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0-9 - 7 Weeks -

A - Active Child - Adams, Ryan - Akinmusire, Ambrose - Alesana - Alkaline Trio - All Time Low - Amos, Tori - Arctic Monkeys - Arno - Asa - Aznavour, Charles -

B - Bad Meets Evil - Bang Tango - Beady Eye - Beastie Boys - Beyoncé - Big Sean - Big Talk - Biolay, Benjamin (2) - Björk - Black Keys, The - Blige, Mary J. - blink-182 - Boisjoli, Brigitte - Bombay Bicycle Club - Brains, The - Breaching Vista - Bridges, Jeff - Brown, Chris - Bublé, Michael - Burgh, Chris de - Bush - Bush, Kate - Butler, Taurey -

C - Cake - Camille - Caracol - Cars, The - Casal, Luz - Cascada - Chanté, Keshia - Chase and Status - Chickenfoot - Clerc, Julien - Coldplay - Cold War Kids - Cowboys Fringants - Cruz, Taio - Cut Copy -

D - Daho, Étienne - Danger Mouse & Daniele Luppi - Dangerous! - The Dears - Death Cab For Cutie - Decemberists, The - Denamur, Claire - Dengue Fever - Derülo, Jason - Déry, Marc - Destroyer - DeVotchKa - Dø, The - Doba - Doolittle, Eliza - Down with Webster - Drake - Duran Duran - Dwarves -

E - East Bay Ray and the Killer Smiles - Eisley - Elbow - Evanescence -

F - Faccini, Piers - Faithfull, Marianne - Fall, The - Falling In Reverse - Fersen, Thomas - Florence + the Machine - Foo Fighters -

G - Galactic - Gallagher, Noel - Guetta, David (2) - Gym Class Heroes -

H - Hall, Daryl - Hangmen, The - Harper, Ben - Harvey, PJ - Heartsounds - Hedley - Henry, Joe - Holland, Jolie - Hollywood Undead - Hudson, Jennifer -

I - Ima - Irglova, Marketa - Isaak, Chris - Isaiah, Daniel - I Set My Friends On Fire -

J - Jane's Addiction - Jayhawks, The - Jay-Z & Kanye West - Jean, Nikki - Jodoin, Geneviève - Jonas, Joe - Jones, Booker T. - Jones, Oliver - Jorane - Joy Formidable, The - Justice -

K - Kaeshammer, Michael - Kaiser Chiefs - Kearney, Mat - Keren Ann - Kills, The - Kooks, The - Kravitz, Lenny - Kylie -

L - L - Lady Gaga - Lafontaine, Roxane de - Lapointe, Éric et l'OSM - Lavigne, Avril - Lee, Amos - Lehman, Patrick - Letlive - Lights - Li, Lykke - Living With Lions - Lloyd - LMFAO - Lopez, Jennifer - Lott, Pixie - Lovano, Joe - Luyas, The -

M - Maestro - Magic System - Magnan, Paule - Malajube - Malkmus, Stephen and the Jicks - Man Man - Manzanera, Phil - Marianas Trench - Marie-Christine - Mastodon - McKagan's Loaded, Duff - Metronomy - MG3 - Milman, Sophie - Milow - Mindless Behavior - Misses Satchmo - Moby - Modja, Inna - Mogwai - Mohombi - Moore, Katie - Morello, Tom The Nightwatchman - Mother Mother - Motörhead -

N - Nada Surf - Naim, Yael - Ndegéocello, Meshell - Needtobreathe - Nekromantix - Nelson, Willie & Marsalis, Wynton - New Found Glory - Nickelback - Nicks, Stevie -

O - Ok Volca -

P - Pangman, Alex - Panic! At The Disco - Papillon - Pearl Jam - Perri, Christina - Peter Bjorn and John - Picard, Pascale Band - Pitbull - Ponty, Clara - Portugal. The Man - Potvin, Roxanne - Protest The Hero -

R - Radiohead - Red Hot Chili Peppers - Reed, Lou & Metallica - R.E.M. - Rhino Bucket - Rihanna - Roberts, Sam Band - Roots, The - Rowe, Sean - Rowland, Kelly - Royal Bangs - Rubio, Paulina - Rue Kétanou, La -

S - Scott, Jill - Set Your Goals - Sexsmith, Ron - Shaolin Temple Defenders - Shock, Stefie - Simon, Paul - Simple Plan - Smashing Pumpkins - Social Distortion - Souchon, Alain - Spears, Britney - Staind - Stan, Alexandra - Steel Panther - Stemm - Stone, Joss - The Streets - Strokes, The - Sublime with Rome - Sum 41 - SuperHeavy -

T - Tempah, Tinie - Thursday - Tiësto - Tinariwen - Track, Matt - Turner, Frank - Turner, Kreesha - TV On The Radio -

U - UFO -

V - Vedder, Eddie - Vines, The -

W - Waits, Tom - Waterboys, The - White Lies - Whitmore, William Elliott - Wilco - Winehouse, Amy -

Y - Yelle - Yes -

ARTISTES VARIÉS - Creepersin / Diemonsterdie / Others - Have Yourself a Merry Little Christmas - Radio-Canada 1936-2011 : 75 ans, 75 chansons

 

 

7 Weeks - Dead of Night

7 Weeks - Dead of Night

Le groupe de métal français indépendant 7 Weeks s’est inspiré du film de 1972 réalisé par Bob Clark, Dead of Night, pour écrire la musique de cet album qui se veut un projet parallèle dans la carrière discographique du groupe (leur prochain album est prévu pour la mi-2012). La musique prend une direction plus sombre et lugubre sur ce disque qui inclut aussi des extraits de dialogues du film. Julien Bernard et sa bande réussissent le tour de force de nous captiver dans leur univers d'horreur pendant 45 minutes. Voici donc un album-concept de grande qualité, le meilleur enregistrement du groupe à ce jour. À découvrir! (avril 2012)

Vidéoclip : « Four Again »

F2M Planet

½

Active Child - You Are All I See

Active Child - You Are All I See

Active Child est un projet du chanteur et musicien Pat Grossi, qui a déjà fait partie du Philadelphia Boys Choir. Il s’inspire de la musique électronique des années 1980, comme New Order, puis il ajoute sa voix de falsetto et de la harpe. Le résultat est un mélange d’électronique et de chant choral, sur un fond de pop alternative plutôt planante. De par la voix de Grossi, on ne peut s’empêcher de comparer Active Child avec Antony and the Johnsons, mais aussi avec A-ha pour les plus âgés. Ce qui est particulièrement remarquable sur ce premier album, c’est que même si les inspirations viennent directement des années 1980, Active Child réussit à créer une musique originale et contemporaine, une musique des années 2010. You Are All I See réussit à créer une très belle atmosphère à travers ses 10 titres. L’album est généralement doux et enveloppe magnifiquement les textes significatifs de Grossi. Le seul bémol à apporter concerne la voix très haute de Grossi qui peut devenir agaçante à la longue, malgré un très bel enrobage. En conclusion, Active Child est non seulement la découverte du mois, mais certainement l’une des plus belles découvertes de l’année 2011. (découverte du mois de novembre 2011)

Vidéoclip : « Playing House »

Vagrant / Universal

½

Ryan Adams - Ashes & Fire

Ryan Adams - Ashes & Fire

Depuis l’an 2000, on peut dire que le chanteur folk country alternatif de la Caroline du Sud a été plutôt prolifique lançant pratiquement un nouvel album à chaque année. Ashes & Fire représente un retour pour lui après 3 ans d’absence, puisque son album de 2010, III/IV, était en fait issu de sessions d’enregistrement remontant à 2006-2007. Les Cardinals, son ancien groupe, n’existent plus et c’est véritablement en solo qu’il attaque ce nouveau disque. Entièrement folk, l’album replonge dans le Bob Dylan du début des années 1970. L’atmosphère est douce et feutrée mettant seulement en évidence la voix et la guitare d’Adams. Quelques arrangements discrets viennent habiller l’ensemble en certaines occasions, mais le disque se veut avant tout un album d’auteur, sans grandes envolées musicales. Même si dans le genre on compte de nombreux artistes qui sont supérieurs à Ryan Adams par leur créativité et leur émotivité, il reste qu’il nous offre un disque qui s’écoute bien et dont l’ambiance générale plaira aux amateurs de folk. (janvier 2012)

Vidéoclip : « Lucky Now »

Capitol / EMI

Ambrose Akinmusire - When the Heart Emerges Glistening

Ambrose Akinmusire - When the Heart Emerges Glistening

Ambrose Akinmusire est un trompettiste jazz de 28 ans qui a grandi à Oakland en Californie. Son quintet nous offre un deuxième album (le premier pour Blue Note) qu’Ambrose coréalise avec Jason Moran, qui l’accompagne aussi au piano sur 2 pistes. Le jeune musicien signe 11 des 13 morceaux présentés, tous instrumentaux sauf pour « My Name is Oscar » sur lequel il parle. Cette pièce a été composée en l’honneur d’Oscar Grant, un afro-américain de 22 ans non armé qui s’est fait tirer et tuer par la police à Oakland en 2009. Ambrose a la particularité de nous offrir plusieurs titres intrigants (« Confessions to my Unborn Daughter », « Tear Stained Suicide Manifesto ») et avoue qu’il écrit toujours le titre avant de commencer à composer, question de s’inspirer un peu. Il rend hommage à sa mère dans 2 intermèdes, « Ayneh (Cora) » et « Ayneh (Campbell) », et comme son nom signifie « miroir », il l’a aussi inversé pour la pièce « Henya ». Ambrose Akinmusire alterne tout au long du disque entre moments de pure tendresse et folie intense avec solos à l’emporte-pièce. Il réussit à véritablement donner une voix unique à son instrument. Malgré son jeune âge, on peut déjà le comparer aux plus grands. Voici donc un musicien à suivre de près au cours des prochaines années. (juillet 2011)

Blue Note / EMI

½

Alesana - A Place Where the Sun is Silent

Alesana - A Place Where the Sun is Silent

Après avoir débuté à Baltimore, c’est en Caroline du Nord que le groupe post hardcore Alesana s’est véritablement établi en 2004. Fraîchement signé sur l’étiquette Epitaph, il nous présente maintenant son 4e album. Son disque précédent, The Emptiness, était un album-concept basé sur un roman d’Edgar Allan Poe, Annabel Lee. Toujours aussi théâtral, le groupe revient encore avec un album-concept, mais cette fois-ci inspiré d’un poème, la première partie de la Divine Comedy de Dante Alighieri intitulée Inferno. Pendant 62 minutes, le groupe nous raconte avec passion une histoire en 2 actes qui n’est pas sans nous rappeler les œuvres conceptuelles de Green Day, mais surtout de My Chemical Romance. Les arrangements vont de ballades discrètes au piano à des grandes envolées orchestrales avec des cordes et une chorale d’enfants, le tout accompagnant la voix parfois criarde typique au screamo. A Place Where the Sun is Silent s’écoute exactement comme on écoute une histoire. L’inconvénient est que l’on a donc l’obligation d’embarquer dans l’histoire pour être intéressés. Par conséquent, c’est un album qui plaira à plusieurs tout en laissant un large public derrière lui. Ceux qui apprécient particulièrement les albums de rock théâtral risquent fort d’apprécier l’histoire qu’a à nous offrir Alesana. (mars 2012)

Vidéoclip : « Lullaby of the Crucified »

Epitaph

Alkaline Trio - Damnesia

Alkaline Trio - Damnesia

Pour souligner son 15e anniversaire, le groupe pop punk de Chicago Alkaline Trio nous propose un album quelque peu différent par rapport à ce qu’il a fait dans le passé. Il a décidé de présenter quelques-unes de ses pièces favorites dans une version acoustique plus intime. On y trouve 12 de ces titres déjà bien connus des fans, en plus d’une reprise des Violent Femmes, « I Held Her In My Arms », et 2 nouvelles compositions, « Olde English 800 » et « I Remember a Rooftop ». Damnesia a principalement l’avantage de nous présenter une nouvelle facette de ce groupe pop punk qui nous a habitués à une énergie constante. Par contre, la plupart de leurs compositions ne sont pas suffisamment puissantes d’un point de vue créatif pour conserver notre intérêt dans une version dépouillée. Disons que l’album leur donne avant tout un nouveau produit à promouvoir lors de leur tournée du 15e anniversaire qui s’annonce comme la plus importante de leur carrière. (octobre 2011)

Heart & Skull / Epitaph

All Time Low - Dirty Work

All Time Low - Dirty Work

Le groupe pop punk de Baltimore est de retour avec un nouvel album, 2 ans après l’excellent Nothing Personal qui l’a amené un peu partout à travers le monde. C’est peut-être le fait d’avoir travaillé comme des forcenés au cours des dernières années qui leur donne le goût de s’éclater et de faire la fête sur Dirty Work. Ou bien ils n’ont tout simplement pas encore perdu leur attitude d’adolescents qui les caractérise depuis le début de leur carrière. L’hymne de party par excellence se trouve ici sur « I Feel Like Dancin’ », une pièce co-écrite avec Rivers Cuomo de Weezer. Par contre, plusieurs pièces de l’album présentent un côté un peu plus sérieux. Tout au long du disque, l’accent est mis sur la qualité des mélodies, des riffs et de la rythmique. On retrouve donc bon nombre de pièces accrocheuses à souhait qui, avec un peu d’appui des radios, ont tout ce qu’il faut pour devenir de grands succès, particulièrement l’excellente « Time-Bomb », ma préférée de l’ensemble qui a été co-écrite avec Pierre Bouvier et Chuck Comeau de Simple Plan. Dirty Work présente assurément bien peu d’éléments de punk et constitue plutôt une oeuvre pop de catégorie supérieure, une production monstre. On n’y trouve peut-être plus les éléments créatifs qui ont permis à leur album précédent de devenir l’un des meilleurs dans le genre au cours des dernières années, mais ce nouveau disque possède tous les éléments nécessaires pour acquérir la reconnaissance universelle, même chez les moins grands amateurs de rock. (septembre 2011)

Vidéoclip : « I Feel Like Dancin’ »

Interscope / Universal

½

Tori Amos - Night of Hunters

Tori Amos - Night of Hunters

Night of Hunters est un album-concept basé sur des variations d’œuvres classiques par Bach, Debussy, Satie, Schubert, Schumann, Mendelssohn et plusieurs autres. Il suit le voyage d’une femme en détresse alors qu’elle se retrouve à la fin d’une relation. Tori s’est essayée à des œuvres concepts par le passé, mais il faut avouer que ce ne fut pas toujours réussi. Sur ce nouvel album, elle réussit à trouver le ton juste, avec ce qu’il faut de retenue pour ne pas voler la vedette à l’œuvre musicale derrière elle. L’atmosphère feutrée du disque est parfaitement maintenue jusqu’à la fin, le tout dans une grande richesse musicale due à des arrangements de premier plan par John Philip Shenale. Évidemment, étant fondé avant tout sur des œuvres classiques, Night of Hunters ne rejoindra pas son public pop. Par contre, elle met de l’avant ici ses racines classiques pour notre plus grand plaisir. Le résultat est surprenant, grandement intéressant et surtout, tellement plaisant à écouter. (novembre 2011)

Universal

½

Arctic Monkeys - Suck It and See

Arctic Monkeys - Suck It and See

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Peu importe l'affection qu'on leur porte, les quatre gars de Sheffield font partie du petit club fermé de ceux qui comptent. Inutile donc de rappeler que Suck It and See faisait partie des disques les plus attendus de l'année. Heureux de voir que malgré une popularité toujours au sommet, les Arctic Monkeys ne perdent pas pied. Heureux d'entendre que, même si Suck It and See est déjà le quatrième album en cinq ans sorti par les britanniques, rien ne laisse présager d'un groupe qui finirait en roue libre. Beaucoup se sont écroulés après un premier opus détonnant, peu ont confirmé au point de devenir l'un des meilleurs groupes britanniques actuels. Et les Arctic Monkeys sont de ceux-là. De ceux qui savent piloter justement, négociant parfaitement les virages au cordeau, s'escrimant à évoluer sans cesse sans abandonner ce qu'ils ont déjà su créer. Alex Turner et sa bande sont donc malins comme des singes et ça tombe bien. Alors ce Suck It and See sonne comme une synthèse du vécu du groupe. Profondément anglais dans le ton et l'élégance mais qui emprunte un son plus terreux, la rudesse du désert californien certainement héritée de leur précédente collaboration avec Josh Homme. Pour information, le disque a été enregistré par James Ford (comme pour Humbug) en Californie dans le mythique studio du Nevermind de Nirvana. Exits les guitares énervées, les rythmes endiablées des jeunes téméraires survoltés. Suck It and See abrite un florilège de morceaux mid tempo dont les guitares misent plus sur la lourdeur et la saturation que sur l'énervement (« Brick By Brick », « All My Own Stunts », « Don’t Sit Down ’Cause I’ve Moved Your Chair »). Humbug annonçait déjà ce virage... Le jeu de Matt Helders prend la même direction. Le batteur troque ses fougueuses rythmiques contre une rythmique plus lourde et métronomique. Si Suck It and See prend toute sa dimension dans la durée, il surprend un peu moins que ses prédécesseurs. Il n’en reste pas moins que les Monkeys restent d’excellents compositeurs de chansons (« Reckless Serenade », « She’s Thunderstorm », « The Hellcat Spangled Shalalala ») et Alex Turner un auteur habile et subtil. (octobre 2011)

½

Arno - BRUSSLD

Arno - BRUSSLD

Voici le 18e album de ce poète et rockeur belge hors du commun. Sur BRUSSLD, il nous présente 11 chansons originales, en plus d’une reprise au piano de « Get Up, Stand Up » du légendaire chanteur reggae Bob Marley. Celui qu’on pourrait considérer comme le Tom Waits belge nous offre un album bilingue avec presque autant de chansons en français qu’en anglais. Voix rocailleuse et guitares expérimentales, arrangées à la façon blues rock et folk, voilà un peu le portrait de cet enregistrement typique à la discographie hétéroclite d’Arno, mais unique dans le paysage musical européen. L’originalité est toujours au rendez-vous, mais il vous faudra tout de même faire un certain effort en écoutant l’album pour réussir à véritablement entrer dans cette atmosphère bien particulière qu’est celle d’Arno. (avril 2012)

Naïve / SIX

½

Asa - Beautiful Imperfection

Asa - Beautiful Imperfection

Asa est née à Paris et a grandi à Lagos au Nigeria. Elle présente maintenant son deuxième album, Beautiful Imperfection. Enregistré à Montreuil en France, le disque nous propose une grande variété de styles avec des textes en anglais et en yoruba. L’ensemble est un doux mélange de pop et de soul, mais contient tout de même des rythmes entraînants de reggae qui réussissent à nous capturer à un moment ou à un autre. Elle possède assurément de grandes influences du soul et du R&B des années 1960, et on peut aussi détecter un grand attachement au gospel en certaines occasions. Asa nous offre donc un album léger et joyeux qui s’écoute sans grands efforts. Sans révolutionner le genre, les compositions sont de qualité et à l’image de leur talentueuse créatrice. Asa progresse donc de belle façon avec ce deuxième album qui contribue à façonner un peu plus son style. (décembre 2011)

Vidéoclips : « Why Can’t We » - « Be My Man »

Naïve / Justin Time / SIX

½

Charles Aznavour - Toujours

Charles Aznavour - Toujours

Même à 87 ans, rien ne peut arrêter cette légende vivante de la chanson française. Encore une fois, Aznavour nous offre 12 compositions puissantes et sentimentales dans un style qui varie entre des grandes chansons parisiennes et de la bossa nova brésilienne (« Viens m’emporter »), avec un détour occasionnel par Broadway et l’Espagne (« Flamenca Flamenco »). Pour ce ixième album, Aznavour s’entoure de deux arrangeurs de renom : Eumir Deodato (Frank Sinatra, Aretha Franklin, Astrud Gilberto, Björk) et Yvan Cassar (Mylène Farmer, Johnny Hallyday, Claude Nougaro). Il s’offre un superbe duo avec Thomas Dutronc sur « Elle ». Finalement, la photo de la pochette est de Karl Lagerfeld. Aznavour n’a rien perdu de sa fougue et nous offre encore une fois un album solide qui plaira assurément à ses fans. Toujours est un disque à la hauteur de son immense réputation. (novembre 2011)

EMI / SIX

½

Bad Meets Evil - Hell: The Sequel

Bad Meets Evil - Hell: The Sequel

En 1997, avant de se lancer dans une carrière solo, Eminem a fait partie d’un duo de rap pour une courte période en compagnie de Royce da 5’9’’, Bad Meets Evil. Ils n’avaient à l’époque qu’enregistré quelques chansons en plus d’offrir des spectacles aux alentours de Détroit. C’est le rappeur Proof (D12) qui les avait regroupés à ce moment-là, et son meurtre en 2006 les a ramenés ensemble. Hell:The Sequel constitue en fait un regroupement de divers enregistrements du duo, donc le résultat manque quelque peu de constance. Considéré comme un mini-album avec 9 pièces totalisant 37 minutes, le disque est également offert dans une version de luxe avec 2 titres additionnels, ce qui ressemble un peu plus à un album complet avec ses 46 minutes. Le côté le plus intéressant de cet album est qu’il ramène Eminem la superstar dans un rap de rue, un peu plus brut que ce qu’il a fait depuis ses débuts en solo. Royce présente aussi de belles qualités en tant que rappeur, des qualités qu’il avait semblé avoir de la difficulté à présenter dans sa carrière solo. Voici donc un album présentant quelques points d’intérêt pour les amateurs de rap underground et de ces 2 rappeurs. (août 2011)

Vidéoclip : « Fast Lane »

Shady / Universal

Bang Tango - Psycho Cafe

Bang Tango - Psycho Cafe (1989) (réédition de 2011)

En 1989, le hard rock (ou pop metal) était au sommet des palmarès et les plus importantes compagnies de disques étaient toutes à la recherche du nouveau groupe aux cheveux longs qui allait franchir de nouvelles barrières de popularité. Parmi tous ces groupes, l’un des plus sous-estimés a sans doute été le quintet glam rock de Los Angeles Bang Tango qui a pourtant lancé cette année-là un album de hard rock très solide. Grandement influencé par Aerosmith et Guns N’ Roses, le groupe présentait aussi des similarités avec Living Colour et les Red Hot Chili Peppers par les rythmiques funk qu’il intégrait à son style. Le groupe n’a peut-être pas obtenu le succès escompté, mais il a tout de même su laisser sa trace dans cette scène musicale de Los Angeles. Vingt-deux ans après sa sortie, voilà qu’on nous propose une réédition de Psycho Cafe, une édition limitée à 2 000 copies numérotées. On peut donc à nouveau entendre les succès « Someone Like You » et « Breaking Up a Heart of Stone », ainsi que les excellentes « Attack of Life » et « Wrap My Wings ». Simultanément, on nous offre une réédition de Dancin’ on Coals (1991) avec 2 titres en boni, dont un en concert, ainsi qu’une réédition du mini-album en concert Ain’t No Jive… Live! (1992). Le temps est donc venu de redécouvrir l’un des acteurs de la Sunset Strip de la fin des années 1980. (juin 2011)

Vidéoclips : « Someone Like You » - « Breaking Up a Heart of Stone »

