block n’est peut-être pas aussi exceptionnel que leur précédent, mais est tout de même un excellent album. (décembre 2007)

Anti- / Epitaph

½

Gallows - Orchestra Of Wolves

Gallows - Orchestra Of Wolves

La presse britannique considère Gallows comme le groupe le plus excitant à avoir fait son apparition sur la scène punk hardcore britannique depuis des années. Le quintet tire surtout ses influences des groupes hardcore des années 80 Minor Threat et Black Flag, ainsi que du groupe suédois Refused, mais on retrouve aussi l'attitude punk britannique de 1977 (Sex Pistols, The Clash). Ce qui frappe dès la première écoute de Orchestra Of Wolves, c'est l'énergie dégagée et le bon vieux son rock n' roll brut. Même si les voix demeurent hardcore, il y a toujours une certaine mélodie et peu de pièces sont ennuyantes. "Kill The Rhythm" passe à l'assaut dès le début du disque et ce sera un flot continu jusqu'à la fin, malgré plusieurs changements de rythme en cours de route. La chanson-titre n'est pas sans nous rappeler d'une certaine façon The Stooges, alors que "Will Someone Shoot That Fucking Snake" nous présente une version hardcore de ce qu'auraient pu faire The Specials. "In The Belly Of A Shark" est en quelque sorte un mélange de psychobilly et de punk hardcore. L'album était paru en Angleterre à l'automne 2006, mais nous pouvons enfin l'entendre en Amérique grâce à Epitaph Records. Cette version américaine inclut 3 pièces en prime : "Sick Of Feeling Sick", "Black Heart Queen" (qui a un petit quelque chose des Sex Pistols) et la reprise de Black Flag, "Nervous Breakdown". Je peux affirmer sans hésitation que Gallows éclipse tout groupe hardcore américain actuel, puisque Orchestra Of Wolves est définitivement dans une classe à part. (découverte du mois d'août 2007)

Epitaph

½

The Good, The Bad & The Queen - The Good, The Bad & The Queen

The Good, The Bad & The Queen - The Good, The Bad & The Queen

Alors que Gorillaz travaillait à son 2e album, Demon Days, son leader, Damon Albarn, a débuté ce projet parallèle pour lui permettre de revenir à ses racines londoniennes. Par le fait même, on retrouve plus de liens avec le groupe qui l’a rendu célèbre, Blur. Il s’entoure ici du légendaire bassiste de The Clash, Paul Simonon, du guitariste de The Verve, Simon Tong, ainsi que du batteur Tony Allen. Danger Mouse, un ex-collaborateur de Gorillaz, assure quant à lui la réalisation de ce disque qui pique déjà la curiosité avant même d’en avoir entendu un seul accord. Musicalement, le disque offre un rythme plutôt lent, rempli de mélancolie, où le piano d’Albarn occupe une place importante. Peu de titres se distinguent véritablement à travers le lot qui peut sembler endormant au premier abord et ainsi décourager certains auditeurs. Par contre, il s’agit d’un excellent album qui plaira assurément aux fans de Damon Albarn et de ses différents projets. (découverte du mois de février 2008)

½

Gorguts - The Erosion Of Sanity (1993) (réédition de 2007)

Gorguts - The Erosion Of Sanity (1993) (réédition de 2007)

Avec son 2e album, The Erosion Of Sanity, le groupe de death metal québécois Gorguts a réussi à impressionner bien des fans du genre et plusieurs parlent même d’un des meilleurs albums death metal de tous les temps. Sans aller jusque là, je dirais que le groupe a réussi à évoluer par rapport à son premier disque, qu’on aime ou non. Ce qui est clair, c’est que l’étiquette Roadrunner n’a sûrement pas apprécié puisqu’elle les a laissé tomber peu de temps après. Cette réédition de l’album nous présente en boni 2 pièces additionnelles. Il s’agit de la version démo de "A Path Beyond Premonition", ainsi que d’une pièce non parue sur l’album, "Disecting the Adopted". (juillet 2007)

Metal Mind / MVD

½

Gorguts - Considered Dead

Gorguts - Considered Dead (1991) (réédition de 2007)

Le groupe québécois Gorguts est considéré comme un des secrets les mieux gardés du death metal. Il faut dire qu’ils sont arrivés à une période où le death metal commençait déjà à perdre de la vigueur. Considered Dead est leur premier album, réalisé par Scott Burns, et il impressionne par son expérimentation et sa créativité dans un genre où bien des groupes n’ont fait que copier ce qui avait déjà été fait. On y trouve des invités de renom comme James Murphy de Death qui vient jouer la guitare sur "Inoculated Life", ainsi que Chris Barnes de Cannibal Corpse qui prête sa voix à "Bodily Corrupted", "Rottenatomy" et "Hematological Allergy". Cette réédition offre 2 démos en boni, la chanson-titre et "Rottenatomy". C’est une excellente façon de se replonger dans les bonnes années du death metal en découvrant le meilleur groupe québécois dans le genre. Le mois prochain, je vous présenterai la réédition de leur 2e album, The Erosion Of Sanity. (juin 2007)

Metal Mind / MVD

Gorillaz - D-Sides

Gorillaz - D-Sides

Le groupe virtuel Gorillaz a produit suffisamment de matériel lors de l’enregistrement de l’album Demon Days pour nous offrir un album de faces B de rien de moins que 13 titres. Ces pièces incluent la version démo originale de « Don’t Get Lost In Heaven », mais tout le reste aurait pu être inclus sur un véritable album sans aucune gêne. Il y a bien des morceaux moins efficaces qui n’auraient servi que de remplissage, mais l’ensemble est tout de même solide pour un album de pièces rejetées. L’album nous offre un mélange de hip hop, trip hop, new wave, dub et rock qui peut créer une excellente musique d’ambiance moderne. Même s’il y manque une certaine cohésion, c’est un disque qui offre de biens bons moments. Un 2e CD est inclus et il contient des remix de quelques pièces de l’album Demon Days. On en retrouve 3 pour « Dare », 3 pour « Kids With Guns », en plus de « Feel Good Inc. », « El Manana » et « Dirty Harry ». Avec presque 2 heures de musique au total, les fans de Gorillaz et Damon Albarn en auront certainement pour leur argent avec D-Sides. (mars 2008)

Parlophone / EMI

½

The Great Kat - Beethoven On Speed

The Great Kat - Beethoven On Speed (1990) (réédition de 2007)

Sur son 2e album, Beethoven On Speed, Katherine Thomas a été encore un peu plus loin dans son désir de transformer la musique classique en métal. Séparé en 2 opus, cet album présente différents extraits d’œuvres de Beethoven en version speed metal typique à The Great Kat. Sa musique débridée demeure cacophonique, mais on retrouve un peu plus d’éléments intéressants ici par rapport à son premier disque, Worship Me Or Die! Sa virtuosité ne peut être mise en doute et le défoulement est garanti. Par contre, ce n’est pas automatique que vous apprécierez sous prétexte que vous êtes un grand admirateur de Beethoven. On ne peut même pas prétendre que ce soit un album pour permettre d’initier de nouvelles recrues fans de métal à la musique classique. Un des bons moments du disque, en excluant les « reprises » de Beethoven, est « Funeral March », un instrumental extrêmement efficace. Supérieur à son 1er album, Beethoven On Speed aura permis à The Great Kat de se faire un nom, même si on l’a perdue de vue ensuite. (mars 2008)

Metal Mind / MVD

The Great Kat - Worship Me Or Die!

The Great Kat - Worship Me Or Die! (1987) (réédition de 2007)

Katherine Thomas est née en Angleterre, mais a grandi à Long Island, New York. Après avoir pris très jeune des cours de piano et de violon, elle a étudié la musique classique avant de se convertir au heavy metal. Virtuose de la guitare, elle s’est rapidement spécialisée en speed metal avec pour ambition de transformer la musique classique en métal. Son premier album, Worship Me Or Die!, paru en 1987 mais réédité 20 ans plus tard, nous offre une musique qui décoiffe véritablement. Entièrement basée sur les solos de guitare à l’emporte-pièce, sa musique peut devenir rapidement cacophonique avec de nombreux changements de rythmes, une batterie bruyante et une voix de gorge pas trop séduisante. Ses textes aiment provoquer (« Death To You », « Satan Goes To Church », « Kill The Mothers ») et tout au long du disque on a vraiment l’impression qu’elle cherchait à tout prix un moyen de se défouler et qu’elle l’a trouvé sans prendre la peine d’aller dans la subtilité. C’est donc un album qui se situe quelque part entre le hard rock de Yngwie Malmsteen et Lillian Axe, le thrash metal de Metal Church et Anthrax et la folie éclatée de Green Jellÿ et Gwar. Musicalement, on ne peut pas dire que c’est véritablement réussi, mais pour un mélange intéressant de virtuosité et de défoulement débridé, Worship Me Or Die! risque de faire le travail. (février 2008)

Metal Mind / MVD

Grinderman - Grinderman

Grinderman - Grinderman

Grinderman est un projet parallèle de Nick Cave & The Bad Seeds, incluant Nick Cave, Warren Ellis, Martyn Casey et Jim Sclavunos. Le quatuor nous propose une musique expérimentale au son plutôt lourd incluant du blues punk et du rock garage. On a rarement entendu Cave pousser autant au micro, ce qui nous donne une nouvelle facette plus qu’intéressante (surtout dans le premier extrait "No Pussy Blues"). L’atmosphère créée tout au long du disque est extrêmement sombre, voire même troublante. On peut détecter des influences psychédéliques et garage de la fin des années 60 (Pink Floyd, The Doors, The Stooges, MC5). En bout de ligne, le résultat est particulièrement intéressant avec une musique extrêmement originale, qui ne plaira pas nécessairement à un large public, mais qui ravira les fans de Nick Cave. Un album surprenant! (découverte du mois de mai 2007)

Anti- / Epitaph

½

Emily Haines & The Soft Skeleton - What Is Free To A Good Home?

Emily Haines & The Soft Skeleton - What Is Free To A Good Home?

Un an après son premier album solo, Knives Don’t Have Your Back, Emily Haines nous offre un mini-album qui se veut la suite logique de l’album. En fait, 5 des 6 pièces présentées ici ont été enregistrées au même moment que l’album, mais elles ont été laissées de côté quand est venu le temps de décider du contenu final du disque, même si elles avaient toutes les qualités nécessaires pour y figurer. Elles demeurent donc exactement dans la même atmosphère que celles du disque précédent et ne risquent de surprendre personne. Ce sont des pièces toutes douces, essentiellement au piano, mettant grandement en évidence la voix de Haines et ses textes. La 6e pièce du disque de 20 minutes est un remix de "Mostly Waving" qu’on retrouvait sur Knives Don’t Have Your Back. Ce mini-album devrait aller conjointement avec son précédent disque, donc n’achetez pas l'un sans l’autre. (octobre 2007)

Last Gang

Johnny Hallyday - Flashback Tour : Palais des Sports 2006 (2 CD)

Johnny Hallyday - Flashback Tour : Palais des Sports 2006 (2 CD)

Le légendaire rockeur français Johnny Hallyday a donné 2 excellentes performances sur scène au Palais des Sports de Paris les 14 et 15 juin 2006. Le meilleur de ces 2 concerts a été assemblé pour en faire un seul de 28 titres qui est présenté sur 2 CD pour un total de plus de 2 heures et 15 minutes. On y trouve évidemment tous ses plus grands succès ("Ma gueule", "Le pénitencier", "Que je t’aime", "Gabrielle" et beaucoup d’autres), ainsi que des classiques américains et britanniques qui l’ont influencé ("Proud Mary" de CCR, "Honky Tonk Woman" des Rolling Stones), sans oublier des adaptations françaises de classiques ("Hey Joe" de Jimi Hendrix, "O Carole" de Chuck Berry, etc.). On peut aussi entendre 3 pièces inédites : "La loi du silence", "Seul au beau milieu d’un lac" et "La quête" de Jacques Brel. Il faut noter la présence parmi les musiciens de 2 québécois de grand talent, Réjean Lachance à la guitare et Alain Couture à la guitare acoustique et aux voix, qui se sont surtout fait connaître au sein du Mercedes Band, qui accompagnait l’humoriste Jean-Marc Parent dans les années 90. Finalement, je ne peux passer sous silence les magnifiques voix des choristes Johanna Manchec et Amy Keys qu’on peut surtout entendre sur les pièces "Proud Mary", "Honky Tonk Woman" et "J’oublierai ton nom". Cet excellent album en concert présente un bon aperçu de la vaste carrière qu’a eu Hallyday en explorant ses différentes époques. Il est plus en forme que jamais et n’a rien perdu de sa fougue, ce qui plaira particulièrement à ses fans de longue date. Veuillez noter qu’une version en format DVD est également disponible. (juillet 2007)

Warner

Mick Harvey - Two Of Diamonds

Mick Harvey - Two Of Diamonds

Mick Harvey est de retour après le très bon One Man’s Treasure paru il y a 2 ans. Alors qu’il avait travaillé seul à cet album, il revient maintenant avec un groupe complet. L’album a été enregistré live en studio et une contrebasse remplace la basse, ce qui offre de nouvelles possibilités au son de Harvey. On retrouve une majorité de compositions originales, mais il y a aussi des classiques obscurs comme ceux provenant de PJ Harvey avec qui Mick a beaucoup travaillé dans la dernière décennie. Certaines pièces ne sont pas si éloignées du style de Nick Cave & The Bad Seeds, le groupe qu’il a co-fondé. Mais là où je l’ai préféré, c’est dans les pièces dans lesquelles il revient à ses racines, comme par exemple ses racines blues dans "I Don’t Want You On My Mind". La pièce d’ouverture, "Photograph", est également excellente, tout comme "Everything Is Fixed", mais quelques ballades acoustiques m’ont quelque peu ennuyé en cours de route. Par contre, les fans de Mick Harvey en auront grandement pour leur argent avec ce très bon disque. (juillet 2007)

Mute

½

Mick Harvey - Motion Picture Music 1994-2005

Mick Harvey - Motion Picture Music '94-'05

Mick Harvey est un véritable homme-orchestre, en plus d’être arrangeur, réalisateur, compositeur de musique de film et co-fondateur de Nick Cave and the Bad Seeds et The Birthday Party. Il a été acclamé de la critique pour ses musiques de film, en plus de remporter des prix prestigieux. Harvey nous présente ici sa deuxième compilation de musique de film. On y retrouve des extraits composés pour le film australien Chopper, en plus d’extraits d’un vaste spectre de productions internationales incluant des documentaires, courts métrages, etc. Il y a 27 pièces en tout, toutes instrumentales sauf une, et plutôt atmosphériques, de la vraie musique de film quoi! La seule pièce chantée, "The Farewell Song", vient conclure l’album. Elle a été co-écrite par Nick Cave qui en est également le chanteur. Même si ce n’est pas trop mon genre d’écouter de la musique de film en dehors de son contexte, il faut avouer que ce sont ici de bien bonnes compositions qui nous sont offertes. Mais, cet album s’adresse essentiellement à ses fans de longue date. (avril 2007)

Mute

Kate Havnevik - Melankton

Kate Havnevik - Melankton

Norvégienne d’origine et maintenant établie à Londres, Kate Havnevik nous présente son tout premier album avec Melankton. Elle nous propose une musique trip hop plutôt lente et atmosphérique qui peut être comparée à Portishead, Moby et Sarah McLachlan. Mais, le nom qui nous vient tout de suite en tête, c’est celui de Björk. Elle n’est pas très éloignée musicalement et sa voix s’en approche aussi beaucoup, surtout à certains moments précis où c’est carrément frappant. On a pu entendre plusieurs de ses chansons dans les émissions télévisées Grey’s Anatomy et The O.C., ce qui en a fait presque instantanément des succès. C’est le cas pour "Travel In Time", "Nowhere Warm", "Not Fair" et "Unlike Me". Le mélange d’arrangements électroniques et d’orchestrations crée une très belle profondeur musicale à sa musique. C’est une musique douce et enveloppante qui s’écoute admirablement bien et crée une ambiance particulière. La musique de Kate Havnevik est plus accessible que celle de Björk et elle permet de garder vivante la musique trip hop qui a perdu des plumes depuis le début de la décennie. Un bien bon disque d’une artiste à découvrir… (juillet 2007)

Universal

½

Joe Henry - Civilians

Joe Henry - Civilians

Après Tiny Voices paru en 2003 et considéré par plusieurs spécialistes comme son meilleur album en carrière, la pression était forte sur Joe Henry pour l’écriture de son 10e album. L’auteur, compositeur, interprète et réalisateur a tenté de revenir à un style un peu plus dépouillé sur Civilians et le résultat est plutôt efficace. La qualité des mélodies étant indéniable, les artifices sont superflus. Il nous offre à nouveau un son country/rock et folk aux influences de Neil Young et Bob Dylan et qu’on pourrait comparer en partie à Ron Sexsmith et Wilco. Henry travaille ici avec les musiciens de l’album Strange Weirdos de Loudon Wainwright III, album co-réalisé par Joe Henry qui est paru en mai dernier comme bande originale du film Knocked Up. Il reprend d’ailleurs ici une des pièces de cet album, "You Can’t Fail Me Now". En plus de cette excellente inclusion, il nous offre quelques petits bijoux comme "Civil War", "Scare Me To Death", "Our Song" et la chanson-titre. Le début de "Time Is A Lion" n’est pas sans nous rappeler "Money" de Pink Floyd, ce qui nous fait hésiter entre l’intérêt et la gêne. Quelques autres titres sortent un peu moins de l’ordinaire, mais Civilians est tout de même un album de première qualité pour ceux qui aiment la musique introspective. On peut certainement considérer ce 10e album comme faisant partie de la moitié supérieure de ses enregistrements. (novembre 2007)

Anti- / Epitaph

½

The Higher - On Fire

The Higher - On Fire

Directement de Las Vegas nous arrive le groupe The Higher, un quintet composé de jeunes gars d’à peine 20 ans. On Fire est leur 2e album, mais le premier sur l’étiquette Epitaph Records. On peut y entendre un son pop rock dansant aux influences R&B, et ce dès le premier extrait, "Insurance?". Leur musique peut tout de même être comparée aux groupes pop punk les plus en vogue (Simple Plan, The Matches, Fall Out Boy, etc.). Leur son peut donc autant rejoindre les fans de punk purs et durs que les admirateurs de Justin Timberlake. Si les 11 premières pièces du disque ne réussissent pas à faire lever les danseurs de leur siège, la 12e et dernière fera assurément le travail. En effet, "Pace Yourself" a été remixée par Patrick Stump de Fall Out Boy pour en faire une version purement R&B. Dans l’ensemble, il s’agit ici d’un album léger qui s’adresse essentiellement aux adolescents, particulièrement ceux qui seraient ambivalents entre le rock et le R&B. On Fire ne renverse aucune barrière, mais ses mélodies accrocheuses et ses rythmes efficaces font en sorte qu’il est agréable à écouter. (mai 2007)

Epitaph

The Honorary Title - Scream & Light Up The Sky

The Honorary Title - Scream & Light Up The Sky

Le duo de Brooklyn, New York a évolué en un quatuor au cours des dernières années et il nous offre ici son 2e album, le 1er pour une étiquette majeure. Le groupe est donc passé en un mode un peu moins intimiste, moins centré sur le chanteur, guitariste, auteur et compositeur Jarrod Gorbel. Je trouvais un peu bizarre qu'on nous présente un mini-album de 4 titres quelques semaines seulement avant la sortie de ce nouveau disque, mais je dois avouer que l'idée était très bonne compte tenu de l'évolution de leur style depuis leur premier opus. Le mini-album, Untouched & Intact, nous offrait 2 nouvelles pièces ("Untouched and Intact" et "Along The Way" qu'on retrouve aussi ici), ainsi que 2 faces B datant de leurs débuts ("Finally Understand" et "7 Blocks"), ce qui nous permettait de bien faire le pont entre le duo et le quatuor et de préparer les fans mentalement pour leur nouveau style. C'est donc sans grande surprise qu'on retrouve ce son indie pop de grande ampleur avec des influences brit pop évidentes. On peut les comparer à Dashboard Confessional, Muse et Jimmy Eat World. Lorsqu'on entend des pièces comme "Thin Layer", "Untouched and Intact", "The City's Summer" et le premier extrait "Stuck At Sea", on applaudit le courage de Gorbel d'avoir accepté de s'effacer quelque peu dans un groupe axé sur la guitare avec une section rythmique puissante. Selon moi, c'est avec Scream & Light Up The Sky que The Honorary Title prend véritablement son envol. (octobre 2007)

