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A - AC/DC - AfroCubism - Against Me! - Aguilera, Christina - Airbourne - Akhenaton - Allison, Mose - Arcade Fire - Auf der Maur, Melissa - Avenged Sevenfold -

B - Bad Religion - Badu, Erykah - Band of Horses - Barlow, Emilie-Claire - Bélanger, Guy - Bieber, Justin - Big Boi - Black Box Revelation, The - Black Dub - Black Eyed Peas, The - Black Keys, The - Bran Van 3000 - Braxton, Toni - Bring Me The Horizon - Broken Bells -

C - Cali - Calliari, Marco - Carreau, Stéphane - Celtic Woman - Charlap, Bill & Rosnes, Renee - Ciara - Cirque du Soleil - Clapton, Eric - Coheed and Cambria - Collins, Phil - Crow, Sheryl - Cyrus, Miley -

D - Damned Things, The - Danger Mouse and Sparklehorse - Daran - Dead Weather, The - Deftones - De Temps Antan - Diddy-Dirty Money - Disturbed - Dobson, Fefe - Dr. Dog -

E - Eels (2) - Elias, Eliane - Eminem - Erickson, Roky - Evans, Kellylee -

F - Faccini, Piers - Factory, The - Favourite, Johnny - Fistful of Mercy - Flaming Lips, The - Florence K - Fonseca, Roberto - Forrest, Angel -

G - Galactic - Gaslight Anthem, The - Gorillaz - Goulding, Ellie - Greenhornes, The - Greenwood - Grinderman - Guilty Brothers Experience, The -

H - Heartsounds - Hendrix, Jimi - H.I.M. - Hole - Hollerado - Hombre -

I - Infected Mushroom - Interpol -

J - Jackson, Michael - Jaheim - James, Leela - Jazz Passengers, The - Jonas & The Massive Attraction - Jones, Norah - Jones, Oliver, Ranee Lee & Montreal Jubilation Gospel Choir -

K - Karkwa - Kent, Stacey - Ke$ha (2) - Kings of Leon - Kole, Hilary - Kylie -

L - LCD Soundsystem - Lidell, Jamie - Linkin Park -

M - Madonna - Manx, Harry - Manzanera, Phil - Marina & The Diamonds - Maroon 5 - Masri, Mark - Massive Attack - MC Mario - MGMT - Michaels, Bret - Milow - Monae, Janelle - Moran - Moran, Jason - Motion City Soundtrack - My Chemical Romance -

N - Nelly - Nouvelle Vague - Nozuka, Justin -

O - Off With Their Heads - Opium Baby - Orianthi - Osbourne, Ozzy -

P - Pacifika - Parkway Drive - Perry, Katy - Pet Shop Boys - Peyrac, Nicolas - Plant, Robert - Plants and Animals - Popp, Ben - Posner, Mike - Presley, Elvis -

R - Raphaël - Rihanna - Robyn - Rochette, Jeanne - Rocket To The Moon, A -

S - Santana - Scissor Sisters - Scorpions - Shakira - Skunk Anansie - Slackers, The - Slash - Small World Project - Staples, Mavis - Stone Temple Pilots - Story Of The Year - Stratosphere - Sullivan, Jazmine - Superbees, The -

T - Tankian, Serj - Tiersen, Yann - Tiësto -

U - Usher -

V - Veara - Vent du Nord, Le - Viola, Fredo -

W - Wainwright, Rufus - Walsh, Bob - We Are The In Crowd - Weezer - West, Kanye - Wilson, Cassandra - Winston, Charlie - Wintersleep -

Y - Yanofsky, Nikki -

Z - Zahra, Hindi -

COMPILATIONS - Dr. Tom ou la liberté en cavale

 

 

AC/DC - Iron Man 2

AC/DC - Iron Man 2

Après plus de 35 ans de carrière, le groupe rock n’ roll australien AC/DC semble vouloir éviter à tout prix de nous présenter une anthologie digne de ce nom qui ne présenterait que le meilleur du groupe. Une compilation de qualité, qui n’aurait d’autres choix que d’être un album double, est attendue des fans depuis les années 1980, mais le groupe continue à nous présenter des enregistrements en concert, des raretés, des compilations de vidéoclips sur DVD, etc. sans jamais offrir le meilleur des enregistrements studio du groupe. La bande sonore d’Iron Man 2 est le plus près que le groupe aura réussi à s’approcher d’une compilation de grands succès avec 15 titres s’étendant sur l’ensemble de leur carrière. Par contre, ne vous réjouissez pas trop vite, puisqu’on retrouve bien quelques classiques incontournables (« Shoot to Thrill », « Back in Black », « Thunderstruck », « Highway to Hell »), mais ils sont entourés de pièces avec moins de panache (« Cold Hearted Man », « Evil Walks », « Rock ‘n’ Roll Damnation »). En fait, le but de ce disque est d’accompagner le film rempli d’explosions et de testostérone qu’est Iron Man 2. Pour ce qui est de la testostérone, il n’y a pas à chercher longtemps de le répertoire du groupe pour trouver tout ce qu’il faut. Par contre, le choix de la musique d’AC/DC pour accompagner ce film d’adolescents de la nouvelle génération peut être grandement discutable. On voulait peut-être attirer leur père au cinéma avec eux… En conclusion, on ne peut encore une fois considérer cette compilation d’AC/DC comme une anthologie et il faudra continuer de prendre notre mal en patience. (juillet 2010)

Vidéoclips : « Highway to Hell » - « Thunderstruck »

Columbia / Sony

½

AfroCubism - AfroCubism

AfroCubism - AfroCubism

À la fin des années 1990, Ry Cooder a permis de faire découvrir la musique cubaine au monde entier en assemblant les meilleurs musiciens cubains au sein du Buena Vista Social Club. Sauf que le plan de départ devait aussi inclure Bassekou Kouyate et Djelimady Tounkara, deux des meilleurs musiciens du Mali. Ils n’ont pu se rendre à Cuba à la dernière minute pour une question de visas et ont donc été écartés du projet. Finalement, il aura fallu attendre 2010 pour qu’un amalgame entre Cuba et le Mali ait pu voir le jour et c’est sous le nom d’AfroCubism. Kouyate et Tounkara sont accompagnés de deux autres musiciens maliens, Toumani Diabaté et Lassana Diabaté (aucun lien de parenté). Le quatuor joint son talent aux Cubains Eliades Ochoa et Jorge Maturell. Les rythmes des deux cultures se fusionnent à la perfection pour en faire une musique afro-cubaine extrêmement efficace, même si la majorité de compositions maliennes font ressortir la dimension africaine de cette musique du monde. On y retrouve malgré tout de grands classiques cubains comme « La Culebra » de Beny Moré et l’incontournable « Guantanamera », dans une version instrumentale passablement différente de celle qu’on entend toujours. Voici donc un autre exemple que la fusion des cultures n’apporte que du positif à la musique. AfroCubism réussira assurément à réchauffer vos froides soirées d’hiver. (découverte du mois de décembre 2010)

Vidéoclip : Introduction

World Circuit / Nonesuch / Warner

½

Against Me! - White Crosses

Against Me! - White Crosses

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

C'est dit, c'est fait et en plus c'est indéniable. Depuis qu'ils sont passés sur une major (en l'occurrence Sire Records), les Floridiens ont changé. Et ils ont perdu en bollocks au passage... On ne peut décemment pas reprocher au groupe d’évoluer mais leur rock couillu aux essences punks, gavé de rythmiques dégénérées, est abandonné au profit d'une pop rock énergique dégageant à peine quelques vieilles effluves punks. Le virage était déjà amorcé sur New Wave qui bénéficiait par contre d'une brochette de gros titres d'une redoutable efficacité. Ce qui manque cruellement à ce White Crosses. Trop aseptisé et taillé pour les passages FM, l'album n'offre qu'une succession de morceaux un peu mal branlés, maladroits, enchaînant couplet-refrain avec une discipline militaire qui peine à fonctionner. Même le chant de Tom Gabel y perd de sa verve et de sa violence. Comme un lion en cage. L'exemple le plus édifiant reste le single « I Was a Teenage Anarchist » dont le thème pourrait évoquer un nouvel hymne fédérateur de la jeunesse rebelle. L'intro est compacte, vivifiante mais le refrain s'écroule lamentablement. Et une grande partie de White Crosses est dans la même lignée. Sans véritable orientation et trop peu de personnalité. Comme si les États-Unis avaient besoin d'une nouvelle machine à tube post punk. Green Day existe déjà Monsieur Gabel ! Et quand on emprunte aux Stooges et aux Sex Pistols (« Rapid Decompression »), on marche sur des oeufs qui souvent se brisent. En un mot comme en cent, ce White Crosses déçoit profondément et donne sans cesse raison à Jack White et consorts qui, pour survivre artistiquement, fuient les majors et créent leurs propres labels, juste pour rester dignes et garder leur liberté. (juillet 2010)

½

Christina Aguilera - Bionic

Christina Aguilera - Bionic

Suite à l’excellent Back to Basics en 2006, la pression était forte sur les frêles épaules de la chanteuse pop de New York. C’est peut-être ce qui explique le délai avant la sortie de Bionic. Alors que pour le précédent album elle y allait d’un style plutôt rétro de musique pop, cette fois-ci elle regarde vers l’avenir avec une pop électronique futuriste. Par contre, elle ne met pas pour autant de côté les styles qui l’ont fait connaître comme le R&B et la ballade. J’apprécie beaucoup plus Christina depuis qu’elle a laissé tombé les effets vocaux abracadabrants et j’aime particulièrement l’électronique que l’on introduit sur cet album à la production sans failles. On y retrouve suffisamment de pièces pop entraînantes pour satisfaire ses fans qui sont aussi amateurs de planchers de danse (« Not Myself Tonight », « Desnudate », « Glam »). En bout de ligne, Bionic est un album varié présentant un excellent mélange entre moments entraînants et moments introspectifs. C’est un album bien de son époque qui permettra à la diva d’affronter efficacement le tournant de la nouvelle décennie. (août 2010)

Vidéoclip : « Not Myself Tonight »

RCA / Sony

½

Airbourne - No Guts, No Glory

Airbourne - No Guts, No Glory

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Tu veux du gras, tu veux du lourd, tu veux de la sueur et de la bière gamin ? Tiens prends une goul’ d’Airbourne! Raccourci un peu rapide mais loin d’être trop caricatural. Car Airbourne en soit est une caricature. Un cliché du hard, pire encore, Airbourne ressemble à un tribute d’AC/DC. Les fans pardonneront (ou pas) la force de ces mots mais malgré le respect que l’on doit à tout un chacun, Airbourne n’a rien de sensationnel, strictement rien. L’engouement qu’avait suscité Runnin’ Wild le premier album était déjà exagéré mais ce No Guts, No Glory ne redore pas la blason des Australiens. Australiens? Eux aussi, comme AC/DC, quelle coïncidence (ou pas)? Clairement, Airbourne a été sevré à AC/DC ce qui, en soit, n’est pas un défaut bien au contraire. Alors quel est le problème? Dans la rythmique, dans les mimiques, dans les gimmicks voire dans les tics (vocaux), tout Airbourne pompe AC/DC. Impossible d’être objectif et de se détacher de la bande aux frères Young. On n’est plus dans l’influence, on frôle le plagiat ! Des formations comme Wolfmother, clairement influencées par AC/DC ou autres groupes 70’s (Led Zeppelin en tête) avaient eu le bon goût de s’appuyer sur le patrimoine rock pour se forger un style, un vrai. Airbourne n’a pas nuancé son approche, les frère O’Keeffe rendant un hommage, plutôt bien foutu, aux frangins Young. Mais pas de quoi fouetter un moustachu. Bien que, pour modérer un peu tous propos qui, trop extrêmes, n’auraient que peu de valeur, il faut bien reconnaître quelques qualités à ce disque. D’abord, Airbourne sait jouer. Ça va vite, ça envoie sévère, riffs et solos pleuvent par centaines. Joel O’Keeffe chante et s’égosille comme un cochon égorgé m’enfin, Brian Johnson ne fera pas mieux aujourd’hui. Quant à la production, elle ne fait pas dans la dentelle, genre « vlan dans ta gueule ». En 13 titres, Airbourne offre aux radios de quoi piocher quelques titres parfaits pour les ondes, de quoi cogner dur (« Born To Kill », le single « No Way But the Hard Way » ou « Steel Town ») avec refrains à l’appui. Bien, au final, que pourrait-on lui reprocher à part sa redoutable efficacité ? A peu près tout. No Guts, No Glory a tout pour diviser et tant mieux. Ceux qui ont aimé le premier, aimeront sans doute le second… Quant à ceux qui n’ont pas trouvé leur compte avec Runnin’ Wild, ils risquent d’aller faire tourner Let There Be Rock fissa. (avril 2010)

Vidéoclip : « No Way But the Hard Way »

½

Akhenaton - La face B (la bande originale du livre) (3 CD)

Akhenaton - La face B (la bande originale du livre) (3 CD)

Le rappeur et réalisateur marseillais Akhenaton (Philippe Fragione de son vrai nom), membre du populaire groupe rap français IAM, a présenté une autobiographie à ses fans, écrite en collaboration avec Éric Mandel. Il a voulu illustrer sa biographie en musique avec cette compilation sur 3 CD. On y retrouve une sélection de titres choisis dans sa carrière solo, mais aussi au sein de IAM. La compilation contient rien de moins que 45 pièces pour un total de plus de 200 minutes. Le désordre complet sur les 3 disques est certainement le point le plus négatif. Par contre, les fans d’Akhenaton et de IAM pourront assurément y entendre leurs morceaux favoris. (août 2010)

EMI / SIX

½

Mose Allison - The Way of the World

Mose Allison - The Way of the World

Après plus de 50 ans de carrière, le chanteur et pianiste Mose Allison est de retour sur disque, lui qui semblait pourtant à la retraite depuis 12 ans. Il revient sur l’étiquette Anti-, reconnue pour la créativité des albums qu’elle met en marché. En plus, Allison peut compter sur le troubadour de grand talent Joe Henry à la réalisation. C’est d’ailleurs Henry qui l’a convaincu de s’enfermer à nouveau dans un studio. Mose Allison nous propose donc 12 titres incluant 5 reprises et totalisant 35 minutes. Fidèle à lui-même, il navigue encore une fois allégrement entre jazz et blues. C’est d’ailleurs ce qui lui a valu le plus de critiques tout au long de sa carrière puisqu’il se retrouvait boudé par chacun des deux clans. Sur The Way of the World, Allison n’a rien perdu de sa fougue derrière le piano, malgré ses 82 ans. L’album débute en force avec « My Brain », une réécriture de « My Babe » de Willie Dixon. On découvrira des pièces solides tout au long du disque jusqu’à la finale, « This New Situation » de Buddy Johnson, sur laquelle Allison nous offre un superbe duo avec sa fille Amy. Voici un disque d’une impressionnante solidité par une véritable légende vivante… (juin 2010)

Anti- / Epitaph

½

Arcade Fire - The Suburbs

Arcade Fire - The Suburbs

Après nous avoir présenté un album exceptionnel en 2004 avec Funeral, le groupe montréalais Arcade Fire doit tenter de progresser avec tout un défi sur les bras, celui de nous offrir à nouveau un disque d’une telle qualité. Neon Bible nous amenait totalement ailleurs avec un album sombre, souvent difficile d’accès. Pour son 3e opus, le groupe revient à une mélancolie toute « banlieusarde », avec des mélodies simples, mais tellement efficaces. À l’écoute de la chanson-titre, on peut entendre une influence évidente des années 1960. La pop des années 1970 nous vient aussi en tête en plusieurs occasions avec un David Bowie qui ne se cache jamais bien loin derrière les influences du groupe. Pas surprenant que Bowie soit leur fan numéro un. Un peu moins théâtral que les disques précédents, The Suburbs présente moins de grandes envolées orchestrales pour se concentrer sur des enregistrements plus sobres, centrés sur les guitares et les mélodies. Malgré la grande mélancolie qui meuble l’album de 64 minutes, l’ensemble demeure lumineux, beaucoup moins sombre que Neon Bible. En ce sens, on peut le comparer un peu plus facilement avec leur chef-d’œuvre de 2004. Par contre, les 16 pièces ne sont pas toutes du même calibre et on aurait pu en retrancher quelques-unes pour donner encore plus de puissance au disque. On y retrouve tout de même un bon nombre de petits bijoux comme « Ready to Start », « Suburban War », « Sprawl II (Mountains Beyond Mountains) », magnifiquement interprétée par Régine Chassagne, et bien sûr la chanson-titre en ouverture avec une reprise en conclusion. Le groupe explore aussi quelques styles qu’on ne lui connaissait pas vraiment jusque là : le rock ‘n’ roll (« Month of May ») et le folk (« Wasted Hours »). Ce 3e enregistrement d’Arcade Fire constitue encore une fois une très belle réussite et il figurera assurément parmi les meilleurs de l’année, surtout après plusieurs écoutes additionnelles. (chronique principale de septembre 2010)

Vidéoclip : « Ready to Start »

Merge

Melissa Auf der Maur - Out of Our Minds

Melissa Auf der Maur - Out of Our Minds

Ancienne bassiste de Hole et des Smashing Pumpkins, la Montréalaise Melissa Auf der Maur nous revient avec un 2e album, 6 ans après son premier essai en solo. À l’époque, elle nous présentait une musique passablement lourde qui allait régulièrement piger dans le métal classique. Pour celui-ci, elle explore différentes textures musicales qui peuvent également s’avérer assez lourdes, mais généralement plus inspirées. Out of Our Minds est un album-concept, mais il va encore plus loin faisant partie d’un projet multi-plateformes, OOOM, intégrant un court métrage, une bande dessinée, un jeu vidéo, un site web, etc. Melissa laisse donc aller totalement son esprit créatif dans ce projet d’une grande originalité. Musicalement, l’album présente des pièces très solides comme la chanson-titre (le premier extrait), « Follow the Map », « 22 Below » et « Meet Me On the Dark Side ». La sombre « Father’s Grave » est également à souligner, surtout à cause du duo que nous offre Melissa avec Glenn Danzig, le légendaire chanteur des Misfits et de Danzig. La créativité de Out of Our Minds dépasse certainement celle de son premier disque. Les fans de la grande rousse risquent fort de crier au génie… (mai 2010)

Vidéoclip : « Out of Our Minds »

Phi

½

Avenged Sevenfold - Nightmare

Avenged Sevenfold - Nightmare

Suite au décès de leur batteur James Sullivan en 2009, Avenged Sevenfold a demandé l’aide du batteur de Dream Theater, Mike Portnoy, pour l’enregistrement de son 5e album. Le groupe poursuit dans la même direction que sur ses enregistrements précédents, intégrant ses influences métal britanniques à son style emo. L’album commence avec la chanson-titre, une pièce thrash metal d’une grande efficacité avec un riff qui n’est pas sans nous rappeler Megadeth. Malgré les nombreuses variations de styles tout au long du disque, les compositions ne sont pas toutes très originales et des moments décevants vous feront passer au titre suivant. « Buried Alive » est carrément un pastiche de « One » de Metallica qui rencontrerait « Cemetary Gates » de Pantera, avant d’embarquer dans un autre riff à la Megadeth. Quant à « Victim », c’est une ballade qui nous amène tout droit vers Queensrÿche. Par contre, un point fort toujours bien présent chez Avenged Sevenfold : le chant de M. Shadows et le jeu des musiciens sont encore une fois irréprochables et n’ont rien à envier à tous les grands musiciens qui les ont inspirés par le passé. D’ailleurs, l’introduction ultra rapide de « Natural Born Killer » nécessite un talent qu’on ne retrouve pas toujours même chez les groupes spécialistes en speed metal. L’album se conclut avec une pièce solide de 11 minutes, « Save Me », en hommage à leur jeune compagnon disparu. Même si les 67 minutes du disque pourront vous paraître inégales, il y a suffisamment de points forts sur Nightmare pour conserver l’intérêt de leurs fans. Mais, comme c’était le cas pour leurs albums précédents, Avenged Sevenfold ne révolutionne encore rien. (octobre 2010)