MCA / Metal Mind / MVD

½

Beady Eye - Different Gear, Still Speeding

Beady Eye - Different Gear, Still Speeding

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Est-ce bien utile de rappeler que Beady Eye est né sur les cendres encore chaudes d'un Oasis qui a fini par exploser en vol. C'était le 28 août 2009, à Saint-Cloud, juste avant de monter sur la scène du festival Rock En Seine. Depuis ce jour, Noel Gallagher a officiellement quitté le groupe et Oasis a mis fin à ses jours... Les deux frangins séparés n'ont pas manqué de repartir sur des projets individuels. Liam n'a pas quitté les siens puisque, suivi par Gem Archer, Andy Bell et Chris Sharrock, les ex-Oasis montent Beady Eye. Un nouveau terrain de jeu tout frais dont le groupe défend un état d'esprit plus démocratique que jamais, Liam assurant qu'il n'y a pas de leader. Comme libérés d'un poids, les ex-Oasis livrent un disque ancré dans la plus pure tradition pop rock, accompagnés de Steve Lillywhite (U2, Peter Gabriel, Simple Minds, ...) aux manettes. Et malgré ses influences toujours très marquées pop 60s/70s (voire 50s), Beady Eye sonne étonnamment frais, glissant treize titres assez homogènes et bien ficelés avec une impression de légèreté. De quoi repartir faire une tournée des salles à taille humaine avec quelques bons titres dans les valoches (« Four Letter Word », « Wind Up Dream », « Kill For A Dream »). Mais après ça, tout est dit. Different Gear, Still Speeding ne changera pas l’obscure face du rock et risque de souffrir d’un singulier manque de mordant. Car si Liam se veut être une légende, il faudra agir en tant que telle. Le bon devra s’effacer au profit de l’exceptionnel ce qui, pour le moment est loin d’être le cas. Et lorsqu’on veut convoquer les légendes – les vraies – (« Beatles and Stones »), mieux vaut être armé jusqu’aux dents. Moins présomptueux et conscient des faits, Liam résumait lui-même la situation aux Inrocks : « On n’avait pas de grande ambition, on voulait simplement continuer à faire de la musique. Ça ne va pas plus loin. » Alors si c’est lui qui le dit… (avril 2011)

Beastie Boys - Hot Sauce Committee Part Two

Beastie Boys - Hot Sauce Committee Part Two

En 2009, les Beastie Boys ont dû mettre sur la glace leur projet en 2 parties, Hot Sauce Committee, lorsqu’Adam Yauch a été diagnostiqué du cancer. Par la suite, ils ont laissé tomber la première partie pour se concentrer sur la deuxième qui nous est maintenant offerte. Le groupe rap qui fut très influent dans les années 1980 ne surprendra que bien peu de gens avec ce nouvel album. En fait, ils ne nous offrent qu’une nouvelle variation de leur style déjà bien établi. Là où ils réussissent à surprendre, c’est qu’ils reviennent à une attitude un peu plus adolescente, ce « je m’en foutisme » qui les caractérisait si bien sur leurs premiers enregistrements. Disons que leurs quelques tentatives de se prendre au sérieux n’ont pas représenté le meilleur de leur carrière et qu’un tel retour aux sources était grandement souhaitable. Le groupe nous présente quelques titres mémorables comme « Make Some Noise », « Too Many Rappers » (avec NAS), « Say It » et « Don’t Play No Game That I Can’t Win » (avec Santigold). D’accord, les Beastie Boys ne sont plus à l’avant-scène du rap, mais Hot Sauce Committee Part Two nous prouve que le groupe peut encore bien performer dans le style qu’il a créé et bien utiliser la technologie d’aujourd’hui. Voici donc un très bon disque qui comblera leurs fans de longue date… (juillet 2011)

Capitol / EMI

½

Beyoncé - 4

Beyoncé - 4

L’ex-membre de Destiny’s Child nous présente son 4e album depuis qu’elle s’est lancée dans une carrière solo il y a 10 ans. La chanteuse R&B nous avait présenté un disque plutôt moyen en 2008, I Am… Sasha Fierce, malgré le méga-succès « Single Ladies (Put a Ring on It) ». Beyoncé a donc un défi de taille avec 4, soit celui de nous présenter un album intéressant dans son ensemble. Dès la ballade d’ouverture, « 1+1 », elle semble décider à nous convaincre de la puissance de sa voix, mais elle nous laisse malheureusement indifférents par le manque d’émotion qu’elle réussit à nous transmettre. Le résultat est qu’on a hâte à la prochaine pièce et qu’on espère seulement que ce ne sera pas le cas tout au long du disque. Un bien drôle de choix pour débuter un album… Trois autres ballades suivront, et feront sûrement perdre patience à ceux qui préfèrent le côté pop dansant de Beyoncé. Il n’y a que la 4e, « Best Thing I Never Had », qui risque de capter votre attention et de vous rester en tête. Par la suite, les pièces alterneront entre des morceaux rythmés et d’autres plus introspectifs, mais surtout, les moments mémorables demeureront plutôt rares. On retrouve bien quelques moments un peu plus originaux que sur le précédent disque et la performance vocale de Beyoncé demeure solide, mais 4 manque définitivement d’un succès commercial de l’ampleur de « Single Ladies ». Il risque donc d’être très vite oublié, malheureusement. (septembre 2011)

Vidéoclips : « Run the World (Girls) » - « Best Thing I Never Had »

Big Sean - Finally Famous

Big Sean - Finally Famous

Après une série d’enregistrements divers, le protégé de Kanye West nous arrive avec son premier album officiel, tiré par le succès « My Last » avec Chris Brown. Le rappeur nous offre un très bon mélange de rap underground et de musique un peu plus grand public. « I Do It » est un succès garanti, pendant qu’avec « Dance (A$$) », sur laquelle il utilise un échantillonnage de MC Hammer, il espère faire bouger le derrière des plus jolies filles. Big Sean va dans des territoires un peu plus sensuels sur « Marvin & Chardonnay », grâce à Kanye West qui pousse l’audace en tant que réalisateur à ajouter des bruits de lit qui grince à un rythme plutôt régulier… Excellent rappeur, Sean réussit à donner plusieurs dimensions à son album en s’entourant de chanteurs et d’excellents musiciens. Les 12 pièces sont suffisamment variées pour conserver notre intérêt, tout en étant parfaitement liées. Finally Famous est un album à la fois créatif et plaisant à écouter, possiblement l’un des meilleurs albums de rap de 2011. Voici donc un très bon premier essai par un gars rempli de talent qu’il faudra surveiller de près. (découverte du mois de septembre 2011)

Vidéoclip : « My Last »

Def Jam / Universal

½

Big Talk - Big Talk

Big Talk - Big Talk

Big Talk est un projet du batteur des KillersRonnie Vannucci Jr, qui nous présente son tout premier album en compagnie du guitariste Taylor Milne. Réalisé par Vannucci et Joe Chicarelli (The Strokes), l’album éponyme présente un mélange de post-punk, new wave et pop rock. Les mélodies sont toujours excellentes et sont accompagnées de rythmes entraînants. Vannucci puise beaucoup de son inspiration dans le son new wave du début des années 1980. Par exemple, le synthétiseur et la section rythmique du premier extrait, « Getaways », ne sont pas sans nous rappeler The Cars. Vannucci joue de tous les instruments et confirme ainsi ses talents multiples. Même comme chanteur il est plutôt impressionnant, puisqu’il possède une très belle voix, parfaitement adaptée à sa musique. Voici donc un premier album solide, avec une ligne directrice claire et qui demeure efficace jusqu’à la fin. (découverte du mois de décembre 2011)

Vidéoclips : « Replica » - « Big Eye »

Little Oil / Epitaph

½

Benjamin Biolay - Best of

Benjamin Biolay - Best of

En seulement 10 années de carrière, le chanteur français Benjamin Biolay a produit 5 albums studio, le projet Home et 2 bandes originales de films. Le temps est donc venu de faire un bilan de cette jeune carrière déjà bien décorée. Cette compilation présente ses 18 plus grands succès en plus d’un titre inédit en ouverture, « L’eau claire des fontaines ». Parmi les succès que l’on retrouve ici, notons les classiques « Les cerfs-volants » et « Ton héritage », ainsi que les populaires « Dans la Merco Benz » et « Padam ». Cette rétrospective de l’auteur-compositeur-interprète et arrangeur constitue une excellente façon de le découvrir, si vous n’avez pas encore eu la chance de vous familiariser avec l’œuvre de Benjamin Biolay. (avril 2012)

Vidéoclip : « La superbe »

Naïve / Virgin / SIX

½

Benjamin Biolay - Pourquoi tu pleures?

Benjamin Biolay - Pourquoi tu pleures?

Souvent comparé au légendaire Serge Gainsbourg, le Français Benjamin Biolay nous présente ici la musique inspirée du film Pourquoi tu pleures?. Il a connu un immense succès en 2010 avec l’album La superbe, mais il joue maintenant le rôle principal dans une comédie romantique, le premier long métrage de Katia Lewkowicz aux côtés d’Emmanuelle Devos et Nicole Garcia. Bien plus qu’une bande sonore, le disque nous propose plusieurs chansons écrites et interprétées par Biolay, ainsi que des versions inédites. Il se compare donc avantageusement à tout autre album de sa part. Biolay écrit et compose l’ensemble des pièces du disque en compagnie du pianiste Marc Chouarain. Certains morceaux sont même inspirées du film et de son personnage directement. Biolay chante en duo avec des vedettes du film sur deux chansons : Sarah Adler sur « L’homme de ma vie » et Emmanuelle Devos sur la chanson-titre. Aussi, c’est Ana Zimmer qui interprète « You Have Changed », le seul titre en anglais. À part le premier extrait, « Pas la forme », il y a peu de succès potentiels sur ce disque qui se veut avant tout un accompagnement au film (ou un rappel de celui-ci). L’ensemble est plutôt doux et s’écoute magnifiquement jusqu’à la fin. (janvier 2012)

Vidéoclip : Introduction

Naïve / SIX

½

Björk - Biophilia

Björk - Biophilia

Ce nouvel album de Björk est bien plus qu’un simple album. C’est plutôt un concept multimédia complet, incluant des applications pour iPad et iPhone. Même si à ce niveau Björk demeure innovatrice, c’est pas mal moins le cas avec sa musique. En fait, elle revient avec des sons électroniques, parfois drum ‘n’ bass, qui ne nous sont pas inconnus, puisqu’elle les utilisait déjà dans les années 1990. Biophilia, un album audacieux essentiellement intimiste, présente donc une musique électronique qui prend de l’âge et n’apporte rien de neuf. Si Björk a déjà été à l’avant-garde, ce n’est clairement plus le cas aujourd’hui. En plus, sa voix, toujours trop en avant, agace sérieusement en de nombreuses occasions et on a tout intérêt à rajuster notre son pour qu’elle se retrouve un peu moins à l’avant-plan. Ce sera alors moins désagréable lorsqu’elle se servira de sa voix pour des effets sonores, très nombreux tout au long du disque. Ses fans de longue date y retrouveront certainement les éléments qui leur plaisaient, mais ils devront se tourner vers d’autres créateurs de musique électronique pour demeurer à l’avant-garde. (novembre 2011)

Vidéoclip : « Moon »

Nonesuch / Warner

The Black Keys - El Camino

The Black Keys - El Camino

Sur Brothers en 2010, le duo de l’Ohio réussissait le véritable tour de force de parfaitement fusionner ses influences blues un peu sales, sa créativité sans bornes et les mélodies accessibles. D’ailleurs, « Tighten Up » est devenu leur premier véritable succès en carrière, après pourtant plusieurs albums de premier plan. Sur El Camino, les Black Keys font donc encore face au défi de poursuivre leur évolution dans la bonne direction. Ils reprennent leurs influences du passé, mais cette fois-ci, c’est dans le R&B des années 1960 qu’ils plongent littéralement. Ce qui frappe dès la pièce d’ouverture, c’est le son beaucoup plus chargé du groupe qui a basé sa carrière jusqu’à maintenant sur une musique généralement minimaliste (guitare et batterie). « Lonely Boy » présente plutôt une orchestration riche et une chorale. Le son demeure toujours un peu sale, garage, mais le groupe va définitivement beaucoup plus loin. C’est cette nouvelle direction musicale qui dominera tout au long du disque avec des orchestrations et des textures qui donnent de l’envergure à l’album. Sûrement que le réalisateur Danger Mouse y est pour quelque chose, lui qui avait déjà travaillé avec eux sur le raté Attack & Release. Plus rock ‘n’ roll que blues, El Camino défile à la vitesse de l’éclair avec 11 titres totalisant à peine plus de 38 minutes. À part l’acoustique « Little Black Submarines », l’album est particulièrement énergique, et surtout grandement divertissant. Attention : El Camino est un album qui crée une dépendance! Non seulement il peut déjà être considéré comme l’un des meilleurs enregistrements de leur carrière, mais il figure aisément parmi les meilleurs disques de l’année. Voici donc un album surprenant et tellement plaisant à écouter… (janvier 2012)

Vidéoclip : « Lonely Boy »

Nonesuch / Warner

Mary J. Blige - My Life II… The Journey Continues (Act 1)

Mary J. Blige - My Life II… The Journey Continues (Act 1)

La New Yorkaise Mary Jane Blige fait déjà carrière depuis 20 ans et nous présente maintenant son 10e album studio. Bizarrement, le titre semble vouloir référer à son album de 1994, My Life, comme en étant la suite. Mais, il est bien difficile de voir comment ce long album rempli de collaborations pourrait être la suite de l’album troublé et bien personnel présenté à cette époque. En fait, My Life II semble beaucoup plus être la suite logique de son précédent, Stronger with Each Tear, et n’a rien à voir avec la Mary J. Blige du milieu des années 1990. Elle nous présente toujours son R&B contemporain avec des accents de rap en différentes occasions. Pour ce faire, elle peut compter sur la présence de toute une brochette de collaborateurs : Nas, Busta Rhymes, Drake, Beyoncé, Diddy, Lil Wayne, etc. Après une introduction inutile, la première moitié du disque est plutôt dynamique grâce à de bonnes rythmiques et des mélodies efficaces culminant avec la « Next Level » de Busta Rhymes. Elle reprend aussi de façon énergique le succès de Rufus & Chaka Khan « Ain’t Nobody ». Malheureusement, la deuxième moitié du disque perd de son énergie et c’est un grand nombre de ballades qu’on nous présente l’une à la suite de l’autre. L’intérêt diminue grandement et lorsque l’album se termine, on a l’impression d’être resté sur notre appétit. Les bons moments et la solide production ne sont pas suffisants pour nous faire oublier les pièces ennuyantes. (février 2012)

Vidéoclips : « 25/8 » - « Mr. Wrong »

Geffen / Universal

blink-182 - Neighborhoods

blink-182 - Neighborhoods

Après 8 ans d’absence sur disque et de nombreux projets parallèles, le désormais légendaire trio pop punk effectue son grand retour. Par contre, la question se pose à savoir si le groupe peut toujours être pertinent dans cette scène musicale surchargée de jeunes groupes énergiques, insouciants et irrévérencieux. Après tout, c’est ce qui caractérisait principalement blink-182 à ses débuts et en a fait sa marque de commerce. Le groupe était devenu plus sérieux sur son album éponyme de 2003 et c’est là que son étoile a commencé à pâlir face à de nouveaux groupes comme Simple Plan. Neighborhoods poursuit dans la lignée de leur disque précédent évitant de revenir à l’attitude adolescente de leurs belles années. Les rythmiques punks sont encore bien présentes, mais avec un côté un peu plus atmosphérique, peut-être emprunté au projet parallèle de Tom DeLonge, Angels & Airwaves. L’énergie et l’efficacité de titres comme « Ghost on the Dance Floor », « Natives » et « Heart’s All Gone » nous prouvent qu’un groupe comme blink-182 peut encore occuper une place importante dans le paysage rock. Après tout, ils n’ont plus 20 ans, donc c’est probablement préférable de les entendre évoluer plutôt que de s’acharner sur l’humour adolescent de leurs débuts. En plus, ces intégrations quasi-progressives donnent une nouvelle dimension créative à leur musique, même si leurs textes demeurent parfois douteux. Sans rien révolutionner, blink-182 nous prouve qu’il peut encore aller de l’avant en 2011, ce que beaucoup d’autres groupes dans le genre ne semblent pas en mesure de réussir. (chronique principale de novembre 2011)

Vidéoclips : « Up All Night » - « Heart’s All Gone »

Interscope / Universal

½

Brigitte Boisjoli - Fruits défendus

Brigitte Boisjoli - Fruits défendus

Cette ex-participante de Star Académie a créé une certaine attente vis-à-vis son premier album. C’est que sa voix puissante et polyvalente en a fait une des meilleures de son édition, même si elle n’a pu remporter les grands honneurs. Elle nous présente maintenant Fruits défendus, un album de 12 chansons composées par Nelson Minville et Dave Richard totalisant tout juste 40 minutes. L’intensité de la pièce d’ouverture et l’efficacité pop de la chanson-titre rendent tout de suite l’album prometteur. Malheureusement, Brigitte tombe ensuite un peu trop dans la chansonnette et la ballade facile, ce qui ne lui permet pas de montrer toute l’ampleur de son talent vocal. Où sont les pièces rock ou soul qui lui collent si bien à la peau? On retrouve bien quelques mélodies sympathiques, mais peu d’éléments lui permettent de véritablement se démarquer, elle qui a pourtant tout le talent pour se différencier naturellement. Fruits défendus présente un assez mauvais choix artistique pour une artiste si talentueuse avec un si grand potentiel vocal… (mars 2011)

Vidéoclip : « Fruits défendus »

Musicor

½

Bombay Bicycle Club - A Different Kind of Fix

Bombay Bicycle Club - A Different Kind of Fix

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Derrière cette étrange appellation et cette non moins curieuse pochette, se cache en réalité un groupe alternatif du nord de Londres. Troisième album en autant d'années depuis la parution du premier opus, Bombay Bicycle Club, joue sans arrêt la carte de la rupture. Un premier disque pop punk, un second entièrement acoustique, les quatre Londoniens changent encore leur fusil d'épaule avec A Different Kind of Fix, une nouvelle fois produit par Jim Abbiss (Arctic Monkeys, Kasabian, ...). Résultat, les (très) jeunes anglais livrent un album fouillé et astucieux qui fleure tout de même pas mal les eighties. Entre pop new wave, rythmiques légèrement tribales, ambiances aériennes et psychédéliques, ce troisième essai est incontestablement original par la mixité de ses courants couplée au chant vacillant et volontairement distant de Jack Steadman. Les compositions étonnent autant par la maturité des mélodies que par les arrangements pléthoriques qui donnent à l’ensemble une dimension assez spatiale. Les quatre membres peuvent d’ailleurs se targuer d’offrir de vraies chansons réussies (« How Can You Swallow So Much Sleep », « Bad Timing », « Shuffle »,…) qui demanderont certainement de multiples écoutes attentives. Malgré tout, le disque a les défauts de ses qualités. À force de vouloir surprendre tout en gardant une précision d'orfèvre, le groupe oublie parfois de laisser la place au feeling, ce qui rend l’ensemble un peu froid au final… L’imperfection a toujours du bon. (décembre 2011)

The Brains - Drunk Not Dead

The Brains - Drunk Not Dead

The Brains est un groupe psychobilly de Montréal qui roule sa bosse depuis 2003. Sur Drunk Not Dead, le trio à haut niveau d’énergie semble atteindre un niveau supérieur alors qu’il se compare avantageusement aux meilleures formations du genre sur la planète. Le jeu est précis et la réalisation met parfaitement en évidence le dynamisme dévastateur des Brains. Les influences rockabilly des années 1950 demeurent bien présentes, mais il s’agit bel et bien d’un album punk, un disque qui risque de surprendre un public non averti par sa rapidité et son agressivité. La section rythmique de Pat Kadavar (batterie) et Colin The Dead (contrebasse) martèle inlassablement, pendant que le chanteur/guitariste Rene De La Muerte chante mieux que jamais tout en nous offrant une guitare jouée à la vitesse de l’éclair et distorsionnée à souhait. Dès l’ouverture, vous en aurez plein les oreilles, particulièrement avec « We Are The Brains » et « Six Rounds », mais aussi avec la pop « Take What I Want (Souvenir of Monte Christo) », la pièce en espagnol « Gato Calavera » et la poignante chanson en français « Pourquoi me laisser ». The Brains atteignent définitivement un nouveau sommet avec Drunk Not Dead et ils nous présentent leur album le plus solide à ce jour. (janvier 2012)

Vidéoclip : « Six Rounds »

Stomp / Union Label Group

½

Breaching Vista - Vera City

Breaching Vista - Vera City

Breaching Vista est un groupe de Kitchener en Ontario qui a d’abord fait sensation avec un mini-album, Breaking the View. Ils nous ont ensuite présenté leur premier album, Vera City, à l’automne 2011. Le groupe se compare facilement à Simple Plan et Hedley, mais aussi à Billy Talent et Jimmy Eat World. Ils nous offrent donc un son rock commercial aux influences pop punk. La plupart des 12 pièces du disque sont déjà prêtes pour les radios commerciales avec des mélodies accrocheuses et des rythmes entraînants, même dans les chansons un peu plus mid-tempo. Elles vous forceront toutes à taper du pied en fredonnant. Malheureusement, Breaching Vista nous propose un style de rock largement surexploité au cours de la dernière décennie et ils ne réussissent pas véritablement à se démarquer de la masse. Ils devraient tout de même réussir à vous faire passer un bon moment si vous aimez le genre. (mai 2012)

Vidéoclip : « Nervous »

Bright Side

Jeff Bridges - Jeff Bridges

Jeff Bridges - Jeff Bridges

L’acteur Jeff Bridges avait déjà fait paraître un album en 2000 intitulé Be Here Soon, mais bien peu de gens s’en souvenait lorsqu’il a joué le rôle d’un chanteur country déchu dans le film Crazy Heart. Il nous arrive maintenant avec un album éponyme réalisé par T-Bone Burnett. C’est entouré de musiciens de renom, dont le guitariste Marc Ribot (Elvis Costello, Tom Waits), que Bridges nous offre une majorité de classiques du folk et du country américain. L’album commence en force avec l’excellente « What a Little Bit of Love Can Do » de Stephen Bruton, l’un des rares moments de divertissement sur l’album, malheureusement. La plupart de ses interprétations de pièces de John Goodwin, Greg Brown et Bo Ramsey sont ennuyantes et sans saveur. Bridges inclut aussi 3 nouvelles compositions, mais qui tombent tout simplement à plat, manquant totalement de l’authenticité americana. (novembre 2011)

Vidéoclip : « What a Little Bit of Love Can Do »

Blue Note / EMI / SIX

Chris Brown - F.A.M.E.

Chris Brown - F.A.M.E.