Reprise / Warner

½

The Honorary Title - Untouched & Intact

The Honorary Title - Untouched & Intact

The Honorary Title est un duo de Brooklyn, New York qui existe depuis 5 ans. Le duo indie rock a un seul album a son actif et il nous offre ici un mini-album pour attirer notre attention sur le groupe avant la sortie de son 2e album, Scream & Light Up The Sky (qui est sur les tablettes depuis quelques jours à peine). Sur ce mini-album de 4 pièces totalisant 16 minutes, on retrouve 2 pièces du nouvel album, l’excellente "Untouched and Intact" et "Along The Way", ainsi que 2 faces B parues précédemment, "Finally Understand" et "7 Blocks". On peut déjà entendre la différence entre les compositions les plus récentes et les plus vieilles alors que les nouvelles pièces ont un son beaucoup plus complet et enveloppant, moins centré sur la guitare acoustique. Un des premiers noms qui nous vient en tête est Dashboard Confessional. Ce mini-album, même s’il est beaucoup trop court, réussit parfaitement sa mission de promouvoir le nouvel album du groupe puisqu’on a tout de suite le goût d’en entendre plus. (septembre 2007)

Reprise / Warner

Hot Hot Heat - Happiness Ltd. (CD + DVD)

Hot Hot Heat - Happiness Ltd. (CD + DVD)

Pour son album précédent, Elevator, son premier pour une étiquette majeure, le groupe canadien Hot Hot Heat a produit un son propre plus orienté vers la musique pop. Ils tentent maintenant sur Happiness Ltd. de revenir à l’énergie des débuts qui permettait de les comparer à The Strokes, tout en conservant la production léchée d’Elevator. Le résultat est intéressant alors que des noms comme Franz Ferdinand et The Killers nous viennent rapidement en tête. Les 4 premières pièces sont excellentes, de la chanson-titre à « Harmonicas & Tambourines » en passant par « Let Me In » et « 5 Times Out Of 100 ». Par contre, la ballade « Outta Heart » nous ramène sur terre assez abruptement à la 5e piste alors que je l’ai trouvée franchement ennuyante. Par la suite, le groupe revient avec la dynamique « My Best Fiend », qui est divertissante mais reprend les mêmes éléments entendus précédemment. Ce sera un peu le cas jusqu’à la fin alors qu’on sent que la créativité du groupe a quelque peu tourné en rond. Un peu comme sur le précédent disque, la musique de Hot Hot Heat demeure entraînante, mais ne va pas au-delà des barrières créatives. En bout de ligne, c’est donc un album qui s’écoute bien mais qui ne révolutionne rien musicalement. La version avec DVD permet de voir un documentaire de 55 minutes sur l’évolution de leur travail en studio, mais la version avec CD seul est amplement suffisante. (décembre 2007)

Sire / Warner

Ill Scarlett - All Day With It

Ill Scarlett - All Day With It

Ill Scarlett est un groupe pop punk de Toronto aux influences ska et reggae. Après un mini-album qui a connu passablement de succès en 2006, le groupe est revenu avec son tout premier album l’année suivante, All Day With It. Réalisé par Matthew Wilder (No Doubt), l’album possède une énergie hors du commun grâce à des compositions solides arrangées avec une envergure incomparable. Quelques moments un peu plus doux sont tout aussi intéressants (« Pacino ») et les mélodies sont totalement inoubliables. Ill Scarlett peut nous rappeler Sublime par moments, mais il demeure un groupe de rock commercial parfaitement formaté pour les radios. Même si certaines compositions attireront certainement moins votre attention, cet album varié demeure un premier disque efficace pour ce groupe qui possède un avenir prometteur. (février 2009)

Sony BMG

The John Butler Trio - Grand National

The John Butler Trio - Grand National

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Que les choses soient dites, John Butler est un excellent musicien, un fin compositeur, un bon chanteur. En 2004, il émerge peu à peu et sort la tête de l'eau grâce à l'excellent Sunrise Over Sea. Depuis cette époque, John Butler tourne avec son groupe, vient souvent en France, et devient l'une des têtes d'affiches secondaires les plus prisées dans les festivals. Dans le fond, sa musique n'est pas novatrice, et tend vers le folk tout en draguant les dieux du reggae. Bien entendu, à ce moment-là, personne ne peut s'empêcher, et à juste titre, d'évoquer Ben Harper. Trois années plus tard, avec ce Grand National, que faut-il en attendre? Une continuité? Un revirement de situation? Plutôt la première option en fait… Musicalement, le John Butler Trio est toujours affûté mais a manqué un peu s’insuffler un nouveau souffle. Malheureusement, Harper est bel et bien passé par là avant… Cela s’entend clairement sur le premier titre "Better Than". Comme son aîné, John Butler s’aventure dans le funk sur "Used To Get High", dans une sorte de reggae approximatif sur "Gov Did Nothin'" ou dans l’univers du folk sur "Losing You". Globalement, Grand National est loin d’être un mauvais album, mais il manque un peu de saveur, d’aventure, de risque… C’est une musique tellement immédiate qu’elle en devient trop accessible. Et tout l’éclectisme et la maîtrise technique dont font preuve les australiens sont mangés par un sentiment rageur de déjà vu et digéré. Le combo australien semble s’être laisser aller dans la facilité qui fait immédiatement chuter l’appréciation de ce disque qui est bon, mais dont on aurait pu attendre le très bon aux vues des possibilités du groupe. (juin 2007)

Norah Jones - Not Too Late

Norah Jones - Not Too Late

La chanteuse jazz Norah Jones est de retour avec un 3e album, un album qui a connu un immense succès dès sa sortie en atteignant le numéro 1 des plus importants palmarès du monde. Il s’agit ici du premier disque pour lequel elle signe la totalité des compositions, en plus d’être le premier album à ne pas avoir été réalisé par le légendaire Arif Mardin, décédé à l’été 2006. Not Too Late représente donc un point tournant important dans la carrière de cette jeune chanteuse qui a déjà vendu plus de 30 millions de disques à travers le monde. C’est à son fidèle collaborateur, bassiste et compagnon de vie, Lee Alexander, qu’elle a confié la réalisation de ce nouvel album. On peut toujours établir des parallèles avec ses deux premiers disques avec son style jazzy incluant beaucoup de piano. Sauf qu’ici, elle va un peu plus loin dans des pièces folk et country laissant le piano de côté pour faire toute la place à la guitare. On peut établir certaines comparaisons avec Neko Case et Tori Amos, toujours dans un style calme, enveloppant, introspectif et relaxant. Sa marque de commerce quoi… L’album a été enregistré de façon plutôt minimaliste et on sent une certaine retenue de la part de Jones qui a voulu garder les chansons simples et sans artifices. C’est bien, mais on aimerait parfois qu’elle pousse un peu plus la machine, surtout quand on commence à somnoler dans la deuxième moitié. Je comprends très bien que c’est un album personnel, mais elle aurait tout de même pu exploiter un peu plus sa voix unique plutôt que de simplement chanter pour son amoureux en le regardant dans les yeux, lui demandant probablement son approbation du regard. Les compositions sont loin d’être mauvaises, mais il m’a semblé entendre un album incomplet, comme si on l’avait lancé alors qu’il était encore en cours de travail. Les fans de Norah vont sûrement y trouver leur compte, mais Not Too Late représente selon moi une transition vers quelque chose de mieux. Elle pourrait fort bien nous offrir son meilleur album en carrière la prochaine fois… (mars 2007)

Blue Note / EMI

Jorane - Vers à soi

Jorane - Vers à soi

Depuis ses débuts en 1999, Jorane en a fait du chemin, parcourant le monde avec son violoncelle « sous le bras ». En plus de son style musical unique, ce qui l’a surtout fait connaître au départ c’est ce langage universel qu’elle a créé avec sa voix plutôt que de chanter de vraies paroles. Par la suite, elle nous a offert des textes en français et en anglais, mais la plupart lui provenaient de collaborateurs. Cette fois-ci, les 11 pièces en français sont toutes de la plume de Jorane, sauf « Éléphant blanc » qu’elle a écrite avec Jonathan Painchaud. Musicalement, elle demeure dans le style qui l’a fait connaître avec un son planant à la tendance néo-classique créant une atmosphère toute particulière. On peut encore une fois la comparer à la pop adulte d’une Sarah McLachlan, mais on sent que l’effort a été surtout concentré ici vers la création des textes plutôt que vers les expérimentations musicales. Il reste que Jorane ne tombe pas dans le panneau de ne se servir de sa musique qu’en guise d’accompagnement. La richesse musicale est encore au rendez-vous, mais moins surprenante que du temps de son fameux langage inventé. Ici, c’est une poésie très bien écrite qu’elle nous propose, parfois aussi subtile et difficile à décoder que ses textes sans mots. Elle en invente encore quelques-uns et joue avec la langue française d’une très belle façon, d’une façon qui cadre parfaitement avec son univers. Avec Vers à soi, Jorane démontre qu’elle n’a rien perdu de sa créativité débordante, même si elle réussit moins à nous surprendre qu’il y a quelques années. C’est un album qui plaira encore à ses fans et qui risque d’aller en chercher de nouveaux, soit les francophones pour qui il est important d’avoir des textes à écouter. (décembre 2007)

Tacca

½

Justice, †

Justice - †

Justice est un duo français composé de Gaspard Augé et Xavier de Rosnay. Les 2 gars nous proposent un son électronique aux frontières entre la musique house et la musique pop. Même si l’album est majoritairement instrumental, on retrouve des voix en certaines occasions, comme sur le succès "D.A.N.C.E." alors qu’on peut entendre un chœur d’enfants accompagner un jeune garçon de 8 ans prénommé Félix. La musique de Justice peut être comparée à Daft Punk et aux Chemical Brothers avec certains éléments que ne renierait pas Michael Jackson. Celui-ci semble d’ailleurs avoir eu une grande influence sur le duo qui s’en est inspiré pour l’écriture de "D.A.N.C.E.". Même si cette pièce a connu un succès immense sur Internet, elle est bien loin d’être la meilleure du disque. "Phantom", "Phantom Pt II" et "Stress" sont beaucoup plus intéressantes faisant partie de la descendance de Daft Punk. Avec †, Justice réussit admirablement à fusionner les styles qui l’ont influencé pour créer un son pouvant rejoindre un public large. (septembre 2007)

Warner

½

Kaïn - Les saisons s’tassent

Kaïn - Les saisons s’tassent

Avec Nulle part ailleurs, son 2e album paru en 2005, le groupe folk rock québécois Kaïn a atteint la célébrité, ce qui l’a amené à faire une immense tournée à travers la province. Le groupe nous revient maintenant avec un nouvel album, un album qui était particulièrement attendu. Rassurez-vous tout de suite : vous ne serez pas trop pris au dépourvu puisque Les saisons s’tassent continue dans la même direction que le précédent. Même son mi-acoustique et mi-électrique, mêmes mélodies accrocheuses, plaisantes à chanter en concert, voilà la recette gagnante de ce groupe qui rejoint un large public. La grande majorité des pièces nous provient encore une fois de la plume de Steve Veilleux, le chanteur et guitariste, qui est un auteur-compositeur extrêmement prolifique trouvant même le temps d’écrire pour d’autres artistes (dont Marie-Luce Béland que je chroniquerai le mois prochain). Il n’y que le bassiste Éric Maheu qui a collaboré avec Veilleux sur "Le bruit qui court" et qui a écrit seul "On dormira demain", ainsi que Yanick Blanchette, le batteur, qui a composé la musique de "L’homme-grenouille". En fait, le principal problème de Kaïn est peut-être justement que ce soit Veilleux qui écrive tout. Il a beau être un de nos meilleurs auteurs-compositeurs, mais il me semble que certaines autres collaborations pourraient amener plus de profondeur au son du groupe. Vous n’avez quand même pas à vous inquiéter, car vous entendrez quelques petits bijoux comme le premier extrait "L’amour du jour", la pièce d’ouverture et futur succès assuré "Alléluia", ainsi que "Le bonheur au large". Sans être de la même catégorie que Nulle part ailleurs, Les saisons s’tassent est tout de même un très bon disque qui plaira assurément à leurs nombreux « kaïnomanes ». (novembre 2007)

Passeport

½

Kaiser Chiefs - Yours Truly, Angry Mob

Kaiser Chiefs - Yours Truly, Angry Mob

J’avais déjà inclus la chronique de Jean Jean de Rocklegends en avril dernier, mais je sentais le besoin de faire mon propre texte à propos du plus récent album de Kaiser Chiefs, un groupe que je découvre à peine. Premièrement, après avoir lu des tas d’éloges à leur sujet, j’avoue que je croyais avoir entre les mains le nouveau groupe britannique incontournable. Je ne considère pas que ce soit le cas, loin de là! L’album commence en force avec "Ruby" et son refrain inoubliable. Sans être géniale, cette pièce est définitivement efficace. Par la suite, plusieurs pièces m’ont paru communes et sans grande créativité, malgré de toujours bonnes mélodies. "The Angry Mob" est plutôt passable, mais elle est suivie de la très bonne "Heat Dies Down". Par la suite, "Highroyds" est particulièrement énergique, mais elle aurait pu avoir été écrite et interprétée par Collective Soul. Plus tard, j’aime bien "My Kind Of Guy", une de celles qui me sont le plus restées en tête. À différents moments du disque on découvre des similarités avec Franz Ferdinand, Blur, The Futureheads et The Killers, alors qu’on sent assurément la forte influence de The Jam tout au long du CD de 45 minutes. C’est le test du 2e album pour Kaiser Chiefs avec Yours Truly, Angry Mob et je dois dire que le groupe va à peine chercher la note de passage. La pression sera forte pour leur 3e album s’ils veulent éviter de tomber rapidement dans l’oubli comme plusieurs autres groupes britanniques l’ont fait avant eux. Cliquez ici pour lire la chronique de Jean Jean de Rocklegends. (juin 2007)

Universal

Klaxons - Myths Of The Near Future

Klaxons - Myths Of The Near Future

Klaxons est un trio indie rock britannique qui nous présente son tout premier album. Ils nous proposent un son rock aux influences dance et on peut les comparer en partie à Bloc Party et aux Stone Roses. On peut aussi percevoir des influences de David Bowie et de Gary Numan. En Angleterre, on les considère comme les membres d’un nouveau courant musical qu’on appelle « new rave » mélangeant un son punk rock et un son dansant. Le groupe présente en effet des pièces qui ont un son passablement nouveau, mais d’autres ne réinventent rien ce qui fait que l’album est plutôt inégal. C’est un bon premier album, mais c’est la suite qu’on devra surveiller de bien près. (juillet 2007)

Geffen / Universal

½

Charles Lamontagne - Free Bass

Charles Lamontagne - Free Bass

Charles Lamontagne est un bassiste québécois qui nous présente ici un album autoproduit. Il propose un mélange de nouveau jazz et de rock instrumental avec des influences occasionnelles de blues. "Portrait of Genny" m’a rappelé les ballades de Joe Satriani de la fin des années 80 ou du début des années 90, alors que d’autres moments font plus musique de film. Évidemment, la musique demeure essentiellement une musique d’ambiance, mais le potentiel est là pour la rendre plus éclatante grâce à de meilleurs moyens de production. Les arrangements sont en effet parfois quelque peu simplistes, surtout pour ce qui est des claviers. Il nous offre quand même un album généreux de 13 pièces totalisant plus de 56 minutes, un album qui contient quelques compositions un peu plus faibles, mais qui montre bien son potentiel. (juillet 2007)

Hugo Lapointe - La trentaine

Hugo Lapointe - La trentaine

À l'écoute de ce 2e album de Hugo Lapointe, lancé le jour de ses 30 ans, on réalise rapidement que la trentaine lui a amené un certain changement de style. Fini les rythmes latins qu'on retrouvait à profusion sur Célibataire, l'album qui a donné le méga succès du même titre. Ici, il se concentre un peu plus sur les ballades rock et les pièces folk acoustiques. L'album s'ouvre d'ailleurs avec une chanson d'amour pour sa blonde enceinte, "Tant que tu m'aimes". "208, rue St-Amant" est certainement une des meilleures du disque, alors que "Comme un trou" présente le côté sombre d'un alcoolique qui retombe tout le temps. "Dorianne" est une chanson d'amour... pour sa chatte, une mélodie inoubliable. La pièce la plus énergique du disque est "Tant que le rideau n'est pas tombé", une chanson racontant la vie de tournée aux 4 coins du Québec. Elle est dans le style des Colocs et sera un succès assuré en spectacle, en plus d'être parfaite pour la Fête nationale du Québec. Parmi les 11 titres de l'album, on peut entendre 2 reprises: "23 décembre" de Beau Dommage (qu'il a déjà interprété à plusieurs reprises en spectacle et à la télévision) et "Le frigidaire" de Tex Lecor. C'est un album un peu déstabilisant à la première approche pour ceux qui connaissaient Célibataire, sauf qu'on y trouve des pièces de grande qualité qui en font encore une fois un album solide. (mars 2007)

Diffusion YFB

½

Bettye LaVette - The Scene Of The Crime

Bettye LaVette - The Scene Of The Crime

La légende de la musique soul Bettye LaVette est maintenant âgée de 61 ans mais n’a rien perdu de son énergie et de son attitude. 35 ans après avoir enregistré un album aux studios Fame de Muscle Shoals, Alabama, qui a été jeté aux oubliettes jusqu’aux années 2000, Bettye est de retour sur « la scène du crime » pour enregistrer ce nouvel album. Il fait suite au succès de I’ve Got My Own Hell To Raise, son premier album pour l’étiquette Anti lancé en 2005. Sur les 10 pièces offertes, 9 sont des reprises, puisque Bettye est avant tout une interprète, dans la plus pure tradition soul. Elle est magnifiquement accompagnée des musiciens de Drive-By Truckers. L’album débute en force avec l’excellente pièce R&B « I Still Want To Be Your Baby (Take Me Like I Am) ». Par la suite, elle nous offre un mélange efficace de pièces lentes et rythmées pour notre plus grand plaisir. Il faut noter l’interprétation impressionnante de Bettye sur « Somebody Pick Up My Pieces » de Willie Nelson, une interprétation qui transforme littéralement cette chanson aux racines country en une pièce soul passionnante. Une autre qui impressionne est sa reprise d’une vieille ballade triste d’Elton John, « Talking Old Soldiers », qu’elle transforme complètement. Je ne suis pas un grand connaisseur de l’œuvre de Bettye LaVette, mais plusieurs critiques parlent de son meilleur album en carrière et j’aurais tendance à les croire puisque The Scene Of The Crime est un excellent disque avec bien peu de faiblesses. (décembre 2007)

Anti- / Epitaph

Avril Lavigne - The Best Damn Thing

Avril Lavigne - The Best Damn Thing

Il aura fallu à Avril Lavigne 3 albums pour qu’elle présente enfin un disque à la hauteur de son talent et qui la représente bien. Sur son 1er, plus de la moitié du disque était beaucoup trop adulte pour ses 17 ans et sur le 2e, on pouvait entendre une musique sombre sans grande originalité. Avec The Best Damn Thing, elle nous offre plutôt des pièces pop punk énergiques à l’image de ses plus grands succès. L’album contient encore quelques ballades, mais elles sont particulièrement efficaces et n’ont rien à voir avec celles des albums précédents. Elle laisse de côté sa personnalité fabriquée de bonne petite fille et nous crache plutôt son venin en plein visage en n’hésitant pas à utiliser tous les jurons possibles. Avec le succès "Girlfriend", le ton est donné pour un album de 40 minutes sans temps morts et avec bien peu de faiblesses, dans un style qui se veut toujours léger après tout. Le disque se conclut avec l’autre succès, "Keep Holding On", et on a immédiatement le goût de le recommencer du début. Toutes les comparaisons qu’on a pu faire auparavant ne tiennent plus et on doit maintenant parler de la version féminine de Simple Plan. C’est un très bon disque dans le genre pop punk bonbon, un disque qu’elle pourra enfin assumer entièrement. Il s’agit ici de la bande originale idéale pour la vie de tout adolescent qui préfère encore le rock au R&B (et oui, il y en a encore!). La version régulière du CD est malheureusement passée dans la machine à censure, mais si vous achetez la version avec DVD, le CD sera un peu moins propre. À vous de faire le bon choix… (critique principale de juin 2007)