Vidéoclip : « Nightmare »

Warner

Bad Religion - The Dissent of Man

Bad Religion - The Dissent of Man

2010 marque le 30e anniversaire du groupe punk californien et quel bon moment pour nous offrir son 15e album. La réalisation est à nouveau confiée à Joe Barresi (Tool, Queens of the Stone Age) qui avait aussi travaillé à New Maps of Hell, leur album précédent incluant des moments passablement agressifs. Cette fois-ci, on incorpore plusieurs pièces mid-tempo dans la lignée du premier extrait « The Devil in Stitches ». C’est donc en quelque sorte une évolution pour le groupe, même si leur son demeure facilement reconnaissable dès les premiers moments. Peu de titres réussissent à véritablement attirer notre attention et, malgré l’effort évident de nous présenter des compositions différentes de celles de leur passé, la magie d’il y a 20 ans n’y est plus. The Dissent of Man est un album honnête qui leur permettra sans honte de partir en tournée, mais il ne passera tout simplement pas à l’histoire. (décembre 2010)

Vidéoclip : « The Devil in Stitches (live) »

Epitaph

Erykah Badu - New Amerykah Part 2: Return of the Ankh

Erykah Badu - New Amerykah Part 2: Return of the Ankh

Depuis l’excellent Baduizm paru en 1997, aucun album d’Erykah Badu n’avait véritablement réussi à attirer mon attention jusqu’à New Amerykah Part 1: 4th World War en 2008. Deux ans plus tard, la chanteuse soul / R&B du Texas nous revient avec la suite. L’essentiel de Return of the Ankh a été enregistré lors des sessions pour le précédent disque. Erykah utilise habilement l’échantillonnage en différentes occasions, ce qui ajoute une belle richesse musicale à l’album. C’est le cas entre autres dans l’excellente « Turn Me Away (Get Munny) », qui utilise « You Can’t Turn Me Away » de Sylvia Striplin et « Get Money » de Junior M.A.F.I.A. Dans « Gone Baby, Don’t Be Long », elle utilise « Arrow Through Me » de Paul McCartney. Pour les nostalgiques de Baduizm, « Window Seat » est probablement celle qui se rapproche le plus du son de votre album préféré. Le CD se termine de façon plutôt spectaculaire avec « Out My Mind, Just In Time », une pièce de plus de 10 minutes en 3 mouvements qui commence en douceur, au piano, avant de se transformer en un soul / jazz psychédélique. Lorsque le tout se termine, on se dit qu’Erykah Badu réussit encore une fois à se renouveler et à nous présenter un album empreint de créativité. Sans égaler la partie 1, Return of the Ankh est un album de grande qualité, pas toujours facile d’accès, mais grandement intéressant quand même. (juillet 2010)

Vidéoclip : « Window Seat »

Universal Motown

½

Band of Horses - Infinite Arms

Band of Horses - Infinite Arms

Band of Horses est un groupe de rock alternatif de Seattle qui existe depuis 2004. Il nous propose un son rock généralement mid-tempo qui est inspiré des Flaming Lips et de REM. D’ailleurs, les effets planants qui meublent la première pièce, « Factory », nous rappellent aisément les Flaming Lips. Infinite Arms est leur 3e album et il présente possiblement un assemblage des meilleurs éléments que le groupe peut nous offrir. Le changement de personnel est aussi pour quelque chose dans l’évolution du groupe, puisque le seul membre original restant est Ben Bridwell. Les éléments de folk demeurent présents, mais le disque explore beaucoup plus un univers pop rock passablement accessible. La qualité des mélodies est tout à fait remarquable sur Infinite Arms, et c’est probablement là que le groupe nous apparaît au sommet de son art. Il se rapproche ainsi de l’univers de Brian Wilson. Voici donc un disque ensoleillé qui apportera un peu de chaleur dans vos soirées froides d’hiver. (novembre 2010)

Vidéoclips : « Laredo » - « Blue Beard »

Columbia / Sony

½

Emilie-Claire Barlow - The Beat Goes On

Emilie-Claire Barlow - The Beat Goes On

Après avoir exploré la musique américaine des années 1930 et 1940 sur ses albums précédents, voilà que l’interprète et arrangeuse jazz de Toronto s’attaque au répertoire des années 1960. Ce nouveau disque d’Emilie-Claire Barlow a l’avantage qu’on connaît un peu plus les titres présentés avec des succès de Donovan, Neil Sedaka, Bob Dylan, Sonny and Cher, Carole King, Stevie Wonder, etc. On ne peut également passer sous silence l’excellente « Raindrops Keep Falling on My Head » de Burt Bacharach qui ouvre le programme de magnifique façon et réussit parfaitement à nous convaincre de poursuivre l’écoute. Par ailleurs, Emilie-Claire se permet de visiter le répertoire québécois francophone avec le succès « Comme je crie, comme je chante » de Pauline Julien et « T’es pas un autre » de Claude Gauthier, une adaptation de « Until It’s Time For You To Go » de Buffy Sainte-Marie qu’on peut aussi entendre ici. La voix douce et séduisante d’Emilie-Claire Barlow nous permet de redécouvrir ces classiques des années 1960 revisités de manière unique. Voici donc un album de jazz extrêmement efficace, sexy et accessible qui a tout le potentiel pour atteindre un large auditoire. (février 2011)

Empress / E1 / SIX

½

Guy Bélanger - Crossroads

Guy Bélanger - Crossroads

Après un premier album acclamé de la critique en 2008, l’harmoniciste Guy Bélanger est de retour avec Crossroads. Avec 15 titres de blues alternant entre pièces instrumentales et chansons, entre compositions originales et classiques du genre, l’album nous amène dans différents univers simplement liés par l’harmonica. Parmi les reprises de classiques, notons « Don’t Try To Explain » de Keb’ Mo, magnifiquement interprétée par Kim Richardson, « Who’s Been Talkin’ » de Howlin’ Wolf, ainsi que « Blue » de Lucinda Williams mettant en vedette la voix d’Éric Lapointe et la guitare de Steve Hill. Même si quelques compositions ne sont peut-être pas à la hauteur du virtuose, l’ensemble s’écoute tout doucement jusqu’au bout. Voici donc un excellent disque pour réchauffer vos froides soirées d’hiver. (décembre 2010)

Bros / SIX

½

Justin Bieber - My World 2.0

Justin Bieber - My World 2.0

Le jeune Ontarien a été découvert par Usher et a enregistré son premier album l’an passé alors qu’il n’était âgé que de 15 ans. Devenu rapidement la nouvelle sensation pop canadienne, Bieber revient déjà avec son 2e disque, seulement quelques mois plus tard. En fait, comme son premier disque ne durait que 25 minutes, My World 2.0 sert en quelque sorte de 2e partie au premier disque pour former un ensemble d’un peu plus de 60 minutes. Il nous offre une pop adolescente légère, mais grandement efficace avec d’excellents rythmes aux influences R&B et des mélodies inoubliables. Certaines ballades plus adultes semblent beaucoup moins pertinentes lorsqu’on se souvient que c’est un garçon de 16 ans qui les interprète. Par contre, les moments de pop dansante sont de grande qualité, comme dans l’excellente « Eenie Meenie » qui met en vedette Sean Kingston. (juin 2010)

Vidéoclips : « Baby » - « Never Let You Go » - « Eenie Meenie »

Island / Universal

Big Boi - Sir Lucious Left Foot… The Son of Chico Dusty

Big Boi - Sir Lucious Left Foot… The Son of Chico Dusty

Il aura fallu quelques années à ce membre d’Outkast pour produire son véritable premier album. Un changement d’étiquette et de nombreuses fuites ont en effet retardé tout le processus. Mais le voici enfin ce disque tant attendu des amateurs de rap. Sir Lucious Left Foot… nous présente un rap extrêmement créatif avec des pièces courtes d’une grande efficacité. Il est très varié et particulièrement riche musicalement avec un bon mélange de hip hop et de R&B. « Turns Me On » nous séduit rapidement avant les excellents succès « Follow Us » et « Shutterbugg ». Le rythme unique de « Tangerine » en fait également l’une de nos favorites, et elle possède tout ce qu’il faut pour devenir un grand succès. Big Boi nous présente un album intelligent et divertissant à la fois, probablement le meilleur disque rap de l’année jusqu’à maintenant. N’hésitez pas une seconde! (découverte du mois de septembre 2010)

Vidéoclips : « Follow Us » - « Shutterbugg » - « Shine Blockas »

Def Jam / Universal

The Black Box Revelation - Silver Threats

The Black Box Revelation - Silver Threats

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Un binôme garage punk, ça c’est original. Fallait y penser, car de mémoire de poisson rouge, on n’a pas dû en voir depuis… le mois dernier ? Trêve de cynisme, c’est vrai que depuis les White Stripes, les Kills, les Black Keys ou plus récemment les Blood Red Shoes, on aura bouffé du binôme pour un bon paquet d’années. Plus original, les Black Box Revelation, eux, sont belges. Un bon moyen encore pour nos amis du plat pays de montrer encore et toujours leur culture rock et leur attachement au gros son. Passés ces poncifs, le duo, pour son deuxième album, s’offre une nouvelle fois une incursion dans le monde de la pop anglaise et du garage américain.

Inutile de préciser, car tout le monde s’en fout, que Silver Threats est un casse tête pour le (modeste) rock critic. Que dire d’un album qui empile les riffs, les hurlements primaires et chants désinvoltes et les coups de matraque sur fûts de bière ? Un peu l’impression d’avoir écrit ça cent fois car comme une impression d’avoir écouté ça cent fois. Mais pas tout à fait. Certes, Jan et Dries servent un rock un peu tiède, crade et légèrement saccadé, mais ils le servent avec une vraie personnalité et un sens aigu du garage et du psychédélique. Rien de transcendant, mais est-ce le but recherché… Tu voulais du rock n’ roll en ouvrant la galette mon ami ? Tiens ben prends-en et ne gaspille pas. Tu voulais de l’amuse-gueule pour te mettre en appétit ? Enfile-toi « High On A Wire » et « Where All This Mess Begun ». Tu voulais du lourd et du bourratif en plat de résistance ? Ne rate pas « You Better Get In Touch With The Devil » et « Run Wild ». Pour finir et t’exploser le bide, n’oublie pas « 5 O’Clock Turn Back The Time ». Un menu complet avec un « Here Come The Kicks » au café pour faire passer le tout. En gros, Silver Threats est un album pour chérubin ou soixantuitard en mal des années 60. (mars 2010)

Black Dub - Black Dub

Black Dub - Black Dub

Black Dub est né de la rencontre entre le musicien et réalisateur Daniel Lanois et la chanteuse / claviériste Trixie Whitley (fille du regretté Chris Whitley). Le quatuor est complété par le bassiste Daryl Johnson et le batteur Brian Blade. Le projet a dû être reporté de quelques mois à l’été 2010 alors que Lanois a été victime d’un grave accident de moto. Black Dub nous propose un rock alternatif aux influences de soul, funk et folk. Généralement introspective, leur musique met l’accent sur les atmosphères particulières créées par Lanois accompagnées de la voix magnifique de Whitley. De nombreux effets et boucles musicales viennent grandement enrichir la musique du groupe, dans la plus pure tradition de Daniel Lanois. Malheureusement, l’envergure des arrangements prend souvent le dessus sur la voix de la chanteuse, et d’excellentes chansons soul se voient ainsi transformées en purs exercices de styles. On connaît depuis longtemps la passion de Lanois pour les expérimentations sonores de toutes sortes, mais Black Dub aurait grandement bénéficié d’une présence plus appuyée de sa superbe chanteuse, une très belle découverte. L’ensemble du disque présente malgré tout d’excellents moments, créatifs et joués de mains de maître. (découverte du mois de janvier 2011)

Vidéoclip : « Love Lives (live) »

Red Ink / Jive / Sony

½

The Black Eyed Peas - The Beginning

The Black Eyed Peas - The Beginning

Après la fin (The E.N.D. en 2009), voici maintenant le commencement (The Beginning). Un an et demi plus tard, le groupe revient exactement avec la même recette que pour l’album précédent : quelques hits monstres entourés de compositions plutôt communes, voire même insignifiantes. Mais pourquoi changer la recette quand vous venez d’obtenir le record pour la chanson la plus téléchargée de l’histoire (« I Gotta Feeling »)… The Beginning débute avec le succès de l’heure, « The Time (Dirty Bit) » (construite sur le succès de 1987 tiré du film Dirty Dancing, « (I’ve Had) The Time of My Life »). Le travail est déjà fait, ils l’auront leur prochain méga succès en téléchargements, aussi bien fermer boutique tout de suite… Dans les 11 titres suivants, on retrouve bien quelques bons moments comme « Someday », « Don’t Stop the Party », ainsi qu’une nouvelle collaboration avec David Guetta, « The Best One Yet (The Boy) ». Par contre, les faiblesses sont plus longues à énumérer. Encore une fois, ce sont les titres de rap qui sont les plus faibles, à croire que le groupe ne peut plus rien faire de bon si ce n’est pas un gros succès pop. On a l’impression que l’album a été lancé en vitesse parce qu’on sentait qu’on tenait quelques gros hits. En conclusion, en attendant une superbe compilation pop de la part des Black Eyed Peas, voici un autre album médiocre pour ce groupe qui a quand même réussi à pondre quelques-uns des plus gros succès radio de la dernière décennie. (chronique principale de janvier 2011)

Vidéoclip : « The Time (Dirty Bit) »

Interscope / Universal

½

The Black Keys - Brothers

The Black Keys - Brothers

Brothers est déjà le 6e album du duo minimaliste The Black Keys, qui existe pourtant depuis moins de 10 ans. Après leur album le plus faible avec Attack & Release en 2008 (possiblement leur seul moment de faiblesse à ce jour), voilà que le duo revient au sommet de son art. Les Black Keys laissent quelque peu de côté leurs tendances psychédéliques pour se concentrer sur les influences blues qui ont fait leur marque de commerce dès le début de leur carrière. On ne peut quand même pas parler de retour aux sources puisqu’ils font un autre pas en avant. Cette fois-ci, ils vont dans une direction un peu plus accessible et nous présentent enfin un véritable succès en « Tighten Up », grandement aidé par une publicité. En plus de plusieurs titres influencés des années 1960 comme « Unknown Brother », le duo reprend la pièce de Jerry Butler « Never Gonna Give You Up ». Sur Brothers, les Black Keys réussissent un véritable tour de force en fusionnant parfaitement des influences du passé à une musique moderne d’une grande originalité. Il ne reste qu’à applaudir… (septembre 2010)

Vidéoclip : « Tighten Up »

Nonesuch / Warner

Bran Van 3000 - The Garden

Bran Van 3000 - The Garden

James Di Salvio et sa bande sont de retour sur disque, 3 ans après Rosé. Le collectif reste à nouveau en territoire connu avec un mélange de hip hop et d’électronique ambiante. Les mélodies demeurent efficaces et les mauvaises langues pourront affirmer que le groupe n’a pas véritablement évolué depuis son succès de la fin des années 1990. Malgré un excellent album avec Rosé, Bran Van n’a pas obtenu le succès escompté, et parions que ce sera encore le cas avec The Garden. Tous les éléments d’un bon album de Bran Van 3000 sont réunis, même un tube potentiel avec l’excellente « Grace ». Par contre, elle ne peut être comparée au succès planétaire « Drinking in L.A. ». Le groupe réussit à créer une superbe ambiance tout au long du disque de 15 titres totalisant plus de 60 minutes. C’est une atmosphère légère, envoûtante et tellement agréable qu’on ne peut faire autrement que de sourire à un moment ou un autre. Bran Van 3000 ne bouscule aucune convention avec The Garden, mais il nous offre à nouveau un bon disque. Une édition de luxe inclut un 2e CD présentant toutes les pièces de l’album en version instrumentale. (décembre 2010)

Vidéoclip : « Grace (Love On the Block) »

Audiogram

½

Toni Braxton - Pulse

Toni Braxton - Pulse

Une des chanteuses R&B les plus populaires des années 1990, Toni Braxton est de retour avec un album de qualité, 5 ans après Libra. Il faut dire que la sortie de Pulse a dû être reportée de plus d’un an à cause de fuites sur Internet qui l’ont obligée à retourner en studio pour enregistrer plusieurs nouveaux morceaux. Des collaborations avec des artistes connus ont été également rejetées pour la version finale de l’album. Il restait donc bien peu d’espoir d’entendre un album solide avec des enregistrements disséqués de la sorte. Pourtant, Toni nous présente possiblement son disque le plus efficace depuis 10 ans. Pulse commence en force avec la ballade « Yesterday », un texte de rupture criant de vérité enrobé d’une mélodie carrément inoubliable. Par la suite, changement de cap total avec une pièce dansante toute aussi efficace, « Make My Heart », qui nous permet d’apprécier toutes les possibilités de sa voix puissante et chaude. L’album présente bien quelques ballades aux textes qui manquent d’originalité et tombent rapidement dans l’ennui, par contre l’ensemble demeure cohérent, mature et professionnel et nous offre des titres de grande qualité. À notre plus grand plaisir, on a su éviter le désastre tant anticipé… (juillet 2010)

Vidéoclip : « Yesterday »

Atlantic / Warner

½

Bring Me The Horizon - There Is a Hell, Believe Me I've Seen It, There is a Heaven, Let's Keep It a Secret

Bring Me The Horizon - There Is a Hell, Believe Me I've Seen It, There is a Heaven, Let's Keep It a Secret

Après le très bon Suicide Season lancé il y a 2 ans et qui a permis au groupe de se faire connaître des 2 côtés de l’Atlantique, voilà que le groupe de métal hardcore britannique est de retour avec un titre interminable (à vous de le lire). Le groupe revient à nouveau avec son mélange créatif de black metal et de screamo. Il réussit à fusionner parfaitement le punk hardcore avec la technique précise du métal pour en faire une musique originale qui réussit à aller au-delà de tout ce qu’on a pu entendre au cours des 30 dernières années comme musique agressive. Les arrangements subtils en studio, ainsi que l’ajout de violons et de chœurs religieux apportent une richesse additionnelle à leur musique qui est beaucoup moins unidimensionnelle qu’à leurs débuts. Avec There Is a Hell…, Bring Me The Horizon atteint un nouveau sommet. Le groupe réussira non seulement à satisfaire ses fans, mais aussi à faire tendre l’oreille aux amateurs de métal en général. (janvier 2011)

Vidéoclips : « It Never Ends » - « Anthem »