Après le fiasco de Graffiti en 2009 et ses frasques avec Rihanna, le chanteur pop / R&B Chris Brown n’a qu’un but avec F.A.M.E. : remettre sa carrière sur les rails. Si on se fie au succès dansant « Yeah 3X » et au succès R&B « Deuces », on peut considérer que c’est réussi. Par contre, l’album possède de grands contrastes, passant de la pop dansante, aux ballades R&B et au rap. Il sera donc plutôt difficile de conserver l’intérêt du public tout au long de l’album. Si vous aimez la pop dansante de « Yeah 3X », « Say It With Me » et « Beautiful People » sont probablement les seuls morceaux qui pourront vous séduire. Si c’est le rap de « Look At Me Now » qui vous plaît, quelques moments à gauche et à droite pourront capter votre attention, mais ils vous sembleront bien rares. Les fans de disco auront un refrain à se mettre sous la dent avec « Oh My Love », mais ça s’arrêtera là. En fait, ce sont probablement les fans de ballades R&B qui en auront le plus pour leur argent avec cet album de Chris Brown. F.A.M.E. présente d’excellents moments, mais un album trop long et trop diversifié nous fait perdre le focus et nous force à passer plusieurs titres. En plus, une version de luxe présente 4 titres additionnels pour un total de 17. Brown semble tout de même sur la bonne voie pour le futur. (avril 2011)

Vidéoclips : « Yeah 3X » - « Deuces » - « Look At Me Now » - « No Bullshit »

Jive / Sony

Michael Bublé – Christmas

Michael BubléChristmas

Peu de chanteurs peuvent se vanter d’avoir le style parfait pour interpréter des classiques de Noël, sauf Michael Bublé. Le chanteur jazz / pop réussit tout de même à apporter une certaine touche de modernité en certaines occasions, par exemple dans « Jingle Bells » qui met en vedette les Puppini Sisters. On peut aussi entendre un excellent duo avec Shania Twain pour « White Christmas ». L’ensemble demeure tout de même assez traditionnel avec des interprétations de jazz standard. Christmas est donc idéal pour ceux qui préfèrent les chansons de Noël interprétées de manière un peu plus traditionnelle, sans trop d’inventivité. (novembre 2012)

Reprise / Warner

Chris de Burgh - Moonfleet & Other Stories

Chris de Burgh - Moonfleet & Other Stories

Après plus de 35 ans d’activité, Chris de Burgh décide de s’investir dans l’un des projets les plus ambitieux de sa carrière. À mi-chemin entre le classique et le folk, avec des éléments de pop et de rock, Moonfleet est une œuvre-concept avec des orchestrations majestueuses. Elle intègre également plusieurs narrations, désormais reconnues comme l’une des forces du célèbre chanteur. Moonfleet est un petit village du Dorset en Angleterre immortalisé par le romancier et poète anglais John Meade Falkner. Autant cinématographique que théâtral, l’album trouvera assurément son meilleur véhicule sur scène, là où l’artiste pourra enfin présenter visuellement ce qu’il avait en tête lors de son processus créatif. Même si l’œuvre est audacieuse et grandiose, il reste que l’ensemble, à l’image d’un opéra rock, va dans toutes sortes de directions musicales pas toujours heureuses d’un point de vue créatif. En plus de Moonfleet, le disque se conclut par 6 autres histoires, allant du sourire de la Mona Lisa à l’histoire de l’Iran, ce qui en fait un long CD de 71 minutes. Malgré quelques longueurs et moments moins originaux, Moonfleet risque de plaire à ses fans de longue date qui apprécieront certainement le courage de leur chanteur préféré. (avril 2011)

Ferryman / Justin Time / SIX

Bush - The Sea of Memories

Bush - The Sea of Memories

Le groupe post-grunge britannique Bush a connu un immense succès dans la foulée de Nirvana dans les années 1990. Par contre, le passage à l’an 2000 a semblé plutôt difficile pour Gavin Rossdale et sa bande, alors que le groupe faisait preuve d’un manque flagrant de créativité. Sûrement en panne d’inspiration, ils n’ont plus présenté de nouveau matériel depuis Golden State il y a 10 ans. Ce fut donc toute une surprise que de voir apparaître un nouveau disque de Bush en 2011! Il s’agit d’une nouvelle mouture du groupe qui performe ici alors que seuls Rossdale et le batteur Robin Goodridge sont de retour. Bush a également acquis les services de Bob Rock en tant que réalisateur. Pour ce nouvel album, Bush revient donc à un rock un peu plus brut, loin des expérimentations électroniques de la fin des années 1990. Le groupe nous propose un rock énergique, prêt pour être présenté dans les arénas. Dès la première écoute de The Sea of Memories, on a l’impression d’entendre la suite de leur excellent premier disque, Sixteen Stone, paru en 1994 (sous le nom de Bush X au Canada). Les « power ballads » sont laissées de côté, enfin! On nous offre quand même une ballade au piano en « All Night Doctors », mais il s’agit là d’un des seuls contrastes avec l’ensemble passablement énergique. En fait, tout ce qu’il manque à The Sea of Memories pour en faire un grand album, ce sont quelques titres un peu plus mémorables, quelques succès instantanés. Pour le reste, voici Bush dans le meilleur de sa forme. (décembre 2011)

Vidéoclip : « The Sound of Winter »

½

Kate Bush - 50 Words for Snow

Kate Bush - 50 Words for Snow

Kate Bush nous présente son premier album de matériel original depuis le disque double Aerial paru en 2005. Mais surtout, il s’agit seulement de son 2e album depuis The Red Shoes lancé en 1993 et accueilli froidement par la critique. Véritable perfectionniste en studio, Kate aime prendre son temps pour nous offrir un album à la hauteur de nos attentes. Et elle semble frapper dans le mille avec ce nouvel enregistrement pour accompagner vos froides soirées d’hiver. Elle nous offre seulement 7 titres s’étirant sur plus de 65 minutes. On retrouve plusieurs longues pièces sirupeuses et spatiales qui demandent absolument un grand effort d’écoute. Il faut vraiment se laisser imprégner par cette atmosphère particulière, et lorsqu’on y arrive, on peut enfin réaliser à quel point Kate nous présente un album de grande qualité. Par contre, elle risque fort d’en endormir plusieurs, puisqu’il y a bien peu de contenu entraînant ou à tendance un peu plus pop sur cet album. Les chansons sont centrées autour du thème de l’hiver et l’accompagnement se limite au piano et à une batterie très discrète. Quelques arrangements minimaux viennent quelque peu ajouter de l’envergure à l’ensemble, mais le son demeure essentiellement discret, tout en douceur. Kate nous présente un duo avec Elton John sur « Snowed in at Wheeler Street » et il s’agit assurément de l’un des moments forts du disque. Pour le reste de l’album, soit vous adorerez, soit vous aurez de la difficulté à vous rendre à la fin sans somnoler. Mais dans tous les cas, Kate Bush réussit à nous offrir un disque solide d’un point de vue artistique. (février 2012)

Noble & Brite / EMI

½

Taurey Butler - Taurey Butler

Taurey Butler - Taurey Butler

Taurey Butler est un pianiste et compositeur de jazz originaire du New Jersey qui est maintenant installé à Montréal. Dès l’âge de 7 ans, il étudie le piano qu’il perfectionnera inspiré par Oscar Peterson. Il a collaboré pendant plusieurs années avec le chanteur et bassiste Eldee Young. Accompagné d’Éric Lagacé à la basse et de Wali Muhammad à la batterie, Butler nous présente ici son tout premier album. Il nous offre des classiques du jazz, mais aussi des compositions originales, avec une puissante maîtrise technique. Il impressionne par ses mélodies et la comparaison avec Oscar Peterson n’en est que plus flatteuse. Taurey Butler est assurément un pianiste de grand talent qui réussit à nous conquérir rapidement. Voici donc un très bon premier disque par un musicien qui aura une longue carrière. (mars 2012)

Justin Time / SIX

½

Cake - Showroom of Compassion

Cake - Showroom of Compassion

Le groupe rock alternatif californien Cake n’a plus vraiment connu de grands succès depuis Fashion Nugget en 1996 qui contenait leur très bonne relecture du succès disco « I Will Survive ». Pourtant, ils nous présentent maintenant leur 4e album depuis ce temps, leur 6e au total en près de 20 ans de carrière. Leur dernier disque, Pressure Chief, datait tout de même de 2004, donc on peut dire que Showroom of Compassion représente un retour pour eux, sept ans plus tard. Cake est la vision d’un seul homme, John McCrea, qui n’est vraisemblablement entouré que de musiciens d’accompagnement. Ça s’entend encore une fois sur ce nouvel album alors que la section rythmique ne vole en aucun moment la vedette à son chanteur étoile, présentant un groove intéressant sans plus. Pourtant la voix monotone de McCrea pourrait si facilement se faire damer le pion par des arrangements musicaux efficaces. Encore une fois, le groupe nous propose une reprise, « What’s Now Is Now », une pièce quelque peu obscure de Frank Sinatra. Les titres les plus intéressants du disque s’arrêtent à « Long Time », « Got To Move », « Mustache Man (Wasted) » et « Sick of You », même si l’instrumentale « Teenage Pregnancy » n’est pas dénuée d’intérêt non plus. Malheureusement, on trouve un peu trop de pièces moyennes pour en faire un album de qualité supérieure. L’ensemble, qui nous rappelle Beck en plusieurs occasions, possède quand même une certaine originalité, mais ce n’est pas suffisant pour rendre l’album excitant. (février 2011)

Upbeat / Warner

Camille - Ilo Veyou

Camille - Ilo Veyou

Depuis ses débuts, Camille Dalmais a su attirer l’attention des amateurs de nouvelle pop française, autant en solo qu’au sein de Nouvelle Vague. Elle nous revient avec un 4e album solo, Ilo Veyou, 3 ans après Music Hole qui fut acclamé de la critique. Camille nous offre ici un album entièrement acoustique, naturel et tout en douceur. Pour obtenir encore plus de naturel à l’ensemble, les musiciens ont joué live en studio, sans casque ni métronome. Il n’y a que sa voix qu’elle a démultipliée pour obtenir une chorale d’enfants. Plusieurs musiciens et techniciens d’envergure ont collaboré à cet album bien particulier. Clément Ducol a créé les arrangements pour quatuor à cordes, en plus de jouer de la guitare et du piano préparé. L’album a été mixé par Oz Friz (Tom Waits) et ce sont des brodeuses professionnelles qui ont créé la pochette, Nadège Richer et Priscille Pulisciano. Ilo Veyou est un album bilingue qui raconte l’amour sur des ballades folkloriques, ritournelles et hommages au R&B classique. « Le berger » nous transporte au Moyen-Orient, alors que « Tout dit » conclut le disque en nous amenant dans l’atmosphère de Björk. Elle peut aussi demeurer dans la pop classique française, prenant un accent à la Édith Piaf sur « La France ». L’album de 40 minutes contient 15 titres qui explorent donc diverses influences. Il s’agit d’un très beau disque, quelque peu hétéroclite, mais qui s’écoute très bien jusqu’à la fin. (mars 2012)

Vidéoclip : « L’étourderie » (live)

Virgin / EMI / SIX

½

Caracol - Blanc mercredi

Caracol - Blanc mercredi

Caracol (Carole Facal), l’une des moitiés de l’ancien duo Dobacaracol, nous revient avec un 2e album tout en douceur et en intimité. Blanc mercredi présente une musique chaude et réconfortante qui contribuera assurément à réchauffer vos froides soirées d’hiver. Caracol nous offre de sa voix douce 11 pièces dont trois en anglais, qui sont les moins intéressantes du disque. Elle laisse de côté les rythmes reggae pour nous présenter une pop légère et accrocheuse, parfois à tendance folk. Parmi les incontournables, notons la chanson-titre, mais aussi les excellentes « Quelque part » et « Feu d’artifice ». En plus de nous présenter sa quête du bonheur, Caracol nous montre aussi un côté gamin, particulièrement avec « Je volerai ton baiser ». Si son premier album, L’arbre aux parfums, présentait de biens bons moments, elle gagne en assurance sur ce nouvel enregistrement qui est plus solide jusqu’à la fin. (janvier 2012)

Vidéoclip : « Certitudes »

Grosse Maman / Indica

½

The Cars - Move Like This

The Cars - Move Like This

Après plus de 20 ans d’absence, l’excellent groupe new wave de Boston profite d’un regain de vie du genre chez de nombreux groupes rock pour nous revenir avec un nouvel album. Bien sûr, ils ont perdu leur bassiste, Benjamin Orr, décédé d’un cancer en 2000, mais ça ne les aura pas empêchés d’effectuer un retour, tant attendu depuis leur séparation en 1988. Il y avait bien eu une tentative de réunion en 2005 par Elliot Easton et Greg Hawkes, mais Ric Ocasek et David Robinson avaient décliné l’invitation. Easton et Hawkes ont quand même poursuivi leur idée sous le nom des New Cars avec Todd Rundgren, mais cette fois-ci, il s’agit de véritables retrouvailles pour les 4 membres originaux restants. Ils ont demandé les services du réalisateur Jacknife Lee, qui prend aussi le poste vacant de bassiste. Sur Move Like This, le groupe reprend exactement là où il se trouvait lorsqu’il était au sommet de sa carrière au milieu des années 1980. En fait, il s’agit peut-être ici de l’album qui aurait dû être le successeur de Heartbeat City paru en 1984, plutôt que le médiocre Door To Door 3 ans plus tard. On retrouve les mêmes riffs et synthétiseurs efficaces que sur leurs meilleurs enregistrements, et plusieurs des compositions présentes ici risquent de faire pâlir quelques groupes new wave des années 2000 (« Blue Tip », « Too Late », « Keep On Knocking », « Sad Song »). Les Cars nous présentent donc l’un des retours les plus réussis de 2011, pour le plus grand plaisir de leurs nombreux fans nostalgiques. (juillet 2011)

Vidéoclips : « Blue Tip » - « Sad Song »

Hear / Universal

½

Luz Casal - Un Ramo de Rosas

Luz Casal - Un Ramo de Rosas

Luz Casal est probablement la plus grande voix féminine espagnole d’aujourd’hui, en plus d’être une grande auteure et compositeure. Depuis le début des années 1980, elle constitue un véritable symbole de fierté féminine chez les hispanophones. Avec Un Ramo de Rosas, on peut découvrir 14 de ses pièces les plus célèbres. Parmi celles-ci, notons plus particulièrement l’incontournable « Piensa en mi » mis à l’avant-scène par le film Talons aiguilles de Pedro Almodovar. Même si la compilation couvre les 30 ans de la carrière de la chanteuse, on peut entendre 4 titres de son album La Pasion paru en 2009. On peut aussi entendre 3 morceaux inédits : « Gracias a la Vida » de Violeta Parra, la chanson-titre, ainsi que « 18 Anos », une version espagnole du classique de Dalida « 18 ans » mixée par le groupe français Nouvelle Vague. Une édition spéciale de l’album contient un 2e CD. Un Ramo de Rosas propose une excellente façon de découvrir cette grande chanteuse pop espagnole. (avril 2012)

Blue Note / EMI / SIX

½

Cascada - Original Me

Cascada - Original Me

Cascada est un trio allemand d’euro-pop dansante dirigé par la chanteuse Natalie Horler. Après 2 albums médiocres, le groupe a eu son premier véritable succès planétaire en 2009 avec l’album Evacuate the Dancefloor et la chanson-titre à succès. Deux ans plus tard, ils sont de retour avec Original Me. Les principaux succès du trio ont souvent été des reprises ou des pièces présentant des ressemblances gênantes avec d’autres chansons connues, « Evacuate the Dancefloor » se comparant par exemple un peu trop facilement à « Just Dance » de Lady Gaga. C’est donc avec un certain sourire que l’on voit apparaître le titre de ce nouvel album. Et on conserve le sourire lors de la première pièce, « San Francisco », qui se compare dangereusement à « California Gurls » de Katy Perry. Plusieurs autres pièces de l’album présentent des ressemblances embarrassantes avec des artistes en vogue comme Lady Gaga. On retrouve bien quelques pièces dansantes efficaces, mais l’ensemble manque désespérément d’originalité et contient beaucoup trop de chansons sans intérêt et ennuyantes. (septembre 2011)

Vidéoclips : « Pyromania » - « San Francisco »

Universal

Keshia Chanté - Night & Day

Keshia Chanté - Night & Day

Keshia Chanté est une jeune chanteuse pop / R&B ontarienne qui est fortement influencée par Beyoncé. Elle nous offre une musique pop à la fois énergique et remplie de sensualité. Plusieurs titres possèdent un grand potentiel commercial, à commencer par les simples « Table Dancer », « Test Drive », « Set U Free » et « Shooting Star ». L’ensemble du disque peut aussi être aisément transporté sur les planchers de danse. À ses influences R&B, Keshia ajoute des éléments électroniques et une guitare électrique occasionnelle qui viennent ajouter à la palette musicale de la chanteuse et enrichissent du même coup sa musique. L’album de 14 titres contient plusieurs morceaux solides qui n’ont rien à envier aux meilleures artistes américaines dans le genre. Avec Night & Day, Keshia Chanté prend définitivement la place qui lui revient au côté des grands. (mars 2012)

Vidéoclips : « Table Dancer » - « Test Drive » - « Set U Free » - « Shooting Star »

Tanjola / Universal

½

Chase and Status - No More Idols

Chase and Status - No More Idols

Chase and Status est un duo électronique de Londres formé des DJ Saul Milton et Will Kennard. Ils proposent un son drum ‘n’ bass toujours dansant qui leur a mérité une certaine reconnaissance au cours des dernières années, surtout en Angleterre. Alors que le drum ‘n’ bass était plutôt retombé dans l’underground depuis quelques années, Chase and Status a réussi à le ramener à l’avant-plan avec son premier disque, More Than Alot, en 2008. No More Idols est leur 2e album complet et inclut des collaborateurs de renom : Tinie Tempah, Dizzee Rascal, Cee-Lo Green, White Lies, Plan B et plusieurs autres. L’album prend donc une tangente encore plus pop que le précédent et possède tous les ingrédients pour percer à grande échelle avec des rythmes grandement énergiques et des mélodies mémorables. L’album démarre véritablement à la 3e pièce avec l’excellente « Let You Go ». Par la suite, « Blind Faith », mettant en vedette Liam Bailey, n’est pas sans nous rappeler Moby du temps de Play avec un mur de son incroyable. Quant à Cee-Lo Green, il nous les rend particulièrement intéressants sur l’excellente pièce dubstep « Brixton Briefcase ». Chase and Status nous offrent un album très varié avec No More Idols allant de pièces électro atmosphériques (« Embrace » avec White Lies) à du rap metal (« Hypest Hype »). Certaines pièces sont faites sur mesure pour les clubs alors que d’autres demeureront assurément dans l’underground. Mais, ce qui est certain c’est que Chase and Status nous présentent un album créatif et différent, sûrement l’un des meilleurs de l’année dans le genre. (décembre 2011)

Vidéoclips : « End Credits » - « Blind Faith » - « Time » - « Flashing Lights »

Mercury / Universal

½

Chickenfoot - Chickenfoot III

Chickenfoot - Chickenfoot III

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Et de cet album de Chickenfoot, que retiendra-t-on au final? Le trait d'esprit foireux qui a poussé le groupe à appeler son deuxième album Chickenfoot III? Comme si Chad Smith – qui a perdu son groove au passage - n'avait déjà pas à rougir de ses dernières livraisons avec les Red Hot, comme si Sammy Hagar et Michael Anthony n'avaient pas assez donné dans le hard kitsch et que Satriani était en mal de travail en équipe. Déjà pas très intéressant avec leur première livraison, les vieux de la vieille réussissent à être encore moins captivants avec ces onze titres poussiéreux sortis d'un bar miteux pour bikers défraîchis. Sans compter les ballades mielleuses que n’auraient pas reniées Bon JoviDifferent Devil ») ou les riffs balourds qui ne valent pas une patte de poulet (ça tombe bien). Chickenfoot est peut-être un exutoire, un délire entre potes en fond de cale… Mais quel intérêt? Même les quelques soli de Satriani, pourtant tout en retenue lorsqu’on connaît le mitrailleur, sonnent comme de vieilles recettes mal ficelées. Mais peut-être que les nostalgiques du hard fm des années 1980 y trouveront leur compte. Coluche disait : « De tous ceux qui n’ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent ». À bon entendeur… (janvier 2012)

½

Julien Clerc - Fou, peut-être

Julien Clerc - Fou, peut-être

Après un très solide album en 2008 avec Où s’en vont les avions?, Julien Clerc est de retour avec Fou, peut-être. Il y chante les textes de plusieurs gros noms de la chanson française comme Charles Aznavour (« Les souvenirs »), Maxime Le Forestier (la chanson-titre) et Gérard Manset (« Le père dit à son fils », « Sur la plage, une enfant »). Il chante aussi les textes de chanteurs de la nouvelle génération : Julien Doré, Alex Beaupain et Mike Ibrahim. Magnifiquement réalisé par Philippe Uminsky, l’album présente de superbes orchestrations pour enrichir toutes ces chansons axées vers les mots. On retrouve tout de même quelques moments piano-voix, particulièrement « L’amour prend tout ». Enregistré rapidement alors que Julien chantait directement avec les musiciens, l’album présente un côté naturel très apprécié. La richesse des arrangements et des instruments donne de l’envergure à l’album et le rend doublement séduisant. C’est donc encore une fois un disque de grande qualité que nous offre un Julien Clerc toujours au sommet de son art. (mars 2012)

Virgin / EMI / SIX

½

Coldplay - Mylo Xyloto

Coldplay - Mylo Xyloto

Le très populaire groupe britannique Coldplay est de retour avec son 5e album, Mylo Xyloto. Il faut bien l’avouer : une parenté a toujours existé entre Coldplay et U2. Mais là on pousse un peu la note en demandant les services de Brian Eno, lui qui a participé à certains des meilleurs albums de la carrière de U2. Eno a au moins l’avantage de créer des atmosphères planantes plutôt intéressantes, ajoutant du même coup une certaine envergure à l’album. Quelques titres se démarquent véritablement comme « Hurts Like Heaven », « Charlie Brown » et « Major Minus ». Les premiers extraits, « Every Teardrop is a Waterfall » et « Paradise », sont également des pièces de qualité qui nous habitent rapidement. Pour le reste, Coldplay demeure dans un style convenu, rien de bien original. Les mélodies sont efficaces et les atmosphères, grandioses, mais il vient un moment où on a l’impression d’avoir fait le tour du jardin et la moitié du disque vient à peine d’être franchie. L’idée d’inviter Rihanna pour un duo sur « Princess of China » n’était pas mauvaise en soi pour augmenter les chances de succès, mais la composition ne permet pas d’exploiter tout le talent de la chanteuse pop qui ne fait acte que de présence. L’album présente 14 titres incluant quelques transitions, mais en réalité, on aurait pu se limiter à un mini-album en le coupant de moitié. On y trouve un manque évident d’inspiration, ce qui est bien dommage pour un groupe de cette réputation qui ne nous avait rien présenté de neuf depuis trois ans. Malgré de bons moments, Mylo Xyloto constitue assurément l’album le plus faible du groupe à ce jour. (chronique principale de décembre 2011)

Vidéoclips : « Every Teardrop is a Waterfall » - « Paradise »

Cold War Kids - Mine Is Yours

Cold War Kids - Mine Is Yours

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Que s'est-il passé avec les Cold War Kids? L'écart entre Robbers & Cowards, leur excellent premier album, et Mine Is Yours, troisième livraison des Américains, est tel que la lobotomie est une piste plus que crédible. Désossé de fond en comble, le remarquable rock indé froid, pesant et habité de Robbers & Cowards est passé à la moulinette. En ressort une pop gorgée du soleil de Californie, chargée de concessions, taillée proprement pour les radios et le commerce. Le virage commençait à se faire sentir sur le deuxième opus mais là, à y regarder de plus près, Mine Is Yours est produit par Jacquire King, responsable des dernières livraisons de Norah Jones et des Kings of Leon. CQFD. Mais il n'est pas seul responsable, Cold War Kids a appris à aimer le travail en studio et ça se sent. Plus de place à l'approximation, tout est lissé, huilé et ficelé. Le son – mid tempo et guitares à écho - est digne des groupes de ces dernières années, flirtant donc avec les Kings of Leon, Vampire Weekend et Coldplay. Et puis cette voix, celle de Nathan Willet, toujours juste et profonde mais diablement moins chargée d'émotion qu'auparavant, lorsqu'elle flirtait avec la fragilité d'un Jeff Buckley ou d'un Devendra Banhart. Sans être défaitiste et passer à côté de quelques morceaux réjouissants (« Royal Blue », « Sensitive Kid ») et surtout sans jouer les nostalgiques anonymes, Mine Is Yours ne maintient pas les premières érections du Cold War Kids de Robbers & Cowards. Mais nul ne doute que les Californiens s’auront s’attirer la sympathie d’une autre partie de fans… tant mieux pour eux. De toute façon, la messe était dite depuis longtemps et Nathan Willet a reconnu que le groupe souhaitait faire quelque chose de plus énorme. Quelque part, c’est raté. (février 2011)