LCD Soundsystem - Sound Of Silver

LCD Soundsystem - Sound Of Silver

James Murphy est de retour avec son 2e album après l’excellent disque double éponyme paru en 2005, un des bons albums électroniques de l’année. Sur ce nouvel enregistrement, le talentueux musicien et arrangeur nous prouve à nouveau qu’il est aussi un excellent compositeur. Il reprend peut-être là où Moby nous a laissé depuis qu’il est en panne d’inspiration. Sur Sound Of Silver, on peut entendre une musique plus joyeuse, mais toujours aussi éclectique avec un mélange de post punk, de disco et de David Bowie. Malgré toute cette bouillie musicale, les mélodies demeurent toujours accrocheuses et une fois qu’on a su entrer dans l’univers du disque, c’est bien difficile d’en ressortir. Les rythmes efficaces permettent à la musique de LCD Soundsystem de sortir de la maison pour atteindre les lounges et les clubs. Sans le savoir, vous en avez peut-être déjà entendu à beaucoup d’endroits que vous fréquentez régulièrement. Sound Of Silver réussit à poursuivre habilement l’excellent travail amorcé par Murphy sur le précédent album et fait en sorte qu’il faut désormais considérer ce nom parmi les meilleurs artistes électroniques actuels. (mai 2007)

EMI

Led Zeppelin - Mothership

Led Zeppelin - Mothership

Plus d’une compilation de grands succès a été lancée pour Led Zeppelin au cours des années, mais peu ont réussi à remplir les exigences des fans. Les plus pertinentes demeuraient à ce jour les compilations Early Days et Latter Days couvrant chacune la moitié de leur carrière. Les 2 disques ont ensuite été réédités ensemble pour une compilation double couvrant l’ensemble de la carrière du groupe. Mothership vient ici remplir le même mandat à quelques différences près. On présente comme principal avantage de cette nouvelle collection de succès qu’ils ont été choisis par les membres du groupe (c’est Jimmy Page qui en a assuré la réalisation), mais en bout de ligne on retrouve à peu près les mêmes succès habituels. On retrouve 24 titres en tout, présentés chronologiquement : 13 sur le premier CD couvrant les 4 premiers albums du groupe et 11 sur le deuxième CD faisant un résumé des 4 derniers albums. D’excellentes pièces adorées des fans (comme « Moby Dick » par exemple) ont été laissées de côté, tout comme la totalité de l’album de raretés Coda paru après la séparation du groupe. On aurait certainement pu en ajouter quelques-unes alors que près de 25 minutes demeurent disponibles, mais on retrouve tout de même la crème de la crème de ce groupe qui est considéré comme l’un des plus influents de l’histoire du rock. Les 2 disques sont solidement appuyés par un livret très complet contenant une biographie détaillée et des informations sur chacune des pièces présentées. Avec Mothership, autant les fans que les néophytes auront entre les mains la compilation ultime tant attendue faisant un résumé complet de la carrière de Led Zeppelin. (janvier 2008)

Atlantic / Warner

½

Linkin Park - Minutes To Midnight

Linkin Park - Minutes To Midnight

J’avais bien aimé le premier album du groupe, Hybrid Theory, et à ma grande surprise, j’avais encore plus apprécié leur suivant, Meteora, un album particulièrement énergique. Sauf qu’on pouvait difficilement s’attendre à une suite encore aussi bonne pour un groupe commercial comme Linkin Park, surtout que les 4 ans d’attente depuis le précédent laissaient présager une panne d’inspiration. Le premier extrait de Minutes To Midnight, "What I’ve Done", ne m’a pas trop impressionné à sa sortie, mais il n’a pas empêché le groupe d’atteindre les sommets des palmarès dès le lancement du disque. L’écoute de l’album nous amène un seul mot en tête : maturité. Le rap métal adolescent de leurs premiers enregistrements est jeté aux oubliettes ici et c’est Mike Shinoda qui en paie le prix puisqu’il ne rap plus que sur 2 pièces, dont la très moyenne "Hands Held High". Malgré ce changement de cap, on retrouve quelques titres intéressants comme "Given Up", "Bleed It Out" et "No More Sorrow". Ces pièces sont malheureusement entourées de ballades ennuyantes à souhait comme "Leave Out All The Rest", "In Between" et "The Little Things Give You Away". "Shadow Of The Day" est encore pire et lorsque "What I’ve Done" suit, elle paraît tout simplement géniale et on finit par considérer ce premier extrait comme la pièce centrale du CD. Les guitaristes aussi semblent avoir été mis de côté en plusieurs occasions, alors que le rock devient plutôt atmosphérique. Le problème, c’est que Linkin Park est à son meilleur lorsque Chester Bennington hurle pour enterrer le son déchaîné des guitares. Ici, on les retrouve plutôt dans le territoire de Bon Jovi, Incubus et Staind alors qu’eux aussi étaient dans leur passe d’être « matures » à tout prix. Minutes To Midnight représente définitivement un changement majeur pour le groupe, mais malheureusement pas pour le mieux… (critique principale de juillet 2007)

Warner

½

The Locust - New Erections

The Locust - New Erections

The Locust est un groupe plutôt hétéroclite, innovateur et bruyant qui mélange habilement le punk hardcore, le métal, l’industriel, le rock progressif et le rock expérimental. On peut difficilement les comparer mais disons qu’on peut entendre à différents moments un peu de Faith No More, Fall Of Troy, Mars Volta, Fantômas et System Of A Down. Le groupe existe depuis 1995 et il en est à son 4e album. Une fois de plus avec New Erections le groupe ne manque pas de créativité et d’expérimentation. Le bruit est également toujours au rendez-vous rendant l’album souvent cacophonique, et c’est ce qui m’a le plus repoussé de ce disque. Pour ce qui est des textes, ils présentent de l’ironie, du ridicule, de l’effrayant et de l’intelligent, mais rassurez-vous, pas tous dans la même pièce. Malgré des sonorités intéressantes et quelques essais particulièrement réussis, je dois avouer que le groupe m’a laissé plutôt de glace. C’est vraiment un disque pour les amateurs de musique totalement disjonctée aux antipodes de la musique pop… pour les amateurs de bruit quoi! (septembre 2007)

Anti- / Epitaph

Malville - Malville

Malville - Malville

Malville est un groupe indépendant de Limoges en France qui existe depuis 7 ans. Il nous propose un son rock, renforcé par la voix de Laurent Poingt, mais adouci par la guitare acoustique d’Alexandre Moreau. Le groupe présente ici un mini-album de 6 titres s’arrêtant à la 27e minute. Parfaitement autonome, le groupe demeure fidèle à ce qui l’inspire, et ça s’entend sur ces 6 pièces. Ils réussissent à mettre en place un son unique, difficile à comparer. Voici un groupe français qu’il faudra surveiller de près. (novembre 2008)

½

Marie-Mai - Dangereuse attraction

Marie-Mai - Dangereuse attraction

Après un premier album qui s’est écoulé à plus de 120 000 exemplaires et qui a réussi à attirer l’attention des Français, surtout grâce à des spectacles en première partie de Garou, Marie-Mai est de retour avec un album totalement assumé. Elle y est maintenant auteure et compositeure, en plus de posséder une voix encore plus puissante qu’auparavant. Fred St-Gelais, le réalisateur du disque et guitariste, a donc dû en rajouter un peu au niveau des guitares pour ne pas se retrouver complètement éclipsé par la voix de sa chanteuse. Le résultat est un album plus rock n’ roll que le précédent avec un véritable mur de guitare, un fait rare dans le Québec francophone. Marie-Mai explore aussi l’électronique ("Emmène-moi") et le hip hop ("Tôt ou tard"). Le disque débute en force avec l’excellente "Mentir", un futur succès assuré. "Qui prendra ma place" se maintient dans les premières positions des différents palmarès depuis plusieurs semaines déjà et parions que ce sera le cas pour tous les autres extraits du disque qui contient plusieurs pièces explosives, quoique peut-être un peu trop rocks pour certaines radios. Ma préférée du disque est la pièce hard rock "Cauchemar" que j’avais découverte sur le DVD La tournée Inoxydable. À travers ces pièces particulièrement énergiques, qui viennent prouver que c’est possible de faire du bon rock en français, on retrouve tout de même quelques ballades qui viennent casser le rythme, surtout vers la fin, mais elles sont de première qualité pour la plupart ("Mille jours", etc.). Quelques titres capteront peut-être un peu moins votre attention, mais l’ensemble s’écoute à merveille. Si elle avait tenté de ne pas trop déplaire à son premier public de Star Académie avec Inoxydable, ici les compromis sont terminés et elle risque de faire défriser pas mal de ses premiers fans. Ce 2e album de Marie-Mai représente définitivement une « dangereuse attraction ». (octobre 2007)

Matmatah - La cerise

Matmatah - La cerise

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Peu de groupes de rock en France ont mangé de la scène et usé des planches comme Matmatah. Une histoire de plus de onze années, avec un départ tonitruant, qui aurait pu leur coller une sacrée pression qu'ils ont su gérer, malgré un deuxième album passé assez inaperçu. En 2004, Matmatah revient avec ce qui est, à ce jour, la plus belle perle de leur discographie, Archie Kramer. Les quatre brestois assoient leurs influences de rock 60's et 70's, de la pop des Beatles jusqu'à l'inévitable Gainsbourg. Si à l'époque le single "Au Conditionnel" (non représentatif de l'album) avait de nouveau propulsé les « Ti Zef' » sur le devant de la scène, c'est ici le titre éponyme "La cerise" qui réintroduit les brestois sur les ondes. Quand on connaît le groupe, on doit s'y attendre : chaque album prend une couleur différente, des styles variés, en gardant l'esprit Matmatah en filigrane. La cerise n'y échappe pas. L'album est même, sans aucun doute possible, le plus éclectique jamais proposé par les Brestois. Si les textes conservent toutes leurs pointes d'humour, d'autodérision, et parfois de lyrisme, les musiques, elles, traversent différentes influences. Rock, pop, hard, punk, salsa, ... les musiciens prouvent encore leurs qualités à jongler sans complexes de l'un à l'autre. Pour commencer par les choses qui fâchent, cet éclectisme à outrance paraît également parfois désorganisé... Passer d'un riff hard façon Jimmy Page, pour le "Festin de Bianca" à un morceau pop moelleux, "Entrez dans ce lit", pour rebondir sur la salsa déjantée de "La Serpeta Del Barrio"... ça fait drôle! Mais à côté de ça, le groupe continue à s'essayer avec succès au rock anglosaxon, sur "She's Had A Hold On Me", et la Strokesienne "Now We Have A Pen". Stan, parolier, chanteur et guitariste, confie dans ses interviews que l'anglais est, pour eux, un instrument de plus à utiliser. On retrouve avec plaisir des textes fins sur "La cerise" et une autodérision sur rythmique rock avec l'excellente "Crépuscule Dandy". Et Matmatah de conclure son album sur la très 70's "Pony The Pra" et la noirceur poétique de "La fleur de l'âge", adaptée à partir d'un texte de Jack Kerouac. Merci et clin d'oeil également à Jacky Bouillol pour le piano sur la "Serpeta Del Barrio"... Le printemps arrive à peine, il reste à faire mûrir La Cerise sur les routes, jusqu'à l'été. Bon courage! (mai 2007)

½

Paul McCartney - Memory Almost Full

Paul McCartney - Memory Almost Full

un texte de Nounours (Rocklegends)

Il y a deux ans à peine, sortait Chaos And Creation In The Backyard de Sir Paul McCartney, l’un des derniers dieux des 60’s encore vivant et encore prolifique de la pop et du rock. Chaos and Creation avait été vu par les critiques comme le disque de la maturité ! Enfin, Paul se prenait un peu au sérieux, enfin, celui-ci livrait des textes personnels, enfin, la vieillesse aidant il se montrait à nu dans un disque beau et fragile. Pour Memory Almost Full on attendait le bis de Chaos and Creation. Et bien c’est loupé ! Le vieux Paul, nous donne un disque de l’éternel adolescent qu’il est ! Adieu la soi-disante maturité du précédent, retour aux sucreries pop et aux petits bijoux de rock, le tout avec un sourire de gosse extasié devant le beau tour qu’il vient encore de jouer à tout le monde ! C’est pas tout a fait le genre de disque que l’on écoute assis dans un fauteuil, un café à la main. Tout commence par "Dance tonight". Une mandoline, une mélodie sans prétention et un texte aussi naïf, candide et digne des mièvreries les plus belles des Beatles. Paul en vieil aigri qu’il n’est pas, nous offre 2 minutes 30 d’une petite joie simple. Et on enchaîne avec "Ever Present Past", un pop rock aux accents légèrement années 80, qui n’est pas la meilleure période de McCartney mais là, pourtant, le morceau passe bien avec des paroles qui laissent poindre la vieillesse : « When I Was A Kid » nous chante t-il, et tout ça sonne finalement comme un morceau commercial qu’on entend au quotidien. Arrive "See Your Sunshine", un peu d’amour et une petite histoire pour le texte et une superbe ligne de basse pour ce morceau, c’est à peu près tout, les couplets sans grand relief, sont assez bien compensés par un refrain et des chœurs à la Wings qui sauve le truc. Sûrement le plus mauvais morceau de l’album. Et là déboulent les cordes de "Only Mama Knows", on sent la resucée d’"Eleanor Rigby" arriver à grande vitesse quand d’un coup, d’un seul, et sans prévenir, une guitare incisive et une ligne de basse bien cinglante coupent la paroles aux cordes. Paul nous offre là, un bon rock plein de punch avec des chœurs, qui là encore ne sont pas sans rappeler les Wings. Du rock McCartien pur jus, comme il ne nous en avait pas fait depuis un bon moment. Une voix en grande forme donne le volume nécessaire à ce morceau qui promet d’être l’un des grands moments des futurs concerts du Sir. Puis, comme pour calmer le jeu, "You Tell Me" montre le bout de son nez, arrivant à petit pas. Une simple ballade, que McCartney chante, au bord de la fragilité, comme si sa voix allait partir à la fin de chaque phrase. Soutenu par quelques chœurs. Que dire de plus, il connaît son métier, une ballade impeccable. C’est au tour de "Mr. Bellamy" d’arriver avec son piano, McCartney sert là encore une histoire comme lui seul sait les faire, avec un bijou de pop incroyable teinté d’un petit quelque chose du Electric Light Orchestra. Variation rythmique au programme, des instruments dans tout les sens, une construction complexe qui vous rentre dans le crâne. Encore un tour de magie du vieux Paul, qui arrive à vous coller un morceau dans la tête pour des heures et des heures entières. Et c’est pour cela, que nous aussi on voudrait lui dire notre « Gratitude », qui est le titre du morceau suivant. Une belle ballade pop, avec une basse soignée aux petits oignons, des chœurs tout droits surgit des Wings, on s’attendrait presque à entendre Linda. Et d’ailleurs à qui s’adresse cette chanson ? « I Want To Show My Gratitude To Be Loved By You ». Qui remercie t-il ainsi, son ex-épouse Heather ? Ou la regrettée Linda qu’il n’a jamais vraiment remplacée ? C’est maintenant l’heure de ce qui a été abusivement intitulé le medley du disque. Trois morceaux qui s’enchaînent, liés par une certaine évocation des souvenirs, ceux de Liverpool, ceux de la jeunesse et des fringues hallucinantes qu’il portait. "Vintage Clothes" parle de ça, sur un piano un peu nostalgique, des chœurs enchanteurs, une guitare simplement efficace, un petit rock nostalgique mais entraînant, qui est tout de suite suivi dans la foulée par "That Was Me" sur un rythme de rock ’n’ roll, McCartney nous dit qui il est, depuis Liverpool à ici. Et s’offre même un petit tour de prouesse vocale en nous la chantant bien en rogne sur la fin. Dur à croire que c’est la voix d’un bonhomme de 65 ans. Mais le rock retombe et nous découvre une petite ballade détendue et rigolote : "Feet In The Clouds" Paul s’amuse, des cordes, un son de clavier tout droit échappé du "Because" des Beatles, un vocoder bien maîtrisé. Un petit nuage pop avant d’entrer dans une drôle de maison de cire. "House of Wax" est le titre du morceau suivant. Un poème mis en musique, c’est sombre, la batterie sonne comme l’éclatement des obus, et Paul pose là-dessus un solo qui vous taillade méchamment. Un rock comme une balle qui vous touche en plein cœur. Après cette première baffe, Paul nous sert "The End Of The End" et oui Paul nous parle de la mort, de la sienne, sur un piano à la « Let It Be » il nous demande de ne pas être trop triste, et pourtant elle nous collerait presque le cafard cette chanson, tant elle est belle. Heureusement pour nous Paul ne nous laisse pas sur cette note à fendre le cœur des pierres, il plit l’album avec "Nod Your Head" un rock sans sens, absurde, simple, tonitruant et au final assez bateau mais qui a l’avantage de nous faire bouger un peu, au moins la tête. Une version de 2 disques est également disponible. (août 2007)

Metric - Grow Up And Blow Away

Metric - Grow Up And Blow Away

Attention, puisque ceci n'est pas un nouvel album du groupe torontois Metric, mais plutôt un album enregistré entre 1999 et 2001 (par Emily Haines et James Shaw) qui n'est jamais paru auparavant, sauf sur Internet où on pouvait retrouver la plupart de ces chansons. Bizarrement, Grow Up And Blow Away s'intègre parfaitement à ce point-ci de leur carrière, offrant une suite logique à l'excellent Live It Out paru il y a 2 ans. On retrouve à nouveau un son pop rock alternatif aux influences new wave. Toutefois, on peut entendre un peu moins d'élans rock comparables à "Monster Hospital", alors que le groupe demeure dans une électro/pop mélodique et légère. Haines nous prouve encore une fois tout son talent dès la chanson-titre, alors que "Hardwire" nous amène dans l'univers des Cardigans. L'électronique "Rock Me Now" est moins intéressante avec son poème mis en musique, mais le tout revient rapidement à un certain niveau d'excellence avec la presque R&B "The Twist". "Soft Rock Star" est une de mes préférées et on en retrouve un remix en conclusion de l'album. En excluant ce remix, c'est seulement 9 pièces que nous offre Grow Up And Blow Away, ce qui en fait encore une fois un album trop court. En attendant un vrai nouvel album de Metric, on peut se consoler en écoutant les autres projets des membres du groupe, Bang Lime et Emily Haines & The Soft Skeleton. (août 2007)

Last Gang

½

Raul Midon - A World Within A World

Raul Midon est un chanteur et guitariste aveugle du Nouveau-Mexique qui en est à son 3e album. Il nous offre un son soul contemporain avec des influences jazz et pop. Dès la pièce d’ouverture, l’excellente « Pick Somebody Up », on est saisi par l’atmosphère chaleureuse et on sait déjà qu’on appréciera la suite. Sa voix chaude contribue grandement à cette atmosphère intimiste qui favorise assurément les rapprochements. On peut rapidement établir un parallèle avec Stevie Wonder, et musicalement, il se rapproche en plusieurs occasions de Norah Jones. À la guitare acoustique, Midon a un style unique alors qu’il l’utilise parfois autant comme guitare que comme percussion. Ce jeu de guitare impressionnant fait en sorte qu’on se retrouve quelque peu déboussolé avec une pièce comme « Ain’t Happened Yet » qui laisse la guitare de côté pour une interprétation a capella faite seulement d’arrangements de voix et de claquements de mains (à part un solo de guitare discret au deuxième tiers). Malheureusement, certaines pièces peuvent sembler plus répétitives, incluant des compositions parfois ennuyantes. Mais malgré ces faiblesses, l’ensemble demeure chaleureux et risque de plaire à un public admirateur de soul. (avril 2008)

Manhattan / EMI

Mika - Life In Cartoon Motion

Depuis la sortie de l’album il y a un an, et de son premier extrait, « Grace Kelly », le chanteur pop britannique d’origine libanaise Mika connaît un succès incroyable un peu partout à travers le monde. Ce succès s’est poursuivi avec les extraits suivants : « Love Today », « Big Girl (You Are Beautiful) » et « Relax (Take It Easy) », certainement les meilleures pièces du disque avec « My Interpretation ». Mélange parfait entre Elton John et les Scissor Sisters, Mika nous offre une musique joyeuse, énergique et dansante, une musique qui est donc parfaite pour les radios commerciales. Même s’il nous offre de très bons moments de créativité surprenante, il reste que quelques pièces peinent quelque peu à suivre les autres dans ce territoire. Malgré tout, il s’agit d’un album particulièrement plaisant à écouter et qui possède de très bons moments pop. (février 2008)