Epitaph

½

Broken Bells - Broken Bells

Broken Bells - Broken Bells

Broken Bells est un duo formé des célèbres James Mercer, chanteur et guitariste de The Shins, et Brian Burton, réalisateur et homme-orchestre mieux connu sous le nom de Danger Mouse (Beck, Gorillaz, Gnarls Barkley, etc.). Le duo a commencé à collaborer ensemble dès 2004, mais c’est en 2008 qu’ils ont vraiment débuté l’écriture et l’enregistrement de leur musique. Contrairement à ses projets passés, Burton laisse quelque peu de côté les échantillonnages pour se concentrer sur de vrais instruments. De son côté, Mercer exploite certaines possibilités de sa voix qu’il ignorait probablement lui-même jusque là. Le duo nous propose un son généralement indie rock, mais il explore aussi sans gêne la pop, comme par exemple sur l’excellente « The Ghost Inside » qui nous rappelle ce que Burton avait fait avec Gnarls Barkley. Le lien entre les deux hommes n’est pas complètement naturel et ça s’entend un peu trop sur ce 1er album qui va dans différentes directions. Certaines pistes semblent nous entraîner vers quelque chose de génial, mais on se perd souvent en route. Avec encore un peu plus de travail conjoint, le duo risque fort de nous offrir ce disque génial tant espéré lors de son prochain album. À surveiller… (juin 2010)

Vidéoclip : « The High Road »

Columbia / Sony

Cali - La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur

Cali - La vie est une truite arc-en-ciel qui nage dans mon cœur

Avec ce 4e album, le Français et Catalan Cali nous propose un album à la fois plus rock et plus introspectif. Ça pourra vous sembler bizarre, mais il va en effet un peu plus loin dans le rock d’aréna, grâce principalement à la guitare du Belge Geoffrey Burton. Par ailleurs, il s’aventure aussi dans des moments introspectifs très doux, rendant souvent hommage à un Léo Ferré. C’est dans ces moments qu’il nous présente un côté bien personnel, mais c’est aussi malheureusement là qu’il est le plus faible, sa voix ne rendant aucunement justice aux textes. Les passages rock ont au moins le mérite d’être généralement divertissants, même s’ils ne révolutionnent absolument pas le genre par leur originalité. Ils lui permettront tout de même de mettre de la vie dans l’immense tournée qui suivra. En conclusion, La vie est une truite… est un disque inégal qui manque désespérément d’une bonne ligne directrice. (février 2011)

Vidéoclip : « L’amour fou »

Virgin / EMI / SIX

½

Marco Calliari - Al Faro Est

Marco Calliari - Al Faro Est

Après 4 ans d’attente, le Québécois Marco Calliari poursuit son aventure italienne avec un 3e album inspiré de son pays d’origine. La principale différence par rapport au disque précédent est que, cette fois-ci, il n’y présente que de nouvelles compositions, plutôt que d’explorer les classiques italiens du 19e siècle à aujourd’hui. Il demeure par contre dans un style classique italien, style qui le définit maintenant totalement. L’album commence en force avec « Sierras, Cielo y Almas » et l’excellente « Per Fortuna ». Par la suite, « Ho un Amico » et quelques autres titres se démarquent assurément, mais l’ensemble demeure assez prévisible. Calliari se distingue totalement de tout ce qui se fait en musique dans les années 2010. Par contre, certaines de ses compositions sont un peu plus faibles. Al Faro Est demeure malgré tout un album de grande qualité qui plaira assurément à ses fans, même s’ils seront peut-être déçus de ne pas entendre de classiques. (mars 2011)

Vidéoclip : Introduction

Casa Nostra / Vega

Stéphane Carreau - In From the Cold

Stéphane Carreau - In From the Cold

Stéphane Carreau était le Stef dans Bet.e and Stef, le fameux duo jazz / bossa nova montréalais qui s’est séparé beaucoup trop prématurément en 2003. Le duo venait alors de nous présenter son meilleur album en carrière, Day by Day. Carreau se lance maintenant dans une carrière solo en tant qu’auteur, compositeur, guitariste, chanteur et même réalisateur et ingénieur de son. Guitariste jazz de formation, sa musique laisse encore transparaître ses influences bossa nova, mais il nous présente ici plusieurs autres influences : soul, électro, rock acoustique, etc. Il crée un univers à la fois intime et riche musicalement qui nous permet de découvrir plus que jamais sa voix. Carreau signe 9 des 12 titres offerts, les 3 autres présentant des interprétations toutes personnelles de pièces provenant de différents répertoires : « Protection » de Massive Attack, « Berimbau-Consolaçao » de Sergio Mendes et « Est-ce ainsi que les hommes vivent » de Léo Ferré. En bout de ligne, In From the Cold est un album qu’on apprécie grandement puisqu’il s’écoute bien en différentes circonstances. Très belle réussite! (découverte du mois de juillet 2010)

Papa Flavor / Outside / SIX

½

Celtic Woman - Songs From the Heart

Celtic Woman - Songs From the Heart

Celtic Woman est un groupe composé de 5 superbes jeunes femmes à la voix d’anges. Mais, la force créatrice derrière le groupe est en fait le réalisateur et arrangeur David Downes qui soude ces femmes ensemble malgré les changements fréquents de personnel. Songs From the Heart est leur 5e album qui nous présente à nouveau un mélange de chansons pop adulte contemporaines et de chansons traditionnelles celtiques accompagnées d’instruments d’époque, d’une chorale, de musiciens contemporains et d’un orchestre classique complet. Dès sa pièce d’ouverture, le classique de Sting « Fields of Gold », l’album s’annonce prometteur. Par contre, lorsque l’on entend les premières notes de la superbe « Amazing Grace », on sent une discordance et les 5 chanteuses sont incapables de rendre justice à cette pièce traditionnelle si puissante. La discordance entre les différentes pièces se poursuivra jusqu’à la fin, malgré quelques autres moments intéressants (« You’ll Be In My Heart » de Phil Collins). En fait, on a plutôt l’impression d’entendre un collage de reprises inégales, comme on pourrait entendre dans une super production sur scène, une sorte de bande sonore d’un spectacle de Broadway ou de Vegas. Les moments ennuyants le sont beaucoup trop pour qu’on puisse en arriver à apprécier l’ensemble. Voici donc un album décousu, surproduit et aux arrangements léchés à l’extrême. Les fans d’Enya y trouveront sûrement quelque chose d’intéressant, mais pour les autres, ne perdez pas votre temps… (novembre 2010)

Vidéoclips : « Fields of Gold (live) » - « Amazing Grace (live) »

Manhattan / EMI

Bill Charlap & Renee Rosnes - Double Portrait

Bill Charlap & Renee Rosnes - Double Portrait

Bill Charlap et Renee Rosnes se sont mariés en 2007. Les 2 pianistes de jazz ont souvent joué ensemble par le passé et voici venu le temps d’immortaliser leurs performances en duo. Ces artistes de grand talent prouvent ici que leur chimie ne se limite pas à leur couple. Ils sont tout aussi en symbiose lorsqu’ils unissent leurs pianos. Rien ne semble forcé et leur performance présente un naturel incomparable. Charlap et Rosnes interprètent plusieurs classiques jazz, à commencer par « My Man’s Gone Now » de Gershwin. Leur arrangement de « Chorinho » de Lyle Mays en ouverture est vraiment solide et donne le ton à l’album qui vous transportera dans un univers magique. On peut également entendre possiblement l’une des plus belles compositions de Renee Rosnes, « The Saros Cycle ». Finalement, Double Portrait se termine ironiquement par « Never Will I Marry » pour ce couple qui nous présente un album fusionnel de grande qualité. Un incontournable pour tout amateur de jazz instrumental et doux, puis il s’agit certainement de l’un des meilleurs albums de l’année dans le genre. (novembre 2010)

Blue Note / EMI

½

Ciara - Basic Instinct

Ciara - Basic Instinct

La chanteuse R&B Ciara nous offre son 4e album, Basic Instinct, avec la ferme intention de faire définitivement sa marque parmi les meilleures du genre. Elle y travaille principalement avec Terius « The Dream » Nash et Christopher « Tricky » Stewart, ceux-là mêmes qui ont contribué aux meilleurs titres de son album précédent, Fantasy Ride. Le résultat est son album le plus équilibré à ce jour alors que chaque morceau semble parfaitement imbriqué dans l’ensemble. Peu de pièces présentent de véritables faiblesses. Les arrangements mettent parfaitement en valeur les mélodies, sans jamais voler la vedette. Le seul reproche qu’on pourrait faire à Ciara est de ne pas oser suffisamment, alors qu’elle pourrait aisément amener la séduction et la provocation à un autre niveau. En ce sens, la majorité des pièces de l’album vous sembleront plutôt douces et plairont essentiellement aux fans du genre, sans véritablement capter l’attention d’un public plus large. Elle sort tout de même des sentiers battus avec l’excellente « Gimme Dat » et la pop européenne de « Turn It Up », en duo avec Usher. (février 2011)

Vidéoclips : « Ride » - « Basic Instinct » - « Speechless » - « Gimme Dat »

LaFace / Sony

½

Cirque du Soleil - OVO

Cirque du Soleil - OVO

À l’été 2009, le Cirque du Soleil nous présentait sa nouvelle création, OVO, sous le grand chapiteau du Vieux-Port de Montréal, puis à Québec. La troupe est présentement en tournée dans l’est américain et on nous offre maintenant l’album contenant la musique du spectacle. Le disque de 16 titres totalisant 74 minutes a entièrement été composé par Berna Ceppas, un compositeur et réalisateur brésilien qui a composé la musique de plusieurs films. Il réalise également l’album en compagnie d’Alain Vinet. Pour la première fois, le Cirque du Soleil explore les sonorités brésiliennes avec différents rythmes de samba et des sons électroniques. L’ensemble présente un bon mélange de pièces énergiques et ambiantes. Il est toujours bien difficile de créer la musique originale d’un spectacle et qu’elle demeure cohérente par elle-même sans le spectacle. Avec OVO, malgré quelques moments un peu plus faibles, on retrouve une certaine ligne directrice qui réussit à rendre l’ensemble passablement cohérent. Par contre, le disque est certainement plus efficace pour les gens qui ont déjà vu le spectacle et qui auront les images en tête en écoutant la musique. (juin 2010)

Vidéoclip : bande-annonce du spectacle

Justin Time / SIX

Eric Clapton - Clapton

Eric Clapton - Clapton

Une question nous vient rapidement en tête avec ce premier album solo de Clapton en 5 ans : pourquoi un album éponyme alors qu’il nous présente presque entièrement des reprises? Peut-être que c’est au niveau de l’interprétation vocale qu’on retrouve le vrai Eric Clapton, puisqu’il nous offre l’une de ses meilleures performances depuis longtemps. La guitare est plus éteinte par contre, souvent cachée derrière des arrangements un peu trop léchés. Clapton nous offre tout de même une interprétation remplie de simplicité de ces classiques blues et country qui l’ont influencé. Parmi les artistes invités, on retrouve Steve Winwood (son acolyte du temps de Blind Faith), Allen Toussaint, Wynton Marsalis, Sheryl Crow, Derek Trucks, ainsi que des membres du Preservation Hall Jazz Band. Sans révolutionner la musique, Clapton nous offre ici des interprétations agréables et tout en douceur qui risquent de plaire à pas mal de gens. (décembre 2010)

Reprise / Warner

½

Coheed and Cambria - Year of the Black Rainbow

Coheed and Cambria - Year of the Black Rainbow

Le groupe emo / progressif Coheed and Cambria nous présente son 5e album avec Year of the Black Rainbow. Leur thème demeurant toujours le même autour des Amory Wars, relatées dans les écrits de science-fiction du chanteur-guitariste Claudio Sanchez, on peut considérer qu’il s’agit du 5e volume d’un seul album-concept. Par contre, comme les 4 précédents disques de la série, l’album s’écoute très bien par lui-même, ce qui rassurera ceux qui n’ont pas tendu l’oreille vers les enregistrements précédents du groupe. Coheed and Cambria atteint possiblement le sommet de son art ici dans sa capacité à nous présenter un métal progressif extrêmement mélodique, un son qui n’est pas sans nous rappeler Queensrÿche. Le groupe est à son meilleur lorsque Sanchez joue la guitare en harmonie avec Travis Stever, à la façon des classiques du métal britannique Iron Maiden et Judas Priest. L’album débute avec une douce introduction qui nous conduit directement à l’excellente « The Broken ». « Here We Are Juggernaut » est un véritable hymne avec des mélodies inoubliables autant dans le refrain que les couplets. Le disque de 53 minutes se conclut avec la chanson-titre, une pièce de plus de 7 minutes qui atteint son climax avant la fin. Quelle belle façon de clôturer une aventure qui aura duré 8 ans à travers 5 albums. La question qu’il faut maintenant se poser, c’est comment le groupe pourra rebondir avec un autre projet original par la suite. (juillet 2010)

Vidéoclips : « The Broken » - « Here We Are Juggernaut »

Columbia / Sony

½

Phil Collins - Going Back

Phil Collins - Going Back

Avec Going Back, Phil Collins désirait se replonger dans son influence première, soit la musique de Motown. En plus, il voulait que le résultat final soit comparable à un album des années 1960. Il a embauché 3 survivants des Funk Brothers pour l’accompagner dans un studio en Suisse et il a joué presque de façon identique des classiques de l’époque et quelques titres moins connus. On en retrouve 18 au total, 25 dans la version de luxe. Leur fidélité à l’originale fait en sorte de nous replonger dans le passé, la seule touche unique à Collins étant sa voix. Les fans de Motown seront heureux de réentendre ces incontournables de l’histoire de la musique. Par contre, les reprises étant si semblables aux pièces originales, pourquoi ne pas simplement ressortir vos vieux disques? (décembre 2010)

Atlantic / Warner

Sheryl Crow - 100 Miles from Memphis

Sheryl Crow - 100 Miles from Memphis

Avec son nouvel album, Sheryl Crow nous donne l’impression de boucler la boucle. C’est que pour la première fois depuis son premier disque, Tuesday Night Music Club, elle nous présente une musique légère influencée par la pop des années 1960-70. Un peu de soul et un peu de reggae meublent ce CD aux couleurs d’une autre époque, mais qui bénéficie d’une production bien d’aujourd’hui. Le légendaire Keith Richards vient accompagner à la guitare la belle américaine sur « Eye To Eye », l’un des morceaux aux accents reggae. Elle reprend aussi de très belle façon le classique de Terence Trent D’Arby, « Sign Your Name », ainsi que celui des Jackson 5, « I Want You Back », à la toute fin. 100 Miles from Memphis est un album de 60 minutes extrêmement lumineux et plaisant à écouter, son meilleur disque depuis longtemps. (octobre 2010)

Vidéoclips : « Sign Your Name (live) » - « Summer Day »

A&M / Universal

½

Miley Cyrus - Can’t Be Tamed

Miley Cyrus - Can’t Be Tamed

Miley Cyrus est d’abord devenue une vedette dans la série de Disney, Hannah Montana. Elle est aussi la fille du chanteur country Billy Ray Cyrus. Maintenant âgée de 17 ans, l’adolescente nous propose déjà son 2e album. Can’t Be Tamed marque un renouveau pour Miley qui tente désespérément de se dissocier de son image de jeune fille innocente. C’est donc sexy et plus femme que jamais qu’elle nous arrive, avec un son qui se veut également plus adulte. La musique demeure pop, mais un peu plus sombre, et elle s’aventure quelque peu dans des territoires rock. Elle reprend même efficacement le classique de Poison de 1988, la ballade « Every Rose Has Its Thorn ». Malheureusement, ce côté un peu plus sombre enlève du plaisir à l’écoute de l’album. Ce sont des chansons pop efficaces, mais il semble qu’à trop essayer de changer de style, elle y perd toute sa joie de vivre. Les succès potentiels demeurent nombreux et il y a suffisamment de matériel accessible pour conserver une bonne partie de ses jeunes fans féminins. Elle possède également une voix solide et toutes les qualités nécessaires pour attirer l’attention du public de Ke$ha, Britney ou Katy Perry. Lorsqu’elle aura vraiment atteint cette maturité tant désirée, elle pourra donc aspirer aux grands honneurs. (septembre 2010)

Vidéoclip : « Can’t Be Tamed »

Hollywood / Universal

The Damned Things - Ironiclast

The Damned Things - Ironiclast

The Damned Things est un super groupe composé de membres d’Anthrax, Fall Out Boy et Everytime I Die qui ont décidé de se regrouper dans leurs temps libres. De prime abord, on a plutôt l’impression que le résultat sera bizarre avec un thrash metal qui se fusionnerait à un pop punk. Par contre, les 5 membres ont réussi le tour de force de faire ressortir les meilleurs éléments de chacun pour créer un son métal / post-hardcore avec certains éléments de hard rock, un peu à la Velvet Revolver. Scott Ian (Anthrax) fournit les riffs puissants au groupe qui présente une musique rock à la fois énergique et accessible. Keith Buckley (Everytime I Die) laisse tomber sa voix criarde habituelle pour plutôt nous offrir d’excellentes mélodies pop. Les compositions ne sont pas très complexes, mais sont toujours efficaces. De vraies bonnes chansons rock ‘n’ roll plaisantes à écouter jusqu’au bout… (découverte du mois de février 2011)

Vidéoclip : « We’ve Got a Situation Here »

Island Def Jam / Universal

½

Danger Mouse and Sparklehorse - Dark Night of the Soul

Danger Mouse and Sparklehorse - Dark Night of the Soul

Un projet présentant une musique de Danger Mouse en collaboration avec Mark Linkous de Sparklehorse et du visuel de David Lynch devait voir le jour en 2009. Par contre, des problèmes contractuels ont créé un délai dans le projet et Linkous a eu le temps de décéder pendant cette période d’attente. Le projet voit finalement le jour et présente en quelque sorte un hommage à Linkous, ainsi qu’à Vic Chesnutt, lui aussi disparu et qui collabore à une pièce de l’album. Pour chacun des titres du disque, on retrouve un chanteur invité, qui a aussi écrit les paroles. On peut donc entendre entre autres Jason Lytle (sur 2 pièces), James Mercer, Suzanne Vega, Black Francis, Julian Casablancas, Iggy Pop et, bien sûr, Vic Chesnutt. Il ne faut pas oublier non plus The Flaming Lips qui nous offrent la pièce d’ouverture, « Revenge ». Linkous et Lynch contribuent également à certains textes et voix. Les nombreuses collaborations de grands talents apportent une excellente richesse à l’album qui trouve son fil conducteur dans la musique de Danger Mouse et Mark Linkous. C’est donc un très bon album indie rock qui nous est offert ici, un album à la fois profond et sombre, mais qui nous présente aussi plusieurs moments grandement lumineux. (octobre 2010)

Vidéoclip : « Revenge (feat. The Flaming Lips) »

Parlophone / EMI

½

Daran - Couvert de poussière

Daran - Couvert de poussière

Avec Couvert de poussière, le rockeur français Daran nous présente une toute première compilation. On y trouve 6 morceaux tirés de ses albums dont « Via Felicita » et l’excellente « Augustin et Anita », mais on en trouve également 6 qui ont été réenregistrés en 2009 dont le succès « Dormir dehors ». On peut aussi entendre une chanson inédite qui n’est pas vilaine du tout, « Les filles qui font la gueule ». Par contre, la plus grande et la plus intéressante surprise de ce disque est la rencontre du musicien avec le bédéiste Michel Alzéal qui illustre la pochette en plus d’offrir une bande dessinée avec des textes de Daran. La bande dessinée est disponible dans une version de luxe de l’album et en ligne. Daran a connu un grand succès en spectacle au cours des derniers mois alors qu’il était accompagné sur scène par Alzéal qui réalisait une fresque en direct. Le principal défaut de la compilation est qu’on aurait préféré n’entendre que ses plus grands succès dans leur version originale. En plus, on peut détecter une variation de volume entre certaines pièces originales et les nouveaux enregistrements, ce qui peut être assez désagréable. (janvier 2011)