½

Les Cowboys Fringants - Que du vent

Les Cowboys Fringants - Que du vent

Trois ans après L’expédition, les Cowboys Fringants sont enfin de retour avec un nouvel album. Les Cowboys étaient tellement attendus que les fans ont voté pour eux comme groupe de l’année au dernier gala de l’Adisq, même s’ils avaient passé l’année en écriture. Le disque n’était pas encore sur les tablettes que la machine à rumeur s’était déjà emballée à son sujet. Un disque plus rock, avec un nouveau style, etc. Même s’il est vrai que « Télé » en ouverture du CD et « Party! » présentent peut-être une énergie rock jamais entendue jusque là, il reste que l’ensemble demeure dans le style bien connu du groupe, soit un parfait mélange entre musique traditionnelle et country, le tout dans un emballage jeune et énergique qui est un gage de popularité depuis leurs débuts il y a déjà 14 ans. La guitare acoustique et le violon sont toujours au cœur du son du groupe. Pour les textes, les Cowboys Fringants ne peuvent évidemment pas s’empêcher de dénoncer tout ce qui les agace. Ça commence avec les filles qui veulent passer à la télévision à tout prix dans « Télé » et ça va jusqu’au cynisme ambiant dans « Classe moyenne (avec anchois) ». Le premier extrait, « Paris-Montréal », est la pièce énergique par excellence pour connaître un succès assuré. Le groupe peut aussi écrire de bonnes chansons d’amour un peu plus légères (« Comme Joe Dassin »), même s’il ne peut s’empêcher d’y présenter un côté sombre. L’album de 11 titres totalisant seulement 41 minutes présente une belle continuité et surtout, un nombre incalculable de mélodies inoubliables. On y retrouve donc une majorité de succès potentiels qu’ils pourront trimbaler en tournée au Québec et en France au cours des 2 ou 3 prochaines années. Que du vent constitue encore une fois un excellent album de la part de l’un des meilleurs groupes québécois de sa génération. (janvier 2012)

La Tribu

½

Taio Cruz - Ty.O

Taio Cruz - Ty.O

Le chanteur pop anglais Taio Cruz est devenu une vedette internationale avec son 2e album paru en 2010, Rokstarr, qui incluait les mégasuccès « Dynamite », « Break Your Heart » et « Higher ». Fort de cette nouvelle reconnaissance, il revient avec la même recette sur Ty.O, soit des pièces euro pop énergiques taillées sur mesure pour les planchers de danse. L’album débute en effet avec un autre succès monstre, « Hangover » (avec Flo Rida), qui sert véritablement de locomotive à ce nouveau disque d’à peine 40 minutes. David Guetta a donné une nouvelle énergie à Cruz qui met de l’avant les rythmes house par rapport aux chansons R&B tout au long du CD. On peut d’ailleurs entendre à la toute fin du disque leur collaboration de « Little Bad Girl » (avec Ludacris) parue plus tôt sur l’album de Guetta, Nothing But the Beat. Ce 3e album de Taio Cruz peut sembler rapidement répétitif, puisque l’originalité n’est pas souvent au rendez-vous. Par contre, l’énergie débordante dont il fait preuve jusqu’à la fin compensera largement et contribuera à satisfaire pleinement ses nouveaux fans acquis avec Rokstarr. (chronique principale de mars 2012)

Vidéoclips : « Hangover » - « Troublemaker » - « Little Bad Girl »

Universal

Cut Copy - Zonoscope

Cut Copy - Zonoscope

Cut Copy est un groupe d’électro indie australien qui n’hésite pas à emprunter à la pop dansante des années 1980, avec une grande utilisation des synthétiseurs. Après un album qui leur a permis de se démarquer en 2008 (In Ghost Colours), le groupe est de retour avec Zonoscope. Combinant à la fois le rock dansant et les mélodies pop accrocheuses, Zonoscope poursuit là où avait laissé leur album précédent, en y ajoutant un petit côté joyeux que l’on remarque tout de suite à la pièce d’ouverture, « Need You Now ». Les harmonies vocales sont riches et nous transportent à merveille vers l’été, la saison idéale pour faire jouer cet album en boucle. Cut Copy présente tout de même un peu de mélancolie dans des pièces comme « Strange Nostalgia for the Future » et la ballade « Hanging Onto Every Heartbeat ». L’ensemble de Zonoscope offre une belle unité, ce qui en fait un digne successeur de In Ghost Colours. Il n’y manque peut-être qu’un hit pour en faire l’un des meilleurs albums de l’année. (mai 2011)

Vidéoclip : « Need You Now »

Modular / Universal

½

Étienne Daho - Monsieur Daho (2 CD)

Étienne Daho - Monsieur Daho (2 CD)

Pour célébrer ses 30 ans de carrière, Étienne Daho nous offre rien de moins qu’une compilation double de ses plus grands succès, sa première compilation depuis 1998. On y trouve 38 succès, titres rares et collaborations, tous sélectionnés par Daho lui-même. On peut également entendre 2 morceaux inédits, « Des heures hindoues » (en duo avec Vanessa Paradis) et « L’adorer » (en duo avec Catherine Deneuve). Parmi les autres collaborateurs, on peut entendre Charlotte Gainsbourg, Jacques Dutronc, Alain Bashung, Françoise Hardy, Jeanne Moreau, Marianne Faithfull, Air, Jane Birkin et plusieurs autres. Un grand nombre des pièces présentées le sont dans une version différente de celle que l’on a tous entendue, soit une version en concert, démo ou remixée. De toute façon, Monsieur Daho brosse un excellent portrait de ce géant du pop rock français. Veuillez noter que 3 de ses albums sont également réédités dans des versions remasterisées de luxe de 2 CD : Mythomane (1981), Pop Satori (1986) et Corps et Armes (2000). (mars 2012)

Vidéoclip : « If » (en duo avec Charlotte Gainsbourg)

EMI / SIX

½

Danger Mouse & Daniele Luppi - Rome

Danger Mouse & Daniele Luppi - Rome

Rome est le résultat d’une collaboration entre le réalisateur Danger Mouse et le compositeur italien Daniele Luppi. L’album rend hommage de plein front au traditionnel western spaghetti du cinéma italien. Pour compléter le projet, quoi de mieux que d’amener les voix de Jack White (White Stripes) et Norah Jones! Leur collaboration nous donne rien de moins que les meilleurs moments de l’album avec Norah Jones sur « Season’s Trees » et « Black » et Jack White sur « Two Against One » et « The World ». Le reste de l’album est instrumental et navigue dans des atmosphères à la Morricone digne des films de Tarantino. Rome s’écoute avant tout comme une bande originale de film avec quelques inégalités, mais une grande capacité à créer des images en soi. C’est un projet intéressant et unique, mais qui ne plaira assurément pas à un large public. (août 2011)

Parlophone / EMI

Dangerous! - Teenage Rampage

Dangerous! - Teenage Rampage

Une énergie débordante et le désir de s’éclater, voilà ce qui caractérise le groupe australien Dangerous! Nouvellement signé sur l’étiquette Epitaph en 2011, le groupe a enfin pu nous présenter son tout premier album, Teenage Rampage. Le quatuor nous offre un son punk garage / rock ‘n’ roll particulièrement énergique avec quelques influences métal lorsqu’il laisse aller son agressivité. En fait, les membres de Dangerous! sont dans leur musique comme ils sont dans la vie, soit 4 jeunes qui aiment se saouler et saccager leurs chambres d’hôtels. Les compositions sont simples et un seul des 12 morceaux franchit la barre des 3 minutes, soit le dernier, « D! or Die ». Il s’agit donc d’une musique de défoulement par excellence. La réalisation de Ulrich Wild (Deftones, Pantera) est plutôt brute et conserve le côté sale de la musique de Dangerous! qui peut s’apparenter par moments à The Hives. Notons aussi que l’album a été mixé par Marc McClusky qui a travaillé entre autres avec Weezer. Ce premier enregistrement de Dangerous! ne révolutionne assurément pas le rock ‘n’ roll, mais il présente tout de même un bon divertissement, extrêmement dynamique. (découverte du mois de février 2012)

Vidéoclip : « Not One of You »

Epitaph

The Dears - Degeneration Street

The Dears - Degeneration Street

Le groupe de rock indépendant montréalais The Dears nous revient avec un 5e album. Même si Missiles, leur précédent disque, avait moins réussi à capter l’attention, le groupe continuait néanmoins à nous proposer une musique de qualité, qui sortait des sentiers battus. C’est à nouveau le cas sur ce nouvel enregistrement, puisque le groupe nous offre une musique créative et profonde. Malgré un côté certainement difficile d’approche dans leur musique, les Dears réussissent à tout coup à nous lancer des mélodies mémorables. Moins atmosphérique que le disque précédent, Degeneration Street revient à des orchestrations d’envergure, souvent accompagnées de grandes envolées vocales (parfois exagérées) de Murray Lightburn. Les influences des Dears viennent directement de la pop britannique des années 1990 et c’est ce qui peut parfois agacer. En effet, même si le groupe demeure créatif, il peut sonner quelque peu vieillot en certaines occasions. Il faut avouer que si le groupe a influencé Arcade Fire au départ, ces autres Montréalais ont su beaucoup plus évoluer que The Dears au cours des dernières années. Avec Degeneration Street, The Dears nous offrent encore une fois un album plutôt long (près de 60 minutes), mais qui a le mérite d’être intéressant jusqu’au bout. Les moments rock sont à la fois créatifs et énergiques, tandis que les moments plus doux ou mid-tempo présentent un bon portrait de l’envergure de leur talent. Sans rivaliser avec No Cities Left ou Gang of Losers, Degeneration Street est définitivement un album de grande qualité, encore une fois… (chronique principale de mars 2011)

Vidéoclip : « Omega Dog »

Pheromone / Maple

½

Death Cab For Cutie - Codes and Keys

Death Cab For Cutie - Codes and Keys

Après l’excellent Narrow Stairs il y a 3 ans, le groupe indie rock américain est de retour avec un 7e album studio. Ce qui frappe d’abord avec Codes and Keys, c’est qu’il présente un côté beaucoup moins sombre que son prédécesseur. Les ballades sur les amours perdus semblent derrière Ben Gibbard, peut-être parce qu’il s’est marié depuis le précédent disque… Ici, il prend plutôt pratiquement la moitié de l’album à rendre hommage à la vie, ce qui présente une cassure certaine avec l’œuvre antérieure du groupe. Un autre changement majeur par rapport au Death Cab For Cutie qu’on connaissait est l’emploi plus fréquent des claviers qui prennent les devants sur les guitares en de nombreuses occasions. Le groupe utilise aussi un peu plus les possibilités du studio et de la programmation. Les mélodies et le style général demeurent identifiables à Death Cab For Cutie, mais il s’agit certainement ici de leur album le plus travaillé en carrière. Même si le contenu demeure intéressant en de nombreuses occasions, le groupe a définitivement privilégié le contenant au contenu dans le cas de Codes and Keys. Pas certain que c’était la bonne direction à emprunter, mais il s’agit tout de même d’un autre bon album pour ce groupe qui semble collectionner les enregistrements de qualité depuis le début de sa carrière. (juillet 2011)

Vidéoclip : « You Are a Tourist »

Atlantic / Warner

½

The Decemberists - The King is Dead

The Decemberists - The King is Dead (CD + DVD)

The King is Dead est le 5e album de ce groupe indie rock de Portland en Oregon. Avec ce nouvel enregistrement, les Decemberists montrent plus que jamais leur admiration pour R.E.M., Peter Buck prêtant même son jeu de guitare à 3 pièces dont l’excellente « Calamity Song » (dans le plus pur style de R.E.M.). Quant au premier extrait, « Down by the Water », il nous rappelle « The One I Love ». On peut aussi entendre de nombreuses influences folk et country tout au long du disque avec de la guitare slide et des harmonies vocales typiques à ces genres musicaux. Le groupe nous propose possiblement ses chansons les plus accessibles à ce jour. Par contre, elles ne sont pas toutes aussi intéressantes, ce qui enlève un peu de qualité à l’ensemble de l’album. En boni, vous aurez droit à un DVD présentant Pendarvia, un making of de l’album d’une trentaine de minutes. (mars 2011)

Vidéoclip : Introduction

Capitol / EMI

½

Claire Denamur - Vagabonde

Claire Denamur - Vagabonde

Claire Denamur est une jeune chanteuse française qui en est à son 2e album. Elle présente une musique mélangeant le folk, le blues et le country, soit une musique beaucoup plus américaine que française. Enregistré à Montréal, l’album a été réalisé par Jean Massicotte (Arthur H, Lhasa) et il s’inspire de légendes américaines comme Johnny Cash, Tom Waits et Crosby Stills & Nash. Même si elle n’est âgée que de 27 ans, Claire Denamur présente une très belle maturité dans ce disque. Sa voix est éraillée juste à point et elle sait autant rendre hommage à ses héros que proposer une musique bien de son époque. Pour plusieurs pièces du disque, elle collabore à l’écriture avec Da Silva, qui participe aussi à « Rien à me foutre en l’air ». Avec Vagabonde, même si elle chante en français, Claire Denamur se présente comme la plus américaine des chanteuses folks françaises. (mars 2012)

Vidéoclip : « Bang Bang Bang »

Capitol / EMI / SIX

½

Dengue Fever - Cannibal Courtship

Dengue Fever - Cannibal Courtship

Après l’excellent Venus on Earth paru en 2008, le défi est de taille pour Dengue Fever sur ce nouveau disque. Le sextet revient par contre à ce qui a fait le succès de l’album précédent, soit seulement des compositions originales dans lesquelles les éléments de créativité ne manquent pas. On retrouve à la fois des textes en anglais et en cambodgien, et les influences orientales sont toujours bien présentes dans leur son indie rock. Différents instruments viennent s’insérer dans leur musique à un moment ou un autre, que ce soit de la flûte, de l’orgue ou des cuivres, toujours dans le but d’apporter un peu plus de richesse à une musique qui nous en met déjà plein les oreilles. Cannibal Courtship possède en bout de ligne la plupart des éléments qui ont fait de leur album précédent l’un des meilleurs disques du genre en 2008. En plus, il s’agit assurément ici de leur album le plus accessible à ce jour, ce qui pourrait peut-être enfin les propulser. Espérons-le, car nous méritons bien d’avoir un groupe aussi créatif sur les palmarès. (août 2011)

Vidéoclip : « Cement Slippers »

Fantasy / Concord / Universal

½

Jason Derülo - Future History

Jason Derülo - Future History

À peine âgé de 22 ans, le chanteur R&B floridien nous arrive déjà avec un 2e album, après de nombreuses collaborations. Littéralement transporté par le mégasuccès « Don’t Wanna Go Home », Future History possède tout ce qu’il faut pour connaître un succès monstre avec des pièces pop entraînantes et accrocheuses. Derülo n’hésite aucunement à utiliser des morceaux d’autres pièces célèbres, incluant « Africa » de Toto dans « Fight For You ». Sans être particulièrement originales, ses compositions ont au moins le mérite d’être efficaces. Par contre, les textes laissent plutôt à désirer et nous rappellent rapidement le jeune âge de leur auteur. L’ensemble manque quelque peu de cohérence, mais les succès incontournables vous plairont lorsque pris séparément. En fait, Future History poursuit exactement là où nous avait laissé son premier album éponyme de 2010, sans trop faire de place à l’évolution. Voici un donc un disque qui s’adresse avant tout à ses fans. (novembre 2011)

Vidéoclips : « Don’t Wanna Go Home » - « It Girl »

Warner

Marc Déry - Numéro 4

Marc Déry - Numéro 4

Six ans se sont écoulés depuis À la figure, mais voici enfin le 4e album de cet excellent auteur-compositeur. Numéro 4 débute en force avec possiblement quelques-unes de ses meilleures compositions en carrière (le succès entraînant « Welcome » et « Le poète »). Il nous offre un peu plus tard rien de moins qu’une reprise des Beatles, la psychédélique « Tomorrow Never Knows ». Par la suite, Déry nous amène dans des territoires un peu plus connus, avec un habile mélange de folk contemporain, de pop et de rock. Nul doute que Marc Déry demeure l’un des meilleurs auteurs-compositeurs au Québec, et il nous offre un album à la hauteur de sa réputation. C’est donc un retour sur disque réussi que nous propose l’ex-Zébulon. (novembre 2011)

Vidéoclip : « Welcome »

Audiogram

½

Destroyer - Kaputt

Destroyer - Kaputt

Destroyer a débuté en 1995 comme un projet parallèle de Dan Bejar (New Pornographers). Quinze ans plus tard, le supposé projet temporaire en est à nous présenter son 9e album. Déjà plutôt indie expérimental, le groupe nous amène maintenant dans l’électro pop expérimentale des années 1980. De nombreux synthétiseurs, des saxophones, de la flûte et des rythmes plutôt doux à la batterie nous font presque croire que Bejar et sa bande se sont découverts une passion pour la musique nouvel âge. Mais rassurez-vous, l’album demeure indie pop avec des mélodies mémorables et des atmosphères enveloppantes. C’est un album de 9 titres qui s’écoute d’un bloc, sans grandes faiblesses. Les fans de Destroyer y trouveront assurément leur compte, tout comme ceux des New Pornographers. (mars 2011)

Vidéoclip : « Kaputt »

Merge

½

DeVotchKa - 100 Lovers

DeVotchKa - 100 Lovers

Le groupe de Denver nous arrive avec son 5e album en 14 ans de carrière. Enregistré dans la foulée de concerts à grand déploiement en première partie de Muse, l’album tend à nous transporter dans cette atmosphère majestueuse avec de grandes envolées musicales. Les expériences cinématographiques récentes du groupe et de son leader, Nick Urata, influencent également l’album. C’est le cas dès la pièce d’ouverture, la ballade grandiose « The Alley », qui n’est pas sans nous rappeler le rock spatial des Flaming Lips. Le rock alternatif gypsy de DeVotchKa prend définitivement une nouvelle tangente, amenant la pop de chambre à un tout autre niveau, tout en conservant ses influences d’Europe de l’est. La richesse musicale est indéniable sur 100 Lovers, mais la créativité n’est pas toujours au rendez-vous. On a l’impression d’entendre un mélange de différents artistes allant de Coldplay aux Flaming Lips en passant par The Frames, Arcade Fire et Muse. Le problème est que les ressemblances peuvent parfois être gênantes. En plus, le groupe semble mettre tous ses efforts dans les atmosphères en oubliant de nous offrir des mélodies de qualité. Avec 100 Lovers, le groupe réussit assurément à évoluer, mais ce n’est malheureusement pas dans la bonne direction. L’album a beau présenter des moments grandement intéressants, il ne réussit pas égaler leurs enregistrements précédents, plus en subtilité et en finesse. (mai 2011)

Vidéoclip : Introduction

Anti- / Epitaph

The Dø - Both Ways Open Jaws

The Dø - Both Ways Open Jaws

The Dø est un duo qui a débuté en France en 2005 alors qu’ils travaillaient sur la musique d’un film. Dan Levy et Olivia Merilahti ont ensuite poursuivi leur chemin dans la musique indie rock continuant à composer pour différents films, pièces de théâtre et spectacles de danse. Ils ont présenté leur premier album en 2008, A Mouthful, un disque qui a obtenu beaucoup de succès en France même s’il était totalement en anglais. En 2011, le duo est de retour avec Both Ways Open Jaws, un album qui fusionne l’indie rock, le folk et l’électronique avec de nombreux éléments d’exploration plus ou moins faciles d’accès. Il réussit tout de même à conserver suffisamment d’éléments pop accrocheurs pour capter l’attention d’un certain auditoire non initié. La richesse musicale doit être soulignée, car ce duo semble apprécier particulièrement explorer diverses sonorités et utiliser tous les instruments à sa disposition, même les plus bizarres. Le résultat est un album extrêmement riche et original qui, bien qu’il exige plusieurs bonnes écoutes, nous en met plein les oreilles. (mars 2012)

Vidéoclips : « Slippery Slope » - « Too Insistent »

Siamese Squids / Six Degrees / SIX

½

Doba - Doba

Doba - Doba

Voici un premier album éponyme pour une des moitiés du duo Dobacaracol, Doriane Fabreg. Pour ce premier disque en solo, Doba puise dans ses influences R&B, rock et folk des années 1960, tout en y ajoutant des sonorités nouvelles. Elle présente donc un album d’une grande richesse et d’une fraîcheur étonnante. À part un titre en français, « Le pont », et la fin de « Wings », l’ensemble du disque est en anglais. L’album a été réalisé par le multi-instrumentiste François Lalonde (Lhasa De Sela, Dobacaracol, Marco Calliari) qui réussit à donner une touche plus internationale au disque même s’il s’adresse avant tout au marché québécois. On y trouve une bonne cohésion d’ensemble et peu de titres peuvent nous laisser totalement indifférents. Il s’agit donc d’un premier album très réussi pour cette excellente chanteuse, auteure et compositeure. (décembre 2011)

L-Abe / SIX

½

Eliza Doolittle - Eliza Doolittle

Eliza Doolittle - Eliza Doolittle

La jeune chanteuse londonienne Eliza Doolittle se dit à la fois influencée par les Arctic Monkeys et Stevie Wonder. On peut définitivement dire en tout cas que ses influences sont extrêmement variées lorsque l’on écoute ce premier album, paru en Europe à l’été 2010 et enfin disponible en Amérique. Eliza passe de la pop rétro à la pop moderne, en passant par du folk et du ska. Quelques comparaisons avec sa compatriote Amy Winehouse sont possibles, mais elle possède surtout un style bien à elle, un mélange parfait de musiques rétro et moderne. Elle va même piger dans des influences de standards jazz des années 1920 à 1940, nous rappelant par moments Nina Simone ou Ella Fitzgerald. Par exemple, la contrebasse du premier extrait, « Pack Up », nous ramène tout droit en 1930. Plusieurs pièces représentent des hymnes estivaux incontournables, comme c’est le cas avec l’excellente « Rollerblades », un morceau léger et ensoleillé de grande qualité. La pièce d’ouverture, « Moneybox », et « Mr. Medicine » sont également dignes de mention. Eliza Doolittle nous présente peut-être seulement son premier album, mais on peut déjà prévoir un bel avenir pour cette chanteuse de grand talent qui n’aura assurément pas de difficulté à progresser. (découverte du mois de mars 2011)

Vidéoclip : « Pack Up »

Parlophone / EMI

½

Down with Webster - Time to Win, Vol. II

Down with Webster - Time to Win, Vol. II

Down with Webster est un groupe de Toronto qui fusionne parfaitement le rock et le rap en une musique plutôt énergique et accessible. Sur ce 2e album, vous comprendrez qu’ils nous présentent la suite logique à leur premier disque, Time to Win, Vol. I, paru en 2009. Le principal problème avec Down with Webster est qu’ils manquent dramatiquement de constance tout au long de leurs albums. Ils peuvent nous présenter des succès instantanés et inoubliables comme « Big Wheels » et « Professional », et enchaîner avec des morceaux insipides et jetables après usage qui n’amènent strictement rien de neuf et sont même parfois franchement ennuyants. Ce volume 2 présente tout de même suffisamment de moments intéressants pour qu’on puisse considérer l’album comme étant supérieur à leur premier essai. Avis aux amateurs du genre… (mars 2012)

Vidéoclips : « Big Wheels » - « She’s Dope »

Universal

Drake - Take Care

Drake - Take Care

D’abord connu en tant qu’acteur, le rappeur de Toronto Drake a fait sa place dans l’industrie musicale dans la deuxième moitié des années 2000. Il a obtenu un immense succès aux États-Unis en 2010 avec son premier album complet, Thank Me Later. Il est maintenant de retour avec un deuxième disque d’une grande efficacité. Take Care débute en douceur avec des pièces R&B et hip hop légères qui installent lentement l’ambiance du disque. Il faudra attendre la 5e pièce, la chanson-titre mettant en vedette Rihanna, pour que l’album soit officiellement lancé. L’atmosphère feutrée du disque a alors déjà fait son œuvre et on se retrouve conquis. Même si Drake est avant tout un rappeur, il est en mesure de chanter de belle façon avec une voix douce et envoûtante. Les arrangements sirupeux viennent compléter cette atmosphère de fin de soirée pour la majorité de l’album qui contient tout de même quelques élans un peu plus pop. Drake peut compter sur quelques collaborateurs importants comme The Weeknd, André 3000, Lil Wayne et Nicky Minaj. Par contre, ils ont comme inconvénient de souligner le fait que Drake n’est pas parmi les meilleurs rappeurs au monde. Il nous offre malgré tout un 2e album de qualité, un pas en avant par rapport à son précédent. Mais attention : Take Care est avant tout un disque de fin de soirée qui pourrait vous décevoir dans une ambiance un peu plus festive… (janvier 2012)