½

Kylie Minogue - X

Même si elle fait carrière depuis une vingtaine d’années, les meilleurs albums de Kylie Minogue ont vu le jour dans les années 2000, alors qu’elle a atteint un niveau de maturité lui permettant d’offrir la musique qu’elle aime, tout simplement. C’est ainsi qu’elle a pu avoir quelques-uns de ses plus grands succès en carrière en Amérique, elle qui avait été essentiellement confinée jusque là à son Australie natale et à l’Europe où son style euro dance cadrait beaucoup mieux. Avec X, elle va piger dans à peu près toutes les périodes musicales, remontant jusqu’au disco des années 70 (« In My Arms »), en passant par la pop bonbon des années 80, la techno européenne des années 90 (« Like A Drug », « Speakerphone ») et le R&B des années 2000 (« Heart Beat Rock »). L’excellente pièce d’ouverture et premier extrait, « 2 Hearts », nous rappelle quant à elle Roxy Music et David Bowie. « Like A Drug » est ensuite une de mes préférées du disque et le sera sûrement aussi auprès des DJ dans les clubs. « Speakerphone » est également très efficace, alors que « Sensitized » est une pièce plus personnelle qui est un succès assuré. Malgré ces très bonnes pièces, X manque de constance, contrairement à ses derniers enregistrements. Les virages presque à 180 degrés d’un titre à l’autre sont plus souvent qu’autrement déboussolants. On peut encore la comparer à Madonna par moments (c’en est même un peu gênant sur « No More Rain »), mais celle-ci a l’habitude de nous offrir des albums qui forment un tout, contrairement à X qui est un collage de pièces pop qui tente de rejoindre un peu tout le monde. Elle accrochera assurément l’oreille de bien des gens avec une pièce ou une autre, mais le problème sera le même pour tous : réussir à apprécier l’album du début à la fin. Les bonnes pièces sont vraiment de grande qualité, mais la futilité qui les entoure vient malheureusement gâcher la sauce. Un album à écouter par morceaux… (mars 2008)

Parlophone / EMI

Miossec - Brest Of : Tout ça pour ça

Miossec - Brest Of : Tout ça pour ça

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Artiste à fleur de peau, personnage atypique dans le paysage et controversé, Miossec célèbre plus de 12 années de carrière menée contre vents et marée, et 6 albums accouchés, parfois, dans la douleur, avec ce best of… ce Brest Of. Parolier hors pair, chanteur tendu, émouvant au paraître fragile, Miossec est l’une des sommités du rock français. Dans un répertoire fourni, il aura bien fallu choisir une vingtaine de titres… pas évident ! Musicalement, le brestois a réellement connu deux périodes, la première avec Guillaume Jouan (guitariste et compositeur influent), sur les trois premiers opus, et « l’après » Guillaume Jouan. De ses premiers albums, Miossec en a retenu des titres écrits et composés à vifs, à cœur ouvert. Souvent maltraités à la guitare acoustique, ces morceaux sont de superbes tranches de vie (pas forcément les siennes d’ailleurs), bruts à souhait, des merveilles comme « Non, Non, Non (Je Ne Suis Plus Saoûl) », « Recouvrance » ou la rock n’ rollesque « Les Bières » (seule représentante de A Prendre). Seule déception, l’absence de « Le Cul Par Terre ». A partir de « Brûle », le « Mio » change à plusieurs reprises de musiciens, mais tous sont d’excellents techniciens. Les chansons sont plus instrumentées, plus arrangées, un poil moins punk dans l’âme mais d’une beauté inaltérable. En ressortent, par exemple, « Le Défroqué », « Brest », « Madame », « Tonnerre » et les plus récentes « La Facture d’Electricité » et autre « La Mélancolie ». Mais un best of n’aurait que peu d’intérêt pour le fan assidu s’il ne présentait pas quelques nouveautés. Et maintenant que Miossec semble avoir trouvé un groupe stable, il a souhaité pouvoir reprendre et rejouer quelques-uns de ses classiques avec eux : « La Fidélité » ou une autre version de « Non, Non, Non (Je Ne Suis Plus Saoûl) ». On retrouve également des versions alternatives (singles…) de « Je M’En Vais » ou « La Guerre ». A chacun de faire son choix dans ce qu’il jugera plus ou moins pertinent… Malgré les arrangements parfois meilleurs, certains titres comme « La Fidélité » se révèlent plus rock et authentiques en version originale… Une plume de velours, une sensibilité exceptionnelle, Miossec balance son cœur, ses tripes et son poitrail avec, dans toutes ces compositions absolument magiques. (février 2008)

½

Modern Life Is War - Midnight In America

Modern Life Is War - Midnight In America

Ma première réaction lorsque j’ai reçu ce 3e album de Modern Life Is War a été : « Pas encore un album de hardcore ». C’est que le marché est envahi de ces groupes pas tous bons musiciens et surtout pas tous bons compositeurs, et que vient un temps où on n’a pas le goût d’en entendre plus. Sauf qu’après avoir porté attention à Midnight In America, j’ai découvert un album différent. Le rythme est ralenti et la voix n’est pas trop criarde, ce qui laisse une bonne place à la mélodie et à la qualité des compositions. Par moments, on peut presque parler de blues hardcore, un style qui n’a pas été très développé dans l’histoire. Évidemment, on retrouve aussi des pièces dans le plus pur style punk hardcore comme « Fuck The Sex Pistols » et « Pendulum ». Habilement dirigé par le chanteur Jeffrey Eaton, Modern Life Is War est un groupe différent qui mérite d’être découvert. (décembre 2007)

Equal Vision

½

Mother Mother – Touch Up

Mother Mother - Touch Up

Mother Mother est un quintet de Vancouver qui existe depuis 2005. Ils nous offrent un son indie pop et folk rock plutôt bizarre basé sur les expérimentations et les harmonies vocales. On peut saisir leurs influences jazz en différentes occasions, eux qui ont tous étudié le jazz et les formes d’art classique. On peut surtout comparer le groupe aux Pixies et aux B-52’s, mais la première pièce, "Dirty Town", m’a également fait penser à Primus. Touch Up était paru en 2006 sur une étiquette indépendante, mais leur signature avec Last Gang Records en a permis la réédition avec une nouvelle pochette, différents ajouts et 2 nouvelles pièces. C’est un album créatif plutôt difficile d’approche, malgré de toujours bonnes harmonies vocales. Le rythme est rarement constant et le groupe semble aller dans toutes les directions, ce qui peut être assez déboussolant. C’est un album pour les amateurs de musique différente… (découverte du mois de novembre 2007)

Last Gang

Motion City Soundtrack - Even If It Kills Me

Motion City Soundtrack - Even If It Kills Me

Avec leur précédent album, Commit This To Memory, il a fallu qu’on réédite l’album avec un DVD en boni pour que j’apprécie finalement leur travail. C’est que j’avais l’impression que le groupe n’était vraiment bon que dans ses moments les plus punks alors que la majorité du disque était plutôt pop. En fait, on a beau parler de Motion City Soundtrack comme d’un groupe pop punk dans la lignée de Blink 182, je crois qu’il faut plutôt les considérer comme un groupe pop rock, point à la ligne. Après avoir éclairci ce point, je peux finalement parler du nouveau disque du groupe, Even If It Kills Me. Le quintet a travaillé avec Ric Ocasek et ça s’entend en différentes occasions alors qu’on peut établir un parallèle évident avec son ancien groupe, The Cars, surtout sur l’excellente « This Is For Real », ma préférée de l’album. La pièce d’ouverture, « Fell In Love Without You », est également très efficace et on retrouve d’autres très bonnes mélodies du genre tout au long du disque. La ballade au piano « The Conversation » vient casser le rythme en plein milieu du CD et elle est plutôt déprimante. Par contre, elle est la seule pièce aussi lente à travers des rythmes énergiques. Malheureusement, malgré la qualité de ses mélodies, peu de titres nous restent en tête encore une fois sur Even If It Kills Me qui ne va pas au-delà de la qualité de leur précédent disque. Les fans apprécieront encore une fois et le groupe réussira probablement à en conquérir de nouveaux, mais on a encore la sensation que le groupe peut faire mieux. Soyons patients… (décembre 2007)

Epitaph

Motor - Unhuman

Motor - Unhuman

Motor est un duo formé du DJ français Mr. No et du DJ américain Bryan Black. Ils ont également évolué en trio à l’occasion avec l’ajout de Hugo Menendez. Unhuman est leur 2e album en moins d’un an. Encore une fois, ils nous proposent une musique électronique dansante et sombre. Généralement techno, elle s’en différencie très souvent par l’ajout de la voix, une voix qui permet de s’approcher passablement d’un son industriel. On peut les comparer en plusieurs occasions à Skinny Puppy, Front 242, Kraftwerk et Daft Punk. Quant à "Night Drive", elle n’est pas sans nous rappeler les bonnes années de Depeche Mode. Le premier extrait, "Bleep #1", sera assurément une favorite des planchers de danse, pendant que d’autres sont un peu plus expérimentales et moins accessibles. La version américaine du CD contient une pièce en boni, "Don’t Stop". Unhuman est un très bon disque pour les amateurs de musique électronique énergique. (juin 2007)

Mute

½

Navaz! - East Of West

Navaz! - East Of West

Navaz! est un trio de la Colombie-Britannique qui nous propose une fusion de jazz et de musique persane. Le groupe est né de la collaboration entre la chanteuse iranienne Neda Jalali et le guitariste Eric Tompkins. Jalali chante essentiellement en farsi, mais aussi en espagnol, en français, en italien, en arabe et en anglais. Elle possède une voix douce et mélodieuse qui se mélange parfaitement à la guitare de Tompkins, ainsi qu’au sitar d’Ali Razmi. Ce CD autoproduit présente 12 compositions efficaces qui créent une ambiance unique, une ambiance chaude qui intègre des rythmes brésiliens et espagnols. Même si l’atmosphère du disque est principalement ambiante, on retrouve occasionnellement quelques rythmes dansants. East Of West est un très bon disque… (octobre 2008)

½

Nekromantix - Life Is a Grave and I Dig It!

Nekromantix - Life Is A Grave & I Dig It!

C’est un nouveau groupe qui nous revient avec un nouvel album alors que Kim Nekroman a décidé de changer de musiciens. Il s’est installé en Californie et a recruté le guitariste Tröy Deströy (The Rezurex) et le batteur Andy DeMize (The Rockets). Le son s’en trouve donc du même coup rafraîchi, tout en restant bien évidemment du psychobilly pur. J’avoue avoir eu certains doutes en écoutant la première pièce, "NekroHigh", une pièce différente, mais qui ne m’a pas trop accrochée. Par la suite, avec "Horny in a Hearse", Nekroman va puiser dans ses racines rockabilly avec un rythme beaucoup plus près des Stray Cats que du psychobilly qu’il a inventé. La chanson-titre est excellente, puis le groupe étend son spectre musical sur "My Girl", une de mes préférées du disque qui montre tout le talent des 3 musiciens. On retrouve ensuite des classiques instantanés du psychobilly avec "Rot in Hell!" et "Voodoo Shop Hop", sur lesquels la vitesse d’exécution nous essouffle simplement à les écouter. J’avais adoré Dead Girls Don’t Cry lancé en 2004, mais j’avoue que la profondeur musicale exceptionnelle et surprenante que l’on retrouve sur Life is a Grave & I Dig It! en fait peut-être le meilleur album du groupe en carrière, malgré quelques moments un peu moins accrocheurs. (mai 2007)

Hellcat / Epitaph

½

The New Pornographers - Challengers

The New Pornographers - Challengers

Voici le 4e album de ce supergroupe indie pop de Vancouver. Encore une fois, c’est A.C. Newman qui a composé la majorité des pièces du disque, soit 9 sur 12, les 3 autres ayant été écrites par Danny Bejar. Newman nous prouve à nouveau son immense talent dans l’écriture de superbes mélodies qui nous font fredonner rapidement plusieurs des chansons offertes sur Challengers. C’est le cas dès l’ouverture avec l’excellente "My Rights Versus Yours" qui est suivie par ma préférée, "All The Old Showstoppers". Le groupe explore différents styles, offrant du même coup un vaste éventail tout au long de l’album. On peut passer de ballades pratiquement folks (la chanson-titre) à un rock n’ roll rapide (l’excellente "All The Things That Go To Make Heaven And Earth"). Ce sont peut-être d’ailleurs ces grandes variations tout au long du disque qui peuvent représenter son point le plus négatif alors qu’on s’y perd quelque peu. Les guitares sont toujours bien présentes, même si ce sont les voix de Neko Case, Kathryn Calder, Bejar et Newman qui demeurent en évidence. On peut comparer les New Pornographers par moments à The Arcade Fire et leur musique entre aisément dans le même giron que bien des groupes brit pop. Malgré de très bonnes mélodies et une simplicité toute pop, les New Pornographers ont la particularité de toujours nous offrir des compositions originales d’une grande profondeur. Il faut donc quelques bonnes écoutes attentives pour vraiment apprécier toutes les facettes de leur musique, même si la première écoute risque d’être grandement suffisante pour vous séduire totalement. La réalisation de l’album est à nouveau de premier plan grâce au travail de Phil Palazzolo, John Collins et Newman, et les arrangements sont tout simplement magnifiques. Challengers est un très bon disque qui comblera les fans du groupe. (octobre 2007)

Last Gang

½

Stevie Nicks - Crystal Visions: The Very Best Of Stevie Nicks

Stevie Nicks - Crystal Visions... The Very Best Of Stevie Nicks

Stevie Nicks s’est d’abord fait connaître au sein de Fleetwood Mac alors qu’elle a composé ou participé à la composition de plusieurs classiques du groupe, en plus de donner sa voix unique au groupe. Elle a ensuite entamé une carrière solo faite de hauts et de bas, mais incluant tout de même quelques succès importants des années 80, dont le classique "Edge of Seventeen", maintes fois repris. Ses succès incluent aussi "I Can’t Wait", "If Anyone Falls in Love", "Talk to Me" et "Stand Back". Toutes ces pièces sont évidemment incluses ici, en plus de titres inédits et en concert. On retrouve entre autres "Silver Springs", une pièce enregistrée avec Fleetwood Mac pour le classique Rumours, mais qui avait été rejetée faute d’espace sur le disque, un rejet que Nicks a mis bien du temps à accepter. On retrouve également une version de "Dreams" avec Deep Dish. Parmi les pièces en concert, on peut entendre le classique de Fleetwood Mac "Rhiannon", la reprise de Led Zeppelin "Rock and Roll" (un défi qu’on lui a lancé qu’elle a largement relevé), ainsi que 2 pièces avec l’Orchestre symphonique de Melbourne, "Landslide" et "Edge of Seventeen". Une version avec DVD est également disponible contenant 13 vidéoclips. Cette compilation de Stevie Nicks est définitivement sa meilleure à ce jour, malgré des inégalités et un désordre complet. (mai 2007)

Reprise / Warner

½

Offenbach - L'ultime Offenbach (2 CD + 1 DVD)

Offenbach - L'ultime Offenbach (2 CD + 1 DVD)

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la musique du légendaire groupe rock québécois Offenbach demeure ancrée dans les mémoires et est toujours bien vivante en 2008. Plusieurs compilations ont été mises sur le marché au cours des années, incluant les coffrets 1-3-5 et 2-4-6 et la série de 4 CD Les incontournables, mais voici le coffret ultime. On y retrouve 2 CD contenant les 38 plus grands succès du groupe, mais surtout, on y redécouvre Le dernier show au Forum capté en 1985. Le vidéo de ce concert était épuisé depuis longtemps et sans cesse redemandé par les fans. On le retrouve ici dans son intégralité pour une durée de 185 minutes dans une version remasterisée en format 5.1. C’est donc plus de 3 heures de spectacle incluant un long rappel d’une demi-heure dans lequel la dernière formation du groupe, composée de Gerry Boulet, John McGale, Breen Leboeuf, Johnny Gravel et Pat Martel, nous offre rien de moins que 44 titres couvrant la totalité de leur carrière. Tout y est, des plus grands classiques à quelques pièces plus obscures, dont certaines du dernier album du groupe, Rockorama. Le groupe y va aussi d’un superbe medley de vieux rock n’ roll en rappel. Coincé entre le début et la fin de « Chu un rocker », leur célèbre adaptation de « I’m A Rocker » de Chuck Berry, on retrouve « Jailhouse Rock », « Slow Down » et « Great Balls Of Fire ». En fait, le seul titre d’importance manquant lors de ce concert a été leur magnifique reprise de « Quand les hommes vivront d’amour » de Raymond Lévesque. Mais, comme on la retrouve sur CD, c’est un moindre mal. L’ultime Offenbach est offert en édition limitée de 30 000 exemplaires dans un superbe boîtier métallique incluant des photos et un magnifique livret ultra détaillé. On y retrouve l’histoire du groupe de ses débuts à 1985 par le biographe de Gerry Boulet, Mario Roy, qui a écrit l’excellent livre Gerry Boulet : Avant de m’en aller. Pour les années suivantes, le groupe s’est retrouvé à différents moments pour des spectacles uniques, mais surtout pour une tournée en 1997-98 et un album en 2005 avec Martin Deschamps (Nature). Ces années sont bien détaillées dans le livret par John McGale qui a désormais le leadership du groupe (lui qui l’avait déjà passablement pris de toute façon sur les derniers enregistrements du groupe). Le titre de L’ultime Offenbach est particulièrement bien choisi, car voici LE document à se procurer sur le groupe, autant pour les fans de la première heure que pour les plus jeunes qui voudraient les découvrir. Pour en savoir un peu plus sur le groupe, vous pouvez visiter la musicographie d’Offenbach revue et améliorée à l’adresse www.musicomania.ca/offenbach. (mars 2008)

½

Olympia - Emergencies

Olympia - Emergencies

Olympia est un groupe de Washington D.C. qui est né en 2005 des cendres de Fairweather et de Brand New Disaster, deux groupes dans le genre post hardcore / emo. Emergencies est le premier album du quatuor et leur promet un bel avenir. Sans être d’une originalité débordante, il offre 11 pièces rock de qualité avec des refrains accrocheurs et une énergie sans bornes. Bon, je me serais bien passé de quelques ballades dont la chanson-titre que j’ai trouvée profondément ennuyante, ainsi que la très lente "Who’s Bad Party Time", mais les pièces énergiques compensent quelque peu pour ces moments que j’ai trouvés plutôt faibles. Le principal problème de l’album c’est qu’il présente un beau paradoxe : avec autant de mélodies inoubliables, on n’en retient pas grand-chose à la toute fin. C’est tout de même un bon premier essai pour ce groupe qui possède beaucoup de potentiel pour le futur. (juin 2007)

Equal Vision

Orange - Escape From L.A.

Orange - Escape From L.A.

Voici le 2e album de l’excellent jeune groupe pop punk californien Orange. J’avais bien aimé leur premier album, Welcome To The World Of… Orange, qui avait l’avantage de se différencier de la majorité des groupes pop punks actuels par un son un peu plus britannique. Le groupe poursuit dans la même veine ici. On peut faire quelques parallèles avec Sum 41, Green Day et Social Distortion, mais il faut véritablement aller explorer le punk anglais de 1977 pour trouver les véritables points de comparaison de ce groupe. Il faut dire que la réalisation y est certainement pour quelque chose alors qu’on a droit à un son un peu moins poli que chez la majorité de leurs contemporains. Même que la voix puissante du chanteur, Joe Dexter, peut parfois déranger les oreilles sensibles alors qu’on a l’impression qu’il est beaucoup trop près du micro pour vociférer de la sorte, façon Sex Pistols. Malgré ce son qui peut sembler parfois un peu trop carré, les mélodies sont tellement efficaces qu’on ne peut faire autrement que les fredonner rapidement. Finalement, si vous avez résisté à chanter jusqu’à la fin, la 11e pièce vous fera craquer alors qu’ils reprennent habilement le méga-succès des années 80 "Karma Chameleon" de Culture Club. Escape From L.A. est encore une fois un très bon disque qui donne un souffle nouveau au pop punk californien. (novembre 2007)

Hellcat / Epitaph

½

Dolores O’Riordan - Are You Listening?