Scherzo / XIII BIS / SIX

The Dead Weather - Sea of Cowards

The Dead Weather - Sea of Cowards

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Sea of Cowards est arrivé comme Horehound, son prédécesseur, sans crier gard! En attendant un nouveau Kills, la remise sur pied des White Stripes ou des Raconteurs, Jack White et Alisson Mosshart enfoncent le clou, toujours accompagnés des indéboulonnables Dean Fertita et Jack Lawrence. Car en réalité, selon Jack White, The Dead Weather est un groupe, un vrai, une somme de personnalités qui forment un tout. Sans ego, sans calcul, où chacun écrit et compose. L’alchimie et le plaisir semblent être tels que le groupe sort déjà son deuxième disque en dix mois. 10 titres composés quasi immédiatement après la sortie du premier, durant la tournée et mûri durant ces mois. Toujours aussi apocalyptique, Sea of Cowards confirme que l’on n’avait pas entendu pareille musique vicieuse depuis Black Sabbath. Le chant emmêlé de Jack et Alisson donne un gros impact à cette musique déjà singulièrement puissante. Plus varié qu’Horehound, amenant un peu plus de groove, Sea of Cowards conserve des attributs à la fois modernes tout en valorisant les racines blues et les influences 70's. En définitive, Sea of Cowards est dans la lignée de son prédécesseur mais en plus bestial. Si Horehound n’était pas parfait, son successeur ne l’est guère plus. Les morceaux s’enchaînent même avec moins de surprise et moins de pertinence. Peut-on reprocher à Sea of Cowards son manque de hits? Pas sûr. Mais il lui manque tout de même quelques points d’ancrages, deux ou trois titres emblèmes… Car on peine parfois à se retrouver dans ce bordel organisé. (août 2010)

Vidéoclip : « Die by the Drop »

Deftones - Diamond Eyes

Deftones - Diamond Eyes

Voici le 6e album du groupe métal californien Deftones, un groupe qui existe depuis plus de 20 ans. Rien de leur part n’avait véritablement réussi à attirer mon attention depuis l’excellent White Pony paru il y a 10 ans. Les attentes s’avéraient donc plutôt grandes envers Diamond Eyes. Il aura fallu attendre 4 longues années depuis leur dernier disque, mais il faut dire que la malchance a frappé le groupe au cours de cette période. D’abord, le bassiste Chi Cheng a subi des blessures sévères lors d’un accident de voiture en novembre 2008, ce qui a forcé le groupe à prendre une pause, avant de poursuivre la tournée avec le bassiste de Quicksand, Sergio Vega. Ils ont même enregistré un album presque complet avec lui avant de le détruire. Sur Diamond Eyes, Deftones explore un peu plus les ambiances atmosphériques, même s’il ne laisse évidemment pas de côté bien longtemps son agressivité et son côté sombre. Les moments plus lumineux ou profonds viennent balancer l’agressivité brute caractéristique du groupe depuis le début de sa carrière. C’est donc un album mature qui amène Deftones ailleurs, dans un territoire inexploré jusque là. Même si peu de titres ressortent du lot, l’ensemble est grandement satisfaisant et il plaira aux amateurs d’une musique métal intelligente. (septembre 2010)

Vidéoclip : « Diamond Eyes »

Reprise / Warner

½

De Temps Antan - Les habits de papier

De Temps Antan - Les habits de papier

De Temps Antan est un trio traditionnel composé d’André Brunet, Éric Beaudry et Pierre-Luc Dupuis, 3 anciens membres de La Bottine Souriante. Formé en 2003, le groupe nous propose une très bonne exploration du répertoire traditionnel québécois, en plus de nous offrir quelques compositions originales. La réalisation d’Éloi Painchaud est irréprochable et contribue à transporter magnifiquement les classiques dans les années 2010. Cette qualité d’enregistrement, jumelée à la richesse des instrumentations, n’est pas sans nous rappeler les produits de qualité que pouvaient nous offrir La Bottine Souriante. La joie de vivre du trio est contagieuse et leur musique a tout ce qu’il faut pour animer les partys des Fêtes de nombreuses familles québécoises. (novembre 2010)

L-Abe / SIX

½

Diddy-Dirty Money - Last Train to Paris

Diddy-Dirty Money - Last Train to Paris

Le producteur Sean Combs (alias Diddy) nous présente pas mal de nouveautés avec ce nouvel enregistrement. Premièrement, il introduit en grand le duo féminin Dirty Money, composé de Kalenna Harper et Dawn Richard. Ensuite, il nous présente un album de rap sur une base de house, avec des influences européennes. Finalement, Last Train to Paris est un album-concept autour des brisures amoureuses. Les 2 filles de Dirty Money agissent plutôt à titre de chanteuses choristes ici, apportant un appui considérable au rap plutôt faible de Diddy. Musicalement, le disque se distingue agréablement de ce qu’a pu faire Diddy (ou P. Diddy ou Puff Daddy) auparavant, mais il se distingue également du travail de la plupart des rappeurs actuels. C’est certain qu’on peut voir cet album comme un simple coup promotionnel pour propulser Dirty Money au devant de la scène (et ça fonctionnera certainement). Par contre, l’album de 18 titres totalisant 73 minutes nous offre une musique de qualité du début à la fin sans grandes faiblesses. Quelques titres vous laisseront sûrement indifférents, mais l’ensemble est extrêmement solide et cohérent. Une belle surprise! (chronique principale de février 2011)

Vidéoclips : « Angels » - « Hello Good Morning » - « Loving You No More » - « Coming Home » - « Ass on the Floor » - « Someone To Love Me »

Bad Boy / Universal

½

Disturbed - Asylum

Disturbed - Asylum

Le groupe métal de Chicago Disturbed est de retour avec un 5e album en 10 ans. C’est avec un doux instrumental que débute ce nouvel enregistrement, dans la plus pure tradition de Metallica. Mais, dès la chanson-titre, les choses redeviennent sérieuses avec un riff de guitare efficace sur une section rythmique lourde et originale, le tout accompagné de la voix unique et saccadée de David Draiman. La recette éprouvée de Disturbed est encore bien présente sur Asylum avec une musique métal accessible, parfois même radiophonique. Quelques titres présentent des moments créatifs intéressants pour un groupe qui n’est pas reconnu pour sa grande originalité (« Asylum », « Another Way To Die », « Never Again »). Puis, grâce à une production irréprochable, on en vient à apprécier les pièces moins efficaces d’un point de vue créatif, puisqu’elles sont interprétées de main de maître. Le groupe se permet même de reprendre un classique de U2, « I Still Haven’t Found What I’m Looking For », qu’il camoufle habilement dans une pièce sans titre à la toute fin du disque. Asylum est un album efficace qui plaira assurément à leurs fans. (novembre 2010)

Vidéoclips : « Asylum » - « Another Way To Die »

Reprise / Warner

½

Fefe Dobson - Joy

Fefe Dobson - Joy

Après avoir percé à l’âge d’à peine 18 ans en 2003, la chanteuse Torontoise nous arrive maintenant avec un 3e album qui possède enfin tous les éléments pour la projeter à l’avant-scène. Fefe Dobson nous présente des chansons pop rock avec une belle énergie. Le succès « Ghost », réalisé par Kevin Rudolf, donne d’ailleurs très bien le ton à l’album dès son ouverture. Un peu plus loin, l’immense succès mid-tempo « Stutterin’ » viendra définitivement placer Fefe parmi les incontournables chanteuses pop rock des années 2010, aux côtés de P!nk et de Kelly Clarkson. « You Bitch », le succès indépendant « Watch Me Move » (enregistré avant son nouveau contrat de disque) et « I Want You » viennent ajouter à ce portrait déjà fort révélateur de l’évolution positive de la chanteuse. Fefe Dobson nous propose des mélodies pop mémorables et chaque pièce apporte un élément intéressant à l’album, malgré la simplicité de certaines compositions. Joy représente donc assurément son meilleur disque à ce jour. (mars 2011)

Vidéoclips : « Ghost » - « Stutterin’ » - « I Want You »

Island Def Jam / Universal

½

Dr. Dog - Shame, Shame

Dr. Dog - Shame, Shame

Après des années de travail ardu, le groupe de pop / rock alternatif de Philadelphie Dr. Dog peut enfin compter sur une production de qualité pour son premier album chez Anti. Musicalement, le groupe poursuit malgré tout dans la direction déjà bien établie, raffinant encore un peu plus son style basé sur le rock du début des années 1970. L’ajout d’un réalisateur extérieur pour la première fois en Rob Schnapf (Beck, Elliott Smith) aide grandement à peaufiner la musique très créative du groupe. Les harmonies vocales demeurent une force pour Dr. Dog qui nous offre de véritables petits bijoux de mélodies sur des musiques toujours originales. Pour les nostalgiques de la musique pop rock des années 1970 qui ont l’impression qu’il ne se fait plus rien de bon aujourd’hui, voici un album qui vous fera changer d’opinion. Je ne pourrais affirmer pour l’instant qu’il s’agit du meilleur album du groupe en carrière, mais avec la maturation, il se pourrait fort bien qu’on en arrive à cette conclusion. Un excellent disque! (juillet 2010)

Anti- / Epitaph

Eels - Tomorrow Morning

Eels - Tomorrow Morning

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

En 2010, Mark Oliver Everett continue son parcours artistique comme un autiste, oubliant les règles obscures d'une industrie musicale en pleine déroute. Désinvolte et surtout refermé sur sa vie et ses travers, E sort en à peine plus d'un an une trilogie composée de Hombre Lobo, End Times avant de se conclure sur Tomorrow Morning. Certains auraient pu souligner la déroute marketing d'une telle entreprise en 2010. Mais Everett en aurait déjà eu quelque chose à foutre? Rien n'est moins sûr. Everett avait composé les deux premiers en pleine période noire, disséminant quelques titres garages déchirants et ballades poignantes sur Hombre Lobo. End Times était moins reluisant, plus convenu, son inspiration semblait perdre son souffle. Plus ouvert, plus radieux et certainement mieux dans son esprit, E tente un virage optimiste sur cet acte ultime de la trilogie. L'ambiance est différente sur Tomorrow Morning, l'air y est plus respirable. Côté musique, le disque amène une nouvelle dimension. Loin de la brutalité de certains morceaux de Hombre Lobo, ici le souffle légèrement électro plane en quasi permanence pour soutenir les habituelles mélodies légèrement déchirantes de Eels. Mais Everett ne se limite pas sur ce disque. Touchant de près ou de loin au funk, au gospel, au hip hop, au folk et à la pop, il conclut cette trilogie avec un melting pot de styles donnant accès à une nouvelle palanquée de belles mélodies. Et même si Tomorrow Morning ne figure pas parmi les plus grandes réussites d'un Everett déjà respectable, il gagne en profondeur et en beauté au fil des écoutes et sans jamais s'épuiser malgré son tracklisting long comme le bras. (septembre 2010)

Eels - End Times

Eels - End Times

Tout juste 7 mois après l’excellent Hombre Lobo, Eels est déjà de retour avec un nouveau disque. Sur End Times, Mark « E » Everett s’ouvre totalement pour nous faire part de sa peur de vieillir, et seul par surcroît. Plusieurs titres sont interprétés en toute simplicité, guitare acoustique à la main (parfois au piano). Mais, certaines pièces viennent quand même ajouter un peu d’énergie à cet album qui pourrait sinon s’avérer passablement déprimant. Une pièce comme « Gone Man » par exemple n’est pas moins triste au niveau des textes, mais elle a au moins l’avantage de posséder un bon rythme rockabilly. Avec End Times, Everett nous présente possiblement son album le plus personnel à ce jour, un disque sur lequel il se donne totalement, malgré la douleur que ça peut lui procurer. Sans être aussi complet que Hombre Lobo, ce nouvel opus de Eels possède des qualités que plusieurs de leurs fans apprécieront. (mars 2010)

Vidéoclips : « In My Younger Days » - « End Times » - « Little Bird »

Vagrant / Universal

Eliane Elias - Eliane Elias Plays Live

Eliane Elias - Eliane Elias Plays Live

Après plus de 25 ans de carrière sur disque, la pianiste jazz brésilienne Eliane Elias nous propose un album en concert. Le disque de 70 minutes a quand même été enregistré il y a plusieurs années, soit le 31 mai 2002 à Amsterdam aux Pays-Bas. Elle est accompagnée sur scène du bassiste Marc Johnson et du batteur Joey Baron. Ce format en trio lui convient parfaitement, mettant l’accent sur l’émotion qu’elle réussit à dégager de son piano. L’album ne comprend que 7 morceaux dont plusieurs s’étendent sur plus de 10 minutes. Elle nous présente un medley de Gershwin / Lyra / Donato (« Embraceable You / But Not For Me / Jazz Influence / Who Knows »), une de ses compositions (« Bowing To Bud »), et complète le tout avec une pièce de 18 minutes de Jobim évidemment (« Desafinado »), une de ses muses de toujours. Avec cet enregistrement en concert, Eliane Elias nous propose un excellent album, qui démontre tout son talent. (février 2011)

Somethin' Else / Blue Note / EMI

½

Eminem - Recovery

Eminem - Recovery

Tout juste un an après Relapse, on s’attendait à un Relapse 2, mais il n’en est rien. Marshall Mathers nous présente plutôt un album passablement différent par rapport aux deux derniers. Il revient aux sources avec un rap très musical plus comparable à ses gros albums du début de la dernière décennie. La première chose qui nous frappe est qu’Eminem laisse finalement tomber les skits, ces petits intermèdes généralement inutiles qui ont toujours meublé ses albums ainsi que ceux de plusieurs rappeurs. Par contre, il nous présente encore un album long de 77 minutes comptant 17 titres. Les premières pièces nous font applaudir sa décision de revenir aux sources, particulièrement avec « Talkin’ 2 Myself » et son excellente guitare. « Won’t Back Down » présente d’autres éléments de rock, alors que P!nk accompagne le rappeur, puis « Going Through Changes » reprend le classique de Black Sabbath « Changes » pour en faire un rap touchant comme seul Mathers peut en produire. Plus tard, l’ensemble s’essouffle quelque peu avec des morceaux un peu plus faibles qui viennent malheureusement atténuer l’effet des pièces qui sont si bonnes. C’est dommage qu’Eminem s’entête à lancer des albums aussi longs, car si Recovery était charcuté de quelques titres, il pourrait probablement se tenir fièrement aux côtés de ses meilleurs albums en carrière. Il reste que Mathers nous présente son meilleur disque depuis The Eminem Show en 2002. (chronique principale d'août 2010)

Vidéoclip : « Not Afraid »

Aftermath / Interscope / Universal

½

Roky Erickson with Okkervil River - True Love Cast Out All Evil

Roky Erickson with Okkervil River - True Love Cast Out All Evil

Le Texan Roky Erickson est surtout reconnu pour sa folie et ses abus de drogues. Il a connu un certain succès sur la scène rock garage des années 1960 avant de disparaître de la circulation pendant une vingtaine d’années. Au cours de cette période marquée par une consommation de drogues vraiment abusive et de nombreux signes évidents de maladie mentale, il a passé plusieurs années en prison et en établissement psychiatrique. Au début des années 2000, il a finalement réussi à se débarrasser de ses démons et à laisser tomber la drogue. Il a alors renoué avec les éléments les plus positifs de son passé et est remonté sur scène. Pour cet album, Erickson, accompagné du groupe Okkervil River, a choisi et enregistré 12 titres parmi une soixantaine de pièces jamais parues auparavant, dont plusieurs parmi les meilleures qu’il ait jamais écrites. Le réalisateur Will Sheff d’Okkervil River a réussi un véritable tour de force en fusionnant ces pièces écrites à différentes époques, dont certaines en prison, pour en faire un thème cohérent sur la vie particulière d’Erickson. Certaines musiques ont été réarrangées totalement dans des orchestrations plus musclées pour les rendre plus dynamiques. En bout de ligne, ce qui aurait pu s’avérer être un simple album de raretés totalement décousu devient plutôt un disque solide du début à la fin, peut-être le meilleur de sa carrière solo. (août 2010)

Anti- / Epitaph

½

Kellylee Evans - Nina

Kellylee Evans - Nina

La chanteuse canadienne d’origine jamaïcaine Kellylee Evans en est à son 3e album, après avoir fait sensation avec ses deux précédents. Véritable star en France, celle qui a élu domicile à Ottawa possède un talent unique lorsqu’il s’agit de chanter du jazz avec une voix puissante qui met toujours en valeur sa personnalité. Sur Nina, Kellylee revisite le répertoire de la grande Nina Simone. Il faut tout de même être culottée pour s’attaquer à l’œuvre d’une artiste si admirée, sachant que les comparaisons seront inévitables. Elle réussit pourtant à donner un nouveau souffle aux chansons, à les mettre au goût du jour, à les faire siennes. C’est quand même tout un exploit que de réussir à capter notre intérêt avec des pièces entendues des centaines de fois dans différentes versions. Les arrangements musicaux sont sobres et parfaitement réalisés, puis ils laissent toute la place à cette superbe chanteuse au talent exceptionnel. Voici donc un album qui rend très bien hommage à la légende que représente Nina Simone. (novembre 2010)

Plus Loin / SIX

½

Piers Faccini - Two Grains of Sand

Piers Faccini - Two Grains of Sand

Un Britannique né de parents anglo-italiens, Piers Faccini a grandi en France. Il nous présente ici son 3e album après Leave No Trace (2004) et Tearing Sky (2006). Sur Two Grains of Sand, il travaille en solitaire, alors qu’il a carrément joué tous les rôles lors de la création et de l’enregistrement de l’album. Les enregistrements étaient acoustiques, presque en version démo, et il y a ensuite ajouté les autres instruments, toujours discrets. Il a tout de même demandé l’aide de Renaud Létang pour ajouter un peu de lumière à l’ensemble, mais plusieurs pièces sont demeurées près de la version originale dépouillée. C’est donc un album folk rock plutôt dénudé que nous propose Faccini, un album qui met avant tout en valeur les textes. Ces textes sont particulièrement poétiques, même s’ils ne sont pas toujours totalement originaux. Il est donc préférable de se laisser aller à la douce musique de Faccini qui vous entraînera dans un univers à la Bob Dylan du 21e siècle. (octobre 2010)

Vidéoclip : « The Wind That Blows »