Vidéoclip : « Headlines »

Universal Republic

½

Duran Duran - All You Need Is Now

Duran Duran - All You Need Is Now

La parution d’un nouvel album par le groupe pop anglais Duran Duran ne capte plus l’attention depuis longtemps déjà. En fait, il faut remonter à 1993 pour entendre un album intéressant de leur part, Duran Duran (The Wedding Album), et au début des années 1980 pour entendre leurs seuls véritables chefs-d’œuvre, Rio en étant l’incontournable. C’est donc sans grandes attentes qu’on tend l’oreille vers All You Need Is Now. L’album commence en force avec la chanson-titre, « Blame the Machines » et « Being Followed » qui n’ont rien à envier à leurs plus grands succès en carrière. Plus tard, ce sera aussi le cas pour les excellentes « Girl Panic » et « Too Bad You’re So Beautiful ». En fait, le groupe est dans une si grande forme qu’il donne l’impression de nous présenter le successeur de Seven and the Ragged Tiger de 1983. L’énergie est au rendez-vous et les synthétiseurs n’ont jamais été aussi bien utilisés par le groupe depuis les années 1980 pour en faire un très bon mélange de pop et de rock. En tant que réalisateur, Mark Ronson réussit le tour de force de faire ressortir le meilleur de ce groupe qui a eu toutes les difficultés du monde à survivre à ses coups de génie des années 1981 à 1983. Évidemment, ce serait grandement exagéré que d’affirmer que tout est bon sur All You Need Is Now, puisque que certaines ballades et chansons pop insipides nous apparaissent en différentes occasions. Mais les moments forts sont suffisamment intéressants pour nous laisser une opinion positive de l’ensemble du disque. (mai 2011)

Vidéoclip : « All You Need Is Now »

S-Curve / Universal

½

Dwarves - The Dwarves Are Born Again (CD + DVD)

Dwarves - The Dwarves Are Born Again (CD + DVD)

Les Dwarves sont apparus dans le paysage underground de Chicago au milieu des années 1980. 25 ans plus tard le groupe punk / garage est toujours actif et continue de propager ses méfaits dans les clubs les plus miteux des États-Unis. Reconnus comme de parfaits fauteurs de trouble, ils donnent toujours des performances à l’extrême, incluant du sexe et de la nudité, de la drogue et de la violence. Après être « morts » en 2004 avec The Dwarves Must Die, voilà qu’ils renaissent avec The Dwarves Are Born Again. Ils nous présentent ici rien de moins que 18 titres en moins de 32 minutes. On retrouve quelques pièces punks énergiques et efficaces, mélangées avec des morceaux un peu plus accessibles. L’édition de luxe propose un DVD en boni contenant des vidéoclips et de nombreux extraits en concert. On retrouve aussi des extraits de concerts qui ont tourné à la bagarre, souvent entre le groupe et des spectateurs, terminant le concert abruptement, dans la violence et la confusion la plus totale. (août 2011)

Greedy / MVD

East Bay Ray and the Killer Smiles - East Bay Ray and the Killer Smiles

East Bay Ray and the Killer Smiles - East Bay Ray and the Killer Smiles

East Bay Ray a été l’un des guitaristes les plus influents de la scène punk des années 1980, grâce à son travail au sein des Dead Kennedys. Il nous présente maintenant son tout nouveau groupe, les Killer Smiles. Le groupe met aussi en vedette le chanteur et auteur Skip McSkipster des Wynona Riders et qui a aussi fait partie des tournées récentes des Dead Kennedys. Ce premier album éponyme a été réalisé par Paul Leary, guitariste des Butthole Surfers bien connu pour sa réalisation de l’album éponyme de Sublime dans les années 1990. Le son de ce premier album se promène allègrement entre rock alternatif et punk, et se rend même jusqu’à la ballade acoustique sur « The Heart is Something ». Sans renverser aucune barrière, ce nouvel album de East Bay Ray nous prouve qu’il peut encore présenter un produit intéressant plus de 30 ans après ses débuts. (novembre 2011)

MVD

Eisley - The Valley

Eisley - The Valley

Après deux albums grandement appréciés de la critique au milieu des années 2000, il aura fallu attendre 4 ans pour entendre la suite de la part du groupe indie rock texan Eisley. La famille DuPree nous arrive donc avec The Valley, un album sombre qui reflète assez bien les différentes ruptures qu’ont eu à vivre plusieurs des membres du groupe, incluant la fin de leur contrat avec Warner Bros. Parmi ces séparations, notons particulièrement le divorce rapide de Sherri après seulement 10 mois de mariage avec Chad Gilbert de New Found Glory. Heureusement que les harmonies vocales des filles demeurent légères et accrocheuses, car les textes prennent une direction beaucoup plus lourde sur The Valley avec des titres comme « Watch It Die », « Sad », « I Wish » et « Ambulance ». Stacy prend de plus en plus de place dans la création musicale du groupe, elle qui n’était qu’une adolescente à leurs débuts. Elle ajoute donc un élément de plus dans le processus créatif qui se matérialise ici sur l’excellente chanson-titre et la conclusion, la toute douce « Ambulance ». On ressent un sentiment d’urgence et une certaine frustration tout au long du disque, mais le sens inné d’Eisley pour les mélodies inoubliables fait en sorte que l’album demeure accessible. Le remariage de Sherri 2 ans après son divorce, suivi de ceux de Stacy, de Chauntelle et de leur frère Weston en 2010, laisse présager que le prochain disque sera un peu plus joyeux. Mais, j’avoue ne pas détester Eisley lorsqu’ils sont un peu troublés… (avril 2011)

Vidéoclip : « The Valley » (version acoustique)

Equal Vision

½

Elbow - Build a Rocket Boys!

Elbow - Build a Rocket Boys!

Elbow est un groupe britpop de Manchester qui existe depuis déjà 14 ans et nous présente maintenant son 5e album. Le groupe nous propose une musique généralement grandiose avec des envolées musicales s’étendant sur de nombreuses minutes. Avec Build a Rocket Boys!, le groupe poursuit son ascension et nous présente une musique riche possédant toute l’envergure nécessaire pour remplir des stades, un peu dans la lignée de Coldplay. On retrouve des mélodies pop avec un excellent potentiel commercial, mais le groupe axe surtout sa musique sur l’innovation et les textures. Avec des arrangements incluant des orgues anciens, de l’électronique, des percussions orchestrales et différents échos, Elbow nous propose une musique d’une richesse incomparable qui réussit à nous hypnotiser en cours de route. Le principal point négatif de l’album est qu’on y retrouve plusieurs pièces longues qui deviennent un peu répétitives et semblent ainsi interminables. Ce sera ce qui empêchera Elbow de conquérir un nouveau public un peu plus large. Par contre, leurs fans apprécieront encore une fois ce nouvel album du groupe qui va un peu plus loin dans l’utilisation de textures musicales. (juin 2011)

Vidéoclip : « Open Arms »

Polydor / Universal

½

Evanescence - Evanescence

Evanescence - Evanescence

En 2003, un groupe de l’Arkansas offrant un métal alternatif à la Linkin Park avec une voix féminine nous est apparu, Evanescence. Le groupe a atteint le sommet des palmarès grâce à un succès incontournable, « Bring Me To Life ». Par la suite, comme prévu par la majorité des critiques, le groupe a vivoté et n’a plus jamais été l’ombre de lui-même. Amy Lee et sa bande nous reviennent maintenant avec un album éponyme, 5 ans après The Open Door. On y retrouve bien peu d’éléments surprenants : mêmes riffs métal sans grand intérêt, même voix « émotive » d’Amy Lee qui ne réussit pourtant pas à faire passer l’émotion, et des orchestrations de grande envergure à la Meat Loaf. Pourtant, il devrait s’agir de l’album du renouveau pour Evanescence alors que le groupe accueille de nouveaux membres et un nouveau réalisateur en Nick Raskulinecz. L’atmosphère dramatique demeure bien présente, mais on se retrouve plutôt loin des influences gothiques du groupe. Evanescence nous offre en fait rien de plus qu’un album de pop rock bien enregistré, bien arrangé et bien réalisé. Malheureusement, on n’y trouve aucune évolution et en plus, aucun titre ne ressort véritablement du lot, à part peut-être « The Change » et le simple « What You Want » qui restent un peu plus longtemps en tête que la moyenne des autres pièces du disque. (janvier 2012)

Vidéoclip : « What You Want »

Wind-up / EMI

½

Piers Faccini - My Wilderness

Piers Faccini - My Wilderness

Le chanteur folk rock britannique Piers Faccini nous revient avec un 4e album, après le très doux Two Grains of Sand en 2010. Pour ce nouvel enregistrement, Faccini s’entoure finalement de musiciens, plutôt que de travailler en solo. On retrouve donc Jules Bikoko à la basse, Rodrigo d’Erasmo au violon et Simone Prattico à la batterie et aux percussions. On peut également entendre des collaborations de Vincent Ségal, Ibrahim Maalouf et Makan Tounkara. Poète né, Faccini nous raconte à nouveau des histoires mais, cette fois-ci, sur une musique beaucoup plus riche qui puise ses influences à la fois dans le blues et dans la musique africaine, surtout malienne. Ben Harper dit de Piers Faccini qu’il est le plus grand chanteur du monde. Sans aller jusque là, disons qu’il est non seulement un poète de premier plan, mais qu’il possède en plus une grande musicalité. Sa façon de chuchoter ses textes est incomparable et il laisse ainsi toute la place aux magnifiques orchestrations, toutes en douceur. My Wilderness présente assurément plus de qualités que son disque précédent. (février 2012)

Vidéoclip : « Tribe »

Tôt ou Tard / Six Degrees / SIX

½

Marianne Faithfull - Horses and High Heels

Marianne Faithfull - Horses and High Heels

Horses and High Heels est le 19e album studio de Marianne Faithfull, mais il aura seulement fallu attendre 2 ans depuis le précédent, Easy Come Easy Go. Moins jazz que son prédécesseur, ce nouveau disque revient à un son plus rock avec des éléments de folk. Elle travaille à nouveau avec son fidèle complice, le réalisateur Hal Willner, qui réussit toujours à mettre parfaitement en valeur les qualités de Marianne. Sur ce nouvel album, elle reprend 8 classiques dont « Love Song » de Lesley Duncan, « Goin’ Back de Dusty Springfield et « Past, Present and Future » de The Shangri-Las. Elle présente aussi plusieurs nouvelles compositions pour un total de 13 titres totalisant 52 minutes. Parmi les artistes invités, on retrouve Lou Reed, Dr. John et Wayne Kramer (des MC5). Malheureusement, elle ne semble pas toujours en mesure de bien rendre justice aux compositions qu’elle interprète sur ce nouveau disque, dont certaines tombent tout simplement à plat. Elle ne réussit donc pas à recréer une nouvelle version de Easy Come Easy Go. (octobre 2011)

Naïve

The Fall - Ersatz G.B.

The Fall - Ersatz G.B.

The Fall a été formé en 1976 à Manchester, au cœur du mouvement punk britannique. Ersatz G.B. est rien de moins que leur 29e album en carrière, soit presque un par année. Concentré autour du chanteur Mark E. Smith, The Fall a connu plusieurs changements de personnel au cours de toutes ces années. Le groupe a également su se renouveler constamment, malgré une ligne directrice axée vers les guitares cacophoniques, les nombreuses répétitions et les paroles parlées plus souvent que chantées. Ce nouveau disque poursuit dans la même direction, avec toujours une certaine densité qui peut être agaçante à la longue. L’album va dans certains territoires plus lourds que jamais, comme sur « Greenway », une adaptation de « To Gameboy » du groupe métal grec Anorimoi, qui nous amène bien près du « mosh pit ». Sur « Monocard », le groupe explore le sludge rock expérimental. Question de nous déstabiliser un peu plus, The Fall s’essaie au rockabilly sur « Mask Search » et fait même référence à un personnage de Gossip Girl sur « Nate Will Not Return ». Avec la pièce d’ouverture à tendance garage, « Cosmos 7 », et la toute douce « Happi Song », chantée par la claviériste Eleni Poulou, on retrouve de bons moments sur l’album. Malheureusement, l’ensemble va vraiment trop dans toutes les directions. C’est bien beau vouloir se réinventer à tout prix, mais une certaine ligne directrice serait grandement appréciée sur Ersatz G.B. qui est bien loin de figurer parmi les meilleurs albums de cette longue feuille de route. (avril 2012)

Cherry Red / MVD

½

Falling In Reverse - The Drug In Me Is You

Falling In Reverse - The Drug In Me Is You

Trois ans après avoir quitté Escape The Fate, le chanteur Ronnie Radke est de retour avec un nouveau groupe, Falling In Reverse. L’essentiel de l’album a été écrit pendant un séjour de plus de 2 ans en prison pour bris de conditions, et le groupe a même été créé alors qu’il était toujours derrière les barreaux. Même si Radke demeure dans le style post-hardcore qui l’a fait connaître, Falling In Reverse prend une direction un peu plus pop punk en différentes occasions avec d’accrocheuses mélodies. Radke nous offre un ensemble de pièces plutôt personnelles, toujours accompagnées d’un mur de guitares. Les musiciens sont extrêmement solides et apportent tout le dynamisme et l’intensité dramatique nécessaires aux textes de Radke. « Raised by Wolves » tire carrément l’album, même si elle est accompagnée de quelques autres pièces de premier plan (« Don’t Mess with Ouija Boards », « Good Girls Bad Guys », la chanson-titre). L’ensemble ne révolutionne rien, mais demeure tout de même agréable jusqu’à la fin. (janvier 2012)

Vidéoclips : « The Drug In Me Is You » - « I’m Not a Vampire »

Epitaph

Thomas Fersen - Je suis au paradis

Thomas Fersen - Je suis au paradis

Voici déjà le 8e album studio de celui qu’on considère très souvent comme l’instigateur de la nouvelle pop française, Thomas Fersen. Sur Je suis au paradis, il nous présente à nouveau tout un lot de personnages bizarres et de fables fantastiques. Et évidemment, il s’accompagne encore et toujours de son fameux ukulélé soprano, même si de superbes orchestrations viennent bien souvent atténuer sa présence. En fait, dès les premiers moments de l’album (« Dracula », « La barbe bleue »), on réalise que Fersen nous offre peut-être son album le plus riche musicalement depuis longtemps. Le premier extrait du disque, « Parfois au clair de lune », nous montre à quel point Fersen est en pleine possession de son art. Il demeure assurément le chanteur pop français le plus constant et le plus créatif de sa génération. (avril 2011)

Tôt ou Tard / SIX

½

Florence + the Machine - Ceremonials

Florence + the Machine - Ceremonials

Directement de Londres, Florence nous revient avec sa Machine, 2 ans après son premier enregistrement, Lungs. Dès la pièce d’ouverture, « Only If for a Night », on constate un contraste majeur avec le premier disque qui se voulait plutôt minimaliste. Ceremonials nous propose plutôt un mur de son, des arrangements à n’en plus finir, des violons, des chœurs, de l’écho… la totale quoi! Par contre, ce qui ne change pas, c’est la créativité des compositions. Et les arrangements ne font que mettre en évidence la qualité de ces compositions dans des morceaux comme le premier extrait, « Shake It Out », la magistrale « What the Water Gave Me » et « Leave My Body » en conclusion du disque. Il y a bien quelques pièces au piano comme « Never Let Me Go », mais elles sont beaucoup plus enrobées que sur l’album précédent. Et si vous cherchez une pièce rock ‘n’ roll aux influences des White Stripes, vous seriez mieux de ressortir leur premier album et d’écouter le succès « Kiss with a Fist ». Même si les arrangements de Ceremonials peuvent faire peur au premier abord, la richesse musicale qu’on y trouve est vraiment intéressante. Le résultat dépasse donc le premier album, même s’il risque de rebuter de nombreux fans de la première heure. (décembre 2011)

Vidéoclip : « Shake It Out »

Universal Republic

½

Foo Fighters - Wasting Light

Foo Fighters - Wasting Light

Wasting Light est déjà le 8e album des Foo Fighters en 16 ans de carrière. Difficile de croire qu’autant de temps s’est écoulé pour Dave Grohl dans l’ère post-Nirvana. Pour ce nouvel album, on a confié la réalisation à Butch Vig qui travaille avec Grohl pour la première fois depuis Nirvana. Dès le début du disque avec « Bridge Burning », on se rend compte que le groupe va un peu plus loin dans l’agressivité des guitares, l’influence de Josh Homme, le comparse de Grohl au sein de Queens Of The Stone Age, n’étant pas bien loin. Sur « White Limo », il n’y a pas que les guitares et la section rythmique qui poussent le son à l’extrême, mais aussi la voix d’un Dave Grohl complètement déchaîné. Bob Mould participe à l’excellente « Dear Rosemary », certainement l’une des meilleures compositions de l’album. On peut également réentendre 2 ex-membres de Nirvana : Pat Smear qui est de retour à la guitare pour la première fois depuis The Colour and the Shape en 1997, ainsi que Krist Novoselic qui joue la basse sur « I Should Have Known », une autre des favorites du disque. En fait, aucune pièce de l’album ne peut être considérée comme inintéressante. Wasting Light présente certainement le meilleur collage de pièces efficaces depuis leurs 2 premiers albums. En boni, la maturité dont bénéficient aujourd’hui Grohl et sa bande fait peut-être en sorte que l’on puisse considérer Wasting Light comme leur meilleur album en carrière, rien de moins… Voici donc définitivement un incontournable de 2011. (chronique principale de juin 2011)

Vidéoclips : « White Limo » - « Rope »

Galactic - The Other Side of Midnight: Live in New Orleans

Galactic - The Other Side of Midnight: Live in New Orleans

Le groupe funk contemporain Galactic a profité d’un concert incomparable dans un club de sa ville d’origine, le Tipitina de la Nouvelle-Orléans, pour l’enregistrer et nous le présenter sur CD. Voici donc une belle suite à leur très bon album de 2010, Ya-Ka-May. L’amalgame incroyable de styles que nous propose Galactic prend tout son sens sur scène, avec une section de cuivre bien à l’avant-scène. Ce qui frappe dès les premiers moments de cet album, c’est la qualité sonore exceptionnelle. Certains enregistrements studio possèdent moins d’envergure musicale que cet enregistrement en concert dans un club! Comme c’est souvent le cas sur leurs albums studio, Galactic s’entoure de plusieurs collaborateurs : Trombone Shorty, Soul Rebels Brass Band, Corey Henry, Big Freedia et Cyril Neville. Malgré un album de 13 titres totalisant 64 minutes, il semble incomplet. On en aurait entendu plus, surtout qu’il manque quelques titres importants de leur répertoire. Malgré tout, Galactic nous présente ici pourquoi il aime jouer de la musique. C’est un disque idéal pour faire la fête et on n’a aucune difficulté à s’imaginer l’ambiance de l’endroit ce soir d’octobre 2010. (juillet 2011)

Anti- / Epitaph

½

Noel Gallagher - High Flying Birds

Noel Gallagher - High Flying Birds

Alors qu’il était le génie créatif derrière le succès d’Oasis, il était tout à fait normal que l’aîné des frères Gallagher poursuive son chemin lorsque la tension entre les deux frères est devenue irréconciliable. Même si Noel a produit de bonnes chansons dans les années 1990, il faut bien avouer que la comparaison d’Oasis avec les Beatles a été plutôt gênante tout au long de la carrière du groupe. Il n’est donc pas bien surprenant que le premier album solo de Noel, High Flying Birds, poursuive exactement dans la même direction. Il s’agit en quelque sorte de variations sur un même thème, et cet album solo pourrait sans problèmes être un nouveau disque d’Oasis. D’autant plus qu’il y a bien peu de différences entre la voix des deux frères (Noel a d’ailleurs souvent remplacé Liam au micro lors de concerts quand ce dernier n’avait pas envie d’y être). Finalement, là où Liam manque à Noel sur cet album solo (Andy Bell aussi), c’est pour l’ajout de quelques pièces solides comme il avait su nous servir sur les derniers enregistrements d’Oasis. Même s’il s’écoute bien, High Flying Birds semble incomplet et à court de pièces mémorables. Finalement, il faudrait peut-être que les frères se rendent à l’évidence qu’ils sont meilleurs ensemble, mêmes si leurs égos démesurés ne peuvent cohabiter. (janvier 2012)

Vidéoclips : « The Death of You and Me » - « If I Had a Gun… »

Sour Mash / Universal

Gorillaz - The Singles Collection 2001-2011

Gorillaz - The Singles Collection 2001-2011

En 2001 nous est apparu un groupe totalement unique, le premier groupe de hip hop virtuel dirigé par Damon Albarn et Dan The Automator. Après 3 albums et quantités de remix, il était bien logique qu’on nous présente un résumé de la décennie de Gorillaz. Ce sont les simples du groupe qui sont mis de l’avant ici, 13 titres présentés chronologiquement. À cela nous ajoutons 2 remix, de leur premier succès, « Clint Eastwood », et de « 19-2000 ». Le principal défaut de cette compilation est que le livret ne contient aucun détail sur le groupe, le projet, etc. D’accord qu’on a toujours voulu laisser planer le mystère au-dessus de ce groupe hors de l’ordinaire, mais on aurait tout de même apprécié en apprendre un peu plus et une rétrospective de ce type en est l’occasion idéale. La version de luxe réussira peut-être à satisfaire ceux qui en veulent plus. On y retrouve un DVD contenant les vidéoclips du groupe, un documentaire, deux performances aux Brit Awards, etc. (mars 2012)

Vidéoclips : « Clint Eastwood » - « Feel Good Inc. » - « Dare »

Parlophone / EMI

David Guetta - Nothing But the Beat

David Guetta - Nothing But the Beat

Son album One Love en 2009 et ses nombreuses collaborations avec des vedettes R&B d’envergure comme les Black Eyed Peas et Rihanna ont permis au DJ français d’atteindre un niveau de popularité inégalé à travers le monde au cours des dernières années. Ce n’est donc pas bien surprenant que Guetta reprenne exactement la même formule pour son nouveau disque, Nothing But the Beat. Les 13 pièces de ce nouvel album s’écoutent encore une fois comme une compilation alors que chacune possède l’énergie qu’il faut pour devenir un succès potentiel. Il y a bien quelques titres de remplissage, comme le mélange ballade/dance music de « Without You » avec Usher, mais la plupart des titres se retrouveront probablement sur les planchers de danse, dans les radios pop et à plein volume dans votre casque d’écoute au cours des prochaines années. On connaît déjà très bien les succès « Where Them Girls At » (avec Flo Rida et Nicki Minaj) et « Sweat » (avec Snoop Dogg). Mais il faudra aussi surveiller de près « Little Bad Girl » (avec Taio Cruz et Ludacris), « Turn Me On » (avec Nicki Minaj) et « Crank It Up » (avec Akon). En conclusion, l’album de David Guetta manque encore une fois de cohérence et de constance, mais il possède tout le matériel nécessaire pour lui permettre de poursuivre sur sa lancée populaire à travers la planète. Une version de luxe est également disponible, le 2e disque contenant seulement des pièces électroniques instrumentales. (octobre 2011)

Vidéoclips : « Where Them Girls At » - « Sweat » - « Little Bad Girl »