Depuis la séparation des Cranberries en 2001, la chanteuse Dolores O’Riordan s’était faite plutôt discrète. C’est qu’au cours des dernières années elle s’est consacrée à sa famille, avant de revenir en studio en 2006 pour son premier album en solo. Au printemps de 2007, elle nous offrait donc Are You Listening?, un disque d’une grande maturité. On y retrouve un son qui se rapproche grandement de celui de son ancien groupe, même si les accents rock sont passablement laissés de côté. C’est plutôt dans les mélodies et les atmosphères pop qu’elle nous rappelle le son qui l’a rendu célèbre. L’ajout d’orchestrations et d’arrangements complexes donne une certaine envergure à ce disque qui n’a rien d’intimiste. Forte de toute son expérience passée, Dolores O’Riordan nous présente donc un album d’une grande solidité qui séduira assurément ses fans de longue date. Un très bon premier album solo! (février 2008)

½

Otep - The Ascension

Otep - The Ascension

Otep est un groupe de métal aux accents gothiques et industriels qui a été formé à Los Angeles en 2000. The Ascension est le 3e album du groupe et le son qu’on y retrouve se situe quelque part entre Slipknot et Evanescence. Le disque a d’ailleurs été réalisé par Dave Fortman qui a aussi travaillé avec Evanescence et Mudvayne. Le groupe, dirigé par la chanteuse Otep Shamaya, présente ici un changement de musiciens alors que le guitariste Karma Cheema et le batteur Brian Wolff viennent se joindre à Shamaya et au fondateur du groupe, le bassiste eViL j (Jason McGuire). Le guitariste de Mudvayne, Greg Tribbett, collabore à l’album alors qu’il a co-écrit 3 pièces, « Invisible », « Crooked Spoons » et « Confrontation ». Le premier extrait du CD est leur très bonne reprise de « Breed » de Nirvana, dont le vidéoclip a été réalisé par Paul R. Brown qui a travaillé par le passé avec Smashing Pumpkins et James Blunt. Le reste de l’album comporte de bons moments alors que le groupe se différencie passablement de ce qu’il a fait dans le passé. Par contre, leur son peut quelque peu écorcher les oreilles en certaines occasions. La section rythmique prend même par moments des airs de death metal (« Eet The Children », « March Of The Martyrs »). À d’autres moments, on tombe dans la ballade à la Evanescence (« Perfectly Flawed », « Invisible »). Il est donc plutôt difficile de trouver une ligne directrice à ce disque qui semble aller dans toutes les directions. Il intègre différents éléments pour plaire à un peu tout le monde à un moment ou à un autre, mais peu de gens risquent d’aimer l’ensemble, à part peut-être leurs fans de la première heure qui trouveront ici une évolution intéressante. (janvier 2008)

Koch

Jonathan Painchaud - Qu'on se lève

Jonathan Painchaud - Qu’on se lève

Après avoir travaillé avec Okoumé et avec son frère Éloi, voilà que Jonathan Painchaud nous présente son 2e album solo. Qu’on se lève nous offre un mélange agréable de pièces rythmées et de ballades, oscillant entre le rock, le folk et le country. En plus d’Okoumé, les noms qui nous viennent rapidement en tête à l’écoute du disque sont Kaïn et Vincent Vallières. Le thème récurrent de l’album est « les chums » comme on peut s’en rendre compte avec l'excellent premier extrait à succès "Les vieux chums" et "Laisse-toi pas détruire". Dans la chanson-titre, Jonathan passe à peu près tous les problèmes sociaux en revue en disant qu’on doit prendre l’avenir entre nos mains pour que ça change. Il y a Éloi qui collabore encore une fois au disque, mais on peut aussi entendre la voix douce et mélodieuse de Jorane sur "Le méchant". Ce sont 12 pièces à l’atmosphère changeante que nous propose ici Jonathan, ce qui fait que certaines personnes pourront être séduites seulement par une portion du disque en fonction de leurs goûts personnels. Dans l’ensemble, Qu’on se lève est un album solide, fidèle à la réputation d’excellent auteur-compositeur de Jonathan Painchaud. (octobre 2007)

Sphère

½

Paramore - Riot!

Paramore - Riot!

Riot! est le 2e album du quatuor pop punk du Tennessee Paramore, mais le 1er sur une étiquette majeure. On peut les comparer à Simple Plan, Amber Pacific et Red Jumpsuit Apparatus, mais à cause de la présence féminine de la jeune Hayley Williams au micro, on peut surtout les comparer à Avril Lavigne et au groupe québécois Meesh. Ils nous offrent un pop rock énergique aux influences punks, à l’image du premier extrait du disque, l’excellente "Misery Business". Les arrangements sont léchés, peut-être un peu trop, les mélodies sont toujours efficaces et accrocheuses au maximum et la voix puissante de Williams capte rapidement notre attention. Sans être d’une originalité débordante, l’album présente peu de pièces véritablement faibles, ce qui en fait un disque léger qui s’écoute bien pendant 39 minutes. Les amateurs du genre sont déjà tombés sous le charme pour la plupart. Pour les autres, plusieurs risquent de tendre l’oreille vers ce jeune groupe à l’énergie contagieuse. (découverte du mois d'octobre 2007)

Atlantic / Warner

½

Parkway Drive - Horizons

Parkway Drive - Horizons

À peine plus d’un an après la sortie de son premier album en Amérique, Killing With A Smile, le groupe hardcore australien Parkway Drive est de retour avec Horizons. Le groupe poursuit dans la même direction visant à repousser les frontières du métal hardcore, même s’il est plutôt difficile de révolutionner un style assez limité qui a tout vu au cours des 25 dernières années. Peut-être qu’en Australie ils proposent un son tout à fait nouveau, mais ce n’est pas vraiment le cas lorsqu’on en sort, des États-Unis à l’Angleterre en passant par l’Allemagne et les pays scandinaves, sans oublier le Québec. On peut d’ailleurs reconnaître un peu du Voivod des débuts en certaines occasions, même si le groupe se compare surtout à ses contemporains de Killswitch Engage et Hatebreed. Si vous avez apprécié leur premier album, vous aimerez tout autant ce nouveau disque qui offre les mêmes riffs lourds, parfois lents et parfois rapides, coiffés d’une voix gutturale. Par contre, le groupe ne va pas vraiment plus loin, malgré quelques bons moments. (janvier 2008)

Epitaph

Pascale Picard - Me, Myself & Us

Pascale Picard - Me, Myself & Us

Pascale Picard est une fille de Québec qui a décidé de chanter en anglais, et on peut dire que la décision lui a été plutôt profitable jusqu’à maintenant considérant le succès qu’elle a eu en 2007. Cette jeune auteure-compositeure nous propose une musique folk et pop contemporaine et urbaine avec certains élans de rock bien marqués. Sa musique est construite autour de la guitare acoustique, parfois appuyée par une guitare électrique passablement lourde, voire même métal sur « Annoying ». Mais, ce qui attire tout de suite l’attention, c’est la voix de Pascale. À la fois douce et puissante, tout en étant remplie d’émotion, elle nous rappelle Lisa Loeb. La solidité de la jeune femme, appuyée par le talent immense de ses musiciens, donne à ce disque un aplomb rarement vu pour un premier album. Du méga succès « Gate 22 » aux excellentes « Thinking Of It » et « Smilin’!! », Me Myself & Us ne comporte que bien peu de faiblesses et réussit rapidement à nous captiver. C’est un excellent disque qui nous a non seulement permis de découvrir une jeune chanteuse prometteuse, mais aussi d’avoir sous la main l’un des bons albums québécois de l’année. (découverte du mois de janvier 2008)

Pierce The Veil - A Flair For The Dramatic

Pierce The Veil - A Flair For The Dramatic

Pierce The Veil est un nouveau groupe de San Diego en Californie. Dirigé par les frères Victor and Michael Fuentes, le groupe nous propose une musique rock alternative plutôt complexe et difficile à comparer. On retrouve un peu de post punk, d’emo, de progressif et de métal, toujours avec d’excellentes mélodies pop, mais sur des structures musicales changeant continuellement. C’est donc une musique qu’il faut apprivoiser lentement, mais qui attire tout de même rapidement notre attention. Bien fignolée avec de très bons arrangements, la musique de Pierce The Veil a tout ce qu’il faut pour percer l’underground américain et se faire connaître d’un public plus large. Un simple coup de pouce promotionnel ferait l’affaire. (août 2007)

Equal Vision

½

Pink Martini - Hey Eugene!

Pink Martini - Hey Eugene!

Le groupe très éclectique de Portland nous avait offert un album unique en 2004 avec Hang On Little Tomato. Trois ans plus tard, Pink Martini est de retour avec le brillant Hey Eugene!, un disque qui va encore un peu plus loin dans la pop cabaret. On retrouve à nouveau les éléments de musique latine qu’ils nous ont présentés précédemment (comme dans « Tempo Perdido »). Par contre, le groupe explore également cette fois-ci le monde arabe avec « Bukra Wba’do », interprétée à l’origine par la star égyptienne Abdel Halim Hafez. Quant à « Taya Tan », elle nous amène au Japon, alors que « Ojala » fait une incursion dans la chanson française. La culture russe est également à l’honneur avec « Dosvedanya Mio Bombino ». C’est donc plus que jamais un tour du monde complet que nous propose Pink Martini avec cet album coloré. L’uniformité de l’ensemble est particulièrement surprenante compte tenu des influences diverses assemblées ici. Avec Hey Eugene!, Pink Martini nous prouve qu’il est possible de conserver le focus tout en explorant diverses influences. Le groupe nous arrive donc sans aucun doute avec son meilleur album à ce jour. (août 2009)

Robert Plant & Alison Krauss - Raising Sand

Robert Plant & Alison Krauss - Raising Sand

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Depuis quelques années, Robert Plant est redevenu l’un des artistes piliers du rock. En 2005, le chanteur sort l’excellent Mighty Rearranger avant de redevenir, en fin d’année dernière, l’incontournable leader de Led Zeppelin pour un mémorable concert. Toujours très éclectique dans ses influences, Plant a touché au rock, au blues, à la world, au folk… expérimentateur mais jamais dispersé. Fruit de la collaboration entre Plant et Alison Krauss, chanteuse de country et bluegrass, Raising Sand est, sans conteste l’un des meilleurs albums de 2007. Un album pur, superbe. Les 13 titres sont, certes, des reprises (à l’exception de « Please Read The Letter », écrit par Page et Plant), mais l’alchimie entre les deux protagonistes et le mariage incroyable de leurs voix, transforment ces reprises en morceaux très personnels. Raising Sand est un mélange magique de country, de blues et de folk. Chacun des titres glisse sur des mélodies rondes et pacifistes, interprétés par des voix suaves et parfaitement ajustées. Le producteur et guitariste T Bone Burnet a largement participé au choix judicieux des différents titres transcendés par Robert Plant et Alison Krauss : « Rich Woman », « Killing The Blues », « Polly Gone Home », « Gone, Gone, Gone » ou « Please Read The Letter », de magnifiques versions, fruits de la relation très spirituelle entre les deux chanteurs. Une connexion musicale et vocale sans faille. (mars 2008)

Iggy Pop - Live In San Fran 1981

Iggy Pop - Live In San Fran 1981

Voici un concert enregistré en 1981 à San Francisco vers la fin de la tournée de l’album Party. On y retrouve des classiques incontournables comme « TV Eye » et « 1969 » des Stooges, ainsi que « Some Weird Sin » et « Lust For Life » du classique de 1977 Lust For Life, sans oublier « Dum Dum Boys » de l’excellent album The Idiot. Par contre, plusieurs moins grands fans de Iggy Pop auront de la difficulté à en reconnaître d’autres, alors qu’il a préféré aller du côté plus obscur de sa carrière et, évidemment, de faire la promotion de son album le plus récent. Les 5 titres de cet album risquent fort de vous laisser indifférent, à part peut-être « Houston Is Hot Tonight » qui est passablement efficace. En boni aux 12 pièces en concert, on retrouve 2 enregistrements inédits en studio réalisés par Ric Ocasek en 1983 : « Fire Engine » et « Warrior Tribe ». Ces enregistrements sont malheureusement une bonne représentation du Iggy Pop de ces années-là, alors qu’il se cherchait musicalement. Il s’agit donc ici d’un album en concert qui s’adresse exclusivement aux fans les plus fidèles de la légende du punk. On y retrouve des bons moments, mais rien pour que l’album devienne mémorable. Ce concert était paru en vidéo en 1986. (mars 2008)

MVD

½

Ben Popp - Sur du vent

Nouvel album du prolifique chanteur français indépendant, Sur du vent nous propose 12 pièces pop efficaces. Sur certains titres, comme « Demain est une fête », « Nos au revoirs » et l’énergique « It’s My Birthday », la guitare électrique est bien présente et nous amène en territoire un peu plus rock que sur la majorité des titres, plutôt acoustique. La chanson-titre, quant à elle, est une très belle ballade aux arrangements particulièrement réussis. D’autres pièces ont moins attiré mon attention, mais dans l’ensemble, Sur du vent est un bon album de Ben Popp. (février 2008)

Omara Portuondo - Duets

Omara Portuondo - Duets

Omara Portuondo est une véritable légende cubaine, la chanteuse la plus connue au pays. Elle a entre autres participé au célèbre Buena Vista Social Club en 1996, mais ce qu’on retrouve ici, c’est plutôt une compilation de duos enregistrés au cours des 25 dernières années (sauf un qui remonte à 1974). Elle y est accompagnée la plupart du temps par l’orchestre Egrem qui met en vedette entre autres Rubén Gonzalez, Juan Pablo Torres et Orlando Lopez. On y retrouve des duos célèbres avec Arnaldo Rodriguez ("Habana Travel"), Pedro Rivera ("Como Es Posible"), Miguel Angel Cespedes ("Para Vivir de Lejos" et "Amor, Dame Vida"), Pio Leyva ("Reclamo Mistico"), Maria Felicia Perez ("Libre de Pecado"), Juan Pablo Torres ("Eso No Lo He Dicho Yo") et plusieurs autres. Mais la personne qui revient le plus souvent en compagnie d’Omara est Elena Burke dont le nom apparaît 6 fois, incluant l’excellente pièce d’ouverture entraînante "Este Son Homenaje". Après plusieurs chansons rythmées dignes de la meilleure musique cubaine, on retrouve quelques ballades romantiques consécutives qui viennent casser quelque peu le rythme du disque, même si elles sont de qualité et contribuent à mettre bien en évidence la voix exceptionnelle des interprètes. Je préfère largement Omara lorsqu’elle nous présente des rythmes de bolero ou avec le mambo de "Deja Que Suba la Marea". Ces 20 titres totalisant plus de 75 minutes contribuent grandement à nous faire comprendre pourquoi cette grande diva a été acclamée à travers le monde. (octobre 2007)

Disconforme / MVD

½

Preach - Translantic

Preach - Translantic

Preach est un DJ québécois (né Philippe Babin) qui a fait ses classes à Québec et Montréal dans les plus grands clubs incluant Sona et Aria. Après avoir attiré l’attention de certains des DJ les plus renommés (dont Tiësto, Carl Cox, Paul Van Dyk et Marco V), il a décidé de traverser l’Atlantique en 2005 pour se rendre à Breclav en République Tchèque. Translantic a été en quelque sorte inspiré par ce voyage et la découverte de nouvelles cultures. Le projet a duré un an et demi pendant lequel Preach a travaillé avec des musiciens et choristes. Sa popularité n’a cessé de grandir alors qu’il a performé à Londres, Madrid, Toronto, Montréal (au Bal en Blanc) et Amsterdam. La sortie de son premier album l’amènera maintenant en tournée à travers le monde. Il a entièrement composé les 13 pièces de cet album de 73 minutes qui est essentiellement techno trance, mais qui offre aussi des moments électroniques plus doux comme sur « Love Like Water » qui propose une musique électronique d’ambiance accompagnant la magnifique voix de Tracy Saxby. Parmi les autres artistes invités présents sur le disque, on retrouve la guitare et la voix de Raymond Elma, ainsi que les voix de Saskia Lie-Atjam (connue pour son travail avec Ferry Corsten), Ali Lundblad et Fla Priscilla. Malgré la présence de ces voix, l’album demeure majoritairement instrumental, dans la plus pure tradition techno. C’est un très bon disque, digne des meilleurs DJ de la planète. (décembre 2007)

Black Hole / Fusion3

½

Queens Of The Stone Age - Era Vulgaris

Queens Of The Stone Age - Era Vulgaris

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Josh Homme fait partie de ces artistes qui marquent une génération. Sans être populaire au point d’un Kurt Cobain ou d’un James Hetfield, il a réussi à conduire les Queens Of The Stone Age au succès, démocratisant par la même occasion un genre assez nouveau le stoner rock (ce qu’il échoua avec son précédent groupe Kyuss). Aujourd’hui, QOSTA est l’une des grosses têtes d’affiche de festivals, encore abordable, et qui assure une certaine réussite aux organisateurs. Tiraillé par ses projets multiples (avec Eagles Of Death Metal entre autres), Homme se recentre sur les Queens pour amener sur un plateau ce cinquième opus à la pochette d’aussi mauvais goût que de trimballer un Iguane dans une pub SFR (si vous me suivez…). Bref. Déjà, la tâche semble rude de passer après l’excellente suite de Rated R, Songs For The Deaf et Lullabies To Paralyse… Avec ces trois là, les Queens n’ont plus grand-chose à prouver. Dès les premières écoutes, on reconnaît à ce « nouveau-né » un air de famille indéniable avec le précédent. C’est bien le sang de Josh Homme qui coule ici. Riffs démoniaques bouillonnants, production distanciatrice et étouffant volontairement le son (pour moins de clarté), la musique des Queens emprunte toujours des mimiques au grunge des Nirvana et à la fusion de groupe comme les Smashing Pumpkins ou Faith No More. Pas forcément dans les influences directes, mais dans certaines conceptions. Pour autant, les morceaux stoner les plus « Queensesques » comme "Turnin' On The Screw", le single "Sick, Sick, Sick" ou "Battery Acid", de véritables brûlots ornés d’une production « brouaaesque », ne sont pas forcément les plus intéressants. Ils peinent à tenir la comparaison avec les quelques perles des précédents opus. À l’inverse, Homme délivre quelques titres plus originaux, servis par une approche moins directe, comme "I’m Designer" et son chant trafiqué, ou l’excellente "Into The Hollow" et son ambiance vicieuse à la Black Sabbath. D’autres titres comme "Make It Wit Chu", plus popesque, ou "3’s & 7’s" plus rock et grunge, tirent également leur épingle du jeu. Au final, par un mix de styles toujours bienvenu, Era Vulgaris séduit sans emballer réellement, et souffre une nouvelle fois de la comparaison avec les précédents enregistrements studio du groupe. (octobre 2007)

Queensrÿche - Take Cover

Queensrÿche - Take Cover

Le groupe métal progressif Queensrÿche a été incapable dans les années 90 et 2000 d’être à la hauteur de la réputation qu’il s’est créé avec les excellents albums Operation: Mindcrime et Empire. Donc, la meilleure façon pour attirer l’attention à nouveau sur eux est de nous offrir un album de reprises. Voici donc Take Cover, un CD de 11 titres présentant quelques-unes des pièces favorites du groupe. L’album débute avec l’excellente reprise de Pink Floyd « Welcome To The Machine » avant un extrait de Jesus Christ Superstar, « Heaven On Their Minds » de Tim Rice et Andrew Lloyd-Webber. On retrouve ensuite 2 pièces de Crosby Stills Nash & Young : « Almost Cut My Hair » et le classique « For What It’s Worth. Les autres interprétations les plus réussies sont celles de Queen (« Innuendo »), Black Sabbath (« Neon Knights »), The Police (« Synchronicity II ») et Peter Gabriel (« Red Rain »). L’album se termine avec la meilleure pièce du disque, « Bullet The Blue Sky » de U2 dans une version de plus de 10 minutes enregistrée en concert. Un album de reprises n’est jamais totalement satisfaisant, mais le talent des musiciens de Queensrÿche et la voix puissante de son chanteur, Geoff Tate, nous font grandement apprécier ces pièces de qualité. (janvier 2008)