Tôt ou Tard / Warner / SIX

The Factory - The Factory

The Factory - The Factory

The Factory est un groupe punk / new wave de Washington qui n’a fait que passer dans le paysage musical à la fin des années 1980. Après des tournées en première partie d’Iggy Pop, les Ramones, Public Image Ltd. et Johnny Thunders, le groupe s’est séparé en 1992, sans avoir pu lancer un album. Le président d’Acetate Records, Rick Ballard, a conservé un démo du groupe pendant 20 ans. Ayant découvert le groupe en ligne, il l’a immédiatement contacté pour discuter de la sortie d’un album. Leurs enregistrements ont donc été dépoussiérés et les voici enfin sur disque. « Self-Submission » démarre l’album en force avec un rock ‘n’ roll efficace influencé à la fois des New York Dolls et des Rolling Stones. On retrouve ce son en quelques occasions comme sur les très bonnes « Girl That I Want » et « Six Feet Down », mais on retrouve aussi malheureusement plusieurs compositions inintéressantes ou avec un son un peu trop démo. Pour les fans du punk des années 1980 seulement ou par simple curiosité… (décembre 2010)

Acetate / MVD

½

Johnny Favourite - Troubadour

Johnny Favourite - Troubadour

Après 6 ans d’exil à l’extérieur du Canada, dont une bonne partie comme marchand d’art dans le sud du Portugal et chanteur sur des bateaux de croisière, le chanteur crooner est de retour avec Troubadour. Il était parti suite à sa désillusion face à l’industrie musicale, ainsi qu’une peine d’amour, mais il espère bien que les choses seront différentes cette fois-ci. Dès les premières notes de ce nouvel album, on sent que le ténor n’a rien perdu de sa fougue et qu’il est toujours aussi habile pour interpréter à sa façon les classiques de la chanson américaine. Parmi les plus célèbres, notons « I Came So Far For Beauty » de Leonard Cohen et « The Fever » de Bruce Springsteen, mais on peut aussi entendre les excellentes « Careless Love » (en duo avec Jill Barber), « Cry Me a River » et « 22 Steps ». C’est une musique jazz très riche qui nous est offerte ici avec plusieurs instruments qui viennent accompagner parfaitement la voix du crooner. Même s’il s’est fait éclipser par Michael Bublé depuis son départ, Johnny Favourite possède tout autant de talent et nous présente un album d’une grande efficacité. (novembre 2010)

Curve / Sony / SIX

½

Fistful of Mercy - As I Call You Down

Fistful of Mercy - As I Call You Down

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Un groupe au nom inconnu mais aux noms connus ? Comment est-ce possible ? Le premier album de Fistful of Mercy est en fait le fruit de la collaboration de Joseph Arthur, Dhani « fils de George » Harrison et Ben Harper. Tels des Crosby, Stills & Nash du vingt et unième siècle, le trio arbore une pop folk aux relents sixties où voix et contre-voix s’emmêlent. La légende (oui déjà) raconte que Ben Harper invite Dhani Harrison à prêter main forte à Joseph Arthur pour son nouvel album… Les trois hommes se retrouvent en studio mais sans aucune matière. Le petit pari de ces grands hommes sera de pondre un album entier en trois jours. Sans trop y croire, Harper, Arthur et Harrison deviennent en fait Fistful of Mercy et composent les 9 titres de As I Call You Down. Le projet est tellement excitant que Joseph Arthur annule sa tournée solo (notamment en France) pour prendre la route avec Fistful of Mercy. Sur le fond, si chacun possède son univers, la rencontre pouvait paraître surprenante mais pas inopinée. Un super groupe de plus, peut-être, mais surtout un trio de mecs à la sensibilité sixties exacerbée et aux références pop avouées. Si les mélodies de nostalgiques aux ADN hippies reprennent les poncifs du folk et de la pop d’antan, les voix s’emmêlent inlassablement pour former un tout homogène d’une grande justesse. Fistful of Mercy est une nouvelle entité où les égos de chacun se mettent à la disposition d’un collectif. Alors en trois jours, se donner une identité avec neufs morceaux de choix, c’est déjà digne des grands. (décembre 2010)

½

The Flaming Lips - The Dark Side of the Moon

The Flaming Lips and Stardeath and White Dwarfs with Henry Rollins and Peaches -
The Dark Side of the Moon

Bien peu d’artistes ont le courage de s’attaquer à un classique comme The Dark Side of the Moon de Pink Floyd. Mais si un groupe peut se le permettre, c’est bien The Flaming Lips, un des groupes les plus respectés sur la scène alternative américaine. Accompagnés de Stardeath and White Dwarfs, ainsi que de Henry Rollins et Peaches, ils s’approprient véritablement ce chef-d’œuvre progressif et atmosphérique des années 1970. Certains passages sont plus rocks et plus bruts que l’original. On a même l’impression par moments (« Breathe ») qu’ils ont tenté de transporter The Dark Side of the Moon dans la période psychédélique de Pink Floyd dans les années 1960 alors qu’ils étaient dirigés par Syd Barrett. Peaches rend « The Great Gig in the Sky » unique et un peu bizarre, alors que les méga succès « Time » et « Money » prennent un tout autre sens. Malgré quelques écarts de conduite, le groupe réussit à rester fidèle à l’original tout en y mettant une touche tout à fait personnelle. Sans égaler d’aucune façon le classique de 1973, cette version de The Flaming Lips mérite qu’on s’y attarde, au moins par curiosité. (août 2010)

Warner

½

Florence K - Havana Angels

Florence K - Havana Angels

Avec Havana Angels, la talentueuse chanteuse québécoise nous offre la conclusion de sa trilogie havanaise amorcée magnifiquement en 2006 avec Bossa Blue et poursuivie en 2008 sur La Historia de Lola. Pour ce 3e disque studio, Florence K s’est déplacée à La Havane pour l’enregistrer avec de jeunes musiciens cubains débordants de talent. Ah oui, il faut aussi mentionner qu’il s’agit d’un album de Noël… Par contre, loin de tomber dans les interprétations insignifiantes qu’on entend plus souvent qu’autrement à ce moment de l’année, Florence nous sert un album de grande qualité dans son style habituel de musique du monde, aux accents cubains plus qu’évidents. Parmi les 13 titres présentés, elle nous offre 5 compositions originales dont « Havana Light » en duo avec le guitariste Jesse Cook, et la seule chanson en français, « La lune et la neige ». Elle revisite les classiques « Blue Christmas » et « Santa Baby », en plus d’écrire de nouveaux arrangements pour « I’ll Be Home for Christmas ». Elle donne un nouveau souffle à « Ohla Pro Céu » de Tom Jobim en compagnie de Walter Rios, en plus de s’approprier de belle façon « Have Yourself a Merry Little Christmas » en compagnie de Pancho Amat grâce à des arrangements de Juan Manuel Ceruto. Elle nous offre une version toute personnelle de la complainte amoureuse du roi Henri VIII, « Greensleeves », sans oublier une chanson popularisée par Mercedes Sosa, « La Peregrinacion », interprétée avec sa mère, la cantatrice Natalie Choquette, et Osvaldo Montes à la guitare, lui qui coréalise aussi le disque avec Florence. Finalement, elle nous offre « As I Went Down in the River to Pray », un chant traditionnel gospel américain qu’elle interprète avec le groupe Afro-cubain Sintesis. Voici donc un album de Noël rempli de chaleur (la chaleur cubaine), un album bien différent de ce à quoi on nous a habitué à cette période de l’année. En fait, il s’agit peut-être d’un des rares disques de Noël que l’on peut se permettre de jouer à longueur d’année… (décembre 2010)

Red Blues / Musicor

½

Roberto Fonseca - Akokan

Roberto Fonseca - Akokan

Roberto Fonseca est un pianiste virtuose cubain. Surtout connu pour son travail avec le légendaire Ibrahim Ferrer, il nous offrait en 2007 le superbe Zamazu, un album encensé par la critique à travers le monde. Il nous revient maintenant avec Akokan, un autre album de jazz contemporain brillant de maturité. Le disque a été enregistré dans les célèbres studios Egrem à La Havane avec des musiciens qui l’accompagnent déjà depuis plus de 12 ans. On peut également entendre les chanteurs invités Mayra Andrade et Raul Midon. Même si Fonseca se permet de chanter en différentes occasions, le piano demeure au cœur de cet album unique qui nous permet d’effectuer un véritable tour du monde en 55 minutes. Le jeu de Fonseca est impressionnant et il réussit à transmettre parfaitement l’émotion par l’intermédiaire des touches de son piano. L’album se rapproche plus du jazz contemporain que du jazz latin, mais le mélange de cultures qu’on y retrouve en fait en bout de ligne une musique bien personnelle. Akokan constitue donc encore une fois un album très réussi pour Roberto Fonseca, un disque qui plaira à tout amateur de piano contemporain. (octobre 2010)

Enja / Justin Time / SIX

½

Angel Forrest - Come Alive

Angel Forrest - Come Alive

Il y a déjà plus de 20 ans que la Québécoise Angel Forrest éblouit les foules avec sa musique blues et sa voix rauque. Surtout connue pour avoir interpréter Janis Joplin dans une comédie musicale à grand déploiement, elle a ensuite lancé Angel Sings Janis Live qui lui a permis d’élargir sa banque d’admirateurs. En 2005, elle nous proposait un premier disque de chansons originales en anglais, Here For You, qui s’est écoulé à plus de 15 000 exemplaires et a conquis le Canada. Elle nous revient 5 ans plus tard avec Come Alive, un album qui présente un très bon mélange de folk rock et de pop rock, et qui est du même coup accessible à un large public. Le blues se retrouve un peu moins au cœur de cet album, mais il n’est jamais bien loin. On peut la comparer en partie à Alannah Myles et à Melissa Etheridge. Pour Come Alive, Angel s’entoure à nouveau des guitaristes Denis Coulombe et Rob MacDonald qui co-écrivent aussi toutes les pièces avec elle. Voici donc un 5e disque solide de la part de cette excellente chanteuse à la voix puissante et éraillée. (octobre 2010)

Wonderland / SIX

½

Galactic - Ya-Ka-May

Galactic - Ya-Ka-May

Le groupe de funk nouveau genre Galactic est de retour avec un nouvel album très attendu de ses fans, 3 ans après son précédent disque, From the Corner to the Block. Encore une fois, le groupe nous propose tout un mélange avec du rock, du hip hop, du jazz et de l’électronique dans une musique funk intégrant une section de cuivres. Plus que jamais sur Ya-Ka-May, le groupe intègre les différents genres populaires à la Nouvelle-Orléans dans l’ère post-ouragan Katrina. Le hip hop, déjà bien présent sur le précédent disque, gagne en importance et on retrouve plus de textes que sur leurs albums antérieurs. Les artistes invités sont nombreux et viennent ajouter une certaine richesse à cette musique pourtant déjà très riche. La musique de Galactic a comme particularité de superposer plusieurs éléments, mais de tout de même réussir à nous offrir des mélodies simples et remarquables. L’album est solide et crée une belle atmosphère jusqu’à la fin. En fait, son principal défaut et ce qu’il manque à Galactic pour passer à un autre niveau, c’est le manque de quelques succès potentiels qui ressortiraient à travers l’ensemble. (mai 2010)

Anti- / Epitaph

½

The Gaslight Anthem - American Slang

The Gaslight Anthem - American Slang

The Gaslight Anthem est un groupe du New Jersey qui existe depuis 5 ans. Le groupe punk nous arrive avec un 3e album qui risque fort de faire exploser sa carrière. Fortement influencé par Bruce Springsteen et d’autres rockeurs avec le cœur sur la main, The Gaslight Anthem ralentit le rythme sur American Slang, lui permettant de se rapprocher plus que jamais de ses influences. On retrouve encore quelques titres énergiques qui plairont à leur premier public, mais l’album est surtout constitué de pièces mid-tempo laissant toute la place au chanteur Brian Fallon, même s’il ne possède pas une très grande voix. American Slang est un album extrêmement mature qui donnera finalement au groupe la reconnaissance qu’il mérite. (octobre 2010)

Vidéoclip : « American Slang »

Side One Dummy / EMI

½

Gorillaz - Plastic Beach

Gorillaz - Plastic Beach

Cinq longues années après Demon Days, le collectif hip hop Gorillaz est de retour sur disque pour notre plus grand plaisir. Le premier groupe de hip hop virtuel, dirigé par Damon Albarn de Blur, nous propose un album à grand déploiement. Il réussit en effet à amener sa musique à un autre niveau d’envergure, avec une richesse musicale et une réalisation jamais vues jusque là. Albarn s’efface quelque peu sur Plastic Beach pour laisser toute la place aux artistes invités de renom qui donnent le ton à l’album. C’est le cas pour Snoop Dogg, Mos Def, Bobby Womack et Lou Reed, sans oublier De La Soul qui font un retour après le succès de « Feel Good Inc. » sur le disque précédent. Les textures ambiantes accompagnent magnifiquement les solides mélodies pop. Il en résulte donc peut-être le meilleur album du groupe pour accompagner un concept de bande dessinée. Par contre, si on sort l’album du concept même du groupe, il possède assurément moins de forces que les disques précédents qui offraient un mélange parfait entre hip hop, pop et rock. En conclusion, Plastic Beach constitue un album difficile à cerner, qui possède de grandes forces en termes d’exécution et de réalisation, mais qui n’a rien pour véritablement attirer l’attention d’un large public, tout en ne possédant pas la même créativité d’ensemble que ce qu'ils nous ont présenté auparavant. (chronique principale de mai 2010)

Vidéoclip : « Stylo »

Parlophone / EMI

½

Ellie Goulding - Lights

Ellie Goulding - Lights

Ellie Goulding est une chanteuse pop britannique qui s’inspire autant de l’électro-pop que d’une musique plus alternative. Avec Lights, elle nous présente son tout premier album complet, un disque totalisant 41 minutes. Elle co-écrit chacune des 11 pièces réussissant à y intégrer toutes ses influences, Imogen Heap étant probablement sa plus importante. Ellie nous présente de bien bonnes chansons tout au long de l’album, dont l’incontournable « Starry Eyed ». Certains auditeurs pourront détecter un manque de cohérence dans l’ensemble du disque. Par contre, lorsqu’on la compare à d’autres chanteuses pop en vogue, surtout du côté américain, Ellie Goulding possède une place plus que pertinente dans le paysage musical. Ce talent unique nous présente un album rafraîchissant… (juin 2010)

Vidéoclips : « Starry Eyed » - « Under the Sheets » - « Guns and Horses »

Polydor / Universal

½

The Greenhornes - ****

The Greenhornes - ****

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

On imagine bien boire une tasse dans le salon de ces gens-là, assis dans un vieux canapé en velours, un jukebox Prodige au fond de la pièce qui passe du Kinks en boucle. En clair, The Greenhornes est une bande de mecs restés bloqués à l'époque de la grande pop. Dans les sixties. Plus précisément, The Greenhornes, c'est Jack Lawrence à la basse (Dead Weather, Raconteurs), Patrick Keeler (Raconteurs) à la batterie et Craig Fox à la guitare et au chant. Discret comme un loir, The Greenhornes existe depuis 1996 et sort avec ce Four Stars son quatrième album. Malgré les huit ans qui séparent ce disque du précédent, les membres n'ont pas chômé chacun de leur côté. À croire que tout était réuni pour remettre le couvert et sortir de leur hiatus. Sans trahir le secret, Four Stars est un bon album à défaut d'être un grand album. Bien sûr, The Greenhornes sonne bien avec sa rythmique métronomique et tranchante, ses riffs précieux à la guitare, son chant versatile et sa production péchue d'antan. Le problème, c'est que Four Stars manque un peu d'homogénéité. Le groupe n'est jamais aussi bon que quand il claque ses intros musclées à la WhoSaying Goodbye », « Underestimator ») et livre son rock lourd aux refrains Kinksiens. Là, sans tutoyer les sommets de l'originalité, les trois gars de l'Ohio sont aussi convaincus que convaincants. Le trio s'en tire encore haut la main avec son rock garage poussiéreux (« Need Your Love », « Song 13 ») mais fléchit quand il tombe dans les travers de la vieille ballade pop éculée (« Better Off Without It », « My Sparrow ») qui perd toute trace de fraîcheur pour sombrer en partie dans le cliché. Malgré tout, la fougue du trio et ses bonnes influences confirment que Jack White ne s'est pas trompé en se penchant - il y a quelques années - sur le sort des Greenhornes. (janvier 2011)

½

Greenwood - Green Money

Greenwood - Green Money

Greenwood est un groupe de blues rock québécois dirigé par le chanteur et guitariste Joé Boisvert (eh oui! Greenwood). Joé avoue avoir reçu la piqûre du blues à l’âge de 16 ans lors d’un spectacle de Steve Hill. Cette influence première du groupe s’entend tout de suite sur ce premier album, alors que Greenwood nous offre un blues passablement lourd. C’est le cas dès la pièce d’ouverture, l’excellente chanson-titre, une pièce tout simplement déchaînée. D’autres titres explorent un peu plus le blues traditionnel comme c’est le cas avec « You Cut My Wings ». Il ne faut pas passer sous silence la présence de Kim Richardson qui prête sa voix comme choriste à plusieurs pièces. Sans déborder d’originalité jusqu’à la fin, Green Money présente de bons moments qui plairont aux fans de blues endiablé. (mai 2011)

SFZ / Outside / Dacapo

Grinderman - Grinderman 2

Grinderman - Grinderman 2

Après un premier album en 2007 qui a fait beaucoup de bruit (dans tous les sens du terme), voilà que le projet parallèle de 4 des membres de Nick Cave & The Bad Seeds se poursuit. Le projet du premier album a permis à Cave de revisiter la musique bruyante qui l’avait fait vibrer dans sa jeunesse, et c’est dans la même direction que s’aventure ce 2e album. On y trouve une basse lourde qui, jumelée à divers sons expérimentaux et des boucles musicales, devient totalement hypnotique et nous force à écouter jusqu’au bout. Pourtant, rien n’est accessible encore une fois sur cet album aux ambitions purement artistiques. Le groupe compte à nouveau sur le réalisateur Nick Launay qui nous offre ici un album un peu plus poli que le précédent. Heureusement, parce que l’ensemble est encore plus difficile d’approche que le premier disque. Les fans de Nick Cave et de musique expérimentale originale seront une fois de plus ravis, même si la patience est de mise avant d’en arriver à adopter l’album. (décembre 2010)

Vidéoclip : « Heathen Child »

Mute / Anti- / Epitaph

½

The Guilty Brothers Experience - TGBE!

The Guilty Brothers Experience - TGBE!