EMI

David Guetta - One More Love

David Guetta - One More Love

Suite à un méga succès comme l’album One Love en 2009, il était normal qu’on presse le citron au maximum pour le désormais célèbre DJ français. C’est pourquoi on a vu différentes rééditions de l’album en y ajoutant des titres inédits ou des remix. Maintenant, ce qu’on nous propose est une mini-compilation de 27 minutes des plus gros succès de l’album avec quelques ajouts. On peut y entendre les succès monstres « Sexy Bitch », « Memories », « I Gotta Feeling » (la version de Guetta du succès des Black Eyed Peas), « When Love Takes Over » et « On the Dancefloor ». On peut aussi y entendre la version du single de « Gettin’ Over You » avec Chris Willis, Fergie et LMFAO, ainsi qu’une nouvelle version de « Missing You ». Finalement, le seul élément véritablement nouveau sur ce disque est « Who’s That Chick? » avec Rihanna (la personne à inviter ces temps-ci pour obtenir un hit!). En fait, le principal avantage de ce mini-album est de contenir le meilleur de l’album One Love sur un court CD à bas prix. C’est donc parfait pour ceux qui n’auraient pas encore toute cette collection de succès sur leurs lecteurs MP3. Et c’est assurément énergique et divertissant! (mars 2011)

Vidéoclips : « Who’s That Chick? » (feat. Rihanna) : Version de jour Version de nuit

Virgin / EMI

½

Gym Class Heroes - The Papercut Chronicles II

Gym Class Heroes - The Papercut Chronicles II

Le groupe Gym Class Heroes nous vient de l’état de New York et a été fondé il y a 15 ans. Le groupe mélange à la perfection le rap, le rock, le R&B et le funk pour un son qui à la base présente de nombreux éléments intéressants. Avec ce nouvel album, Gym Class Heroes nous offre la suite de leur album de 2005, soit la première partie de The Papercut Chronicles. Comparativement à leur plus récent disque, The Quilt, paru en 2008, ils reviennent ici avec un album un peu plus organique. Ils présentent en fait une musique pop accrocheuse plus près de ce qu’ils sont en mesure d’offrir sur scène. Plusieurs pièces possèdent un immense potentiel commercial, à commencer par l’excellente « Stereo Hearts » et « Solo Discotheque (Whiskey Bitness) ». Le groupe fait appel à quelques collaborateurs, dont Adam Levine pour « Stereo Hearts », ce qui pourrait contribuer à transporter leur album à un autre niveau. L’efficacité pop de l’album a tout ce qu’il faut pour séduire, même si l’originalité des compositions n’est définitivement pas au rendez-vous. (février 2012)

Vidéoclip : « Stereo Hearts »

Fueled By Ramen / Warner

Daryl Hall - Laughing Down Crying

Daryl Hall - Laughing Down Crying

Daryl Hall est surtout connu pour avoir été la moitié du duo Hall & Oates dans les années 1970 et 1980. Il faut dire qu’il a obtenu bien peu de succès en solo. Il nous offre seulement son 5e album solo en carrière, le 4e depuis la fin de Hall & Oates au milieu des années 1980 et son premier depuis 1997. Seulement quelques jours après le début des enregistrements pour Laughing Down Crying en 2010, son réalisateur et meilleur ami T-Bone Wolk est décédé subitement d’un infarctus. L’album lui est donc dédié et contient ses derniers enregistrements. Hall présente ce qu’il fait de mieux en musique, soit un son pop rock adulte passablement personnel et tout en subtilités. Dès la pièce d’ouverture, la chanson-titre, on découvre une pièce acoustique à tendance plus folk que ce à quoi il nous a habitué par le passé. Par contre, malgré l’utilisation fréquente de la guitare acoustique, l’ensemble demeure beaucoup plus pop, avec des synthétiseurs, des arrangements en douceur et certains rythmes entraînants à tendance funk. Le son de Hall & Oates n’est jamais bien loin non plus! Là où Hall surprend véritablement, c’est lorsqu’on réalise à quel point sa voix gagne en aplomb et en pureté avec le temps. Il n’a jamais chanté aussi bien… Sur Laughing Down Crying, Daryl Hall présente toute la largeur de sa palette musicale jusqu’à la fin, alors qu’il conclut le disque en blues sur « Problem With You (Bone’s Last Ride) ». Voici donc un bien bon album de pop adulte que nous propose un Daryl Hall en grande forme, incontestablement son meilleur disque des 25 dernières années. (décembre 2011)

Verve Forecast / Universal

½

The Hangmen - Lost Rocks: Best of The Hangmen

The Hangmen - Lost Rocks: Best of The Hangmen

La scène rock de Los Angeles était complètement axée sur l’apparence dans les années 1980, ce qui fait que certains groupes rock ‘n’ roll ont été mis en marge du reste de l’industrie. C’est le cas pour The Hangmen qui ont pourtant émergé en 1986, une période où le hard rock dominait les palmarès. Leur attitude un peu plus punk et leur refus à entrer dans la vague maquillage et coiffures spectaculaires les a automatiquement éjectés de la manne que constituait la scène de Los Angeles à cette époque. Ils ont donc roulé leur bosse pendant toutes ces années dans des petits bars miteux à jouer bien souvent pour leurs amis et une poignée de fans inconditionnels. Ils ont tout de même produit quelques très bonnes chansons au cours de toutes ces années et on retrouve les 15 meilleures sur cette compilation ultime. Parmi ces 15 titres, notons 3 pièces de l’album In the City paru en 2007 qui a été réalisé par Mike Ness de Social Distortion. Notons aussi la présence de Eddie Spaghetti (Supersuckers) sur « Coal Mine ». En boni, on retrouve 3 démos de 1985-86 jamais parus auparavant. Ces 3 pièces inédites ont été réalisées par le chanteur-guitariste et compositeur Bryan Small avec la collaboration de Keith Morris de Circle Jerks. Voici donc l’album idéal pour découvrir ce très bon groupe de rock ‘n’ roll, qui est malheureusement trop longtemps demeuré dans l’ombre. (février 2012)

Vidéoclip : « Wild Beast »

Acetate / MVD

½

Ben Harper - Give Till It’s Gone

Ben Harper - Give Till It’s Gone

Le chanteur folk alternatif contemporain californien est de retour avec un nouvel album studio après l’excellent combo CD/DVD paru l’an passé et enregistré en concert au Festival international de jazz de Montréal. Give Till It’s Gone est aussi son premier album depuis le projet parallèle de Fistful of Mercy avec Dhani Harrison et Joseph Arthur. Encore une fois, Harper se balade entre les pièces intimistes, souvent acoustiques, et les moments un peu plus rock ‘n’ roll, comme sur « Rock ‘n’ Roll is Free » et « Clearly Severely » par exemple alors qu’il se laisse totalement aller. C’est dans ces moments plus lourds et énergiques qu’il est définitivement à son meilleur, puisqu’il peut véritablement exploiter tout son talent de guitariste. On retrouve évidemment plusieurs moments personnels alors qu’il se confie tout simplement à son auditeur comme dans la pièce d’ouverture, « Don’t Give Up On Me Now ». Par contre, il nous offre aussi de nombreuses pièces mid-tempo qui alternent entre guitares acoustiques et électriques (« I Will Not Be Broken »), souvent avec un petit côté funky pas désagréable du tout (« Waiting on a Sign »). L’ex-Beatle Ringo Starr a collaboré à l’écriture de 2 chansons en plus d’y jouer la batterie : « Spilling Faith » et « Get There From Here » (l’une des meilleures du disque). L’album contient plusieurs bons moments. Par contre, l’incohérence entre les différents titres et quelques ballades ou autres pièces mid-tempo franchement ennuyantes nous font décrocher à un moment ou à un autre. Il faut dire que Ben Harper a eu ce genre de problèmes tout au long de sa carrière. Il semble avoir beaucoup de difficulté à produire un album solide et cohérent du début à la fin. Ses fans devraient tout de même y trouver leur compte. (juillet 2011)

Vidéoclips : « Rock ‘n’ Roll is Free » - « Don’t Give Up On Me Now »

Virgin / EMI

PJ Harvey - Let England Shake

PJ Harvey - Let England Shake

La chanteuse alternative britannique Polly Jean Harvey (PJ pour les intimes) est de retour avec un album sur lequel elle raconte sa relation avec son pays natal. Toutes les chansons tournent autour du thème de la guerre, qui fut particulièrement désastreuse pour l’Angleterre lors de la Première Guerre Mondiale. PJ nous présente des pièces généralement douces tout au long du disque. Pour la voix, elle nous offre un registre très haut qui pourra déplaire à plusieurs. Par contre, la qualité des compositions est irréprochable et PJ nous offre encore une fois un excellent disque, tout en subtilités. Les arrangements éclectiques et la réalisation de premier plan viennent enrober ce superbe album qui présente bien peu de moments faibles. (avril 2011)

Vidéoclips : « The Last Living Rose » - « The Words That Maketh Murder » - « Let England Shake »

Vagrant / Universal

Heartsounds - Drifter

Heartsounds - Drifter

Après un premier album de punk rock en 2010, Until We Surrender, les ex-membres du groupe death metal Light This City, Laura Nichol et Ben Murray, ont décidé de solidifier leur nouveau groupe. Ils s’entourent de deux membres permanents en Kyle Camarillo (basse) et Trey Derbes (batterie). Avec Drifter, Heartsounds poursuit dans la même direction que sur son disque précédent avec un punk rock rapide, mélodique et hautement technique. Pour la réalisation, le groupe fait à nouveau confiance à Zack Ohren avec de l’aide de la part de Brett Gurewitz (Bad Religion). Leur musique est basée avant tout sur les riffs de guitare, qui peuvent impressionner en certaines occasions (comme l’ouverture de « Every Second Counts »), mais aussi passer quelque peu inaperçu. En fait, les compositions demeurent généralement plutôt faibles. Une seule pièce ressort véritablement du lot et c’est la chanson-titre à tendance pop punk qui aura peut-être comme effet de faire tendre l’oreille à un public friand de ce genre de punk plus accessible. Drifter permet à Heartsounds de faire un pas en avant, mais il reste encore un bon bout de chemin à franchir avant de véritablement s’établir. (novembre 2011)

Epitaph

Hedley - Storms

Hedley - Storms

Le quatuor de Vancouver Hedley est de retour avec un 4e album après l’immense succès du précédent, The Show Must Go, transporté par la dynamique « Cha-Ching ». Même si le groupe a eu quelques tendances pop punk par le passé, il a toujours penché un peu plus du côté pop que du côté punk. En plus, les ballades ont souvent occupé une place importante sur leurs albums. Mais c’est avec Storms que la bande à Jacob Hoggard (un ex-candidat de Canadian Idol) prend un véritable virage pop. L’album s’ouvre en effet avec une série de ballades qui, même si elles sont de qualité, nous amènent un peu trop dans le territoire des Backstreet Boys. Il faudra attendre la 4e piste, « We Are Unbreakable », pour entendre une pièce pop rock un peu plus rythmée. Mais c’est avec la suivante, « Young », que le groupe poursuit sur sa lancée entamée avec « Cha-Ching », grâce à un refrain inoubliable et énergique accompagné de claquements de mains. « Bullet for your Dreams » et « Hot Mess » sont les autres pièces entraînantes par excellence qui nous présentent le groupe à son meilleur et nous donnent envie de les voir sur scène, là où Hoggard est le plus à l’aise. Sur Storms, Hedley ne se gêne pas pour sortir les synthétiseurs du placard et nous présenter des arrangements léchés à souhait. Même si l’album est un peu trop propret et qu’on s’ennuie du côté trash complètement disjoncté d’Hoggard, Storms risque fort de permettre au groupe de finalement rejoindre le reste de la planète. (chronique principale de février 2012)

Vidéoclips : « Invincible » - « One Life »

Universal

Joe Henry - Reverie

Joe Henry - Reverie

L’auteur, compositeur, interprète et réalisateur est de retour sur disque, 2 ans après l’excellent Blood From Stars. Reverie est le 12e album de Joe Henry et il ne tente pas de reproduire le disque précédent. Il nous offre plutôt un album totalement acoustique issu d’une exploration de 3 jours dans son studio à la maison avec ses musiciens. Essentiellement jazz, le disque présente également quelques éléments de folk. Mais ce qui est certain, c’est que l’ensemble demeure extrêmement doux jusqu’à la fin. Il est tellement doux qu’il pourrait facilement vous endormir par moments. La pochette en noir et blanc donne aussi un bon aperçu de ce qu’on peut entendre. L’enregistrement live présente en certaines occasions les sons de tous les jours dans l’environnement de la maison de Henry, comme des voitures, des chiens qui jappent, etc. C’est donc un album très brut et naturel que nous offre Henry, un album complètement différent du précédent qui ne risque pas de rejoindre un auditoire aussi large. (décembre 2011)

Anti- / Epitaph

½

Jolie Holland + The Grand Chandeliers - Pint of Blood

Jolie Holland + The Grand Chandeliers - Pint of Blood

Trois ans après The Living and the Dead, Jolie Holland est de retour avec un nouvel album, Pint of Blood. Accompagnée de ses fidèles collaborateurs les Grand Chandeliers (Shahzad Ismaily, Greg Gersten et Marc Ribot), elle nous propose un album folk à tendance un peu plus rock, inspiré de Zuma de Neil Young, avec des références aux Velvet Underground, Rolling Stones et David Bowie. Ce son quelque peu différent pour Holland s’entend rapidement sur la pièce d’ouverture, « All Those Girls », une pièce folk rock plutôt brute dans laquelle la guitare électrique joue un rôle important. On retrouve tout de même par la suite plusieurs pièces dans le pur répertoire de Jolie Holland, mais la pièce centrale de ce disque est certainement la country rock « Gold and Yellow ». L’album se termine en beauté avec une relecture à tendance gospel de « Rex’s Blues » de Townes Van Zandt, une très belle interprétation. Les thèmes abordés sont uniques à Jolie et elle ajoute même sa touche personnelle à la pochette alors qu’elle a peint le dessin qu’on y retrouve. L’album a été enregistré dans plusieurs petits studios, mais toujours dans le souci de conserver l’approche live que l’on retrouvait dans les années 1960-70. Alors que son disque précédent était possiblement son album avec le son le plus moderne, Pint of Blood réussit habilement à nous ramener aux origines du folk rock, tout en conservant toute la personnalité de Jolie Holland. C’est donc encore une fois un album de grande qualité que nous offre cette artiste à la sensibilité incomparable. (octobre 2011)

Anti- / Epitaph

½

Hollywood Undead - American Tragedy

Hollywood Undead - American Tragedy

Le groupe rap / rock Hollywood Undead a connu passablement de succès avec son premier album, Swan Songs, après s’être fait découvrir sur le web, plus particulièrement sur MySpace. Malgré une certification or, l’album présentait peu d’intérêt musicalement. Trois ans plus tard, les 6 gars masqués remettent ça, comptant maintenant sur une nouvelle recrue, Daniel « Danny » Murillo (un candidat d’American Idol), qui vient en remplacement d’Aron « Deuce » Erlichman. Don Gilmore est de retour à la réalisation, mais 4 autres réalisateurs dont Kevin Rudolf se joignent à l’aventure, question de faire progresser le son d’Hollywood Undead. American Tragedy est donc plus varié que l’album précédent, mais n’est pas plus créatif pour autant. Le groupe nous lance encore une fois tous les clichés misogynes de gangsters, tels de véritables caricatures de rappeurs. Évidemment, les comparaisons sont plutôt faciles à faire, de Good Charlotte à Kid Rock, en passant par Linkin Park et Kevin Rudolf. On retrouve plusieurs moments pop passablement accrocheurs, mais peu de pièces réussissent à conserver notre intérêt jusqu’à la fin. La seule qui nous fait véritablement tendre l’oreille est la très efficace « Hear Me Now », une pièce que ne renierait certainement pas Linkin Park. Les ballades « Coming Back Down » et « Pour Me » les font sortir de leur machisme habituel et possèdent aussi un certain pouvoir de séduction. Par contre, l’ensemble des 14 pièces ne réussit pas encore à nous prouver que le groupe peut se sortir de ses habituels clichés pour nous offrir quelque chose d’un peu plus intéressant d’un point de vue créatif. (juin 2011)

Vidéoclips : « Been To Hell » - « Hear Me Now »

Octone / Universal

Jennifer Hudson - I Remember Me

Jennifer Hudson - I Remember Me

La chanteuse et actrice Jennifer Hudson a remporté le Grammy du meilleur album R&B en 2009 pour son premier album, qui n’avait pourtant rien de bien exceptionnel. Elle nous présente maintenant I Remember Me, un album beaucoup plus solide et qui peut vraiment rivaliser avec les plus grands du genre. On y retrouve bien évidemment quelques compositions moins impressionnantes qui ne sont là que pour mettre en valeur la voix exceptionnelle de la chanteuse. Mais le disque présente une belle uniformité et une certaine maturité le rendant intéressant jusqu’à la fin. Il est important de mentionner l’apport d’Alicia Keys à l’écriture de 3 pièces, dont 2 des meilleures de l’album, l’excellente « Angel » et la disco « Everybody Needs Love ». R. Kelly lui offre aussi « Where You At », le premier extrait et une autre des bonnes pièces du disque. Avec I Remember Me, Jennifer Hudson nous prouve qu’elle mérite une place de choix dans le R&B contemporain. Un très bon disque! (juin 2011)

Vidéoclip : « Where You At »

Arista / Sony

½

Ima - Precious

Ima - Precious

Après Smile et A la Vida!, 2 disques qui ont connu un immense succès, la chanteuse québécoise nous arrive avec son premier album en anglais. Totalement constitué de reprises, Precious nous plonge en quelques occasions, surtout au début, dans un style disco unique, surtout populaire à la fin des années 1970. Par contre, on retrouve à nouveau plusieurs ballades jazz et soul. Ima est encore une fois supportée par son fidèle collaborateur Guy St-Onge qui joue de tous les instruments en plus de co-réaliser l’album avec Tino Izzo. St-Onge est en effet le maître derrière la qualité musicale d’Ima depuis de nombreuses années. Avec cet album, Ima ne se cache pas de viser le marché américain, elle qui rêve depuis bien longtemps d’une carrière internationale. Le disque commence en force avec le premier extrait, « Do Ya Think I’m Sexy » de Rod Stewart, une pièce qui lui colle parfaitement à la peau. Les Bee Gees l’ont également grandement inspirée puisqu’elle en interprète 2 titres : « How Deep Is Your Love » et « To Love Somebody ». Ima explore aussi le folk en quelques occasions incluant une pièce de Simon and Garfunkel (« Feelin’ Groovy »). « Stuck in the Middle with You », popularisée à l’époque par Stealers Wheel et reprise depuis par des dizaines d’artistes, fait partie de mes préférées. Mais, la pièce qui a le plus influencé Ima sur cet album, au point d’en inspirer le titre, est « For Your Precious Love » de Jerry Butler. Sur Precious, Ima chante véritablement avec ses tripes, laissant du même coup de côté l’atteinte de la perfection vocale. On peut en effet entendre de sa part une voix un peu plus rauque qu’à l’habitude, une voix mieux adaptée aux compositions qu’elle interprète. J’aurais bien aimé qu’elle reprenne un peu plus de disco jusqu’à la fin du disque, puisque celui-ci tombe passablement dans la douceur extrême dans la 2e moitié. Mais bon, c’est ce que la plupart de ses fans aiment d’elle avant tout. En bout de ligne, Precious est un album plutôt inégal, qui présente d’excellents moments et quelques succès garantis, mais aussi des pièces qui feront s’impatienter certains auditeurs. (mai 2011)

Vidéoclip : « Do Ya Think I’m Sexy »

Divine Angel

Marketa Irglova - Anar

Marketa Irglova - Anar

Marketa Irglova est une musicienne tchèque qui s’est fait découvrir dès l’âge de 13 ans par Glen Hansard de The Frames. Ils allaient enregistrer plus tard un album ensemble sous le nom de The Swell Season, un album éponyme lancé en 2006. Ils ont ensuite attiré l’attention de la planète en participant au film Once qui s’est mérité un Oscar, un film de John Carney, un ancien bassiste de The Frames. En plus d’enregistrer un autre album avec The Swell Season en 2009, Strict Joy, Marketa chante au sein d’Iron and Wine. Avec Anar, elle fait donc ses débuts en solo. L’auteure-compositeure-interprète nous présente 12 chansons dominées par le piano et sa voix. L’ensemble demeure dans la ballade adulte contemporaine, ce qui peut créer une atmosphère intéressante, mais peut aussi être franchement ennuyant après un certain temps. Les arrangements sont minimalistes et l’album demeurera introspectif jusqu’à la fin. Même s’il est plaisant de découvrir Marketa Irglova sans entendre Hansard à ses côtés, celui-ci semble lui manquer dramatiquement, du moins d’un point de vue musical. L’album manque d’envergure, de caractère. Le talent est là, mais il semble qu’un coup de pouce pour les compositions ne pourrait que mieux la servir et peut-être la faire sortir de sa coquille. (février 2012)

Vidéoclip : « Crossroads »

Anti- / Epitaph

Chris Isaak - Beyond the Sun

Chris Isaak - Beyond the Sun

L’auteur-compositeur-interprète californien Chris Isaak fait carrière depuis plus de 25 ans. Mais c’est en 1989 qu’il a obtenu son plus grand succès avec « Wicked Game » et le magnifique vidéoclip qui l’accompagnait. En 2011, il a décidé de se faire plaisir et de rendre hommage à la légendaire étiquette rock ‘n’ roll Sun Records. En fait, c’est un choix naturel pour celui qui ne s’est jamais caché d’avoir été grandement influencé par Roy Orbison et Elvis Presley. Plusieurs classiques d’Elvis sont d’ailleurs bien présents ici, même « Can’t Help Falling in Love » qui n’avait pas été enregistré par Elvis au cours de ses années chez Sun Records. Il faut dire que, sans l’imiter, Isaak est peut-être le chanteur dont le style vocal s’approche le plus de celui du « king » (vous en aurez un bon aperçu sur « It’s Now or Never »). Parmi les autres reprises incontournables, notons l’excellente pièce d’ouverture, « Ring of Fire » de Johnny Cash, l’électrisante « Great Balls of Fire » de Jerry Lee Lewis, ainsi que « Dixie Fried » de Carl Perkins. Isaak enregistre aussi une de ses chansons, « Live It Up ». Une version de luxe de l’album contient un deuxième disque avec 11 titres additionnels pour un total de 25. Sur ce 2e CD, on peut entre autres entendre « Oh, Pretty Woman » de Roy Orbison. Sur Beyond the Sun, Chris Isaak réussit à reproduire avec authenticité la musique de toute une époque avec les méthodes d’enregistrement d’aujourd’hui. Un très bon album! (février 2012)

Wicked Game / Vanguard / SIX

½

Daniel Isaiah - High Twilight

Daniel Isaiah - High Twilight

Cinéaste accompli, le Montréalais Daniel Isaiah est également un auteur-compositeur de talent qui a fait partie de plusieurs groupes avant de lancer sa carrière solo en 2010. Il nous propose un son folk rock atmosphérique qui s’inspire à la fois de Daniel Lanois et de la chanson française. Il inclut même 2 chansons en français : « J’habite un pays » et « Mélissa ». Isaiah nous présente une musique contemporaine avec de fortes racines dans le folklore américain et dans le country. Quelques moments plus énergiques viennent changer la dynamique de l’ensemble du disque, comme c’est le cas avec la 4e piste, « The Naked Night », qui nous surprend avec sa batterie rythmée après 3 longues pièces intimistes. Sa voix ne semble pas toujours à la hauteur de sa musique et il semble plutôt être encore en mode exploration de ce côté. Avec l’expérience, il pourra certainement trouver la bonne orientation à donner à sa voix pour qu’elle fasse partie intégrante de sa musique. Si on sent encore le projet parallèle d’un cinéaste avec High Twilight, Daniel Isaiah possède tout le talent nécessaire pour se consacrer entièrement à la musique, en s’assurant de s’entourer des bonnes personnes. (septembre 2011)