Rhino / Warner

½

Recoil - SubHuman

Recoil - SubHuman

Recoil a démarré comme un projet parallèle d’Alan Wilder dans les années 80, lui qui était alors membre de Depeche Mode. Lorsqu’il a quitté le groupe en 1995, il a fait de Recoil un « groupe » à temps plein, même s’il en est le seul membre fixe. SubHuman est le 5e album du groupe et il nous propose une musique électronique riche en sonorités. Pour les voix, il a cette fois demandé les services de Joe Richardson, un bluesman de la Louisiane, ainsi que de la britannique Carla Trevaskis qui a entre autres travaillé avec Fred de Faye (Eurythmics) et Dave McDonald (Portishead). J’ai trouvé que la voix féminine de Carla Trevaskis était beaucoup mieux adaptée à la musique électronique ambiante de Recoil. Joe Richardson donne un ton blues, parfois même folk, à une musique qui se veut aux antipodes de ces styles ancrés dans les traditions du Sud des États-Unis. J’ai donc été particulièrement déçu d’entendre des moments de blues et de folk sur cet album que j’espérais entièrement électronique. C’est bon pour les fans de blues, sauf qu’aucun n’ira se procurer un album de Recoil s’il veut entendre du blues. On ne retrouve que 7 pièces sur l’album qui dure pourtant plus de 60 minutes. Ce sont donc de longues pièces qui nous accrochent lentement mais sûrement dans leur ambiance bien particulière. En conclusion, c’est un album plutôt inégal compte tenu de ce mélange de styles incongru, mais Wilder nous offre tout de même un album créatif. Une version de luxe avec DVD incluant l’album avec un son ambiophonique est également disponible. (septembre 2007)

Mute

Les Rita Mitsouko - Variéty

Les Rita Mitsouko - Variéty

Le duo français formé par Catherine Ringer et Fred Chichin est de retour sur disque avec Variéty. On peut parler ici d’un album international alors qu’il a été enregistré à Paris et New York, mixé à Londres, et masterisé à Portland. Les textes sont majoritairement en français, mais une version différente a été lancée pour le marché anglais. On retrouve une collaboration surprenante alors que Serj Tankian de System Of A Down prête sa voix à "Terminal Beauty" en conclusion du disque. Musicalement, le duo ne va pas plus loin que ce à quoi il nous a habitué. J’ai même trouvé à la moitié du disque qu’il nous offre un son pop rock plutôt commun et assez lent, loin d’être aussi éclaté que ce qu’on a pu découvrir dans les années 80. Il a fallu que j’attende aussi loin qu’à la 11e pièce pour être quelque peu diverti (et j’ai bien failli ne pas m’y rendre). "Ding Ding Dong (Ringing At Your Bell)" est un peu plus énergique que la moyenne et elle est suivie par "Terminal Beauty" avec Serj Tankian qui attire une certaine curiosité sans être exceptionnelle. Les Rita Mitsouko font partie de cette catégorie d’artistes qui ont une horde de fans inconditionnels qui sont prêts à les suivre dans toutes les directions qu’ils choisissent de prendre. C’est donc encore une fois un succès assuré, mais pour ma part, rien ne m’a véritablement impressionné sur cet album. (juillet 2007)

Warner

Arturo Sandoval & His Group

Arturo Sandoval - Arturo Sandoval & His Group

Arturo Sandoval est un musicien cubain qui est né dans la province de La Havane. Trompettiste de grand talent, il est reconnu comme l’un des meilleurs au monde. Ce CD se veut un regroupement de 2 de ses albums parus en 1981 et 1982. On y retrouve donc 11 pièces totalisant 68 minutes de musique jazz de grande qualité. Il est important de souligner la présence tout au long du disque de l’excellent bassiste Jorge Reyes, un des meilleurs à Cuba. Par rapport à d’autres musiciens cubains, je dirais que le son de Sandoval s’inscrit un peu mieux dans les standards jazz internationaux, malgré certains moments plus pop. Même si la trompette peut parfois être un instrument agaçant à l’oreille, cette compilation contribuera certainement pour plusieurs à une certaine réconciliation. Un excellent disque d’un musicien à découvrir… (juin 2008)

Disconforme / MVD

½

Siggi Schwarz & Michael Schenker – Live Together 2004

Siggi Schwarz & Michael SchenkerLive Together 2004

Siggi Schwarz et Michael Schenker sont 2 virtuoses allemands de la guitare électrique spécialisés dans le hard rock des années 70 et 80. Le deuxième a entre autres joué avec UFO, Scorpions (il est le frère de Rudolph), Contraband et le Michael Schenker Group (MSG). Accompagnés du chanteur-bassiste Martin Hesener et du batteur Bernd Elsenhans, ils joignent ici leurs forces pour ce concert enregistré en décembre 2004 à Heidenheim en Allemagne. Ils y interprètent quelques-unes de leurs pièces préférées, à commencer par le classique des Kinks, « You Really Got Me ». On retrouve aussi plusieurs titres de Free et Bad Company, ainsi que 3 pièces de UFO. Le son, qui n’a pas été retravaillé en studio, est particulièrement réussi alors que le mixage place bien en avant les 2 guitares, toujours jouées à la perfection. Les amateurs de hard rock des années 70 qui apprécient la guitare électrique en auront plein les oreilles avec ce duo génial. (février 2008)

MVD

Scorpions - Humanity - Hour 1

Scorpions - Humanity - Hour 1

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Un nouvel album de Scorpions? Après les immenses succès planétaires des années 80 (Blackout, Love At First Sting), et un excellent Crazy World en 1990, Scorpions va connaître une véritable traversée du désert durant toute la décennie, avant de prendre une sorte de nouveau départ au début des années 2000. En 2004, l'album Unbreakable redonne un peu d'air et d'authenticité au groupe, lui permettant de se lancer dans une tournée revigorante. En 2006, les allemands rentrent en studio avec le producteur Desmond Child, qui a déjà fait ses armes sur des albums de Kiss, Aerosmith, Bon Jovi et autre Steve Vai. Mai 2007, Humanity - Hour 1 arrive dans les bacs... Fallait-il s'attendre à rechausser le perfecto, jeans moulés burnes, et autre casquette en cuir de vachette? La bonne vieille ambiance du hard 80... La peur du hard FM, le hard commercial... celui dans lequel baignait tout de même un peu le combo de Hanovre, malgré tout le respect qu'on lui doit. Scorpions, en 2007, qu'est ce que ça peut donner? Ça fait maintenant près de 15 ans que le hard semble périmé, seuls quelques irréductibles s'en sortent en luttant férocement. Autant dire que la tâche était difficile. Mais dès l'intro, Scorpions écrase tout préjugé, balayant d'un coup de riff hargneux, d'éventuelles concessions du groupe sur son style. Hard, voir heavy, "Hour 1" prend directement d'assaut les enceintes. Dès "The Game Of Life", on reprend le fil du style Scorpions, du hard très mélodique, sur fond assez lourd, des refrains immédiats. Le groupe oscille ensuite entre titres mid tempo ("You're Lovin' Me To Death") et boulets de canon soniques ("321"). Marque de fabrique des allemands, les mythiques ballades ne sont pas exclues, avec "Your Last Song" ou "Love Is War". Klaus Meine, lui, chante mieux que jamais, sa voix est aussi ajustée que celle d'une diva un jour de gala! Rudolf Schenker et Matthias Jabs se promènent sur le manche entre deux riffs assassins, pour apporter la touche solo, indispensable à tout bon album de hard. Que lui reprocher? Les ingrédients y sont, sans exception, les morceaux sont particulièrement bien composés et maîtrisés, la production est propre et décuple la puissance de l'ensemble. Finalement, c'est presque trop maîtrisé... trop simple, largement ficelé. Il manque une certaine prise de risques. En 2007, les temps changent, le son aussi... l'authenticité doit être une valeur ajoutée, et pas uniquement un acquis. Pour autant, Humanity - Hour 1 est un excellent Scorpions. (juillet 2007)

½

Semtazone - Trafic intense

Semtazone - Trafic intense

Semtazone est un groupe français qui navigue entre le rock et la chanson française et qui s'inspire de différentes cultures musicales, incluant des rythmes d'Afrique du Nord. Le groupe existe depuis 6 ans, a lancé 2 albums autoproduits et a donné plus de 450 spectacles en Europe et au Maroc. Trafic intense a été enregistré lors de 10 concerts qui ont demandé des heures d'écoute et de mixage. Le disque donne un bon aperçu de l'énergie du groupe sur scène, en plus de présenter leur richesse musicale et leur maturité, malgré les inconvénients du direct qui ne permet pas de travailler autant le son. 12 pièces ont été retenues pour cet album qui totalise 55 minutes et réussit parfaitement à vous faire entrer dans leur univers bien particulier. L'album devrait être distribué bientôt au Québec et le groupe y sera en tournée entre le 9 et le 18 novembre prochain, incluant un passage à Montréal dans le cadre du Coup de coeur francophone le 10 novembre. (août 2007)

Smashing Pumpkins - Zeitgeist

Smashing Pumpkins - Zeitgeist

Billy Corgan a désintégré son groupe à la fin de 2000 alors que la chimie n’y était plus, tout comme l’inspiration. Il a ensuite formé un nouveau groupe, Zwan, mais suite à un album moyen, il a décidé de présenter un album en solo, sans plus de succès. Il se dit maintenant que finalement la solution est peut-être de recréer les Smashing Pumpkins, même s’il n’y a que le batteur, Jimmy Chamberlin, qui a accepté l’invitation à réintégrer les rangs. Avec Corgan qui joue tous les autres instruments, on se retrouve avec un album qui pourrait plus être une suite à son album solo qu’un retour des Pumpkins. On a l’impression en écoutant Zeitgeist que Corgan s’est retrouvé acculé au pied du mur et qu’il ne lui restait plus qu’une solution avant de sombrer dans l’oubli : reformer le groupe qui l’a rendu célèbre. Il se débat comme un diable dans l’eau bénite pour prouver que son groupe existe toujours, ce qui donne peut-être l’album le plus lourd du groupe. Oubliez les douces ballades à la "1979" ici, puisqu’on retrouve plus un véritable défoulement. Le principal problème de ce disque, c’est qu’il semble exagérément forcé et manque honteusement de créativité pour un gars qui était reconnu comme un des artistes américains les plus créatifs des années 90. Peu de mélodies sont véritablement accrocheuses, et même lorsqu’elles le sont, elles sont totalement camouflées par les guitares hurlantes. Si la chose qui vous intéressait des Smashing Pumpkins était leur côté « heavy », vous y trouverez peut-être votre compte. Mais, vous devez savoir que ces 12 pièces n’ont vraiment rien à voir avec les pièces quasi-métal qu’on pouvait retrouver sur l’excellent Mellon Collie And The Infinite Sadness. Elles sont plutôt du même acabit que quelques-uns des pires moments des 2 derniers albums du groupe avant sa séparation. Peu de bons moments vous resteront en tête si ce n’est "Tarantula" et peut-être "United States" qui offre au moins un rythme différent du reste. Une version de luxe avec livret de 76 pages est également disponible, ce qui peut peut-être compenser pour le manque d’intérêt vis-à-vis la musique… (septembre 2007)

Warner

The Snake The Cross The Crown - Cotton Teeth

The Snake The Cross The Crown - Cotton Teeth

Après Mander Salis, un album que j'avais adoré en 2004, voilà que The Snake The Cross The Crown a décidé de prendre du recul. Les gars nous reviennent maintenant avec un son plus près de leurs racines avec de nombreuses influences country et folk, un peu à la Wilco. Mais, si vous croyez qu'ils ont complètement abandonné le indie rock aux influences britanniques, détrompez-vous. Ils réussissent plutôt à parfaitement marier les styles pour en faire une musique extrêmement riche. Tantôt comparable à The Band et Creedence Clearwater Revival ("The Great American Smokeout", "Gypsy Melodies"), le groupe se transforme littéralement pour s'apparenter à Coldplay et Travis ("Cakewalk", la chanson-titre). Alors que c'était un album de grande qualité qu'ils nous avaient offert avec le précédent, voilà que le groupe passe carrément à un autre niveau avec Cotton Teeth, un album d'une grande sensibilité créative. Sur les 10 pièces qui composent cet album de 49 minutes, bien peu nous agacent alors que la plupart nous accrochent totalement. Il y a bien "Floating In & Out" qui nous énerve quelque peu avec un son électronique qui semble sorti de nulle part, mais on se dit qu'après tout la perfection n'est pas de ce monde. Malgré cette tache à son dossier, Cotton Teeth fera assurément partie des meilleurs albums de 2007. (mai 2007)

Equal Vision

Societys Parasites - Societys Parasites

Societys Parasites - Societys Parasites

Societys Parasites est un groupe de punk hardcore nouveau genre qui nous provient directement des rues de Los Angeles. La principale différence entre ces punks et leurs compères californiens est la rage qu’on retrouve dans chacune de leurs pièces. Toute cette rage nous est lancée à la figure sur une musique ultra rapide, et l’album de 15 titres dure tout juste 24 minutes. Après une introduction plutôt conventionnelle, le disque débute véritablement avec "In The City" et ne vous laissera plus jamais reprendre votre souffle, en partie grâce à la réalisation de Elvis Cortez de Left Alone. Basse bruyante et solos de guitare dignes des bonnes années du speed metal en mettront plein les oreilles aux amateurs de punk rapide, agressif et sans compromis. Il s’agit d’un album extrêmement libérateur et vous vous sentirez particulièrement calme lorsque le mur de bruit s’arrêtera. Sans être vraiment créatif d’un point de vue musical, il s’agit d’un bon album de vrai punk rock, comme il s’en fait peu de nos jours… (découverte du mois de juin 2007)

Hellcat / Epitaph

½

Soulkid #1 - Americanized

Soulkid #1 - Americanized

Soulkid #1 est un nouveau groupe de Los Angeles en Californie qui nous offre son tout premier album. Celui-ci contient un heureux mélange de rock alternatif, de soul, de R&B et de hip hop. Les influences vont de Beck à David Bowie, en passant par le son de Motown et le boogie des années 70. L'écriture des pièces d'Americanized remonte à 2000-2001 alors que Marc Godfrey est parti de son Vancouver natal pour s'établir en Californie. Chaque pièce du CD a été inspiré par un secteur différent de la ville de Los Angeles. Americanized devait paraître en 2003, mais le groupe s'est retrouvé sans contrat suite à la décision de Dreamworks de les laisser tomber lors de leur nouvelle association avec Interscope. Finalement, 4 ans plus tard, on peut enfin entendre cet album qui mérite fortement de s'y attarder. On a déjà pu entendre la pièce "(More Bounce In) California" qui a connu un grand succès sur Internet et dans l'underground américain, en plus de se faire entendre sur les bandes originales des films Win a Date with Tad Hamilton et Legally Blonde 2, ainsi que les émissions de télévision The O.C. et Laguna Beach. Depuis, les équipes sportives du sud de la Californie en ont fait un hymne pour divertir leurs fans pendant les pauses. En plus de cette excellente pièce, l'album contient plusieurs autres succès potentiels ("Until It's Gone...", "It's Your Lifestyle, Baby", "Some Kind of Wonderful Drug") et les faiblesses y sont plutôt rares. C'est un album créatif et varié qui laisse figurer un futur plus qu'intéressant pour ce groupe des années 2000... (février 2007)

Secret Agent

½

Spice Girls - Greatest Hits

Un retour ensemble des 5 filles pour une nouvelle tournée était le prétexte idéal pour une compilation de leurs plus grands succès. Pourtant, les Spice Girls n’ont enregistré que 2 albums à succès en 1996 et 1997, plus un flop après le départ de Geri Halliwell en 2000. Le groupe britannique, qui se voulait la réplique aux « boys bands » qui envahissaient la planète pop des années 90, a connu plus de succès grâce à son côté féministe qu’à la qualité de ses compositions. Les entraînantes « Wannabe », « Say You’ll Be There », « Spice Up Your Life » et « Stop » demeurent aussi futiles une décennie plus tard, mais leurs mélodies sont encore efficaces. Par contre, leurs ballades ennuyantes ne sont pas moins ennuyantes avec le recul. Cette compilation de 15 titres contient nécessairement des pièces moins connues et facilement oubliables, mais elle fait tout de même un bon résumé de leur carrière et rappellera de bons souvenirs à leurs jeunes fans de l’époque (féminines pour la grande majorité). On retrouve en prime 2 nouvelles pièces : l’endormante « Headlines (Friendship Never Ends) » et « Voodoo ». Deux autres versions de l’album sont disponibles : une version avec DVD contenant tous leurs vidéoclips et une édition limitée de 3 CD et 1 DVD dans un coffret unique. (mars 2008)

Virgin / EMI

½

Static Thought - In The Trenches

Static Thought - In The Trenches

Static Thought s'est formé au début des années 2000 sous la forme d'un trio. Après un mini-album en 2003, le groupe nous présente maintenant son tout premier album complet avec le jeune chanteur et guitariste de 17 ans Eric Urbach. Le quatuor nous offre un punk rock rapide et énergique aux influences hardcore, mais toujours mélodique. Les influences du groupe vont de G.B.H. à Rancid, en passant par U.K. Subs, Black Flag, Dead Boys, Motörhead et NOFX. Parmi les contemporains, on peut les comparer à The Unseen, Left Alone et Time Again. Leur musique est totalement rafraîchissante parmi tous les autres groupes du genre qui semblent carrément se torturer à faire des trucs originaux intéressants qui ne ressembleront en rien à du pop punk. On sent que les 4 gars de Static Thought ont produit l'album qu'ils voulaient bien faire, sans aucune préoccupation de publics cibles et de ventes d'albums. Le résultat est particulièrement efficace et nous arrive en plein visage tel une droite au menton. Un de mes éléments préférés du disque est la présence de riffs de guitare tout à fait incroyables en rapidité et en efficacité. C'est particulièrement le cas dans "Social Unrest", une pièce dans laquelle la basse de Mike Have-Not est également plutôt impressionnante. L'album se termine avec une très bonne reprise de "Next To You" de The Police, une version qui rappelle Motörhead, surtout grâce à la voix de Urbach. In The Trenches est un album parfait pour les amateurs de vrai punk, vous savez celui qu'on entend de moins en moins de nos jours parce que toujours dilué dans un autre genre musical pour en faire une bouillie qui n'a plus de punk rock que le nom. C'est un premier album divertissant et de grande qualité que nous offre ce nouveau groupe de la baie de San Francisco qui a un très bel avenir devant lui. Excellent départ! (découverte du mois de mars 2007)

Hellcat / Epitaph

The Stooges - The Weirdness

The Stooges - The Weirdness

The Stooges c’est ce groupe légendaire dont faisait partie Iggy Pop et qui a jeté les bases de ce qui allait devenir le punk rock. Malgré quelques apparitions et enregistrements sporadiques à travers les années, le groupe n’avait pas enregistré d’albums depuis 1973, soit depuis le légendaire Raw Power. Personne n’avait de grandes attentes vis-à-vis ce premier disque en 34 ans, puisque l’histoire nous a souvent prouvé qu’il était préférable de ne pas revenir après autant d’années pendant lesquelles on est devenu de véritables légendes. C’est donc avec une certaine indifférence que je me suis mis à la tâche pour écouter ce nouvel album et, comme je m’y attendais, rien ne m’a fait tomber de ma chaise. Dès la première pièce, "Trollin’", j’avais l’impression d’écouter une nouvelle version de ce qu’a fait Iggy Pop au cours des 25 dernières années, soit un rock plutôt commun qui peut bien passer en spectacle connaissant la folie d’Iggy, mais qui laisse de glace sur CD. Les frères Asheton fonctionnent encore bien ensemble et la section rythmique est efficace avec Mike Watt à la basse, mais Iggy n’est carrément pas à la hauteur. Il était pourtant bien en voix sur ses derniers enregistrements solo, mais ici, c’est souvent lui qui gâche la sauce, sans oublier que ses textes sont généralement ridicules (mais ça ce n’est pas tellement nouveau!). Il y a bien quelques titres intéressants comme "My Idea of Fun" et "She Took My Money" (à la Rolling Stones), mais elles sont malheureusement vite oubliées quand on entend des pièces comme l’ennuyante chanson-titre et la redondante "The End of Christianity". The Weirdness est donc une bien pâle copie des 3 albums géniaux lancés par le groupe entre 1969 et 1973. C’est un rock commun sans grande énergie qu’il faut avant tout écouter par curiosité pour la légende que le groupe représente, mais ce nouveau disque ne passera définitivement pas à l’histoire. (critique principale de mai 2007)