The Guilty Brothers Experience est un groupe de Bruxelles en Belgique qui nous offre son tout premier album complet. Le groupe nous propose une musique rock, parfois assez lourde, avec de nombreux moments d’expérimentation et quelques sons d’influence orientale. Difficile à décrire, leur musique peut être comparée à un mélange entre Led Zeppelin, Pink Floyd, Radiohead, The Mars Volta et Queens Of The Stone Age. C’est un rock intelligent qu’il faut écouter attentivement pour pouvoir véritablement apprécier. Avec ses 12 pièces totalisant 58 minutes, TGBE! est un premier album particulièrement réussi. (septembre 2010)

½

Heartsounds - Until We Surrender

Heartsounds - Until We Surrender

Heartsounds est un duo de San Francisco qui est né des cendres du groupe de death metal mélodique Light This City. Laura Nichol et Ben Murray reviennent à leur influence première, le punk rock, avec une musique qui cadre parfaitement dans le son punk de la Californie, Bad Religion en tête. On retrouve encore quelques traces de leur goût pour la musique métal agressive, mais l’ensemble est plutôt mélodique et généralement accessible, sans rien révolutionner. Les textes peuvent sembler parfois introspectifs, même s’ils prennent vie à travers une musique énergique à souhait. Peu de titres ressortent du lot, mais l’ensemble d’à peine 40 minutes s’écoute très bien jusqu’à la fin. (découverte du mois d'octobre 2010)

Epitaph

Jimi Hendrix - Valleys of Neptune

Jimi Hendrix - Valleys of Neptune

Quarante ans après son décès, on trouve encore du matériel inédit à nous offrir de la part de Jimi Hendrix. Dans le cas de Valleys of Neptune, on nous le présente rien de moins que comme un nouvel album. Il faut dire que même les titres bien connus inclus ici le sont dans une version différente de celle rendue célèbre. Par contre, plusieurs de ces pièces sont parues à un moment ou à un autre dans un coffret ou sur un disque de raretés. On retrouve donc très peu de véritable nouveau matériel. L’élément le plus intéressant de ce disque est un mixage impeccable d’Eddie Kramer qui réussit à rendre cet album tout ce qu’il y a de plus contemporain. Certains enregistrements de guitares peuvent paraître imparfaits ou incomplets, mais ils demeurent extrêmement efficaces grâce au talent sans bornes d’Hendrix. Il aurait certainement préféré les retravailler avant de nous les présenter, mais il n’est plus là pour donner son opinion, malheureusement. Finalement, même si je n’attendais rien d’exceptionnel de cet album de raretés, il s’agit d’un très bon disque qui s’écoute bien jusqu’à la fin. Une grande surprise dans les circonstances et un beau cadeau pour ses fans! (mai 2010)

Vidéoclip : « Valleys of Neptune »

Legacy / Sony

½

H.I.M. - Screamworks: Love in Theory and Practice, Chapters 1-13

H.I.M. - Screamworks: Love in Theory and Practice, Chapters 1-13

H.I.M. (His Infernal Majesty) est un groupe finlandais aux influences gothiques qui existe depuis déjà 15 ans. Même si le groupe tire ses influences premières de Sisters Of Mercy, il va dans un son pop très accessible avec ce 7e enregistrement. H.I.M. se retrouve quelque part entre Evanescence et Fall Out Boy. L’ensemble du disque tourne autour du thème des peines d’amour, un thème qui nous ennuie déjà après quelques pièces, jusqu’à nous achever avec la ballade « Disarm Me (With Your Loneliness) » à la 5e piste. Les fans du groupe ne seront pas trop dépaysés et le potentiel commercial est définitivement au rendez-vous. Par contre, Screamworks n’est assurément pas leur album le plus créatif et il risque de faire grincer des dents les puristes de rock gothique. (juin 2010)

Vidéoclip : « Scared To Death »

Sire / Reprise / Warner

½

Hole - Nobody’s Daughter

Hole - Nobody’s Daughter

Il aura fallu attendre 12 ans avant de voir paraître un nouvel album de Hole. Pendant ce temps, Courtney Love s’est essayée en solo, mais sans grand succès. Voilà donc probablement la raison pour laquelle elle a décidé de réutiliser le nom du groupe qui l’a rendue célèbre. D’autant plus que ce nouvel album de Hole ne peut pas être considéré comme des retrouvailles puisqu’on y constate l’absence d’Eric Erlandson et de Melissa Auf der Maur, deux piliers aux côtés de la leader incontestée lors des meilleures années du groupe dans les années 1990. Nobody’s Daughter est donc un nouveau projet solo de Courtney sans qu’elle y appose son nom. Elle a tout de même demandé l’aide de fidèles collaborateurs pour l’écriture en Linda Perry et Billy Corgan. Courtney semble vouloir plus que jamais mettre l’accent sur ses textes (pas si intéressants par ailleurs) avec des pièces mid-tempo souvent plutôt ennuyantes. Par contre, lorsqu’elle nous arrive avec un rock grinçant plus près de ses racines punks, c’est sa voix criarde insupportable qui vient tout saboter. En bout de ligne, que reste-t-il? Un album plat, sans substance, sans excitation et surtout, sans inspiration. Après tout, ce n’est pas si surprenant puisque l’on réalise que tous les compositeurs impliqués n’ont pu transporter leur créativité dans le nouveau millénaire. (chronique principale de juin 2010)

Mercury / Universal

Hollerado - Record in a Bag

Hollerado - Record in a Bag

Hollerado est un nouveau groupe ontarien, maintenant établi à Montréal. Mais, avant tout, il s’agit d’un véritable phénomène. Gagnant d’un concours dans une radio d’Ottawa, le groupe a offert son album gratuitement en ligne pendant des mois, en plus d’en vendre des copies dans des sacs Ziplocs à ses concerts. Le groupe a été retenu par Jack White pour jouer en première partie de The Dead Weather l’été dernier, puis ils ont inventé la « tournée résidence » dans laquelle ils visitaient les 7 mêmes villes pour les 7 jours de la semaine pendant 4 semaines. On a d’ailleurs pu les voir au Divan Orange à Montréal tous les samedis de février. Finalement, ils ont même fait une tournée « demi-mondiale » visitant la Chine, le Brésil et l’Argentine. Maintenant que le sujet est placé, parlons un peu de leur musique puisque leur fameux album est maintenant officiellement en magasin. Réalisé par l’ex-Me Mom and Morgentaler, Gus Van Go, aussi réalisateur des Trois Accords, The Stills et des Vulgaires Machins, Record in a Bag nous présente une musique pop rock aux mélodies dangereusement accrocheuses. On peut percevoir certaines influences de Franz Ferdinand et de Weezer, mais l’originalité de la musique de Hollerado les rend plus souvent qu’autrement inclassables. Disons que plusieurs des 12 titres de l’album vous reviendront en tête pour des semaines à venir, les plus intéressants étant les premiers extraits « Americanarama » et « Juliette », ainsi que « Fake Drugs », « Got To Lose » et ma préférée, « Walking on the Sea ». Hollerado nous offre un premier album d’un peu plus de 40 minutes qui attirera définitivement l’attention. Voici donc un groupe qu’il faudra surveiller de très près, un groupe qui pourrait aisément devenir la nouvelle sensation rock montréalaise. (découverte du mois d'avril 2010)

Vidéoclips : « Americanarama » - « Juliette »

Royal Mountain / Arts & Crafts

½

Hombre - Hay Que Subir!

Hombre - Hay Que Subir!

Hombre est un groupe dirigé par Tomas Jensen qui nous propose une musique aux influences diverses allant du drum ‘n’ bass au reggae punk en passant par des sonorités électroniques. Le résultat est un rock latin chaud et énergique, chanté en espagnol et en portugais. Ce premier album a été réalisé par Jensen et Éric Rathé (Psychocaravane, The Blue Seeds), avec la collaboration du conseiller musical Éric West (Bïa, Marie Jo Thério, Thomas Hellman) et de Ryan Morey (Karkwa, Patrick Watson, Ghislain Poirier, Lhasa). Jensen réussit à créer un univers musical unique, à la fois festif et critique. L’énergie débordante de Hombre est contagieuse et parions que vous ne pourrez plus en décrocher… (septembre 2010)

Vidéoclip : « Deixa Tudo (en concert) »

L-Abe / SIX

½

Infected Mushroom - The Legend of the Black Shawarma

Infected Mushroom - The Legend of the Black Shawarma

Infected Mushroom est un duo israélien établi à Los Angeles qui nous présente une musique techno trance underground depuis déjà de nombreuses années. The Legend of the Black Shawarma constitue en effet leur 7e album. Plus que jamais, le duo revient à ses influences rock et métal alors que l’on peut entendre Jonathan Davis (Korn) sur « Smashing the Opponent » et Perry Farrell (Jane’s Addiction, Porno For Pyros) sur « Killing Time ». Il faut dire que leurs influences rock ont toujours eu une place de choix dans leur musique techno, les amenant régulièrement dans le terrain de jeu de la musique industrielle. « Can’t Stop » présente d’ailleurs ce style énergique à souhait avec des guitares bien présentes et des voix retravaillées électroniquement à la Ministry. Le long album de 78 minutes se conclut avec un remix de « Riders on the Storm », un classique de The Doors. Pour ceux qui aiment la musique électronique underground originale, Infected Mushroom mérite qu’on y porte une attention particulière. Les fans de musique industrielle devraient également tendre l’oreille vers ce duo unique. (septembre 2010)

Vidéoclip : « Smashing the Opponent (feat. Jonathan Davis) »

Justin Time / SIX

½

Interpol - Interpol

Interpol - Interpol

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Le rock est un univers sans pitié. Sanctifié logiquement après un premier album brillant, Interpol a connu son lot de critiques acerbes par la suite. Une sorte d'effet levier qu'ont connu des dizaines de groupes après avoir sorti un premier chef-d'oeuvre. Antics et surtout Our Love To Admire ont traduit la descente dans l'estime collective d'un groupe qui avait pourtant conquis dès son premier essai... Au lieu d'être un fer de lance, Turn On the Bright Lights est devenu, au fil du temps, un obstacle sérieux pour la suite de la carrière des new yorkais. Eux-mêmes ne se sont pas remis de la puissance de leur album. Après quelques évolutions passées, leur quatrième album éponyme revient aux fondamentaux du groupe. Le son et le style se rapprochent de nouveau de Turn On the Bright Lights dont il faudra savoir s'éloigner pour apprécier ce nouvel album. Retombé dans une sorte de beauté froide, puisant dans la new wave et les atmosphères gothiques, Interpol livre une oeuvre qui se nourrit et se développe au fil des écoutes. Impossible de renier la première moitié des titres de l'album. « Success » et sa lente montée en puissance, l’hypnotique « Memory Service », la dance / new wave de « Summer Well », l’enivrante « Lights » et la chevauchée épique de « Barricade ». La suite se révèle plus aléatoire, perdue dans des directions un peu plus opaques comme si le groupe se cherchait à nouveau. Le disque pose au final une question assez édifiante de la situation instable d’Interpol : que devra faire le groupe pour retrouver un style qui saura s’affranchir de leur premier opus pour savoir séduire à nouveau? La réponse risque d’être difficile à trouver… D'autant que le départ de Carlos Dengler, bassiste et quasi-leader du groupe, ne devrait pas faciliter les choses. (octobre 2010)

Michael Jackson - Michael

Michael Jackson - Michael

Un an et demi après son décès, voici un premier album posthume pour Michael Jackson. Les 10 titres présentés ici ont tous été enregistrés lors de sessions passées pour un album à venir avant d’être rejetés. Les arrangements de certains morceaux ont été complétés après le décès du roi de la pop pour leur donner des allures des années 2010. C’est le cas pour l’excellent succès « Hold My Hand » avec Akon, ainsi que pour « Monster » avec 50 Cent. Par contre, la plupart des autres pièces souffrent déjà du poids des années. Les mélodies les plus intéressantes datent de l’époque de Thriller : « (I Like) The Way You Love Me » et « Much Too Soon ». Le reste ressemble plutôt au style de Jackson dans les années 1990-2000, soit des rythmiques dynamiques qui manquent désespérément de mélodies mémorables. L’ensemble manque de cohésion, tant au niveau de la qualité des compositions, qu’au niveau de la qualité des mélodies et des arrangements. Mais, au fond, c’était bien prévisible puisque Michael n’est en fait qu’un album de raretés, offert au public dans un but purement commercial. (février 2011)

Vidéoclip : « Hold My Hand »

Epic / Sony

½

Jaheim - Another Round

Jaheim - Another Round

Jaheim Hoagland est un artiste aux multiples talents. En plus de chanter du R&B, il a aussi été rappeur, mannequin et acteur. Issu d’une famille de musiciens (son grand-père, Victor Hoagland, a même fait partie des Drifters), on peut dire que Jaheim avait la musique dans le sang dès son plus jeune âge. Another Round est déjà son 4e album, un disque qui a obtenu beaucoup de succès dès sa sortie atteignant les premières positions du palmarès Billboard. On retrouve peu de changements majeurs par rapport à ses enregistrements précédents, ce qui plaira de toute façon à ses fans de la première heure. Sa voix puissante met parfaitement en valeur les mélodies sensuelles qui accompagnent cette musique chaude directement inspirée du soul des années 1970. À l’écoute de « Impossible », on a carrément l’impression d’entendre une version plus moderne du classique de Percy Sledge, « When a Man Loves a Woman ». Par contre, c’est dans la plus rythmée « Ain’t Leavin’ Without You » en ouverture d’album que l’on retrouve le meilleur de Jaheim. On retrouve d’ailleurs un remix de cette pièce à la toute fin, une version mettant en vedette le rappeur Jadakiss qui devient tout de suite une favorite de ses fans. (mai 2010)

Vidéoclip : « Ain’t Leavin’ Without You (feat. Jadakiss) »

Atlantic / Warner

Leela James - My Soul

Leela James - My Soul

La chanteuse soul Leela James a eu un succès mitigé avec son premier album en 2005, A Change is Gonna Come. Par contre, elle a gagné de la crédibilité avec un album de reprises en 2009 intitulé Let’s Do It Again et lancé sur une étiquette indépendante. Il était donc temps pour elle de revenir avec un album de compositions originales et voici My Soul, sur lequel elle a participé à presque toutes les compositions, dont 4 sont entièrement signées par elle. Fortement influencée par Aretha Franklin, Mavis Staples et Tina Turner, Leela nous offre un album de néo-soul efficace avec une voix puissante digne des plus grandes chanteuses du genre. L’équilibre entre soul contemporain et sons du passé est excellent et l’album a tout pour plaire autant aux plus âgés qui ont connu les meilleures années du genre que les plus jeunes qui n’ont aucune idée de la signification du mot « soul ». Pour eux, on peut dire qu’il s’agit de chansons qui viennent du plus profond de son être, et en ce sens, Leela James nous offre assurément son meilleur album à ce jour. (décembre 2010)

Vidéoclip : « Tell Me You Love Me »

Stax / Universal

½

The Jazz Passengers - Reunited

The Jazz Passengers - Reunited

Les Jazz Passengers ont été formés à la fin des années 1980 par Roy Nathanson et Curtis Fowlkes. Le guitariste Marc Ribot en a également fait partie et Deborah Harry (Blondie) chante régulièrement avec eux depuis 1994. Reunited marque un retour pour le groupe de jazz contemporain qui n’a présenté aucun enregistrement depuis 1998. Il faut remonter à 1996 pour pouvoir entendre leur dernier album studio. Pour cette nouvelle rencontre en studio, le groupe a invité de nombreux artistes dont Ribot sur 6 pièces. Deux prestations en concert (« Think of Me » et « One Way or Another » de Blondie) sont offertes en boni et mettent en vedette Deborah Harry. On peut également entendre la voix d’Elvis Costello sur la première pièce, « Wind Walked By », ainsi que celle de Susi Hyldgaard sur le classique « Spanish Harlem ». Il faut aussi noter leur interprétation totalement éclatée de « The National Anthem » de Radiohead. Les Jazz Passengers nous proposent un jazz plutôt difficile d’accès qui aura fort à faire pour séduire un public large. De plus, on retrouve une certaine inégalité dans la qualité de leurs compositions, surtout quand on les compare aux classiques intégrés dans l’ensemble de seulement 9 titres. L’album offre tout de même de bons moments. (février 2011)

Justin Time / SIX

Jonas & The Massive Attraction - Big Slice

Jonas & The Massive Attraction - Big Slice

Le chanteur montréalais Jonas Tomalty nous présente son nouveau groupe, The Massive Attraction. Dès la chanson-titre, on ne peut s’empêcher des comparaisons avec Nickelback, même si la pièce offre une belle énergie et est certainement la plus solide du disque. Les références à Nickelback reviendront souvent au cours de l’album, autant dans les pièces énergiques que dans les ballades rock puissantes. « Seize the Day » est plutôt insignifiante, même si elle est l’une des pièces-phares de ce disque qui manque nettement d’originalité. Quant aux ballades, elles sont toutes plus ennuyantes les unes que les autres. Il n’y a que « Exit Wound », une ballade acoustique, qui réussit à tirer son épingle du jeu. Parmi les titres plus entraînants, « What Type o’ Ride Are You » réussira à vous divertir pendant un maigre 2 minutes et demie. C’est vraiment dommage que l’ensemble ne réussisse pas à présenter plus de moments intéressants, car Jonas possède une voix puissante et unique, en plus d’être une véritable bête de scène. Pourquoi alors se camper dans un rôle de sous-produit de Nickelback? (décembre 2010)

Vidéoclip : « Big Slice (live) »

Big Slice / Roy Turner

½

Norah Jones - …Featuring

Norah Jones - …Featuring

Depuis le succès de son premier album en 2002, Norah Jones s’est vu offrir de nombreuses collaborations sur des bandes sonores de films ou sur les albums d’autres artistes. …Featuring constitue en fait une compilation de 18 de ces collaborations enregistrées entre 2001 et 2010 avec des artistes aussi variés que les Foo Fighters, Outkast, Willie Nelson et Ray Charles. Bizarrement, même si les styles peuvent sembler différents d’un titre à l’autre, on retrouve une très bonne ligne directrice sur ce disque. Et cette ligne directrice, c’est Norah Jones elle-même qui réussit à donner sa personnalité à chacune des chansons présentées. L’album débute en force avec « Love Me » d’Elvis Presley interprétée par les Little Willies, avant de poursuivre avec « Virginia Moon » des Foo Fighters. Son enregistrement de « Take Off Your Cool » avec Andre 3000 d’Outkast fait également partie des moments forts de cet album surprenant. Voici donc une façon différente de découvrir cette chanteuse au talent immense. Un excellent disque! (janvier 2011)

Vidéoclip : Introduction

Blue Note / EMI

Oliver Jones, Ranee Lee & Montreal Jubilation Gospel Choir - A Celebration in Time

Oliver Jones, Ranee Lee & Montreal Jubilation Gospel Choir - A Celebration in Time

Bon, c’est vrai que ce n’est pas trop le moment au mois de mars pour parler d’un album de Noël, mais je dois avouer que j’ai complètement passé à côté de celui-là. Par contre, je me devais de le mentionner considérant l’importance de la rencontre sur ce disque et la qualité du produit enregistré. En fait, il est bien difficile d’obtenir un meilleur album de Noël qu’avec d’aussi grands personnages du jazz montréalais. Dans un autre sens, j’ai moins de regrets à l’avoir oublié pour Noël lorsque je réalise qu’au fond, A Celebration in Time s’écoute aussi bien à n’importe quel moment de l’année (peut-être en excluant « Silent Night » et « Little Drummer Boy » qui sont plus typiques de Noël). Il s’agit d’un album dans la plus pure tradition jazz avec un Oliver Jones en grande forme au piano et Ranee Lee qui possède toujours une voix aussi exceptionnelle. Tous deux accompagnés du Montreal Jubilation Gospel Choir dirigé par son fondateur Trevor W. Payne depuis près de 30 ans, ils peuvent aussi compter sur la participation du superbe quatuor vocal haïtien Daphnée Louis Singers. Le disque contient 10 classiques et titres oubliés du répertoire gospel, dont les pièces rares « Gras Bondye » et « Hymn to Freedom ». Voici donc un excellent album jazz de Noël, que vous pourrez apprécier tout au long de l’année. (mars 2011)