Secret City / SIX

I Set My Friends On Fire - Astral Rejection

I Set My Friends On Fire - Astral Rejection

Trois ans après un premier album qui présentait de nombreux points d’intérêt, le duo post-hardcore expérimental de Miami est de retour avec Astral Rejection. I Set My Friends On Fire poursuit son expérimentation et va même encore un peu plus loin, alternant le chaos métal à des mélodies pop et des moments électroniques. D’accord, c’était aussi le cas sur leur premier album, mais on semble vouloir nous déstabiliser à tout prix sur ce nouveau disque et c’est un peu trop bien réussi. À tel point qu’il est difficile d’adhérer à cet exercice de style, même en y mettant tous les efforts possibles. Les contradictions sont constantes, non seulement à l’intérieur d’une même pièce, mais parfois dans un intervalle de quelques secondes à peine. On sent vraiment un effort de leur part de vouloir fusionner ces différents genres, mais le problème c’est que peu de moments sont intéressants. Le groupe n’est pas à son meilleur lorsqu’il se lance dans le métal guttural, n’est pas très créatif dans la pop et présente une musique électronique d’une autre époque. Il reste donc bien peu de raisons de trouver l’album intéressant. En fait, il faut être un grand fan de musique différente et surtout, déstabilisante. Les fans de leur premier album réussiront peut-être à se faire conquérir, mais Astral Rejection constitue assurément un pas en arrière pour le groupe. (octobre 2011)

Epitaph

½

Jane’s Addiction - The Great Escape Artist

Jane’s Addiction - The Great Escape Artist

Jane’s Addiction fait un ixième retour en nous présentant son premier album depuis 2003. Dave Navarro reprend du service à la guitare et c’est Dave Sitek de TV on the Radio qui assure la basse pour la majorité de l’album. L’ex-Guns N’ Roses Duff McKagan participe quant à lui à 3 pièces. Jane’s Addiction faisait partie des groupes alternatifs les plus créatifs à la fin des années 1980, mais il faut bien avouer que cette époque est révolue. Perry Farrell a réussi à poursuivre sa mission dans les années 1990 grâce à Porno For Pyros, mais Jane’s Addiction ne pourra jamais plus être le groupe innovateur qu’il a déjà été. Lorsque l’on débute l’écoute de The Great Escape Artist, on se dit qu’on se trouve devant un solide album de rock. Les premiers titres sont intéressants (« Underground », « Curiosity Kills ») et on atteint un sommet avec l’excellente « Irresistible Force (Met the Immovable Object) ». Malheureusement, la plupart des titres suivants se ressemblent et on tombe rapidement dans une routine plutôt déconcertante considérant que Jane’s Addiction a toujours été plutôt du genre à nous garder sur le bout de notre siège. L’ennui s’installe rapidement dans la deuxième moitié et, même si on tente désespérément de résister, on finit par décrocher. Et le pire, c’est qu’il y a bien peu de choses pour nous convaincre d’y revenir. Dommage! The Great Escape Artist est pourtant un bon album de rock alternatif, mais il n’est pas digne de la réputation de Jane’s Addiction. Si vous arrivez à l’écouter en oubliant le passé de ses créateurs, vous l’apprécierez probablement un peu plus. Veuillez noter qu’une version de luxe inclut un 2e CD avec 11 classiques du groupe enregistrés en concert lors d’un festival à Mexico City. Cet ajout intéressant donnera assurément un peu plus de lustre à l’album. (décembre 2011)

Vidéoclip : « Irresistible Force (Met the Immovable Object) »

Capitol / EMI

The Jayhawks - Mockingbird Time

The Jayhawks - Mockingbird Time

Le groupe rock alternatif du Minnesota existe déjà depuis plus de 25 ans et si le compte est juste, il en serait seulement à son 8e album studio avec Mockingbird Time. Même si les Jayhawks ne sont pas les plus prolifiques, ils ont quand même su offrir quelques albums de grande qualité au cours de ces années, particulièrement dans la première moitié des années 1990 avec Hollywood Town Hall et Tomorrow the Green Grass. Par contre, depuis une quinzaine d'années, soit depuis le départ de Mark Olson, le groupe semble en panne d'inspiration. Mockingbird Time marque la réunification du groupe original avec Olson et devient peut-être du même coup leur meilleur enregistrement depuis leur sommet de cette époque révolue. Le groupe nous offre à nouveau un son rock majoritairement axé sur la guitare acoustique, avec des claviers et quelques sonorités country. On retrouve, pour notre plus grand plaisir, les superbes harmonies vocales qui ont fait la réputation du groupe. À la pièce d'ouverture, « Hide Your Colors », on a l'impression d'entendre un vieux morceau oublié du répertoire des Beatles. Par contre, on retrouve des titres un peu plus originaux comme « Tiny Arrows », « She Walks in So Many Ways », « Cinnamon Love » et la chanson-titre. Avec Mockingbird Time, les Jayhawks nous présentent peut-être le meilleur retour de l'année, pour le bonheur de leurs fans. (décembre 2011)

Rounder / Universal

½

Jay-Z & Kanye West - Watch the Throne

Jay-Z & Kanye West - Watch the Throne

Jay-Z et Kanye West assemblés sur un seul album; il y a de quoi tendre l’oreille! Jay-Z nous arrive avec ce qu’il y a de mieux en matière de fusion entre provocation gratuite et musique exploratoire, le tout dans un mélange plutôt pompeux. Quant à Kanye West, il semble plutôt nous offrir ses fonds de tiroir de son album My Beautiful Dark Twisted Fantasy paru l’an passé, à commencer par « Lift Off » qui est complètement ratée. Le mélange des deux rappeurs donne une musique plutôt bizarre, souvent expérimentale (« Otis » avec un échantillonnage d’Otis Redding et « Gotta Have It »), mais parfois chaude (« New Day »). « Niggas in Paris » est certainement l’un des moments forts du disque, qui prend tout son sens lorsque les compositions de qualité sont solidement appuyées par une grande richesse musicale. Malgré quelques moments intéressants dans la deuxième moitié avec « Murder To Excellence » et « Welcome to the Jungle », l’abus du mot « black » devient quelque peu agaçant à la longue. Cette autoinspection se poursuit sur « Made in America », un morceau autobiographique de West. L’ensemble de Watch the Throne s’écoute à merveille grâce à une belle musicalité, malgré beaucoup d’expérimentation. Les compositions majoritairement recherchées nous permettent d’apprécier doublement cet amalgame de Jay-Z et Kanye West. La version standard de l’album contient 12 titres, mais plusieurs éditions de luxe sont disponibles contenant des pièces additionnelles, un livret en téléchargement, etc. (octobre 2011)

Vidéoclip : « Otis »

Def Jam / Universal

½

Nikki Jean - Pennies in a Jar

Nikki Jean - Pennies in a Jar

Native du Minnesota, Nikki Jean n’a jamais été en mesure de percer avec son groupe précédent, Nouveau Riche. Elle nous arrive maintenant avec son tout premier album solo, un album pop rock aux couleurs soul et hip hop. En fait, Nikki nous propose un véritable voyage exploratoire au cœur du son pop et soul des années 1960 et 1970, avec une légère touche de country. Pourtant, tout le matériel présenté ici est nouveau, composé par Nikki avec l’aide de toute une panoplie de gens. Ces compositeurs incluent des noms célèbres comme Burt Bacharach, Carole King et Carly Simon. On retrouve même une œuvre inachevée de Bob Dylan, « Steel and Feathers (Don’t Ever) », qui est restée sur les tablettes pendant 30 ans avant que Dylan donne son accord à Nikki Jean pour la compléter et l’enregistrer. La réalisation de Sam Hollander et Dave Katz est fidèle au son d’il y a 40 ans, ce qui rendra bien des gens nostalgiques à l’écoute de cette toute jeune chanteuse. Pennies in a Jar est un album ensoleillé et divertissant jusqu’à la fin, un album qui nous fait réaliser à quel point la musique pop a déjà été de grande qualité, même s’il s’agit ici de musique totalement nouvelle. (découverte du mois d'octobre 2011)

S-Curve / Universal

½

Amis Chemin

Geneviève Jodoin - Amis chemin

Geneviève Jodoin est surtout reconnue comme l’une des choristes à l’émission télévisée Belle et Bum, mais elle représente aussi certainement l’une des plus belles voix du Québec. Après un premier album très personnel en 2009, « G », elle est de retour cette fois-ci dans des interprétations d’autres artistes. On y retrouve surtout des grandes chansons québécoises et françaises, mais elle se lance également dans le rock de Led Zeppelin sur « Going to California ». Toutes les chansons sont réarrangées et épurées, puis sont interprétées tout en douceur en duo avec la pianiste Nadine Turbide. Elle nous présente des chansons de Vincent Vallières (la superbe « On va s’aimer encore »), Jean-Pierre Ferland (« Que veux-tu que j’te dise »), Leonard Cohen (« Bird on a Wire »), Patrick Norman (son classique « Quand on est en amour »), Gilles Vigneault (« Pendant que »), Jacques Brel (« Un enfant »), etc. Pour 2 chansons, elle est également accompagnée de leur créateur : Richard Desjardins (« L’étoile du nord ») et Richard Séguin (« Chanson pour durer toujours »). Les autres collaborations à l’album incluent Simon Godin et Frédéric Boudreault (qui en assure aussi la réalisation). Les amateurs de grandes chansons interprétées en douceur par une superbe voix seront comblés avec cet album de 11 titres. Geneviève Jodoin incarne Simone, le premier rôle féminin dans la comédie musicale Le petit Roy qui prend l’affiche au Théâtre St-Denis de Montréal depuis le 5 juillet. (juillet 2011)

Musi Art / SIX

½

Joe Jonas - Fastlife

Joe Jonas - Fastlife

Le jeune chanteur pop Joe Jonas a connu la célébrité dès l’adolescence en tant que leader des Jonas Brothers. Il fait ses débuts en solo avec Fastlife et nous propose une pop contemporaine avec des rythmes R&B et de l’électro. On peut rapidement le comparer à Justin Timberlake puisqu’il nous présente une musique sur mesure pour les radios et les clubs. Il a d’ailleurs embauché le réalisateur Danja qui a travaillé avec Timbaland sur FutureSex/LoveSounds de Timberlake. Même si les compositions peuvent paraître simples, Jonas réussit à y injecter ce qu’il faut de sa personnalité et de son émotivité pour faire siennes les compositions. Appuyées par une solide production, les interprétations de Jonas ont l’effet désiré, autant dans les pièces dansantes que dans les chansons plus émotives. Le premier extrait, « Just in Love », n’a rien à envier aux plus grands artistes dans le genre et a tout ce qu’il faut d’efficacité pour rendre Timberlake jaloux. L’album se termine avec une autre version de la chanson intégrant Lil Wayne et ses textes un peu plus crus, par contre, l’original demeure supérieur. C’est un bien bon album que nous offre Joe Jonas, plus adulte que ce qu’il a fait avec ses frères. Il entre donc par la grande porte dans le monde adulte… (février 2012)

Vidéoclips : « See No More » - « Just in Love »

Hollywood / Universal

½

Booker T. Jones - The Road From Memphis

Booker T. Jones - The Road From Memphis

Pour faire suite au très bon Potato Hole paru il y a 2 ans, Booker T. a décidé de nous présenter un survol de sa vie en musique, de Memphis à Détroit en passant par Philadelphie et Los Angeles. Celui qu’on surnomme l’architecte du soul de Memphis va encore un peu plus loin sur ce disque. Le fameux orgue Hammond B3 prend évidemment beaucoup de place, mais l’album n’est pas qu’instrumental. Jones s’entoure en effet de chanteurs qui viennent prêter leurs voix à 3 des 11 pièces, dont Lou Reed qui fait une présence remarquée sur « The Bronx » à la toute fin du disque. Les collaborateurs incluent aussi le légendaire guitariste funk de Détroit Dennis Coffey. L’autre guitariste qui apporte une couleur plus jazz à l’ensemble est Captain Kirk Douglas de The Roots. Booker T. se lance dans la chanson sur « Down in Memphis », une pièce toute personnelle interprétée de belle façon. C’est par contre dans les moments instrumentaux que Booker T. Jones demeure à son meilleur, comme sur la pièce d’ouverture, « Walking Papers ». Un autre moment à souligner est sa reprise instrumentale à la B3 de « Crazy », un succès fulgurant de Gnarls Barkley en 2006. L’album est co-réalisé par Jones et The Roots et le résultat est brillant, au point de surpasser son précédent disque, qui était, faut-il le rappeler, son premier album solo en 20 ans. (août 2011)

Anti- / Epitaph

½

Oliver Jones - Live in Baden, Switzerland

Oliver Jones - Live in Baden, Switzerland

Le Montréalais Oliver Jones fait assurément partie des meilleurs pianistes de jazz au monde. Mais le 20 mai 1990, il était au sommet de son art lorsqu’il est monté sur les planches du Kurtheater à Baden, une petite ville de Suisse près de Zurich reconnue pour la qualité de ses concerts jazz. C’est lors de cette soirée que l’énergie communicatrice de Jones que l’on peut entendre sur ce disque a été enregistrée. Il était accompagné du bassiste Reggie Johnson et du batteur Ed Thigpen. Le pianiste interprète des standards du jazz et du blues, ainsi que quelques compositions originales. Parmi les 10 titres présentés, on retrouve un medley de George Gershwin incluant les célèbres « Rhapsody in Blue », « I Loves You Porgy » et l’incontournable « Summertime ». Un autre moment fort du disque est assurément la conclusion, « Hymn to Freedom » du légendaire Oscar Peterson. Lors de ce concert, Oliver Jones semble véritablement avoir réussi à conquérir le public suisse. Voici donc un très bon enregistrement en concert, qui bénéficie en plus d’une qualité sonore irréprochable. (février 2012)

Justin Time / SIX

Jorane - Une sorcière comme les autres

Jorane - Une sorcière comme les autres

Pour ce nouvel album, la chanteuse et violoncelliste québécoise Jorane a décidé de nous présenter des reprises de quelques-unes de ses chansons préférées. Elle ose donc nous offrir une version toute personnelle de pièces de Serge Fiori, Gilles Vigneault, Richard Desjardins, Patrick Watson et Leonard Cohen (une adaptation française de « Suzanne »). Elle nous présente aussi « Pendant que les champs brûlent » du duo français Niagara, « Le baiser » d’Indochine et « Marilyn et John » popularisée par Vanessa Paradis. Mais surtout, l’auteure qui a le plus influencé Jorane pour cet album est Anne Sylvestre de qui elle interprète 2 chansons dont la chanson-titre. Jorane a pratiquement tout fait elle-même pour ce disque, puisqu’elle y joue la majorité des instruments en plus de le réaliser. Il n’y a qu’Alex McMahon qui vient donner un coup de main pour la section rythmique et Éloi Painchaud qui joue quelques guitares, les deux gars travaillant également comme co-réalisateurs. Les talents d’arrangeuse de Jorane permettent à toutes ces chansons d’obtenir une nouvelle vie, complètement différente de celle que nous avons connue dans le passé. À l’image de la violoncelliste, l’album présente une belle atmosphère intimiste, propice à l’introspection. Un album de reprises peut souvent être décevant, avec de nouvelles versions beaucoup trop proches de l’originale. Ce n’est pas le cas sur Une sorcière comme les autres, alors que Jorane s’approprie totalement les chansons qu’elle a décidé d’interpréter. Voici donc un bon exemple d’un album de reprises très réussi. (avril 2011)

Vega

½

The Joy Formidable - The Big Roar

The Joy Formidable - The Big Roar

Le trio du Pays de Galles, The Joy Formidable, se fait remarquer déjà depuis quelques années grâce à sa présence dans divers festivals à travers le Royaume-Uni. Après un mini-album en 2009, voilà que le groupe nous présente enfin un premier album complet. The Joy Formidable nous propose un son indie rock / shoegaze aux guitares souvent bruyantes. La voix douce de Ritzy Bryan vient contraster agréablement avec ce mur de guitares distorsionnées. Le groupe part en certaines occasions dans des envolées instrumentales comme dans « The Everchanging Spectrum of a Lie » et « Whirring » qui jouent avec la barre des 7 minutes. Par contre, le groupe donne une solide performance dans des chansons brèves et énergiques comme « The Magnifying Glass » et « Austere ». « I Don’t Want To See You Like This » représente certainement quant à elle le meilleur compromis entre les deux et constitue probablement la meilleure pièce du disque. The Big Roar présente 4 pièces de leur mini-album dans une version complètement retravaillée et 8 nouvelles compositions pour un total de 50 minutes sans grandes faiblesses. Le plus impressionnant avec The Joy Formidable est qu’ils soient en mesure de nous offrir un son format géant à la Arcade Fire, même s’ils ne sont qu’un trio. Voici donc un très bon premier essai d’un groupe à surveiller de près. (découverte du mois de juin 2011)

Vidéoclips : « Austere » - « I Don’t Want To See You Like This »

Atlantic / Warner

½

Justice - Audio, Video, Disco

Justice - Audio, Video, Disco

Le duo électronique français Justice est de retour avec un nouvel album. Ils avaient réussi à obtenir un certain succès avec leur très bon premier disque paru en 2007 et contenant le hit « D.A.N.C.E. ». Gaspard Augé et Xavier de Rosnay poursuivent dans la même veine sur Audio, Video, Disco, un album qui présente une musique house à la Daft Punk avec certains éléments un peu plus pop ou rock. Les synthétiseurs dominent toujours, mais on retrouve quelques riffs de guitare un peu plus présents que sur leur opus précédent. Les rythmes dansants demeurent évidemment une partie essentielle de l’album, surtout dans les excellentes pièces « Civilization », « Helix » et la chanson-titre. Encore une fois, le duo réussit à nous présenter un parfait mélange de genres qui demeure très solide au final. (janvier 2012)

Vidéoclips : « Civilization » - « Audio, Video, Disco »

Because / Warner

½

Michael Kaeshammer - Kaeshammer

Michael Kaeshammer - Kaeshammer

Originaire d’Allemagne, Michael Kaeshammer (prononcer case-hammer) est un pianiste virtuose canadien. Après le succès de Lovelight en 2009, il est de retour avec cet album éponyme, un court CD de 10 pièces et 36 minutes. Il nous propose une pop aux influences jazz, incluant des éléments de soul et de R&B. Majoritairement composé à Nashville et enregistré à Toronto, l’album comprend plusieurs collaborations. Entre autres, on retrouve la chanteuse soul / R&B Divine Brown sur « Heartbeat », ainsi que Jill Barber sur la ballade « Shalimar Wind ». L’album débute avec le premier extrait, la dynamique « Rendezvous », avant de se poursuivre avec l’excellente « Kisses in Zanzibar ». Même si Kaeshammer signe la plupart des compositions (avec divers collaborateurs), il nous présente aussi 2 reprises dont l’excellent instrumental « People Get Ready » de Curtis Mayfield, qui nous permet d’apprécier tout son talent au piano. Kaeshammer nous présente définitivement un album d’une grande efficacité, peut-être son meilleur en carrière. Avis aux amateurs de pop jazzy… (mai 2011)

Vidéoclip : « Rendezvous (live) »

Alert / SIX

½

Kaiser Chiefs - The Future is Medieval

Kaiser Chiefs - The Future is Medieval

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Quatrième album en six ans pour Kaiser Chiefs, ça ne traîne pas. Comme toujours, les albums des gars de Leeds sont difficiles à chroniquer. Le groupe, si explosif sur scène, peine encore à convaincre en studio malgré une série impressionnante de hits dont « Everyday I Love You Less and Less », « I Predict a Riot », « The Angry Mob » et « Ruby ». Sans être de purs chefs-d’œuvre, les trois premiers albums se défendent et ne se renient pas. Les Anglais ont une vraie capacité à mixer leur tambouille avec un tas d'ingrédients souvent réchauffés mais bigrement efficaces. The Future is Medieval ne fait pas exception mais semble aller plus loin, les Anglais affichent comme une volonté de sophistiquer leur musique. Mais d'abord, pour remettre les choses dans leur contexte, les Kaiser Chiefs ont pris l'initiative de poster vingt titres sur leur site. Chaque internaute est laissé libre de choisir dix morceaux afin de composer son propre album et personnaliser sa pochette, le tout pour une dizaine d'euros. Marketing quand tu nous tiens... Mais pour s'afficher dans les bacs, le groupe a lui aussi dû faire ses propres choix (chroniqués ici). Donc, les Kaiser Chiefs ont décidé d'évoluer, tout en restant en terrain connu piochant allègrement dans la britpop, le courant new wave, parfois dans l'électro et en affichant plus précisément ses influences (« Things Change » convoque Bowie). Déroutant, voire indigeste à la première écoute, et surtout moins immédiat que les précédents, The Future is Medieval est au final une bonne surprise. Avec ses sonorités plus futuristes, ses grosses lignes de basse, son chant maquillé et ses chansons plus alambiquées, l’album est clairement moins accessible mais aussi moins paresseux que ses prédécesseurs. De quoi laisser sur le bord de la route ceux qui louaient leur spontanéité. Mais c’est avec un plaisir coupable que les autres – ceux qui tendent l’oreille – profiteront des « Little Shocks », « Starts with Nothing », « Man on Mars » et des popesques « When All Is Quiet » et « Coming Up For Air » en oubliant les quelques ratés (« Heard It Break »). À écouter avant même de condamner. (septembre 2011)

½

Mat Kearney - Young Love

Mat Kearney - Young Love

Mat Kearney est un auteur-compositeur de l’Oregon, maintenant installé à Nashville, qui nous propose un solide mélange de rock alternatif, folk, pop et hip hop. Avec Young Love, Kearney nous arrive déjà avec son 4e album depuis 2004. Après différents essais, il semble maintenant avoir véritablement découvert son propre style et nous présente donc son album le plus accompli à ce jour. Il nous propose de douces mélodies pop sur des rythmiques toujours efficaces. Son talent de raconteur est indéniable et ce style de pop adulte lui va particulièrement bien. Il peut nous rappeler à l’occasion le côté séducteur de Bruno Mars et la capacité à fusionner le hip hop de Jason Mraz, mais Mat Kearney nous présente avant tout une musique originale avec des compositions de grande qualité. Peu de titres ressortent du lot, mais l’ensemble de 10 morceaux s’écoute magnifiquement du début à la fin. Sur Young Love, Mat Kearney nous offre une musique ensoleillée, parfaite pour vous faire oublier la grisaille automnale. (novembre 2011)

Vidéoclip : « Hey Mama »

Universal

½

Keren Ann - 101

Keren Ann - 101

Originaire d’Israël et ayant grandi en France, l’Américaine d’adoption poursuit son parcours dans la pop adulte atmosphérique. Pour son sixième album, Keren Ann choisit comme titre son chiffre fétiche, le 101. L’album a été créé suite au décès de son père et on peut en effet entendre cette influence tout au long du disque. On retrouve peut-être ici ses chansons les plus personnelles à ce jour, des chansons généralement douces qui tendent vers le folk en certaines occasions. Après le premier extrait, « My Name Is Trouble », bien peu de titres présentent un certain rythme. Heureusement qu’il y a « Sugar Mama » pour créer une certaine coupure un peu plus légère et nous faire pousser un soupir de soulagement, puisque l’album aurait pu sembler vraiment long sans elle. Keren Ann a non seulement écrit chacune des 10 pièces, mais elle réalise en plus l’album, conservant le contrôle complet de la préparation de son disque. Le résultat présente une belle intériorité et c’est précisément cette introspection qui peut rapidement devenir lassante. Même si l’album présente de bons moments, il y manque dramatiquement d’énergie, question d’éviter de nous endormir et de nous forcer à sauter certains titres. (mai 2011)