Virgin / EMI

Teddybears - Soft Machine

Teddybears - Soft Machine

Teddybears est un groupe suédois qui s’est déjà fait passablement entendre dans différentes publicités et émissions de télévision (par exemple "Cobrastyle" qu’on a pu entendre dans une publicité de Heineken et "Punkrocker" pour Cadillac). Il faut dire que le son pop éclectique et énergique du groupe est parfait pour l’industrie publicitaire. Ils nous proposent une musique intégrant des éléments d’électronique et de rock, une musique toujours dansante avec des mélodies inoubliables. D’ailleurs, on devient rapidement complètement dépendant de cet album qui s’écoute avec une facilité déconcertante, tout en nous proposant une musique d’une originalité certaine. En plus de Fatboy Slim qui nous vient en tête sur "Cobrastyle", on peut comparer les Teddybears à Gorillaz, Groove Armada, Goldfrapp et Scissor Sisters (en quelques occasions seulement). Les invités ne manquent pas sur l’album, à commencer par la légende du punk Iggy Pop sur "Punkrocker". On peut aussi entendre Neneh Cherry sur "Yours to Keep", Elephant Man sur "Are you Feelin’ It", le MC jamaïcain Mad Cobra sur "Cobrastyle" et Malte sur l’excellente "Different Sound", qui est une de mes préférées du disque. On retrouve également Daddy Boastin’ comme invité sur 2 pièces, ainsi que Ebbot Lundberg de Soundtrack of our Lives sur "Riot Going On" et Paloa sur la reprise cachée de "Yours to Keep" telle qu’entendue dans la pub télé de Virgin Mobile. La deuxième moitié de l’album est un peu plus prévisible, mais demeure tout de même efficace. Il s’agit donc d’un excellent premier album pour ce groupe qui attirera bien des regards dans les années à venir. Une bien belle découverte! (découverte du mois d'avril 2007)

Warner

John Tesh - A Passionate Life (CD + DVD)

John Tesh - A Passionate Life (CD + DVD)

John Tesh est un pianiste new age / néo-classique nous présentant depuis bientôt 20 ans une musique d’ambiance essentiellement instrumentale. Sur A Passionate Life, on retrouve quelques-uns de ses succès revisités, accompagnés de quelques reprises intéressantes. Le CD contient 12 titres et le DVD, 9 titres. Seulement 2 pièces se retrouvent autant sur le CD que sur le DVD, soit les excellentes "Cante Domine" (avec des chants grégoriens) et "Valley Of Dreams". Les images du DVD ont été tournées dans de très belles salles ou en pleine nature, ce qui donne des images tout simplement magnifiques. Pour l’enregistrement du son, il a été fait directement lors de la capture de ces images. Parmi les reprises que l’on peut entendre, il y a d’abord sur le CD "Desert Rose" et "Shape Of My Heart" de Sting, "In Your Eyes" de Peter Gabriel et "Bring Me To Life", le méga succès d’Evanescence. Le DVD quant à lui contient un autre succès de Sting, "Fields Of Gold", et l’excellente "Against All Odds" de Phil Collins. Dans l’ensemble, j’avoue avoir été surpris par un album de grande qualité qui s’écoute bien dans différentes circonstances malgré le fait qu’il s’agit essentiellement d’un album d’ambiance. Les orchestrations, toujours présentes, créent un son riche et profond et on se retrouve à monter le volume bien malgré nous. Un très bon disque qui peut servir de porte d’entrée pour ceux qui ne seraient pas familiers avec le genre. (août 2007)

Garden City / Warner

Tiësto - In Search Of Sunrise 6: Ibiza

Tiësto - In Search Of Sunrise 6: Ibiza

Après un an d’attente insoutenable pour ses fans, le DJ de renom Tiësto est finalement de retour avec le 6e album de la série sur les lieux qui l’ont inspiré à travers le monde lors de ses nombreuses tournées. Cette fois-ci, c’est l’île d’Ibiza en Espagne qui est en vedette, une île reconnue pour ses événements grandioses et ses clubs de nuit où se produisent les meilleurs DJ de la planète. Cette compilation double parfaitement mixée pendant 155 minutes nous offre une musique techno trance en continu à la manière de Tiësto. Il a su y reproduire l’atmosphère d’Ibiza d’une façon magnifique, à tel point qu’on a l’impression de sentir le soleil et l’atmosphère de l’île. Ceux qui y sont déjà allés seront encore plus à même de s’en rendre compte. Tiësto possède cette capacité unique de choisir les bons morceaux et de les fusionner à la perfection, et il vient à nouveau nous prouver qu’il est probablement le meilleur DJ au monde en ce moment. Un CD double de premier choix pour vous mettre dans l’ambiance des planchers de danse d’Ibiza… (novembre 2007)

Black Hole / Fusion3

½

Tiger Army - Music From Regions Beyond

Tiger Army - Music From Regions Beyond

Pas facile de revenir avec un nouvel album après un disque aussi solide que Ghost Tigers Rise, leur excellent 3e album paru en 2004. Le groupe psychobilly californien réussit malgré tout à évoluer sur ce 4e disque allant au-delà du genre et présentant des pièces ayant un plus grand potentiel commercial ("Forever Fades Away" est un succès assuré). Une des influences qu’on retrouve le plus sur ce disque est le new wave des années 80 (surtout sur "As The Cold Rain Falls") et certains diront qu’ils s’éloignent un peu trop de leur son de base. En effet, on retrouve occasionnellement un peu trop de surproduction et on a parfois l’impression que le groupe visait le succès radio à tout prix, ce qui va à l’encontre même de leur philosophie. En bout de ligne, ce que ce disque gagne en variété et en chansons accrocheuses, il le perd en énergie et en authenticité. Plusieurs des mélodies vous demeureront en tête, mais vous n’aurez pas la même satisfaction qu’avec leur disque précédent. Il s’agit malgré tout d’un bon album qui devrait leur permettre d’élargir leur base de fans. (juillet 2007)

Hellcat / Epitaph

Timbaland - Timbaland Presents Shock Value

Timbaland - Shock Value

Timbaland est surtout connu en tant réalisateur pour de nombreux artistes renommés dont Missy Elliott, Aaliyah, Jay-Z, Ludacris, Snoop Dog, Ginuwine, Nas, Justin Timberlake et Nelly Furtado. Plusieurs de ces artistes viennent à leur tour collaborer à ce 5e album de Timbaland. Nelly Furtado et Justin Timberlake apportent leur contribution à l’excellent succès "Give It To Me", alors que Timberlake revient sur le titre suivant, "Release", ainsi que sur "Bounce" qui met aussi en vedette Dr. Dre et Missy Elliott. Des noms reviennent souvent (Keri Hilson, Sebastian), alors que d’autres noms vous feront sourciller (The Hives, Fall Out Boy, Elton John). Avec aussi 50 Cent, She Wants Revenge, One Republic et plusieurs autres, Timbaland est particulièrement bien entouré pour ce 2e album sans son acolyte Magoo (qui ne participe ici qu’à un titre). Ses succès des dernières années, surtout ceux avec Timberlake et Furtado, jumelés avec une machine promotionnelle exceptionnelle, ont permis de mettre en place tous les outils pour faire de Shock Value un méga succès planétaire. L’album commence effectivement en force et crée des attentes plutôt élevées pour la suite. Malheureusement, il perd de la vigueur à la 5e avec "Bounce" et on aura bien du mal à reprendre nos esprits par la suite. C’est que malgré la qualité exceptionnelle de la production, les compositions sont vraiment déficientes et on se retrouve avec plusieurs pièces au rythme facile et inintéressant (et on ne parle même pas des paroles!). Quelques pièces plairont beaucoup aux stripteaseuses qui s’en approprieront certainement pour leur numéro. C’est particulièrement le cas avec "Fantasy" qui nous amène presque automatiquement des images d’effeuilleuses autour d’un poteau tellement elle semble avoir été écrite et arrangée dans ce but. Alors que je m’attendais à un album de la trempe d’un Justin Timberlake ou d’un Usher, j’ai plutôt découvert un produit qu’on pourrait mettre côte à côte avec un disque de P. Diddy dans la catégorie futile et insignifiant. Certaines pièces seront assurément parmi les plus téléchargées comme "Oh Timbaland", "The Way I Are" et le succès "Give It To Me", mais le problème c’est qu’elles transportent l’album à elles seules, un album qui dure en plus un très long 62 minutes. La presque emo "One And Only" avec Fall Out Boy a l’avantage de changer l’atmosphère à la 15e pièce. Le remix de "Apologize" de One Republic et "2 Man Show", avec Elton John au piano, viendront compléter pas trop mal cet album, ce qui aura l’avantage de nous laisser une impression correcte vis-à-vis le disque. Mais ce n’est que de la poudre aux yeux… (juin 2007)

Interscope / Universal

½

Mel Tormé - The Very Best Of Mel Tormé

Mel Tormé - The Very Best Of Mel Tormé

Mel Tormé est un chanteur jazz dans la lignée de Frank Sinatra, Bing Crosby et Louis Armstrong. Après avoir débuté dans les années 40, il a surtout connu du succès dans les années 50 et 60, mais l’ère du rock n’ roll lui a beaucoup nui par la suite. Il a malgré tout été très actif (et populaire dans le milieu jazz) jusqu’à sa mort en 1999. Sa voix incomparable en faisait un excellent chanteur de charme. Cette compilation ultime de 22 titres débute en force avec « Lulu’s Back In Town », sa carte de visite par excellence en concert pendant des années. On entendra par la suite tous ses plus grands succès : « Careless Hands », « Comin’ Home Baby », « Born To Be Blue », « A Stranger In Town », etc. On retrouve également un medley de George Gershwin de 15 minutes, le classique de Irving Berlin « Puttin’ On The Ritz », et le tout se termine par son succès « The Christmas Song ». Le principal avantage de cette collection est qu’elle couvre les années 40 à 80 en incluant, en plus des succès, quelques-unes de ses meilleures performances sur disque et en concert. Elle met malgré tout l’accent sur les années 50 et 60, soit ses meilleures années. The Very Best Of Mel Tormé est donc certainement sa compilation la plus complète et la plus intéressante sur un seul disque. (décembre 2007)

Rhino / Warner

½

Juan Pablo Torres - Algo Nuevo

Juan Pablo Torres - Algo Nuevo

Algo Nuevo est la réédition de 2 albums du groupe Algo Nuevo du musicien Cubain Juan Pablo Torres. Les 2 albums, Con todos los hierros et Super-son, sont parus en janvier et juillet 1977 respectivement et on les retrouve maintenant en entier sur un seul CD, 30 ans plus tard. Torres a été fortement influencé par le jazz américain et on peut s'en rendre compte aisément sur ces 2 albums, même si ses racines créoles occupent toujours une place de choix. Les rythmes latins sont habilement accompagnés d'orchestrations et il est particulièrement intéressant d'entendre les percussions qui font partie intégrante de la mélodie. Ce n'est pas seulement du jazz cubain que le groupe de Torres nous propose ici puisque les rythmes peuvent nous amener dans différents pays du monde latin, dont le Mexique sur "Rompe Cocorioco", une pièce qui nous rappelle grandement le Santana des débuts. Par contre, l'interprétation de quelques classiques cubains comme "Tres Lindas Cubanas" et "Échale Salsita" nous rappelle que le joueur de trombone et arrangeur Juan Pablo Torres tire avant tout ses influences de La Havane. Généralement instrumentale, la musique de Algo Nuevo peut inclure occasionnellement quelques paroles, ou du moins quelques sons faits avec la voix. Les 20 titres totalisant 66 minutes forment un ensemble uniforme qui aurait pu être enregistré pour un seul album, ce qui rend doublement intéressant cette réédition de 2 des meilleurs albums du groupe Algo Nuevo de Juan Pablo Torres. Un incontournable pour les amateurs de jazz latin... (août 2007)

Disconforme / MVD

Juan Pablo Torres - Romantic Cuba

Juan Pablo Torres - Romantic Cuba

Juan Pablo Torres est un musicien et arrangeur célèbre à Cuba et un peu partout à travers le monde. Il a travaillé avec des noms aussi célèbres que Charles Aznavour, Dizzy Gillespie, Bebo Valdés, Giovanni Hidalgo, Chucho Valdés, Arturo Sandoval et plusieurs autres. On nous présente ici une réédition de 2 de ses albums sur un seul CD. Il y a d'abord Mangle: Instrumental (1975) sur lequel il dirige l'orchestre Egrem avec le pianiste Pedro Coto. Le deuxième, Grupo Algo Nuevo (1981), a également été dirigé et arrangé par Torres alors qu'on retrouve son groupe, Algo Nuevo. Par contre, pour celui-ci, il est également musicien soliste alors qu'il joue son instrument de prédilection, le trombone. Le premier des 2 albums, qu'on retrouve ici sur les pièces 1 à 12, nous offre un jazz instrumental relaxant et très romantique. On retrouve plusieurs classiques du jazz latin par des légendes comme Félix Reina, Carlo Puebla et Alfredo Morales. Par contre, la pièce-titre est une composition de Torres et est décrite comme un boléro tropical. Le rythme change passablement à la 13e pièce alors qu'on passe au 2e album. Les rythmes sont un peu plus dansants et populaires, alors que l'orchestre symphonique est remplacé par une section rythmique (batterie, congas et basse), des cuivres et du piano. On peut même entendre quelques voix occasionnellement. La musique demeure jazz et romantique, mais est un peu plus festive. Les 8 pièces de ce 2e album sont de loin mes préférées et font en sorte de me faire apprécier doublement ce très bon disque de collection. On retrouve également un très beau livret détaillé d'une vingtaine de pages. Malheureusement, Juan Pablo Torres est décédé le 17 avril 2005 à Miami, mais cette réédition de 2 de ses très bons albums lui aurait certainement plu. (juillet 2007)

Disconforme / MVD

The Traveling Wilburys - Collection (2 CD + DVD)

The Traveling Wilburys - Collection (2 CD + DVD)

Les Traveling Wilburys étaient un super groupe formé par George Harrison qui a assemblé en 1988 des noms aussi prestigieux que Roy Orbison, Bob Dylan, Tom Petty et Jeff Lynne le temps d’une chanson qui allait devenir un album. Les 5 personnages utilisaient alors des pseudonymes avec comme nom de famille « Wilbury ». Traveling Wilburys Volume 1 s’est vendu à plus de 5 millions d’exemplaires et se classe parmi les 100 meilleurs albums de l’histoire selon le magazine Rolling Stone. Suite au décès d’Orbison, les membres restants ont décidé de remettre ça en 1990, sous des pseudonymes différents, avec un 2e album intitulé Traveling Wilburys Volume 3 (eh oui! volume 3!), un album beaucoup moins intéressant que le précédent. Les 2 albums, qui n’étaient plus disponibles depuis longtemps, réapparaissent enfin en version remasterisée. Chacun des disques contient 2 chansons en boni : 2 qui n’étaient jamais parues auparavant ("Maxine" et "Like A Ship"), 1 tirée de la compilation Nobody’s Child: Romanian Angel Appeal ("Nobody’s Child") et 1 qui était parue sur la face B de "She’s My Baby" ("Runaway"). Pour combler le trou laissé par un volume 2 inexistant, on nous présente ici un DVD contenant un documentaire d’un peu plus de 20 minutes sur l’histoire du groupe avec des images en studio, ainsi que les 5 vidéoclips produits par le groupe avec un son remasterisé ("Handle With Care", "End Of The Line", "She’s My Baby", "Inside Out" et "Wilbury Twist"). Le tout nous est offert dans un très beau coffret de collection avec un livret de 16 pages. Une édition de luxe est également disponible avec un livret de 40 pages et d’autres extras exclusifs. On peut dire qu’encore une fois l’étiquette Rhino a su nous concocter un très beau coffret qui vient parfaitement boucler la carrière de ce groupe légendaire. (juillet 2007)

Rhino / Warner

½

The Unseen - Internal Salvation

The Unseen - Internal Salvation

The Unseen fait certainement partie des meilleurs groupes américains actuels dans le genre punk hardcore avec une énergie hors du commun qui vous arrive droit à la figure. J'avais adoré leur album précédent, State Of Discontent, et Internal Salvation, leur 6e album, poursuit tout à fait dans la même direction. Si vous aimez les albums qui alternent pièces rapides et ballades, pour vous permettre de reprendre votre souffle, The Unseen n'est définitivement pas le groupe pour vous. On dirait plutôt qu'ils sont en plein milieu d'un sprint et que le dernier des musiciens qui terminera de jouer l'album paiera la tournée de bière aux autres gars. Et personne ne veut la payer cette bière... L'album de 13 pièces, incluant une intro, dure à peine plus de 30 minutes. Des pièces comme "Such Tragedy" et "Break Away" deviendront assurément des favorites en spectacle pour un bon défoulement collectif. C'est un album plaisant à écouter qui ne vous donnera aucun moment ennuyant. Ils ne réinventent pas le genre, mais au moins ils sont divertissants... (août 2007)

Hellcat / Epitaph

½

The Used - Lies For The Liars

The Used - Lies For The Liars

Voici le 3e véritable album du groupe emo de l’Utah The Used. On peut toujours les comparer en partie à My Chemical Romance et faire des liens avec The Black Parade, mais The Used ne réussissent définitivement pas à aller aussi loin dans leur art. Les orchestrations du premier extrait "The Bird And The Worm" ne sont pas en mesure de rendre la pièce géniale. De plus, malgré plusieurs bonnes mélodies pop, peu d’entre elles nous restent en tête. Malgré un son qui s’approche un peu plus du métal, l’agressivité qu’on retrouvait sur leurs enregistrements précédents est en voie d’extinction ici, ce qui fera faire demi-tour à tout un public d’adolescents qui était justement attiré par cette attitude si utile pour le défoulement, surtout en spectacle. Lies For The Liars représente en quelque sorte un tournant dans la carrière de The Used, mais le résultat n’est pas vraiment supérieur aux albums précédents et c’est encore une fois un album moyen qu’on a entre les mains. Au début, on parlait d’un groupe au potentiel intéressant, mais on doit commencer à se faire à l’idée que c’est un groupe qui ne risque pas d’aller beaucoup plus loin que ce à quoi il nous a habitué jusqu’à maintenant. Si ça vous plaît, tant mieux, mais n’attendez rien de plus… (août 2007)

Reprise / Warner

Bebo Valdés - Featuring The Legendary Vocalists

Bebo Valdés - Featuring The Legendary Vocalists

Bebo Valdés est un légendaire pianiste cubain qui a fait la pluie et le beau temps à La Havane avec son groupe, Sabor de Cuba (Saveur de Cuba). Ce qui nous est présenté ici est rien de moins que 25 pièces enregistrées avec de célèbres chanteurs et chanteuses comme Omara Portuondo, Celeste Mendoza, Pio Leyva, Pacho Alonso et « Guapacha » Borcela. Ces chansons ont toutes été enregistrées à La Havane entre 1957 et 1960, dont la grande majorité en 1960. Ce sont des classiques du jazz cubain avec un très bon mélange de pièces dansantes et de morceaux un peu plus romantiques et doux. Le CD est présenté dans une très belle pochette et accompagné d’un livret détaillé qui vous en apprendra beaucoup sur les artistes en vedette. Non seulement cette compilation de 73 minutes brosse un excellent portrait du talent musical de Cuba, mais elle présente une tranche d’histoire de ce pays unique. Il s’agit définitivement d’un disque à ajouter à votre collection… (novembre 2007)

Disconforme / MVD

Vanna - Curses

Vanna - Curses

Vanna est un groupe post hardcore de Boston qui nous présente son tout premier album, malgré une feuille de route déjà longue de concerts aux 4 coins de l'Amérique. Le groupe nous avait également offert un mini-album de 6 titres en 2006 intitulé The Search Party Never Came, qui avait fait passablement jaser au sein de la scène punk hardcore américaine. Leur son, fusionnant le punk et le métal, s'inspire de groupes comme Norma Jean et Underoath. Leurs collègues chez Epitaph, Escape The Fate et From First To Last, nous viennent aussi en tête en maintes occasions. La majeure partie de l'album est basée sur la voix criarde de Chris Preece, mais on retrouve tout de même des moments mélodiques dans certains refrains. Peu de pièces ressortent véritablement du lot, à part peut-être le premier extrait, "The Things He Carried". Dans l'ensemble, Curses demeure un album hardcore qui offre bien peu de moments pour fredonner. Donc, oreilles sensibles, prière de s'abstenir. (octobre 2007)

Vidéoclip : "The Things He Carried"