Justin Time / SIX

Karkwa - Les chemins de verre

Karkwa - Les chemins de verre

Pour son 4e album, l’excellent groupe québécois Karkwa s’est enfermé dans un studio en banlieue de Paris. Il en résulte un album plus accessible que les précédents, un album à lequel on adhère dès la première écoute, contrairement aux trois autres qui nécessitaient un minimum d’effort. Le groupe met de l’avant sa capacité à pondre d’excellentes mélodies, sur une musique rock alternative un peu plus douce que par le passé. On peut encore les comparer à Malajube, mais ils se démarquent ici en ouvrant des possibilités avec un plus large public. Dès l’ouverture, « Le pyromane », « L’acouphène » et « Moi-Léger » vous séduiront et vous resteront en tête pour longtemps. Quant à « Dors mon sang », elle est une douce ballade, extrêmement légère et mélancolique, avec une superbe mélodie et des voix aériennes. Ce qui est particulier sur Les chemins de verre, c’est que le groupe ne s’empêche aucunement d’explorer de nouvelles avenues musicales, mais sans perdre l’auditeur moyen. Certains pourront reprocher au groupe son manque d’intensité sur ce nouvel album, mais considérant l’exploit que Karkwa réussit en demeurant créatif tout en s’ouvrant à un large public, on devrait se contenter d’apprécier. (juin 2010)

Vidéoclip : « Le pyromane » (à l’émission Studio 12)

Audiogram

Stacey Kent - Raconte-moi…

Stacey Kent - Raconte-moi…

Stacey Kent est rapidement devenue une sensation du jazz vocal américain dans les années 1990. Elle aura finalement été consacrée avec son 6e album, Breakfast on the Morning Tram en 2007, album sur lequel elle flirtait avec le répertoire francophone dont 2 reprises de Serge Gainsbourg. Tout était donc en place pour qu’elle se lance dans l’aventure de nous proposer un disque entièrement en français. Voici donc Raconte-moi… Stacey nous y présente 12 titres dont des classiques de la chanson française d’artistes comme Barbara, Paul Misraki, Georges Moustaki, Henri Salvador, Michel Jonasz, Keren Ann et Benjamin Biolay. Mais, le disque met aussi en valeur des chansons inédites par de jeunes auteurs et compositeurs français qui méritent d’être connus comme Claire Denamur, Pierre-Dominique Burgaud et Émilie Satt, dont « La Vénus du mélo » est le premier extrait. Stacey réussit des interprétations magnifiques grâce à sa voix douce et ses accompagnements musicaux souvent inspirés de la pop brésilienne. Elle nous offre un album joyeux et ensoleillé qui possède aussi des vertus totalement relaxantes. C’est donc un album de jazz vocal particulièrement réussi, qui met en plus en valeur la chanson française. Une belle réussite par cette Américaine qui réussira à élargir son public. (mai 2010)

Vidéoclip : « La Vénus du mélo »

Blue Note / EMI / SIX

½

Ke$ha - Cannibal

Ke$ha - Cannibal

La dernière année aura été forte en rebondissements pour Ke$ha qui est passée de l’anonymat à la célébrité le temps d’un hit, « TiK ToK ». Dans la foulée de cet immense succès, elle nous offrait en janvier 2010 son premier album, Animal, un disque pop efficace, mais sans grandes surprises. Autant battre le fer pendant qu’il est chaud, donc en voici immédiatement la suite, Cannibal. Puisque tous les succès que contenait Animal nous ont été présentés, il fallait bien arriver avec quelque chose de nouveau. Avec seulement 8 nouvelles pièces et un remix de « Animal » pour une durée totale de tout juste 32 minutes, Cannibal est en fait un mini-album qui ne sert que de supplément à son premier disque. Pour les surprises, on repassera puisque vous retrouverez exactement la recette qui a fait ses succès précédents. La pièce de résistance de l’enregistrement est sans contredit le succès « We R Who We R », accompagné de quelques autres titres entraînants comme « Blow », « Grow a Pear » et la chanson-titre. Lorsqu’elle rap, Ke$ha n’est assurément pas à son meilleur et on s’en rend vite compte sur « Sleazy ». En bout de ligne, Cannibal atteint tout simplement son objectif de faire en sorte qu’on n’oublie pas cette nouvelle pop star trop rapidement et qu’on continue à avoir ses mélodies inoubliables en tête. Est-ce que ça vaut le coût? Je ne crois pas puisque de toute façon les pièces efficaces du disque vous seront jouées en boucle à la radio jusqu’à écoeurement total. Par contre, il y a des avantages à un mini-album : il contient nécessairement moins de remplissage et est vendu à un meilleur prix. (janvier 2011)

Vidéoclip : « We R Who We R »

RCA / Sony

Ke$ha - Animal

Ke$ha - Animal

Kesha Rose Sebert est née à Los Angeles, Californie, mais a passé la majeure partie de son enfance à Nashville, Tennessee, puisque sa mère y travaillait comme auteure de chansons. Encore adolescente, elle est retournée à Los Angeles pour démarrer sa carrière de chanteuse. Après le succès numéro 1 que fut « TiK ToK », voici son premier album qui contient rien de moins que 14 titres. Elle nous propose une musique pop dansante idéale pour faire la fête, avec des rythmes électro et un peu de rap. Peu de pièces possèdent autant de potentiel commercial que « TiK ToK », à part peut-être l’énergique « Ki$$ N Tell », qui nous rappelle grandement The Veronicas, et le deuxième extrait, « Blah Blah Blah ». Le principal point négatif du disque est l’inclusion de ballades franchement ennuyantes qui viennent gâcher un très bon album pour le défoulement. Party, alcool, drogue et lendemain de veille meublent ce disque totalement politiquement incorrect. (juin 2010)

Vidéoclips : « TiK ToK » - « Blah Blah Blah » - « Your Love is My Drug »

RCA / Sony

Kings of Leon - Come Around Sundown

Kings of Leon - Come Around Sundown

D’abord acclamé de la critique avec son 2e album, Aha Shake Heartbreak en 2005, Kings of Leon s’est ensuite transformé en l’un des groupes américains les plus populaires. Des Strokes du sud aux U2 américains, les comparaisons fusent de toute part. J’y ajouterais aussi Coldplay qui semble avoir été une grande influence pour la préparation de Come Around Sundown, leur plus récent disque. Cela dit, le groupe revient à un son rock très commercial, peut-être même encore plus que sur son album précédent, Only by the Night (2008). Il s’agit d’un rock parfait pour transporter dans les stades à travers le monde et faire chanter la foule. Si leur objectif était de poursuivre leur conquête du monde entier, il n’y a pas de doutes que tout y est pour réussir. Par contre, la famille Followill nous offre possiblement son rock le plus commun à ce jour, des compositions à lesquelles il manque gravement la folie créative des débuts. Plusieurs fans de la première heure avaient quitté le navire à la parution de leur disque précédent et le groupe n’a rien fait pour les reconquérir avec ce nouvel enregistrement. Come Around Sundown inclut de bonnes mélodies et plusieurs succès assurés, mais il contient aussi malheureusement leurs compositions les plus faibles à ce jour. (janvier 2011)

Vidéoclips : « Radioactive » - « Pyro »

RCA / Sony

½

Hilary Kole - You Are There: Duets

Hilary Kole - You Are There: Duets

Pour son 2e album, la talentueuse chanteuse-pianiste Hilary Kole nous propose 13 standards jazz interprétés en duo piano-voix. On peut entendre plusieurs légendes dont Hank Jones, Cedar Walton, Freddy Cole, Kenny Baron, Michel Legrand, Dave Brubeck et Monty Alexander. En plus de jouer le piano, Freddy Cole chante avec Hilary sur « It’s Always You », le meilleur moment de ce disque plutôt unidimensionnel. L’album a été enregistré sur une période de 5 ans et atteint son objectif d’impressionner par les grosses pointures qui ont pu être assemblées sur un seul et même disque. Par contre, la douceur des ballades, toutes des chansons d’amour, peut être lassante après quelques titres. Si vous aimez votre jazz dans sa plus simple expression, tout en subtilités, voici l’album qu’il vous faut. Par contre, quelques changements de rythmes auraient capté l’attention d’un public un peu plus large. (décembre 2010)

Justin Time / SIX

Kylie - Aphrodite

Kylie - Aphrodite

Kylie a souvent partagé les critiques et c’est encore le cas avec son 11e disque, Aphrodite, pour lequel on peut entendre et lire le meilleur comme le pire. Pourtant, si son précédent album, X, s’avérait passablement décousu malgré de bons moments, Kylie resserre grandement la cohésion de l’ensemble sur Aphrodite. Évidemment, elle demeure dans la pop légère qui l’a rendue célèbre, mais elle est quand même l’une des rares chanteuses pop à pouvoir produire des albums d’une telle qualité. Plusieurs titres possèdent le potentiel de brûler les planchers de danse, surtout en Europe, même si rien ne peut égaler ses méga-succès du début de la dernière décennie. Pour réaliser ce pas en avant, Kylie s’entoure ici du réalisateur Stuart Price (Madonna, Pet Shop Boys) et des auteurs Jake Shears (Scissor Sisters) et Calvin Harris. Le résultat est surprenant, mais totalement satisfaisant. Kylie réussit à nous présenter à la fois des pièces pop grandement efficaces et un album cohésif, ce qui fait probablement d’Aphrodite l’un de ses meilleurs en carrière. (septembre 2010)

Vidéoclip : « All the Lovers »

Parlophone / EMI

½

LCD Soundsystem - This is Happening

LCD Soundsystem - This is Happening

James Murphy fait face à tout un défi avec ce nouvel album : réussir à attirer autant l’attention qu’avec son disque précédent, Sound of Silver, qui a pratiquement fait l’unanimité chez les amateurs et les chroniqueurs. Sa réponse aux attentes est toute simple puisqu’il se contente de présenter un son comparable au précédent album, sans trop modifier la recette gagnante. Encore une fois, Murphy nous présente une musique fondamentalement électronique incluant des éléments de post-punk et de disco. Dans les moments les plus rock, comme sur « Drunk Girls », LCD Soundsystem se compare avantageusement à Franz Ferdinand. Par contre, certaines compositions purement électroniques font définitivement partie de l’underground et vous permettront de monter le volume et de danser dans votre salon (« One Touch »). On peut également entendre des ballades mid-tempo introspectives comme la poignante « I Can Change ». Pour ceux qui désiraient entendre un succès sur l’album, Murphy leur en a écrit un intitulé « You Wanted a Hit » (qui signifie « Vous vouliez un succès »). L’écriture de Murphy continue d’évoluer sur ce nouvel album et il fait maintenant partie des meilleurs compositeurs dans son genre. Sans égaler Sound of Silver, This is Happening est un autre excellent album de LCD Soundsystem. (août 2010)

Vidéoclip : « Drunk Girls »

Parlophone / EMI

½

Jamie Lidell - Compass

Jamie Lidell - Compass

Le britannique Jamie Lidell nous propose un amalgame de sons dont le cœur repose sur le funk, le soul et les rythmes africains. Quelques guitares distorsionnées discrètes viennent parfois ajouter un élément de rock non négligeable. Alors que par le passé on pouvait le considérer comme un bon chanteur soul, sans vraiment pouvoir aller plus loin, on le sent beaucoup plus en mode création sur Compass. Lidell peut compter sur des collaborateurs de renom en Feist, Gonzales, Chris Taylor (Grizzly Bear) et Pat Sansone (Wilco). On se doit également de mentionner Beck, surtout qu’on peut occasionnellement comparer le son de Lidell à celui de l’Américain. Au cours de la deuxième moitié de l’album, Lidell nous prouve qu’il peut composer et interpréter une musique introspective de grande qualité. La voix soul de Jamie Lidell est incomparable et il réussit à y ajouter une musique hautement créative qui lui permet enfin de passer au niveau supérieur. Voici donc son meilleur album à ce jour, un disque qui risque fort de figurer parmi les meilleurs de l’année. (juillet 2010)

Vidéoclip : « The Ring »

Warp / SIX

Linkin Park - A Thousand Suns

Linkin Park - A Thousand Suns

Linkin Park est de retour avec un 4e véritable album, excluant leurs remix et enregistrements en concert. A Thousand Suns fait suite au très décevant Minutes To Midnight paru il y a 3 ans et il poursuit malheureusement dans la même direction. Le groupe délaisse encore une fois totalement le métal pour se concentrer sur une musique plus atmosphérique où les guitares se retrouvent carrément enterrées sous une couche de synthétiseurs. Oubliez les hurlements de Chester Bennington et le rap efficace de Mike Shinoda, car même s’ils sont parfois présents, ils sont ensevelis dans les textures et les arrangements mélodiques. En fait, Linkin Park nous donne ici un exemple parfait de surproduction. Quelques mélodies efficaces comme sur « Waiting for the End » réussissent tout de même à attirer notre attention, mais c’est beaucoup trop peu pour nous donner le goût de réécouter l’album. Il faut attendre aussi loin qu’à la 9e pièce, « Blackout », pour enfin entendre une pièce entraînante, mais encore une fois, on a l’impression qu’elle est coincée dans des arrangements électroniques et qu’elle ne pourra véritablement vivre que sur scène. Depuis les 2 derniers albums, le groupe semble complètement perdu et tente désespérément de se refaire une identité. Pourquoi ne pas simplement dissoudre le groupe et travailler avec des collaborateurs créatifs qui pourront donner un souffle nouveau à un projet distinct de Linkin Park? Ils pourraient alors se laisser aller totalement dans leurs ambitions atmosphériques et expérimentales, sans être coincés dans le carcan Linkin Park, qui s’est fait une renommée grâce à un son rap métal entraînant et divertissant. (chronique principale de novembre 2010)

Vidéoclip : « The Catalyst »

Warner

½

Madonna - Sticky & Sweet Tour

Madonna - Sticky & Sweet Tour

Même si Hard Candy était loin d’être un album de première qualité pour Madonna, elle se devait de partir pour une autre tournée monstrueuse. Après tout, il s’agit de son gagne-pain! Warner a mis sur le marché un combo CD/DVD tiré de cette autre tournée à succès de la madone. En fait, c’est probablement le DVD qui fait tout le travail, mais comme je ne l’ai pas reçu, c’est du CD qu’il sera question aujourd’hui. Le CD présente malheureusement la moitié moins de titres que le DVD. En plus, ce sont surtout des medleys que l’on peut y entendre, plutôt que les chansons à succès de la reine de la pop. On retrouve quand même de nouvelles versions de quelques-uns de ses succès, comme « Vogue », « Music », « La Isla Bonita » et « Like a Prayer ». « Give It 2 Me » et « She’s Not Me » sont parmi les rares moments intéressants de ce CD enregistré en concert à Buenos Aires en 2008. (septembre 2010)

Warner

½

Harry Manx - Isle of Manx: The Desert Island Collection

Harry Manx - Isle of Manx: The Desert Island Collection

Après l’excellent retour de Harry Manx en solo en 2009 avec Bread and Buddha, quoi de plus naturel que de revenir tout de suite avec une nouvelle proposition. Par contre, il s’agit plutôt cette fois-ci d’une compilation de 15 de ses meilleures chansons à ce jour, extraites de ses 5 albums studio en solo depuis 2001. Le bluesman canadien nous prouve ici qu’il est certainement l’un des musiciens les plus polyvalents de sa génération, maniant habilement le banjo, la sitar, l’harmonica et la guitare lap steel. Dommage que les pièces ne soient pas présentées chronologiquement et que le livret soit avare d’informations, car il s’agit ici d’une superbe collection du meilleur matériel de Harry Manx. À découvrir! (février 2011)

Dog My Cat / SIX

Phil Manzanera - The Music 1972-2008 (2 CD + 1 DVD)

Phil Manzanera - The Music 1972-2008 (2 CD + 1 DVD)

Le guitariste Phil Manzanera a fait partie de quelques-uns des groupes les plus éclectiques des 40 dernières années, surtout reconnu pour son travail avec Roxy Music et Brian Eno. On retrouve ici une réédition du superbe coffret paru il y a 2 ans et qui fait une rétrospective complète de son œuvre entre 1972 et 2008. Le premier disque couvre les 20 premières années avec de nombreux titres de Roxy Music, mais aussi de Brian Eno, 801 et en solo. Sur le deuxième disque, on retrouve plutôt ses performances des 10 dernières années alors qu’il chante avec des groupes comme Vozero, 6PM et 50 Minutes Later. Finalement, le coffret ne serait pas complet sans un DVD contenant un documentaire, des performances en concert et un vidéoclip. On y trouve même une vidéo maison captée à Cuba à l’époque de la Révolution, puisque Manzanera y a passé une partie de sa jeunesse. L’œuvre de Manzanera pourra sembler obscure au commun des mortels. Par contre, sa créativité en fait l’un des plus importants guitaristes d’avant-garde. Ce coffret représente donc une belle façon de le découvrir. (janvier 2011)

Expression / MVD

Marina & The Diamonds - The Family Jewels

Marina & The Diamonds - The Family Jewels

Marina Diamandis est née au Pays de Galles en 1985 de parents gallois et grec. Même si The Diamonds semblent être un groupe d’après le nom, il s’agit en fait d’un pseudonyme pour Marina qui travaille essentiellement seule, malgré qu’elle soit évidemment accompagnée de musiciens en tournée. Elle propose une musique pop particulièrement originale qui s’inspire à la fois de Gwen Stefani et de Kate Nash. Ce premier album est très varié et va de la pop dansante des années 1980 au rock des années 1990, en passant par de la soul contemporaine. Elle possède une voix unique et des mélodies incomparables. Malgré les mélodies accrocheuses que l’on retrouve sur l’album, The Family Jewels n’est pas nécessairement un album grand public. Il nécessite quelques bonnes écoutes pour vraiment comprendre l’univers de Marina. Par contre, on peut dire qu’elle réalise le tour de force d’assembler ses influences diverses sur un album cohérent pendant 45 minutes. C’est donc un premier disque de très grande qualité que l’on retrouve ici de la part de cette chanteuse au talent sans bornes. (découverte du mois d'août 2010)

Vidéoclips : « Mowgli’s Road » - « Obsessions » - « I Am Not a Robot » - « Hollywood » - « Oh No! »  

Chop Shop / Warner

Maroon 5 - Hands All Over

Maroon 5 - Hands All Over

Après l’immense succès de l’album It Won’t Be Soon Before Long en 2007, les attentes étaient particulièrement grandes envers Maroon 5 pour la suite. Ils tentent donc avec Hands All Over de poursuivre dans la même direction pop rock créative. Même s’ils travaillent avec le réalisateur rock Robert John « Mutt » Lange (AC/DC, Def Leppard, Foreigner), ils réduisent le rock à sa plus simple expression sur ce nouvel enregistrement. En fait, l’album met surtout en valeur les mélodies et la voix d’Adam Levine, toujours accompagnées de musiques entraînantes. Lange permet également de faire ressortir le côté soul du groupe, dans de courtes pièces toutes sous la barre des 4 minutes. C’est donc un album pop de grande qualité qui nous est offert ici, un disque duquel on entendra sûrement plusieurs extraits à la radio. (décembre 2010)

Vidéoclips : « Misery » - « Give a Little More »

A&M / Octone / Universal

½

Mark Masri - La Voce

Mark Masri - La Voce

Le chanteur torontois Mark Masri nous offre une musique adulte contemporaine enveloppée dans de nombreuses orchestrations. Il nous présente des chansons dans différentes langues incluant surtout l’italien et l’anglais (même une en français, « Je t’attendrai ») sur une musique pop très adulte, un peu crooner par moments et avec des accents celtiques. Il s’agit essentiellement d’un album de ballades mettant en évidence les textes et sa voix. Il reprend quelques classiques comme « Caruso », « Fragilidad » (une version espagnole de « Fragile » de Sting) et même « Fix You » de Coldplay. Par contre, les compositions originales sont franchement ennuyantes. Pour les amateurs de ballades contemporaines seulement… (décembre 2010)