Vidéoclip : « My Name Is Trouble »

Blue Note / EMI / SIX

The Kills - Blood Pressures

The Kills - Blood Pressures

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

The Kills tient la cadence. En bon gestionnaire, le duo sort un album environ tous les trois ans sans plantage manifeste. Contrairement à Midnight Boom, Blood Pressures renvoie aux fondations du duo. Du rock garage, pesant avec un côté obsessionnel, un son rugueux et une atmosphère sombre certainement renforcée par la participation d’Alison Mosshart au sein des Dead Weather. Premier élément frappant, la complémentarité des deux chants croisés de VV (dont l’assurance est indéniable) et Jamie est saisissante. La sensualité est à son paroxysme, tel un couple d’amants libérés qui s’enflamment comme des torches humaines. C’est le point fort de ce Blood Pressures. Musicalement, les mélodies lancinantes et les riffs secs et tranchants de Jamie Hince côtoient une production plus massive et enrobée (« Baby Says »,  « Future Starts Now » ou « DNA »…). On ressent sans effort le côté monomaniaque de Jamie aux manettes… Mais Blood Pressures laisse au final une impression étrange. L’album est bien produit mais un peu trop lissé, les chansons sont bonnes et peu critiquables musicalement mais loin d’êtres géniales et le tout laisse une impression d’emprisonnement. Comme une voiture avec un gros moteur sous le capot, une sorte de bête féroce prête à rugir qui, au final, aurait été muselée. Et ça, ça laisse un léger goût amer… (juin 2011)

½

The Kooks - Junk of the Heart

The Kooks - Junk of the Heart

Le groupe indie rock The Kooks est né à Brighton en Angleterre en 2005. Après un deuxième album acclamé de la critique en 2008, Konk, voilà que le quatuor est de retour avec son 3e essai. Le mot essai est particulièrement bien choisi alors que le groupe sort définitivement de sa zone de confort sur Junk of the Heart. « Taking Pictures of You » expérimente avec la pop ambiante, alors que « Time Above the Earth » est une pièce totalement orchestrale. Les mélodies new wave et les rythmes reggae de « Runaway » ne sont pas sans nous rappeler The Police, pendant que « Eskimo Kiss » nous remémore les harmonies de The Kinks. Toutes ces comparaisons peuvent sembler bien intéressantes au premier abord, mais vous risquez malheureusement de ne pas écarquiller les yeux pour les bonnes raisons. Tout ce mélange de pop classique manque de cohérence et est surtout entouré de plusieurs compositions médiocres. Peu de titres réussiront véritablement à conserver votre intérêt. L’idée d’un virage pop ne semble pas être une mauvaise idée sur papier, mais le résultat est loin d’être convaincant. The Kooks viennent de tomber pour la première fois… (février 2012)

Vidéoclip : « Junk of the Heart (Happy) »

Virgin / EMI

½

Lenny Kravitz - Black and White America

Lenny Kravitz - Black and White America

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Contrairement à ce qui traîne ici ou là dans les médias, Black & White America n'est en aucun cas une version édulcorée du projet funk Negrophilia sur lequel Lenny travaille depuis quelques années. Kravitz lui-même dément et confirme que son nouvel album est un disque tout à fait différent de Negrophilia. Consensuel pour certains, ambitieux pour d'autres, il faut reconnaître que Black & White America est surtout un album audacieux. Plus hétéroclite encore qu'à l'accoutumé, l'album - le premier chez Roadrunner Records - compile 16 titres qui font le grand écart entre la pop, le rock, le funk, la soul et même le rap. Durant deux ans, Lenny s'est enfermé entre sa résidence des Bahamas et Paris pour composer et enregistrer ce neuvième album studio. Un disque très personnel, reflet de sa vie et son vécu, un « hommage à ma vie » confie-t-il. Le titre n'est pas innocent, Black & White America ne prend pas de détour pour aborder notamment le thème du racisme mais tout en gardant son optimisme mesuré. Musicalement, le disque est un paradoxe. Il recèle de morceaux vraiment réussis, exploitant le meilleur de la soul et du funk. Définitivement, lorsqu'il sort les cuivres et le groove, Kravitz est convaincant et foutrement inspiré (« Black & White America », la sensuelle « Superlove », « Looking Back On Love »). Ses velléités de rock star lui vont toujours tellement bien que les classiques « Come On Get It » et « Everything » sonnent justes. Si l'éclectisme musical est plutôt une bonne nouvelle, l'album souffre d'une inconstance dans la qualité des titres choisis. Les insipides « Rock City Life » et « In The Black » et, plus encore, l'incursion ratée dans l'univers hip hop avec Jay-ZBoongie Drop ») plombent considérablement la crédibilité et la cohérence de l'ensemble. Lenny tombe dans ses travers et expose ici son profil d'artiste schizophrène, souvent génial mais parfois capable de sombrer dans la banalité. (novembre 2011)

Kylie - Aphrodite (2011 Experience Edition) (CD + DVD)

Kylie - Aphrodite (2010) (2011 Experience Edition) (CD + DVD)

En 2010, Kylie Minogue nous présentait un album plus cohérent que son précédent avec Aphrodite (lire la chronique de septembre 2010). Comme on le fait de plus en plus, EMI nous propose maintenant une version améliorée de l’album, une édition Expérience. Cette réédition propose en prime un DVD contenant des performances en concert captées lors de sa tournée de 2009 en Amérique du Nord. Il inclut aussi le making of de son vidéoclip pour le succès « All the Lovers », l’arrière-scène de la séance de photos pour la pochette de l’album, ainsi qu’une galerie de photos. Le combo CD/DVD nous est présenté dans un superbe livre de 28 pages rempli de photos, incluant un autocollant en souvenir de l’album. Finalement, l’expérience se complète avec un accès exclusif en ligne incluant une entrevue avec Kylie. Le seul inconvénient de cette superbe édition est que le CD ne contient aucun contenu additionnel par rapport à l’édition originale. Les fans de Kylie apprécieront tout de même cette édition spéciale à ajouter à leur discographie. (mars 2012)

Vidéoclips : « All the Lovers » - « Get Outta My Way »

Parlophone / EMI

½

L - Initiale

L - Initiale

Le premier album de la chanteuse française Raphaële Lannadère (mieux connue sous son initiale L) est finalement disponible au Québec, après avoir remporté le prix Félix-Leclerc aux dernières Francofolies de La Rochelle. Alors qu’elle nous propose un son dans la plus pure tradition de la grande chanson française, très poétique, L aime s’inspirer de rock, de trip hop, de tango et de jazz. Même si elle nous offre ici son premier véritable album, L fait ses classes en solo depuis le début des années 2000, ayant repris de vénérables classiques de Piaf, Ferré, Brel, Barbara, etc. Par contre, elle se découvre vraiment à travers ses propres textes. Les arrangements d’Initiale sont toujours doux et mettent bien en évidence la voix et les textes de la chanteuse. On retrouve tout de même une certaine richesse musicale qui est plutôt agréable à l’oreille et crée une atmosphère particulière tout au long du disque. Pour les amateurs de chanson française, voici un album moderne qui risque fort de vous séduire. (novembre 2011)

Tôt ou Tard / SIX

½

Lady Gaga - Born This Way

Lady Gaga - Born This Way

Voici assurément l’un des albums les plus attendus de 2011, le 2e de Joanne Stefani Germanotta, mieux connue sous le pseudonyme de Lady Gaga. The Fame a en effet connu un succès planétaire en 2008-2009 avec des hits comme « Just Dance » et « Poker Face ». Par la suite, on a fait une surexploitation de l’excentrique chanteuse, lançant coup sur coup The Fame Monster (une version plus musclée de son premier disque incluant le succès « Bad Romance ») et The Remix (incluant des versions de club de ses succès). Faisant régulièrement parler d’elle par ses tenues théâtrales surprenantes, sa notoriété a atteint un sommet rarement égalé pour une artiste qui ne nous a en fait présenté qu’un seul véritable album. L’annonce dès janvier de la sortie de Born This Way en mai a donc créé une véritable hystérie chez ses fans. Elle leur a offert 3 simples pour les faire patienter (la chanson-titre, « Judas » et « The Edge of Glory »), mais ils n’ont qu’attiser la flamme, jusqu’à l’explosion finale, à moins que ce ne soit un pétard mouillé… Born This Way présente assurément la meilleure collection de hits de l’année par une seule et même chanteuse. Elle réussit son pari de présenter un mélange de disco et de rock sur des pièces à l’énergie inépuisable, basées sur une rythmique grandement entraînante. Par contre, le côté provocateur de la chanteuse que l’on retrouve constamment sur scène semble avoir été laissé de côté pour ce disque qui ne renverse aucune véritable barrière. Les influences des années 1980 sont plus qu’évidentes, Madonna en tête. Même que la mélodie de « Express Yourself » de la madone nous apparaît comme par magie dans rien de moins que 3 morceaux, dont la chanson-titre à succès. Chacune des pièces du disque a le potentiel de devenir un succès radio, mais l’ensemble manque juste ce qu’il faut de cohérence et de provocation pour répondre aux attentes immenses que l’on pouvait avoir envers ce nouvel album de Lady Gaga. Il demeure malgré tout l’un des meilleurs disques pop de l’année jusqu’à maintenant. (chronique principale de juillet 2011)

Vidéoclips : « Born This Way » - « Judas » - « The Edge of Glory »

Streamline / Interscope / Universal

½

Roxane de Lafontaine - Django Bell

Roxane de Lafontaine - Django Bell

Roxane de Lafontaine est une violoniste chevronnée qui possède une solide formation classique et qui a fait partie, de l’OSQ, de l’Orchestre métropolitain et de l’OSM. Elle nous offre ici un album jazz de Noël aux influences manouches. Django Bell est un court disque de 8 titres et 28 minutes qui comprend un mélange de classiques de la chanson française et québécoise, traitant surtout de l’hiver et du temps des Fêtes, ainsi que des classiques de Noël. L’album débute au violon avec la pièce-titre instrumentale en l’honneur de Django Reinhardt. On peut déjà voir une coupure de style avec la chanson suivante, « Père Noël, envoie-moi du pognon », une composition personnelle plutôt légère. On peut également entendre « Le Train du Nord » de Félix Leclerc au violon, suivie de la légèreté de « J’haïs l’hiver », popularisée par Dominique Michel. Les 3 dernières pièces du disque sont instrumentales, mais dans des styles passablement différents, du classique léger de Noël « Rockin’ Around the Christmas Tree » à l’incontournable « Amazing Grace » en passant par un titre de Michel Fugain, « Tout va changer ». On retrouve de très bons moments sur ce disque de Noël rafraîchissant. Le principal problème est qu’il semble aller dans toutes les directions sans uniformité. On y retrouve de grandes coupures de styles, ce qui devient rapidement agaçant. Django Bell est donc un album à écouter par morceaux. (décembre 2011)

Private Club / SIX

Éric Lapointe et l’OSM - Lapointe Symphonique

Éric Lapointe et l’OSM - Lapointe Symphonique

Dans le cadre des Francofolies de Montréal le 10 juin 2011, Éric Lapointe a réalisé un vieux rêve, soit celui d’interpréter ses chansons accompagné par l’Orchestre symphonique de Montréal, un des meilleurs orchestres symphoniques au monde. Enregistré à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, ce concert unique nous est présenté sur disque, juste à temps pour les cadeaux des Fêtes. On peut y entendre 13 des plus grands succès de Lapointe, arrangés par Scott Price, lui qui assure aussi la direction de l’OSM pour l’occasion. À notre plus grand plaisir, notre rockeur national est tout en voix pour cette performance, ce qui lui est plus difficile depuis quelques années. Les ballades et pièces mid-tempo de Lapointe semblent s’adapter parfaitement aux arrangements fusionnant le rock et l’orchestre symphonique. Ce sont évidemment ces chansons qui sont privilégiées ici par rapport aux pièces rock plus énergiques. Il n’y a que « Invitez les vautours » qui vient casser la baraque à l’avant-dernière pièce. L’album dure 60 minutes et l’émotion est bien présente jusqu’au bout. C’est donc un excellent disque que nous offrent Lapointe et l’OSM. Son seul défaut est qu’on ne peut y voir les images et qu’un DVD aurait été encore plus apprécié. (décembre 2011)

Instinct

Avril Lavigne - Goodbye Lullaby

Avril Lavigne - Goodbye Lullaby

Suite à son divorce avec Deryck Whibley de Sum 41, Avril Lavigne sentait le besoin de revenir à la réflexion avec un album plus introspectif. Elle l’avait déjà fait sur Under My Skin en 2004, mais elle pousse l’expérience un peu plus loin sur Goodbye Lullaby. Elle présente en effet toute une série de ballades et de pièces mid-tempo acoustiques. En fait, quelques rares moments nous ramènent à une ambiance festive et énergique telle qu’on pouvait retrouver sur l’excellent The Best Damn Thing. C’est le cas pour le premier extrait, « What the Hell », avec une belle énergie qui rappelle la période new wave des années 1980. « Smile » se différencie aussi du lot, alors que la meilleure ballade est certainement « Wish You Were Here ». Le problème avec Goodbye Lullaby, c’est qu’Avril est à son meilleur lorsqu’elle lâche son fou. Sa créativité descend d’un cran lorsqu’elle présente des pièces mid-tempo et des ballades et on a seulement envie d’ignorer certaines pièces pour avancer plus rapidement. C’est ce que beaucoup d’admirateurs feront à l’écoute de ce nouvel album, même s’il présente quelques bons moments. Je demeure convaincu qu’Avril Lavigne est encore trop jeune pour explorer la pop adulte, ce qu’elle avait déjà tenté dès son tout premier album. (chronique principale d'avril 2011)

Vidéoclip : « What the Hell »

Amos Lee - Mission Bell

Amos Lee - Mission Bell

Le chanteur et auteur-compositeur de Philadelphie nous revient avec un nouvel album, Mission Bell, 3 ans après Last Days at the Lodge. Il nous présente encore une fois un mélange parfait de néo-soul et de jazz contemporain, avec sa touche folk bien personnelle. Raconteur hors pair, Lee nous livre ses textes avec fluidité tout en séduisant son auditoire avec sa voix unique. C’est Joey Burns de Calexico qui assure la réalisation de Mission Bell, et les autres musiciens du groupe accompagnent Lee dans cette nouvelle aventure. Il peut également compter sur de nombreux collaborateurs dont Lucinda Williams et Willie Nelson. Les orchestrations sont riches sur ce nouvel album, ce qui permet de lui donner une ampleur qu’on connaissait peu jusque là de la part d’Amos Lee. Les mélodies demeurent évidemment d’une grande efficacité et Lee nous offre quelques solides compositions sur Mission Bell. Tous ces éléments mis en place ont permis à l’album d’atteindre le sommet du top 200 du Billboard à sa première semaine sur le marché, donnant du même coup les meilleurs résultats de la carrière de l’artiste. Malheureusement, le côté crooner de Lee passe parfois devant la qualité des compositions qui ne sont pas toujours à la hauteur de la créativité attendue. L’ensemble est extrêmement bien ficelé et plaira assurément à ses fans, mais Amos Lee aurait aussi tout intérêt à s’entourer de collaborateurs pour l’aider dans l’écriture musicale. Mission Bell représente malgré tout un pas dans la bonne direction par rapport à l’album précédent. (mars 2011)

Vidéoclip : « Windows Are Rolled Down »

Blue Note / EMI

Patrick Lehman - The Electric Soul Kitchen Vol. 1

Patrick Lehman - The Electric Soul Kitchen Vol. 1

Diplômé en chant classique et détenteur d’un baccalauréat en musique, le Montréalais Patrick Lehman est avant tout un amoureux de la musique. Ses influences sont très variées et vont du gospel au rock ‘n’ roll en passant par le soul, le R&B, le jazz, le blues, et même le funk. Lehman a remporté en 2010 la première place au concours de la relève du Festiblues international de Montréal, avant de signer un contrat avec Justin Time Records. Il nous présente ici un premier mini-album de 5 pièces plus une intro totalisant moins de 25 minutes. Sur cet enregistrement, Lehman met surtout de l’avant ses influences soul classiques, solidement appuyées par sa voix remplie d’assurance. Il possède un talent indéniable pour nous livrer des mélodies chaudes et inoubliables. Un premier album de sa part risque d’être grandement attendu. Voici un nouveau talent à surveiller de très près… (mai 2011)

Vidéoclips : « Pain Free » - « Prove Myself To You »

Justin Time / SIX

½

Letlive - Fake History

Letlive - Fake History

Letlive est un groupe post-hardcore de Los Angeles qui existe depuis presque 10 ans. Après 2 albums indépendants, Fake History est paru en 2010 sur l’étiquette Tragic Hero, avant que le groupe ne signe un contrat avec Epitaph. On nous présente donc ici une nouvelle édition de Fake History avec des pièces en boni. Ce qui différencie quelque peu Letlive de tous les autres groupes du genre, c’est leur utilisation de structures différentes et originales pour leurs compositions, plus inspirées du rock progressif que du punk, un peu à la façon de At the Drive-in. C’est donc un album qui vous tiendra hors d’équilibre du début à la fin. Cette nouvelle édition de Fake History contient 3 pièces en boni : « Hollywood, and she Did », « Lemon Party » et « This Mime (A Sex Symbol) ». Cette dernière a été réalisée par Brett Gurewitz, guitariste de Bad Religion, ainsi que président et cofondateur d’Epitaph Records. Letlive constitue assurément un groupe post-hardcore très intéressant dans le spectre musical de 2011. (juillet 2011)

Vidéoclip : « The Sick, Sick, 6.8 Billion »

Tragic Hero / Epitaph

½

Lights - Siberia

Lights - Siberia

Lights, de son vrai nom Valerie Poxleitner, est une jeune chanteuse de Toronto qui en est maintenant à son 2e album après le très bon The Listening paru il y a 2 ans. Elle va un peu plus loin sur Siberia ajoutant des éléments de hip hop, d’électro et de dubstep à sa pop mélodique et accrocheuse. L’ensemble du disque tourne autour des synthétiseurs, même si la rythmique rock est toujours bien présente en certaines occasions. L’ensemble est dynamique et riche, ce qui procure à Lights un large éventail musical grandement intéressant. La réalisation des membres de Holy Fuck, Brian Borcherdt et Graham Walsh, est sans bavures et permet à la fois d’enrichir la musique de Lights tout en mettant en valeur sa douce voix angélique. Les moments forts du disque se trouvent au début avec la chanson-titre, suivie de l’excellente « Where the Fence Is Low » et du classique instantané « Toes ». Par contre, l’ensemble des 14 pièces totalisant près d’une heure contient bien peu de faiblesses évidentes et s’écoute très bien jusqu’à la fin. Voici donc le meilleur album de cette jeune carrière extrêmement prometteuse. (janvier 2012)

Vidéoclips : « Siberia » - « Toes »

Last Gang / Universal

½

Lykke Li - Wounded Rhymes

Lykke Li - Wounded Rhymes

La chanteuse indie pop suédoise Lykke Li s’est d’abord fait remarquer sur la toile au début des années 2000 grâce à des chansons pop accrocheuses, entre autres sur MySpace. Elle a lancé un premier mini-album en 2007, Little Bit, avant de présenter un premier album complet en 2008, Youth Novels, qui a été acclamé de la critique. Trois ans plus tard, la jeune chanteuse maintenant âgée de 25 ans récidive avec Wounded Rhymes. Ce nouveau disque demeure totalement alternatif, malgré une sensibilité pop certaine. Sa voix généralement douce peut prendre une tangente un peu plus dure en certaines occasions, solidement appuyée par une musique à tendance rock, par exemple sur l’excellente « Rich Kids Blues ». Elle montre aussi sa grande influence des groupes de filles des années 1960, comme sur « Sadness is a Blessing », une pièce grandiose à la Phil Spector. La voix de Li est parfois multipliée, ce qui crée carrément l’effet d’une chorale. Même si le son de l’ensemble du disque est beaucoup plus rempli que sur son précédent, la réalisation de Bjorn Yttling (de Peter Bjorn and John) peut sembler un peu trop sobre en différentes occasions, nous forçant même à monter le volume pour mieux l’entendre chanter. Malgré quelques moments un peu moins marquants, ce 2e album de Lykke Li présente une musique de qualité qui lui permettra de faire un pas en avant. (mai 2011)

Vidéoclip : « Sadness is a Blessing »

Atlantic / Warner

½

Living With Lions - Holy Shit

Living With Lions - Holy Shit

Dès sa sortie, le nouvel album du groupe punk de Vancouver Living With Lions a causé bien des remous avec son titre et sa pochette. Holy Shit fait en effet directement référence à la bible (Holy Bible), ce qui a choqué plus d’un citoyen de la droite religieuse. L’avantage que cette controverse aura eu, c’est de donner une certaine visibilité au groupe qui demeurait enfermé dans l’underground depuis ses débuts. Le groupe nous propose une musique punk mélodique plutôt moyenne qui ressemble à des dizaines d’autres groupes du genre, sans vraiment réussir à s’en distinguer. Le principal problème de l’album est qu’il n’y a aucun lien entre la pochette et le contenu, qui demeure plutôt dans les thèmes habituels du pop punk (les filles, l’adolescence, la nostalgie de la jeunesse). Living With Lions nous offre donc un pop punk commun, qui est dynamique et bien joué, mais qui ne révolutionne rien et qui sera vite oublié. C’est dommage, parce qu’ils avaient créé des attentes avec leur pochette provocatrice… (septembre 2011)

Vidéoclip : « Honesty, Honestly »

Adeline

Lloyd - King of Hearts

Lloyd - King of Hearts

Lloyd est un chanteur R&B grandement influencé par Michael Jackson (en plus d’avoir une voix qui nous le rappelle bien souvent). King of Hearts est son 4e album et assurément son plus solide à ce jour. Le succès « Lay It Down » a été lancé à la fin de l’été 2010, 10 mois avant la sortie de son nouvel album. Le disque contient aussi d’autres pièces remarquables comme « Jigsaw », « Cupid » (dans le plus pur style des ballades de Michael Jackson) et ma préférée, l’énergique « Dedication To My Ex (Miss That) ». Les compositions sont efficaces et originales, et l’ensemble du disque est parfaitement équilibré pour en faire un album solide jusqu’à la fin. Voici donc un très bon disque de R&B, un disque qui se retrouve certainement parmi les meilleurs de l’année. (octobre 2011)

Vidéoclips : « Lay It Down » - « Dedication To My Ex (Miss That) » - « Cupid »

Interscope / Universal

LMFAO - Sorry for Party Rocking

LMFAO - Sorry for Party Rocking

LMFAO est un duo de Los Angeles qui a débuté en 2007 en proposant un rap humoristique. Après un premier album qui a réussi à capter quelque peu l’attention, LMFAO nous offre la bombe commerciale par excellence avec son nouveau disque, Sorry for Party Rocking et l’immense succès radio « Party Rock Anthem ». Son électronique à l’européenne est appuyée par des rythmes particulièrement dansants, une musique idéale pour faire la fête. L’humour fait toujours évidemment partie intégrante de leur musique et pour les textes intelligents, vous devrez assurément vous tourner vers un autre groupe. Par contre, les rythmes incessants du duo réussiront certainement à vous délier les jambes. En fait, la plupart des titres inclus sont tout désignés pour les clubs de nuit et ont ce qu’il faut pour enflammer les planchers de danse. Will.i.am agit à titre de producteur exécutif pour Sorry for Party Rocking, qui constitue peut-être l’album dance de l’année jusqu’à maintenant. (août 2011)

Vidéoclips : « Party Rock Anthem » - « Champagne Showers »

Interscope / Universal

½

Jennifer Lopez - LOVE?

Jennifer Lopez - LOVE?

Ce nouvel album de Jennifer Lopez n’était pas encore su