Epitaph

Velvet Revolver - Libertad

Velvet Revolver - Libertad

Les anciens membres de Guns N’ Roses (Slash, Duff McKagan et Matt Sorum) accompagnés du chanteur du défunt groupe Stone Temple Pilots (Scott Weiland) sont de retour avec un 2e album après le succès de Contraband paru en 2004. Le principal problème de ce 1er album selon moi était la distance qui existait entre le son de Guns N’ Roses et le style de Weiland. Ce problème est pratiquement résolu ici alors qu’on sent que Weiland a su beaucoup plus s’intégrer dans le son du groupe pour un ensemble plus homogène. Peut-être que la réalisation de Brendan O’Brien y est pour quelque chose puisqu’il a travaillé avec Stone Temple Pilots dans le passé. Ce qui ne change pas sur Libertad, c’est qu’on sent toujours que Velvet Revolver est un groupe de vedettes et que leur ego menace à tout moment de faire exploser le groupe. En attendant, ils réussissent à faire sortir leur trop plein d’énergie sur scène, car il ne faut pas se le cacher, si le groupe enregistre des albums, c’est dans le seul but de partir en tournée ensuite. Encore une fois, Libertad ne renverse aucune barrière et l’originalité n’est définitivement pas au cœur du disque. Il s’agit simplement d’un bon album de rock n’ roll qui brasse à souhait, toutes des pièces plaisantes à jouer sur scène et plaisantes à écouter pour un défoulement garanti. C’est un album parfait pour les nostalgiques du meilleur hard rock des années 80 et pour ceux qui désespèrent d’entendre à nouveau Guns N’ Roses sur disque un jour… Une version avec DVD est également disponible. (critique principale de septembre 2007)

Porter Wagoner - Wagonmaster

Porter Wagoner - Wagonmaster

À quelques jours d’atteindre la barre des 80 ans, le chanteur country traditionnel américain Porter Wagoner est toujours actif et il nous offre ici un xe album enregistré en tout juste 3 jours. Il faut noter sa collaboration avec Dolly Parton pour l’écriture de "My Many Hurried Southern Trips", mais c’est la pièce qui suit qui constitue assurément la pièce centrale du disque. En effet, "Committed To Parkview" a été écrite par Johnny Cash et donnée en 1983 au réalisateur de Wagonmaster Marty Stuart qui faisait alors partie des musiciens de Cash. On la retrouve ici enregistrée par Wagoner pour la première fois. Ce qui surprend à l’écoute de Wagonmaster, c’est principalement d’entendre à quel point il chante bien malgré son âge et il paraît avoir 30 ans de moins. Wagoner, qui est toujours demeuré fidèle aux racines du country, poursuit encore une fois dans la même direction, 55 ans après ses premiers enregistrements. Il n’a jamais été question pour lui de lorgner la musique pop et a toujours été en tête de liste des plus grands chanteurs de la scène musicale de Nashville. C’est donc encore une fois un très bon album qu’il nous offre, un album qui présente un bel équilibre entre les chansons joyeuses et entraînantes et les chansons un peu plus mélancoliques. (août 2007)

Anti- / Epitaph

½

The Weakerthans - Reunion Tour

The Weakerthans - Reunion Tour

Déjà 4 ans se sont écoulés depuis Reconstruction Site, leur 3e album qui leur a permis de se faire remarquer d'un plus large public. Même s'il n'a jamais été question que le groupe se sépare, voilà que le groupe nous revient avec Reunion Tour. On sent une plus grande maturité et une plus grande confiance en soi sur cet album. En effet, John K. Samson et son groupe semblent maintenant parfaitement savoir dans quelle direction ils désirent aller musicalement et ce qu'ils ont à dire. Des musiques de grande qualité accompagnent leurs textes souvent sarcastiques sur leur entourage dans lesquels on reconnaît des types de gens qu'on rencontre régulièrement. L'album débute en force avec l'excellente "Civil Twilight" qui donne le ton à cet album résolument rock, laissant quelque peu le folk et le country de côté (malgré l'apparition de quelques soupçons en certaines occasions, dont la pièce de fermeture, "Utilities"). "Hymn of the Medical Oddity" présente un jeune garçon qui a été élevé comme une fille suite à une expérimentation médicale tragique. "Relative Surplus Value" est également très bonne, tout comme "Tournament of Hearts" qui parle de curling, un "sport" très populaire dans leur ville natale de Winnipeg. On retrouve à nouveau le personnage de Virtute the Cat, le narrateur qu'on pouvait entendre sur leur précédent album. Le poème mis en musique de "Elegy for Gump Worsley" a grandement modifié mon opinion de l'album en cassant dramatiquement un rythme que j'adorais jusque là. Même si quelques ballades sont présentes sur le disque, elles viennent bien contrebalancer les pièces un peu plus rythmées. Mais, cette pièce à propos du célèbre gardien de but n'avait tout simplement pas sa place sur le disque selon moi. Malgré ce malheureux accrochage, c'est encore une fois un excellent album que nous proposent The Weakerthans, un album qui montre un peu mieux la direction que prend le groupe musicalement. On sent que le chef-d'oeuvre est à portée de main. À suivre... (octobre 2007)

Anti- / Epitaph

½

Kanye West – Graduation

Kanye West - Graduation

C’est toute une réputation que s’est bâti Kanye West en quelques années seulement. The College Dropout est reconnu par plusieurs comme le meilleur album hip hop des années 2000 et Late Registration est venu éclipser tous les autres disques de la catégorie en 2005. C’est donc avec beaucoup d’intérêt (et d’appréhension) que nous attendions son 3e album, Graduation. Il nous offre ici un disque un peu plus personnel, un peu moins grandiose que son précédent. Moins de grandes envolées, moins d’artistes invités de renom et seulement 51 minutes (plutôt que les 70 minutes qui sont devenues un standard dans le hip hop) font de ce disque un album un peu plus intimiste et d’une grande douceur. Il utilise le synthétiseur en quantité industrielle, souvent dans un style qui se rapproche des années 80 (« Flashing Lights », etc.). L’échantillonnage est encore une fois bien présent et est particulièrement évident sur "Stronger" alors qu’il utilise abondamment et de très belle façon la pièce "Harder, Better, Faster, Stronger" de Daft Punk, ce qui en fait une de mes préférées du disque. "Good Morning" ouvre magnifiquement le CD, nous réveillant doucement avant l’écoute de l’album. D’autres pièces de première qualité se retrouvent en "Good Life", "Can’t Tell Me Nothing" et "Drunk And Hot Girls". Le piano sur "Everything I Am" est superbe, tout en douceur. Les moments faibles sont rares sur l’album, le pire selon moi étant "Barry Bonds". C’est un CD de très grande qualité que nous offre encore une fois Kanye West, un album qui est peut-être même supérieur à Late Registration même s’il donne dans un style légèrement différent. Il s’agit certainement du meilleur album hip hop de l’année jusqu’à maintenant. (novembre 2007)

Roc-A-Fella / Universal

The White Stripes - Icky Thump

The White Stripes - Icky Thump

Voici le 6e album du duo blues / garage minimaliste The White Stripes, qui fête son 10e anniversaire cette année. Alors que Get Behind Me Satan avait été bien loin de faire l'unanimité en 2005, Jack et Meg White nous reviennent avec un disque qui va puiser plus que jamais dans les racines profondes de la musique américaine. On revisite tous les styles de blues du dernier siècle, tout en intégrant du folk, du hillbilly et du country (peut-être influencé par le fait que l'album a été enregistré à Nashville). Le piano est mis de côté ici pour revenir aux bonnes vieilles guitares, électriques ou acoustiques. Un nouvel instrument fait son apparition en quelques occasions, la cornemuse. L'instrument permet à "Prickly Thorn, But Sweetly Worn" et "St. Andrew (This Battle Is In The Air)" d'explorer le son folk écossais. Dans l'ensemble, Icky Thump est un album plus rock que le précédent, avec des moments particulièrement lourds ("Little Cream Soda"), mais on peut difficilement le comparer aux autres albums du duo. La chanson-titre est un succès assuré, mais c'est selon moi la suivante, la country rock "You Don't Know What Love Is (You Just Do As You're Told)" qui risque de séduire le plus les radios avec son excellente mélodie. On peut entendre une reprise de Patti Page, "Conquest", qui est chargée de cuivres et de rythmes flamenco qui la rendent totalement unique. L'énergique "Rag And Bone" sera assurément un grand succès en spectacle, tout comme l'excellente "I'm Slowly Turning Into You", alors que la ballade "A Martyr For My Love For You" est peut-être la pièce la plus faible du disque, malgré une bonne mélodie. Le duo réussit à nouveau à nous surprendre avec plusieurs explorations musicales qui font de Icky Thump un autre album original dans la discographie des White Stripes. Si Get Behind Me Satan vous avait quelque peu tenus à distance, vous pouvez sans problème revenir au groupe avec Icky Thump qui ramène certains éléments qui ont fait sa réputation, tout en allant encore plus loin. Par contre, si vous cherchez un "hit" à la "Seven Nation Army", oubliez-ça... (critique du mois d'août 2007)

Warner

Wilco - Sky Blue Sky

Wilco - Sky Blue Sky

Voici le 6e album de l’excellent groupe américain Wilco (excluant leur travail avec Billy Bragg). Après s’être orienté vers un son plus britannique au cours des dernières années et s’être laissé allé dans l’expérimentation, surtout sur A Ghost Is Born, voilà que le groupe revient au style de ses débuts avec ses influences country. On pourrait même dire qu’ils nous présentent enfin la suite logique de Being There, lancé en 1996, que plusieurs considèrent comme leur meilleur album en carrière. Il s’agit ici du premier album depuis l’arrivée de 2 nouveaux membres : Nels Cline et Pat Sansone. La présence de Cline se fait particulièrement sentir, lui qui est un guitariste de jazz d’expérience et de grand talent. Malgré ce retour aux sources, on peut dire que le groupe continue d’évoluer de belle façon avec cette créativité toujours aussi débordante. Comme c’est toujours le cas avec la musique de Wilco, vous aurez besoin de quelques bonnes écoutes attentives pour vraiment adhérer à cet album qui allie à la fois simplicité et profondeur musicale. Ne cherchez pas le « hit », parce que vous ne trouverez que 12 pièces qui composent un album d’une grande solidité. Même s’ils reviennent à un style qui m’a toujours un peu moins plu chez eux et qui m’ennuie par moments (mais c’est très personnel), je dois reconnaître qu’ils nous offrent à nouveau un album de première qualité. Une version avec DVD est également offerte. (juin 2007)

Nonesuch / Warner

½

David Wilcox - Boy In The Boat

David Wilcox - Boy In The Boat

Le chanteur et guitariste blues rock canadien David Wilcox (ne pas confondre avec le chanteur folk américain du même nom) nous présente ici un tout nouvel album. Wilcox nous offre une musique aux accents country et rock, le tout présenté avec beaucoup d’énergie. Il semble être plus en forme que jamais. Les dynamiques « Drop The Pressure » et « Pistol Packin’ Mama » démarrent le tout en beauté et provoquent automatiquement de grandes attentes pour ce qu’il reste à venir. Par la suite, le rythme ralentit passablement pour le blues de « Catman ». C’est ce type d’alternance qu’on retrouvera tout au long du disque de 12 pièces totalisant seulement 38 minutes sur lequel on retrouve 5 compositions originales à travers des classiques et pièces traditionnelles. Boy In The Boat est un album qui s’écoute à merveille, un album idéal pour tout amateur de musique blues rock. (janvier 2008)

Stony Plain / Warner

½

Neil Young - Chrome Dreams II

Neil Young - Chrome Dreams II

En voyant le titre de ce nouvel album de Neil Young, on cherche vite dans sa discographie pour voir quand a été publié le premier disque de cette série pour finalement réaliser qu’il n’existe pas. En fait, Chrome Dreams avait été enregistré vers 1977, mais avait été rejeté par Young qui avait simplement fait paraître des pièces de ces séances d’enregistrement sur des albums subséquents. Certaines de ces pièces se sont avérées être parmi les meilleures de sa carrière : « Like A Hurricane », « Powderfinger », « Pocahontas », etc. En intitulant son nouvel album Chrome Dreams II, Young se met lui-même une certaine pression puisqu’il doit égaler la qualité d’un album qu’il n’avait pas jugé suffisamment bon pour le publier, mais qui contenait des pièces de première qualité. Ce nouvel album contient seulement 10 titres mais totalise tout de même 66 minutes. On y retrouve de bonnes chansons incluant la pièce d’ouverture quelque peu country « Beautiful Bluebird ». « Ordinary People », enregistrée en 1988, possède une mélodie inoubliable et est la pièce centrale du disque, même si elle devient carrément interminable avec ses 18 minutes. On retrouve une autre pièce de plus de 14 minutes, « No Hidden Path ». L’album, qui est essentiellement un collage de pièces autour de « Ordinary People », se rapproche surtout du son et de l’ambiance de Freedom paru en 1989. On ne peut évidemment pas le comparer à ses plus grands classiques, mais Chrome Dreams II constitue tout de même un très bon disque. (janvier 2008)

Reprise / Warner

½

Neil Young - Live At Massey Hall (CD + DVD)

Neil Young - Live At Massey Hall 1971 (CD + DVD)

Dans la poursuite du lancement entamé de classiques en concert par Neil Young, voici un album enregistré au Massey Hall de Toronto en 1971. Il s’agit d’un concert acoustique en solo qui a été enregistré après l’album After the Gold Rush, et qui aurait dû être lancé sur disque avant le classique Harvest. Sauf que Young était tellement excité par ses nouvelles chansons qu’il voulait à tout prix les présenter le plus tôt possible. Nous entendons donc ici pour la première fois cet enregistrement en concert, même si des copies illégales ont largement circulé depuis 36 ans, faisant de cet enregistrement un album-pirate légendaire. Lorsqu’on écoute ce disque, on réalise qu’il aurait très bien pu être offert au public entre ses 2 classiques sans venir briser quoi que ce soit dans sa carrière. L’enregistrement est irréprochable et met parfaitement en valeur la voix de Young qui est plus claire et précise que jamais. On peut y entendre 17 pièces parmi ses meilleures, incluant 2 chansons de son album à venir, "Old Man" et "The Needle and the Damage Done", maintenant devenues des classiques incontournables. D’autres pièces jouées ici n’allaient paraître sur disque que plus tard au cours de la décennie ("Journey Through the Past", "Love in Mind" et "See the Sky About to Rain"), alors que 2 pièces ne paraîtraient jamais sur un disque de Neil Young avant aujourd’hui ("Dance Dance Dance", donnée à son groupe Crazy Horse, et "Bad Fog of Loneliness"). Cette édition spéciale inclut en boni un DVD présentant des images du spectacle avec un son haute fidélité. Bien que les images soient sombres et pas trop vivantes (Young étant seul, assis avec sa guitare), il s’agit d’une pièce d’anthologie pour tout fan du folk rockeur canadien. (mai 2007)

Reprise / Warner

Youth Group - Casino Twilight Dogs

Youth Group - Casino Twilight Dogs

Après un premier album très apprécié en Amérique (Skeleton Jar, leur 2e au total), les Australiens de Youth Group se sont retrouvés sur la populaire émission The O.C. avec la pièce "Shadowland", puis avec la reprise de Rod Stewart "Forever Young" qui est devenue #1 en Australie. Voici donc le nouvel album très attendu Casino Twilight Dogs qui contient ce fameux succès. Le groupe indie rock poursuit dans la même direction que sur son précédent album avec un son voyageant quelque part entre Coldplay, The Frames et Elliott Smith. Sur ce nouvel essai, on peut également entendre une forte influence des Beach Boys, surtout du légendaire album Pet Sounds. Ils nous proposent une musique extrêmement riche qui bénéficie d'une réalisation de première qualité. L'utilisation occasionnelle d'orchestrations (particulièrement dans "Start Today Tomorrow") vient aussi ajouter à cette richesse musicale, donnant une certaine classe au disque. Vous apprécierez certainement le premier extrait, "Catching & Killing", mais aussi "On a String" et "Sorry", deux autres succès assurés. Les faiblesses sont bien rares sur Casino Twilight Dogs et, comme je m'y attendais alors que j'avais bien aimé le disque précédent, ils atteignent maintenant un autre niveau de qualité. Youth Group est définitivement un groupe dont on entendra parler longtemps... (février 2007)

Anti- / Epitaph

The Zombies - Live At The Bloomsbury Theatre, London (2 CD)

The Zombies - Live at the Bloomsbury Theatre, London (2 CD)

Au lieu de « The Zombies », on devrait lire ici « Colin Blunstone & Rod Argent of The Zombies ». Mais c’est trop long et je me suis dit que si ça ne posait pas de problèmes de voir le nom « The Zombies » sur l’album, aussi bien l’assumer jusqu’au bout et continuer de l’inscrire. Les deux bonshommes se sont retrouvés pour un spectacle en 2000 après une longue séparation de plusieurs décennies et l’énergie a tellement bien passé qu’ils ont décidé d’en refaire quelques-uns. Finalement, 6 ans plus tard, ils se retrouvent avec deux albums studio, de nombreux spectacles et ce double CD en concert (une version en DVD est également sur le marché). Ils sont entourés de Keith Airey à la guitare, Jim Rodford (ex-The Kinks et Argent) à la basse et le fils de Jim, Steve Rodford, à la batterie. Accompagnés d’un quatuor à cordes, ils nous présentent 25 pièces, la plupart du répertoire des Zombies ou de Argent. C’est donc plus de 100 minutes de classiques qui nous sont offerts avec en conclusion l’excellente "Summertime" de Gershwin. Une qualité sonore impeccable et la forme exceptionnelle de ces musiciens qui ont plus de 40 ans d’expérience font en sorte que les pièces présentées n’ont vieilli d’aucune façon et sont toujours aussi efficaces en 2007. Vous réentendrez avec grand plaisir "Time Of The Season", "She’s Not There", "Hold Your Head Up", "God Gave Rock N’ Roll To You" et plusieurs autres. Un livret un peu plus détaillé avec de l’information sur les pièces offertes aurait été grandement apprécié, mais il s’agit tout de même d’un album à classer dans la catégorie des grands enregistrements en concert. (juin 2007)

Rhino / Warner

Compilations :

 

Healing The Divide: A Concert For Peace And Reconciliation

Healing The Divide: A Concert For Peace And Reconciliation

Healing The Divide est un organisme à but non lucratif qui a été fondé par Richard Gere en 2001 et qui vise à trouver des solutions aux crises humanitaires. Ce CD présente un concert bénéfice qui a eu lieu le 21 septembre 2003 au Avery Fisher Hall du Lincoln Center à New York pendant le voyage de 20 jours du Dalai Lama en Amérique. Les ventes du disque iront évidemment à l’organisme. Ce concert mettait en vedette Tom Waits, et sa performance de 50 minutes est résumée ici en 4 pièces interprétées en compagnie du Kronos Quartet avec Greg Cohen. On retrouve également une introduction par le Dalai Lama, ainsi que la musique de The Gyoto Tantric Choir, Anoushka Shankar, Nawang KhechongR. Carlos Nakai, Philip Glass et Foday Musa Suso. Healing The Divide se veut un rapprochement entre l’est et l’ouest, mais il faut l’avouer, vous entendrez essentiellement une musique de l’est sur ce disque qui plaira surtout aux amateurs de musique asiatique… et de Tom Waits. Un album totalement éclectique qui n’a comme seul avantage que de venir en aide à l’organisme. (novembre 2007)

Anti- / Epitaph

½

Les Invincibles (bande sonore)

Les Invincibles (bande sonore)

Après 2 saisons de la série télévisée Les Invincibles, voici enfin sur disque le meilleur de la musique qui occupait une place si importante dans la série tel un personnage en soi. C’est Kim Bingham (Me Mom & Morgentaler, David Usher) qui assurait la direction musicale de la série et interprète la majorité des pièces présentées ici. Il n’y a que "On" qui est interprétée par Rémi-Pierre Paquin et son groupe fictif Skydome, qu’on a pu entendre dans la série. Kim a composé 3 pièces sur l’album soit "The Heroes Take" (la chanson thème), "On" et "The River". Toutes les autres sont des reprises dont plusieurs sont des classiques du rock. On retrouve entre autres "Every Breath You Take" de The Police, "I Wanna Be Sedated" des Ramones, "Cry Cry Cry" de Johnny Cash, "Every Rose Has Its Thorn" de Poison, "Veronica" d’Elvis Costello, "I Don’t Wanna Grow Up" de Tom Waits (aussi reprise par les Ramones) et "Oh Daddy" de Fleetwood Mac. On en retrouve 12 en tout pour un total d’un peu plus de 40 minutes. Les interprétations sont toujours justes et plusieurs des pièces présentées vous replongeront dans certains moments dramatiques de la série. Une certaine ligne directrice a été créée par Kim Bingham qui fait en sorte qu’il s’agit ici d’une bande sonore moins décousue qu’à l’habitude. C’est donc un disque qui s’écoute magnifiquement bien du début à la fin avec certaines pièces plus grandes que nature. Vous pouvez aussi vous procurer le coffret de 4 DVD de la saison 1 des Invincibles. (juillet 2007)

Warner

 

 

 

     

     

 

 

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