Green Hill / EMI

½

Massive Attack - Heligoland

Massive Attack - Heligoland

Formé en 1987 à Bristol en Angleterre, Massive Attack a été la force de frappe derrière le mouvement trip hop de la fin des années 1990 qui a permis l’éclosion de groupes comme Portishead, Morcheeba et plusieurs autres. Plus silencieux depuis quelques années, le groupe nous a présenté son dernier album en 2004 avec la bande sonore de Danny the Dog qui a partagé les critiques. Heligoland présente inévitablement des similarités avec ce que le groupe a produit par le passé. Par contre, on peut quand même apprécier une évolution musicale digne des années 2010. Parmi les choristes invités, on peut entendre quelques nouvelles voix comme Damon Albarn (Blur, Gorillaz), Hope Sandoval (Mazzy Star), Guy Garvey (Elbow) et Tunde Adebimpe (TV On The Radio). La performance de Damon Albarn sur « Saturday Come Slow » est à noter plus particulièrement, puisqu’il offre peut-être son meilleur matériel depuis Blur. Le travail des membres du groupe sur des bandes sonores au cours des dernières années semble affecter le son de Massive Attack sur Heligoland qui est moins expérimental et pourrait accompagner plusieurs films sans trop d’adaptations. Même si on reconnaît aisément le son du groupe, Heligoland ne réussit malheureusement pas à nous procurer le même sentiment d’admiration que l’on pouvait avoir à l’époque où Massive Attack se trouvait au sommet de son art. C’est un effort plus qu’honnête, mais qui ne peut égaler le retour de Portishead en 2008 avec son album Third. (chronique principale de juillet 2010)

Vidéoclip : « Paradise Circus »

Virgin / EMI

½

MC Mario - Live 1234

MC Mario - Live 1234

Le DJ Mario Tremblay, alias MC Mario, est présent dans le décor des clubs québécois depuis de nombreuses années et il nous a présenté un nombre incalculable de compilations de pop dansante. Cette fois-ci, il nous présente une compilation enregistrée directement à son club, le 1234 à Montréal. Cette collection de succès dansants de 72 minutes vous assurera un divertissement de qualité avec quelques-uns des plus grands hits de la pop de 2010. Parmi les plus intéressants, mentionnons Marco Calliari (« L’Italiano » remixé par Montreal House Mafia), Montreal House Mafia (« Tarantella »), Duck Sauce (« Barbra Streisand »), Voyer Bros (« Losing My Religion » de R.E.M.), Usher (« OMG ») et en conclusion, Stromae (« Alors on danse »). Il faut aussi mentionner la présence d’une nouvelle chanteuse montréalaise extrêmement talentueuse, Danyka, qui nous présente « It’s About Now Everybody », un titre extrait de son mini-album The Love Report remixé pour l’occasion par Big Joe Bootleg. La pièce fait un malheur un peu partout à travers le monde. Vous pouvez vous procurer The Love Report en téléchargement sur Archambault.ca. En bout de ligne, MC Mario nous offre à nouveau une compilation de qualité et grandement divertissante, qui vous fera bouger. (mars 2011)

Vidéoclip : Introduction

Sony

½

MGMT - Congratulations

MGMT - Congratulations

MGMT est un duo new yorkais qui existe déjà depuis plusieurs années. Leur premier album paru en 2008, Oracular Spectacular, présentait des succès incontournables comme « Kids », « Time to Pretend » et « Electric Feel ». Par contre, le mélange de ces pièces accessibles avec des morceaux franchement expérimentaux créait une certaine incohérence d’ensemble. Pour leur 2e album, ils se concentrent principalement sur le côté exploratoire de leur direction artistique. On retrouve donc une musique plus difficile d’accès qui se situe quelque part entre The Strokes et The Flaming Lips, avec certains éléments énergiques, mais aussi des moments plus atmosphériques. En resserrant ainsi la direction de l’album, il devient du même coup plus cohérent que le premier. D’un autre côté, on y perd les superbes succès qu’on pouvait entendre sur le précédent et qui donnaient le ton à l’album. En bout de ligne, le groupe progresse tout de même de belle façon avec son 2e disque. (juin 2010)

Vidéoclip : « Flash Delirium »

Columbia / Sony

½

Bret Michaels - Custom Built

Bret Michaels - Custom Built

Voici le 3e album solo de l’ancien leader de Poison, Bret Michaels. On dit « nouvel album », mais on retrouve en fait un peu de tout sur ce disque de 12 pièces. On peut entendre en effet quelques extraits de ses albums précédents, des remix et même une reprise pas trop réussie de « What I Got » de Sublime. Parmi les nouvelles compositions, on peut entendre la chanson-thème de sa nouvelle télé-réalité sur MTV, Bret Michaels: Life as I Know It, intitulée « Riding Against the Wind ». Le morceau-pilier de Custom Built est certainement « Nothing To Lose » avec Miley Cyrus, dont on retrouve aussi une version démo à la fin. Le problème est que Miley ne fait vraiment qu’acte de présence et qu’on aurait certainement pu exploiter un peu plus sa voix plutôt que ne se servir que de son nom. On retrouve aussi une version country de son plus gros succès avec Poison, « Every Rose Has Its Thorn », alors que Bret est accompagné de Brad Arnold de 3 Doors Down, Chris Cagle et Mark Willis. Les remix incluent le thème de Rock of Love, « Go That Far », en version club par Jason Miller de Godhead, ainsi qu’une version rock de « Driven », dont les versions originales se retrouvaient sur Rock My World, son disque précédent paru en 2008. Il semble donc y avoir sur papier plusieurs éléments dignes d’intérêt sur ce nouvel album de Bret Michaels. Par contre, lorsque l’on analyse l’ensemble pièce par pièce, on réalise rapidement que peu d’entre elles sont vraiment réussies et que les éléments ennuyants sont bien plus nombreux. On savait tous depuis longtemps que Bret Michaels était en panne d’inspiration et ça se confirme une fois de plus. (octobre 2010)

Poor Boy / North Fontana

½

Milow - Milow

Milow - Milow

Milow est un chanteur belge (de son vrai nom Jonathan Vandenbroeck) qui a d’abord connu le succès en 2007 avec la pièce « You Don’t Know ». Il aura fallu attendre son album éponyme de 2009 pour que Milow connaisse véritablement le succès et voici qu’il nous est maintenant offert en Amérique du Nord. Lors des premières écoutes du succès « Ayo Technology », j’avais carrément l’impression d’entendre une nouvelle pièce des Red Hot Chili Peppers, peut-être parce qu’un peu trop similaire à « Snow (Hey Oh) » au refrain. C’est ce méga succès qui ouvre l’album, suivi par une nouvelle version de « You Don’t Know », ainsi que d’une de ses premières pièces qui date de 2005, « One of It ». Ces 2 pièces, ainsi que « Born in the Eighties » sont parus sur son album de 2006 The Bigger Picture. On peut également entendre les 11 pièces de son 2e album paru en 2008, Coming of Age. Il est donc clair que Milow a décidé de présenter tout son meilleur matériel à ce jour pour ce premier album distribué internationalement. Le son de Milow est généralement folk acoustique avec quelques élans un peu plus pop. Les 70 minutes de l’album pourront vous sembler un peu longues considérant qu’on retrouve quelques pièces parmi les 18 qui sont un peu moins mémorables et qui viennent servir de remplissage. Par contre, l’ensemble demeure passablement cohérent malgré le fait qu’on ait en fait une compilation entre les mains. Voici une belle carte de visite pour que Milow se fasse connaître à travers le monde. (août 2010)

Vidéoclip : « Ayo Technology »

Universal

½

Janelle Monae - The ArchAndroid

Janelle Monae - The ArchAndroid

Découverte par Big Boi d’Outkast au milieu des années 2000, la chanteuse originaire de Kansas City, Janelle Monae, a participé à de nombreuses compilations, avant d’enregistrer un premier mini-album. The Chase est paru en 2007 et consistait en la première de 4 suites extravagantes présentant le personnage de Cindi Mayweather en l’an 2719. Elle a ensuite signé un contrat avec l’étiquette Bad Boy de Sean « Diddy » Combs et The Chase a été relancé avec des titres en boni. Janelle nous présente enfin son premier album qui contient en fait les suites 2 et 3 de la grande aventure amorcée il y a 3 ans. The ArchAndroid présente 18 titres totalisant près de 70 minutes. Elle y explore différents univers musicaux sur fond de soul, alors qu’elle va même jusqu’au rock ‘n’ roll par moments (« Come Alive »). C’est un album-concept qui suit un chemin plutôt sinueux et peut sembler difficile à apprivoiser au départ, mais c’est ce qui le rend si intéressant. Débordante de créativité, Janelle n’hésite aucunement à briser des préjugés et à explorer librement. Certains albums de rock progressif des années 1970 n’osaient même pas s’écarter autant de leur ligne directrice. En fait, ce qui unit chacune des pièces de cet album, c’est la voix soul unique et puissante de Janelle Monae. Vous trouverez bien peu de succès radio sur The ArchAndroid qui nous présente plutôt un exercice de styles un peu fou, parfois dérangeant, mais surtout passionnant. Il y a bien quelques titres accrocheurs comme le premier extrait funky en compagnie de Big Boi, « Tightrope », ainsi que l’excellente « Cold War », mais l’ensemble s’adresse essentiellement aux amateurs de musique originale qui en ont marre des chansons pop jetables. En 2010, peu d’artistes peuvent se vanter de pouvoir nous offrir autant de créativité sur un même disque… (découverte du mois de novembre 2010)

Vidéoclip : « Tightrope (feat. Big Boi) »

Bad Boy / Warner

Moran - Mammifères

Moran - Mammifères

Moran a obtenu plusieurs prix et distinctions avec son premier album, Tabac. Il est maintenant de retour avec un nouveau disque, encore meilleur que le premier. Cet incessant créateur nous offre 13 chansons d’une grande profondeur, enrobées dans un son folk contemporain. Il s’entoure de fidèles acolytes, dont Catherine Major qui vient prêter sa voix à « Los Angeles » et « Aspirine ». Les deux voix se marient à la perfection permettant des duos incomparables. Très introspectif, Mammifères ne s’adresse définitivement pas à un large public. Par contre, il ravira les amateurs de textes habilement fignolés. (juillet 2010)

AdLitteram / Tandem

½

Jason Moran - Ten

Jason Moran - Ten

Jason Moran est actif depuis maintenant plus de 10 ans dans le jazz instrumental. Le pianiste et son trio, The Bandwagon, atteint maintenant le sommet de sa carrière en présentant possiblement son album le plus mature et le plus cohérent. Même si l’album se concentre particulièrement sur le trio, la virtuosité de Moran ressort en différentes occasions. Autant Moran peut livrer un jazz plutôt standard, autant il peut se permettre d’expérimenter, intégrant différentes influences comme du hip hop et du classique, ainsi que des rythmiques bien particulières. L’ensemble moderne demeure tout de même passablement romantique. Avec Ten, Moran ne décevra assurément pas ses fans. (janvier 2011)

Blue Note / EMI

½

Motion City Soundtrack - My Dinosaur Life

Motion City Soundtrack - My Dinosaur Life

Depuis 2 albums, je prêche la patience dans le cas de Motion City Soundtrack, et je crois qu’elle est enfin récompensée avec ce 4e disque. Le groupe du Minnesota est à son meilleur lorsqu’il penche un peu plus vers le punk que la pop, et contrairement aux 2 derniers disques qui étaient beaucoup plus pop, voilà que le quintet nous offre le mélange parfait entre pop et punk. Mark Hoppus (Blink 182), qui avait travaillé sur Commit This to Memory, revient à la réalisation pour My Dinosaur Life. Son travail est phénoménal et il réussit à rendre l’énergie du groupe totalement contagieuse, et ce, du début à la fin. Peu de compositions sont faibles et surtout, pratiquement aucune d’entre elles n’est ennuyante. Avec My Dinosaur Life, Motion City Soundtrack nous présente peut-être le meilleur album pop punk de 2010, même si l’année est encore bien jeune… (mars 2010)

Vidéoclips : « Her Words Destroyed My Planet » - « Disappear »

Columbia / Sony

My Chemical Romance - Danger Days: The True Lives of the Fabulous Killjoys

My Chemical Romance - Danger Days: The True Lives of the Fabulous Killjoys

Le groupe pop punk My Chemical Romance nous a offert son meilleur album en 2006 avec The Black Parade. La pression était donc énorme pour la préparation du disque suivant et le groupe a pris tout son temps. Il nous arrive finalement avec Danger Days: The True Lives of the Fabulous Killjoys, un disque qui laisse totalement de côté les influences gothiques qu’on retrouvait précédemment. Le groupe se concentre plutôt sur un son pop punk intégrant quelques rares influences métal et il se rapproche donc encore un peu plus de Green Day et de Fall Out Boy. Par contre, ce n’est que dans le style général qu’on peut faire ces comparaisons, puisque le groupe nous présente son album le plus original à ce jour. Délirant totalement dans des thèmes futuristes, le groupe nous offre assurément son disque le plus joyeux. Danger Days démarre en force avec les incontournables « Na Na Na » et « Bulletproof Heart ». Par la suite, place au défoulement juvénile avec le plaisir pur de la rock / disco « Planetary (Go!) », un hymne assuré pendant les prochaines tournées du groupe. On retrouve à nouveau quelques pièces à tendance emo (« The Only Hope For Me Is You »), mais on ne tombe jamais bien longtemps dans l’émotion alors qu’une « Party Poison » nous arrive en pleine gueule, livrée à la façon de The Hives. Danger Days est définitivement le meilleur album de My Chemical Romance à ce jour, un disque de pur plaisir… (janvier 2011)

Vidéoclip : « Na Na Na »

Reprise / Warner

Nelly - 5.0

Nelly - 5.0

Comme vous pouvez vous en douter en regardant le titre de son nouvel album, le rappeur Nelly en est maintenant à son 5e enregistrement studio, et ce en 10 ans de carrière. La pièce pop de qualité « Just a Dream » est devenue son premier succès top 10 en 5 ans et représente assurément la carte de visite de cet album. L’ensemble de 12 titres présente beaucoup plus de faiblesses que de moments forts. Pour éviter l’ennui, vous devrez donc nécessairement passer outre plusieurs titres aux refrains et aux rythmiques sans intérêt pour vous concentrer sur l’essentiel qui se limite à 4 titres : « Just a Dream », « Long Gone », « She’s So Fly » et l’entraînante « Liv Tonight », un succès assuré dans les clubs. Avec 5.0, Nelly nous présente très certainement son disque le plus faible à ce jour. Un téléchargement à la pièce s’avérera beaucoup plus stratégique que d’acheter l’album complet… (février 2011)

Vidéoclips : « Just a Dream » - « Move That Body »

Motown / Universal

Nouvelle Vague - 3

Nouvelle Vague - 3

Nouvelle Vague est dirigé par les réalisateurs et arrangeurs français Marc Collin et Olivier Libaux. Accompagné de diverses chanteuses féminines, le duo nous présente des reprises complètement reconstruites de succès connus, dans une version pop jazzée et bossa nova d’une grande efficacité. Leurs reprises de pièces punks ont d’ailleurs fait grincer bien des dents de puristes à leurs débuts. Nouvelle Vague nous présente ici son 3e album sur lequel il laisse quelque peu de côté la bossa nova pour plutôt s’aventurer en territoire teinté de country et de bluegrass, particulièrement sur la reprise de Talking Heads, « Road to Nowhere ». Sur ce 3e album, le duo pousse un peu plus loin le concept en invitant certains compositeurs à venir participer à la reprise de leur pièce. On retrouve donc Martin Gore de Depeche Mode sur « Master and Servant », Ian McCullough de Echo And The Bunnymen sur « All My Colors », Barry Adamson de Magazine sur « Parade » et Terry Hall de The Specials sur « Our Lips Are Sealed » (popularisée par The Go Go’s, mais écrite par Hall). Cette dernière pièce ainsi que la reprise de « God Save the Queen » des Sex Pistols et « So Lonely » de The Police (qui vient conclure l’album) sont assurément les plus surprenantes du disque, s’éloignant grandement des versions originales énergiques et décapantes. On retrouve également les excellentes « Blister in the Sun » de Violent Femmes et « Ça plane pour moi » de Plastic Bertrand. Les reconstructions musicales de Nouvelle Vague sont généralement très réussies et elles réussissent sur ce nouveau disque à nous faire quelque peu oublier la version originale. C’est donc un album de reprises grandement efficace, peut-être leur meilleur disque à ce jour. (mai 2010)

Peacefrog / Justin Time / SIX

½

Justin Nozuka - You I Wind Land and Sea

Justin Nozuka - You I Wind Land and Sea

un texte de Jean Jean (Rocklegends)

Bien sûr, Justin Nozuka a la gueule, la voix, le style et même le prénom idéal du chanteur à groupies. Et quelque part, ça n'a pas raté... Mais Nozuka est tout sauf un cliché. En plus d’une personnalité humble et sympathique, la presse avait déjà unanimement salué son premier disque Holly bien avant que la folie ne s'empare des midinettes écervelées en manque de mâle. Et pour le coup, la critique internationale ne s'est pas trompée. Holly était un disque pur de folkeux, fascinant, d'une maturité incroyable pour un gamin de 19 ans à l'époque. Nozuka l'avait composé, seul avec sa gratte et sa voix mi soul, mi r&b. Un album épuré et introspectif. Trois ans se sont écoulés depuis la sortie de Holly. Justin et son band ont bien baroudé. Une tournée mondiale, un succès grandissant et un background non négligeable en fin de course. Alors, pas étonnant que You I Win Land and Sea sonne réellement différemment de son prédécesseur. Naturellement la patte Nozuka revient au galop, principalement dans sa manière de chanter, mais le disque est indéniablement plus travaillé. Moins spontané ? Peut-être oui. Tant dans le concept que dans la production, l'album marque par une approche plus « professionnelle » et un son plus électrique. Justin Nozuka n'avait d’ailleurs pas caché son ambition de jouer plus de guitare électrique. C’est chose faite. La présence et l’influence de son groupe dans les compos n’est certainement pas étrangère non plus à l’évolution. You I Wind Land and Sea ne laisse pas de place à l’approximation, tout est réglé comme du papier à musique. Pas un reproche, seulement un constat. Difficile d’ailleurs de critiquer cette série de bons titres, harmonieux et immédiats, chantés du fond du cœur par un chanteur au talent indiscutable. Il n’y a pas de honte à se laisser porter sur les mélodies remarquablement arrangées de « Heartless » et « My Heart Is Yours » (déclaration à son public ?), sur les poussées vocales de « Souless Man », sur les hymnes poignants de « Woman Put Your Weapon Down », sur le groove de « You I Wind Land and Sea ». À 21 ans et des brouettes, le canadien flirte une nouvelle fois avec la réussite. Marqué par le lyrisme et l’éclat inespéré de Holly, You I Win Land and Sea ne pourra paraître qu’un léger ton en dessous mais sans déshonorer son auteur. (juin 2010)